‹ Études politiquesChapitre 28 sur 32 · AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

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La liberid de la presie ne doit pas dominer les aiiirei inslilD-

lions; elle esi clle-mâme limilée par la coosliiuliOD dODl elle fui partie; elle ne aanreit aroir plue de droits qaa la tribune légia-

Dnc nE BnooLii, aoill lgî&.

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Chaque époque a sa puaion qui la caraclé'

riseeiqai ladominei condition de vie si elle est compriee, condilion de oiort si elle est niée- Ui grande passion de ce temps-ci, c'est la passion de l'avenir, c'est la passioo du perfection uem en t social... Eh bien! l'inslrumenl de Cette paasion actuelle du monde moral, c'eal la presse, c'est l'outil de la civilisaliou...

La presse est sortie du domaine de la législation ; elle a cesié d'être nn droit politiqae ; elle eslderenue une racallé.un «eus nouveau, nne force organique dn genre huiuttio, son seul levier poar agir sur lui-mdme.

Dl LlMABTIMl.

Une politique nouvelle teut des moyens nouveaux.

Après le despotisme de la foi, le règne de la réalité ; après réducatioQ par la chaire apostolique, l'instmction par la presse périotlique ; comme après l'égalité chrétienne est venue l'égalité civile, (iomme à la domination matérielle des peuples s'apprête à succéder un autre empire.

La force armée ne saurait plus être qu'uti itioyen ëitrémë et temporaire àe répression publique, mais non plus un ar(Jumetlt de la raison gouvernementale contre Terreur populaire, encore moins un élément solide

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d'ori^anisalion sociale. Lorsqu'à des victoires civiles dues à la force militaire un gouvernement donne le nom de système de résistance ou d'ituimidatiott, des difficultés du présent, qu'il ajourne ainsi sans les vaincre, il n'aboutit qu'à faire des périls redoutables dans l'avenir, qu^à provoquer les réactions périodiques et sanguinaires par des triomphes passagers et sanglants.

Gouverner par la presse en s'adressant à la raison publique, l'honorer pour la rendre honorable et utile, s'emparer de l'avenir et consolider le système repré' senlatif par une instruction plus rationnelle donnée sans parcimonie aux douze millions d'enfants dont l'éducation reste encore à faire, affermir l'ordre élabti par une plus égale répartition de hien-élre, telle est la loi impérieuse des gouvernements nouveaux.

Entre les mains de l'homme d'Etat qui la saura comprendre et diriger, la presse périodique, ce pouvoir, le seul aujourd'hui qui s'exerce sans contre-poids et sans contrôle, ne sera plus qu'un moyen de gouverne* ment, qu'un instrument docile, qu'un auxiliaire universel qui le rendra tout-puissant, comme autrefois l'Église, qui, d'abord redoutable aux trtoes, devint leur plus solide appui.

K flfementa 4ok1 •« compote 1r | pérlodl^Mo.

La MISSE PHioDiQnt n'a pas même rempli 8a pins cssemielle coadiiioo, celle de la PU- BLICITÉ.

Ce qui est étrange, mais ce qui eat vrai à dire, c'est qu'il n'y a pas de PUBLICITÉ en France, en prenant ce mol dans sa juste et rigoureuse acception.

Dana Véialdes choses, les laits, quand ils ne sont pas entièrement supposés, ne parviennent àlaconnsissance de plusieurs millions de lecteurs que tronqués, détlguréa, mutilés de la manière la plus odieuse.

Un épaia nuage élevé par les jouroani dérobe la vérité, intercepte en quelque sorte sa lumière entre le gouvernement et les peuples. IlapporI aurai :Cbkhtsl\vzf., de Poli- GMc, de PsïRONHiT, elc.

[irontltur,!S juillet 1S30.)

Telle est la tardive et lumineuse révélation contenue dans le rapport célèbre qui servit d'introduction aux ordonnances de juillet 1830; révélation tardive, mais de plus encore inutile ; car, quelque éclatante qu'elle fût, elle a passé sans apprendre au législateur et à l'homme d'Etat que, sous les noms très-différents de POLfiNiQUB et de PUBLICITE, la Presse pAhiodique renfermait deux éléments constitutifs essentiellement distincts, deux principes antagonistes. . . ; que les confondre, c'était exposer de nouveau le pouvoir à venir se

briser contre le même écueil, sans que l'bistoire loi servit de fanal.

