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Syslémaliser ta paix, c'est-à-dire utiliser avec ha- Jjïlelé les forces qu'elle produit avec abondaDce; contenir, sans les opprimer, les esprits qu'elle met en fermentation; satisfaire les besoins qu'elle fait naître, n'est-ce donc pas là une grande chose en question?
La démocratie est-elle donc déjà souveraine, qu'il n'y ait plus de grands principes enjeu?
Ce qui existe est-il donc ce qu'on saurait imaginer de mieux, qu'il n'y ait plus qu'à le conserver religieu-
Ce sont là des illusions que nous avons le regret de ne pas partager.
n nous parait que ce ne sont pas les grandes choses qui manquent aux hommes, mais les hommes qui manquent aux grandes choses.
La durée de la paix et la liberté de la presse concourent énergiquemeut au développement de la démocratie ;
La démocratie est une force dont il reste à trouver les lois; ce n'est plus à lui résister qu'il faut penser, mais à la constituer. S'en occupe-t-on?
Dans cet ordre d'idées presque tout serait à faire, iout est à revoir.
L'anarchie est dans nos lois; n'y peut-on mettre un terme ?
Le pouvoirexécuiif est un poids trop lourd qui écrase tous ceux qui le veulent porter; ne peut-on l'alléger et lui donner l'unité d'action qui lui manque!
Les gouvernements et les peuples Qut une.dé&snce mutuelle qui leur est également préjudiciable; ne
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— IMi — peut-on la faire cesser et mettre iin fi leur funeste antagonisme t
L'élection exercée comme un droit politique dégénère en ahus ; ne peut-on l'élever au rang de fonction sociale?
L'instruction départie au peuple dans une certaine mesure est devenue une nécessité de gouvernement ; elle est encore facultative ; ne peut-on la rendre obligatoire ?
La liberté de la presse fait plus de mal que de bien ; ne peut-on en obtenir le résultat contraire?
Les impôts établis sont perçus avec peine ; ne peuton faire qu'ils soient acquittés avec empressement?
L'administration publique , instituée pour d'autres temps, arrête par ses complications tout ce qu'elle centralise; ne peut-on la simplifier?
La science économique eiiste dans les livres ; ne peut-on la faire passer dans les faits?
La concurrence finit par détruire tout ce qu'elle fonde ; ne peut-on concevoir un système qui lui permette de tout fonder et l'empêche de rien détruire ?
Lamutualitén'a encore éléappliquée qu'à l'assurance de certains risques; ne peut-on lui donner une nouvelle extension dont le résultat serait la fondation d'un nouvel ordre social inaccessible aux révolutions?
La société est menacée dans son repos par l'imagination ardente d'hommes qui s'empresseraient de quitter l'ornière profonde des théories anarcbiques et des critiques subversives pour se frayer la route neuve, large et sans fmdes réformes utiles et des améliorations praticables, s'ils avaient intérêt à perfectionner ce qu'ils
D.,-.i.,Coogk'
ne s'occupent aujourd'hui qu'à délruire; ne peut-on établir en principe que les auteurs d'uoe amélioration administrative, financière ou fiscale, reconnue telle par le gouvernement, profiteront concurremment avec lui d'une partie des avantages résultant de stw adoption ? I
Ne sont-ce pas là — très-sommairement et très-ia- ! complètement énoncées — de graves questiojis qui I immortaliseraient le ministre qui saurait les résoudre?
Hais le pouvoir est un bat d'où les idées vous éloignent et où les passions seules vous conduisent.
Tout ce qui a le caractère, même équivoque, de U grandeur, de l'unité, de la durée, de la prévoyance, nous fait peur ; nous ne sommes occupés qu'à tout réduire, qu'à tout diviser, sans nous apercevoir que c'est cela qui nous dégrade et qui nous perd. Nous oublions trop que nous sommes un grand peuple.
Nous mettons dix années à faire dix lieues de chemin de fer ;
Quand nous avons fini une route par une extrémité, elle est devenue impraticable par l'autre ;
Nous attendons , pour utiliser le crédit dont nous jouissons, que nous l'ayons perdu. Nous pourrions nous enrichir et nous libérer par l'emprunt ; nous attendons, pour y recourir, qu'il nous ruine et noas écrase;
Nous voudrions provoquer une guerre ou une révolution, que nous n'agirions pas autrement;
Nous faisons du pouvoir là où souvent il faudrait faire de la liberté, et de la liberté là où il faudrait faire du pouvoir ;
D.,-.i.,Coogk'
Nofi-réMstances et nos concessions enfin sont également irréfléchies et imprudentes.
Toutefois, l'élévation de la paii et de la liberté audessus de la guerre et de la gloire est une pensée qui honorera dans l'histoire le roi, qui ne nous gouverne pat; cette pensée l'eût fait l'égal des plus grands souverains, s'il se fût rencontré sous son règne un grand ministre qui la comprit et qui la fécond&t I Mais comment se serait41 trouvé 1 — Tout le mtmde aspire au pouvoir, personne ne s'y prépare ; on fait tout pour y parvoiir, on ne fait rien pour y rester.
Ainsi s'expliquent , par l'insuffisance des ministres, l'instabilité des cabinets et l'omnipotence des chambres, l'abaissement des pouvoirs politiques et l'éparpillement des majorités parlementaires.
Les deux tableaux suivants présentent la li^ complète des ministres depuis juillet 1830 jusqu'au l*' novembre 18i1 ; le premier donne le relevé du nombre exact de jours que chacun d'eux a gardé le départemrat qui lui avait été confié ; le second montre que toutes les combinaisons les plus variées, les plus ingénieuses, les plus forcées même, ont été épuisées sans rien fonder de solide ni de durable; ce qui prouve maniièslement qu'il y a des vices graves dans la distribution du pouvoir exécutif et dans l'établissement de ses rapports avec le pouvoir législatif.
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