L'expérience a pleinement démontré que les subventions, fatales à tous les journaux apologétiques, sont toujours restrictives de toute publicité grande tà utile; que la polémique vénale ne sert qu'à diminuer la considération du pouvoir qui la soudoie, et qn'i donner plus de force aux passions qui se mesurait avec lui.

La désuétude, d'autre part, cette mort légale des mauvaises dispositions législatives, a depuis longtemps fait justice de l'article S de la loi du 9 juin 1819, vainement reproduit dans l'article 18 de la loi du 9 septembre 1835 ; dans la pratique, celte disposition n'a jamais pu survivre au ^ve inconvénient d'engaga* lesgouvemementsdaiis une polémique dont ils payait les frais et dont ils n'ont jamais le dernier mot.

Depuis l'avènement du gouvernement représentatif en France, tous les ministres qui se sont succédé ont fait plus ou moins, tous et toujours sans succè8,^c m JouHnALisÉE. B Poursuivis par les partis, attirés dam leur arène, tous y sont descendus, s'esposant à ane lutte inégale, et sans autre issue pour eux que beaucoup de périls et point de gloire ; tous appelant à leur aide la poléhique, indigne alliée du pouvoir, qui ne s'ofirit jamais à lui que pour le trahir, et repoussant U la puBLiciTË, le seul auxiliaire assez puissant pour assu* rer son triomphe.

La PuBucrrâ, comprimée maladtxtitemëm par des mesures restrictives, adé^iédc son origiile et de soil

— Wi — but ; eHe s'est transformée en f(h.«iiiqiii : la tombe a ptis U place du flambeau.

La PUBLICITÉ est l'essence des gouveroemenls repréeentatifls ; la polémiocb est leur principe de mort.

Si dana on pays ta publicitS est faible, altérée, restreinte, la- roiAHQiiB lEen de rapides progrès et d'irréparables ravages; si la poslustS est au contraire fortement constituée, légalemeol reconnue, si elle est libre et pure, la pM-Amique sera sans force et sans voix ; l'influence de l'une est toujours exactement en raison inverse de la puissance de l'autre : tous les faits viennent à l'appui de la théorie que nous émettons.

En France, la polâxique est active et puissante ; par contre, la puBuciic n'y saurait ôtre plus chétîye et plus nulle.

Un document statistique de l'administralion des postes, recueilli en septembre 1835, établît qu'à celte époque la presse centrale se composait de 30 journaux qui comptaient ensemble, dans les départemenl^t, .^,200 abonnés.

La poLftHiQUB et la publicité se partageaient ce nombre de la manière qui suit :

La PUBLICITÉ représentée par le Moniteur, 876 abonnés et 500 lecteurs au plus ; la poUiiiqub 50,000 abonnés et 200,000 lecteurs au moins.

Lorsque le journal officiel du gouvernement, celui qui partout doit porter la vérité, devancer le mensonge, rectifier l'erreur, déjouer l'intrigue ; celui qui seul reproduit avec authenticité et impassibilité les

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débats législatifs ; lorsque ce journal ne compte qu'un H foible nombre de lecteurs, peut-on dire que ce soit là une publicité représentative, digne de la tiibune parlementaire, et qui suiSse à la défense du pouvoir et à l'instruction du pays?

D'autre part, la polémique se fractionnât ainsi : Polémique ministérielle ; effectif: 8,1S0 abonnés. Polémique opposante : 41,300 —

Évidemment donc, dans toute lutte engagée entre la presse périodique et le pouvoir ministériel, ce dernier ne peut manquer de succomber aux coups incessants de son adversaire, si, k l'avantage du nombre, celui-ci joint encore l'animosité d'une revanche k prendre, d'un échec à réparer. Tout pour la presse opposante est fortune contre les dépositaires du pouvoir; pour les renverser il lui sufQt d'un intérêt matériel froissé, d'un dissentiment passager, de la plus légère faute commise.

La polémique contradictoire à laquelle, à deux époques différentes, adonné lieu le projet de remboursement de la rente française est une éclatante confirmation donnée par les faits à l'obserralion qui précède ; elle prouve la toute-puissance de la presse sur l'opinion publique, dès que celle-ci n'est plus absorbée par les préoccupations du rétablissement de l'ordre matériel.

Dans un pays où les études politiques sont rarement profondes, où les convictions sont mobiles, les ambitions innombrables ; dans un pays où la vanité a perdu

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son nom pour usurper celui d'égalité, oii le droit et l'abus soDt sans cesse ptis Tun pour l'autre, la puifrsance et les dangçrs de la polémique s'accroissent par l'oppressitm et par la lutte. Le pouvoir est perdu dès qu'il se hasarde dans celle voie, où, plus prudente que lui, l'opinion publique ue le suit jamais.

Dès que la pdblicitA aura aoquis tout le développemeul que comporte l'état de l'instruction en France, la roLËMiQUE se renfermera d'elle-même dans ses propres limites, qui sont « le droit scientifique de discussion, » mais non point l'exploitation mercantile des passions et des intérêts de partis.

Le droit d'exprimer librement son opinion personnelle n'implique pas nécessairement celui de se constituer arbitrairement l'organe de l'opinion des autres, encore moins celui de parler arrogamment au nom et comme mandataire du pays ; mais, abus ou droit, dès qu'il aura~ cessé d'être une spéculation productive de la presse périodique, il ne sera plus une puissance redoutable.

Af^anchie de ses entraves fiscales, politiquement constituée, légalement reconnue, honorée et non plus corrompue, la publicitc, loin d'être nuisible aux gouvernements intègres et de bonne foi, est appelée à devenir leur guide le plus sût.

Que la pgblicitE, judicieusement et largement comprise, veille partout, et nulle part alors la polëhiqui c'aura plus de foyer absorbant et redoutable. Que les lois et les faits devancent leurs commentaires hostiles ou infidèles ; que la vérité prenne les devants sur

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— U6 — rineuRtitnde et le mensonge, et l'écrit <le pspsoiioft- Hté ne ponm pins aUineater la périodicité quotidienne ; partout alors l'opinion publique se fera jour sons tontes ses nuances, partout les fouctionnaires pubUcs auront, pour veiller sur leurs actes, uu coutrâleur qui instruira le pouvoir central mieus et plus sûrement qtie ses inspecteurs rétribués.

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«■ loi* r«BtrlctlTeB «t liulea qnl réfrl'**»* 1

PPCMC p^lodlQBC t coBtrcdletlon d« leur

texte «t de leur eaprlt.

Ls presse porte sa oharie avec elle-mâme rien oc la comprimera.

LOIID Chatjim.

L'expérience a manqué à toutes les lois faites sur la presse périodique ; aussi leur esprit a-t-il toujours été inverse de la volonté qui les dictait, et leur effet prodtiit le résultat contraire de celui qu'on attendait de leur action. -

Nos lois, pour atteindre leur but, devaient élever la presse périodique au rang d'institution politique ; elles l'ont maladroitement lait descendre au rang de spéculation mercantile et vénale ; et lorsqu'au moyen des eaulionnemenls et des taxes elles ont voulu prévenir ses dangers, elles en ont seulement comprimé la force explosive.

C'est ainsi que nos lois ont d'abord démoralisé In presse périodique, et par suite rapidement corrompu les opinions politiques les plus saines, en les poussant à se transformer en objets de trafic et en revenus de l'État.

Pour satisfaire la fiscalité du timbre et utiliser le privilège d'un cautionnement onéreux, il faut le dire.

— i\H — l«s journaux n'ont souvent d'&ulre moyen de se former une clientèle BufBsante que de multiplier les dissenlimeols politiques et les antipathies sociales, que de porter périodiquement l'exaspération dans les esprits, le soupçon dans les consciences par la mauvaise foi systématique de la discussion, l'infidélité alternative des comptes rendus et l'injustice réciproque des attaques à regard de tout ce qui est contraire à chacun d'eux.

Le législateur, cependant, avait le choix entre on grand nombre de moyens, avant d'en venir tout de suite, — par l'application de la censure temporaire, et par l'application de monopoles redoutables, conséquences directes des prohibitions absolues, des cautionnements exorbitants et des taxes excessives, — à une extrémité aussi dangereuse que celle de la concentration d'une force équivalente dans l'ordre moral à celle de la vapeur dans l'ordre matériel.

L'affaiblissement des forces de la presse périodique par leur déperdition, c'est-à-dire par une liberté sans entraves, moyen conseillé par HH- de ChftteaQbriand et Benjamin Constant, bien qu'il ne fût pas le meilleur, était cependant préférable, car il ofirait des dangers moins graves, et permettait à une main déjà exercée de le graduer selon l'expérience acquise.

Un autre moyen tout simple de décentraliser la presse périodique, c'est-à-dire de diminuer ses dangers, sinon de les détruire, s'offrait encore : il suffisait de joindre la taxe du timbre au prix du port, et d'élever à dix centimes le droit de poste. Les journaux de Paris, par ce seul fiiit, perdaient leur omnipotence, les journaux de départements croissaient en nwnbre.

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— U9 — loules les opinions se faisaient jour et s'effaçaient dans la diversité de leurs nuances.

Vingt années d'expérience ont suraboadamnient démontré ^

Que les cautionnements sont des garanties illusoires et des privilèges funestes ;

Que l'impôt du timbre, en matière de presse périodique, est un contre-sens politique -,

Que toutes les mesures restrictives, enfin, dont la presse périodique a été l'objet, n'ont abouti qu'à la jeter dans la dépendance des partis; et qu'à transformer, à son insu, l'abonoé le plus modéré d'un jbumal en sectaire politique. .

Comment pouvait-il en être autrement f Comment n'a-t-on pas compris tout de suite, et comment ne comprend-on pas encore qu'alors que, par l'effet de la législatioa&cale, un jounial politique ne peut se soutenir qu'au moyen du concours de cinq mille abonnements, son intérêt le contraint à créer de profondes dissidences d'opinions et de larges démarcations de partis, afin de fomenter des passions exploitables e( des haines productives t

Voilà ce que c'est que d'avoir fait la presse périodique justiciable des tribunaux consulaires, de l'avoir assimilée à une denrée commerciale !

Eu résumé, un gouvernement n'est pas fondé à se plaindre des agressions de la presse périodique lorsqu'il persiste à la mettre hors de la loi commune, à l'assimiler aux condamnés soumis à une surveillance spédale, lorsqu'il la traite exceplionneUement avec une légèreté qui est en contradiction flagrante avec le res-

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pect qu'il a coutnoM de m<Hitrer pour tous les droits acquis, avec toutes les gwanties dont nos 1(M8 entourent toute propriété.

Un gouvernement autorise l'opposition Qmbrageuse de la presse périodique, lorsque des lois viesneftl si fréquemmeot et si précipitamment cbsnger les conditions de l'existence des jonnianx, qu'ils sont réduite i se demander si le fait matériel de leur possession, quelque considérables que puissent en être les rereinis, constitue une propriété légitime ; lorsqu'une telle instabilité légale les menace constamment et les Mt tous entre eai ù étroitement solidaires, qu'il suffît que dans le nombre deux coupables se trouvent pour que ceux-là mêmes qui s'opposaient aux succès de leurs criminels desseins soient Irailés, sinon tout à fait en complices, du moins en prévenus, et qu'où se dispense envers eux de reconnaissance et de justice.

Ceux qui accusent la presse périodique ne savent pas que felle est la législation vicieuse qui la régit, que, si quelques hommes politiques sont animés de vues généreuses et utiles auxquelles ils désirent donner la consistance d'une opinion, ce n'est pas assez qu'ils y consacrent une partie de leur fortune; que la première et inévitable condition qui leur est imposée, c'est celle de devenir commerçants, de voir leur opinion réputée marchandise, et leur nom érigé ea raison sociale, à moins de se livrer sans réserve et sans défense à la bonne foi d'un gérant absolu.

Disons-le hautement, les écarts et les excès de la presse périodique, le mal qu'après i 830 elle a fait à la liberté plus encore qu'à l'ordre, ne sont pas uniqoe-

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— iSl — ment son ouvrage; ils sont surtout les conséquences inévitables d'une législation à la fois vexatoire et impuissante, exceptionnelle et inconséquente.

Sans doute la presse périodique est loin d'avoir l'utilité, la vertu, Timpartialité, qu'elle s'attribue, toutefois il sertit ÎDJuste de mécmmattre les services que sa vigilance a rendus et rend encore aux libertés publiques qu'elle défend, aux mœurs nouvelles qu'elle forme, aux intelligences qu'elle développe, aux intérêts matériels qu'elle éclaire, enfin au gouvernement représenl&tif qu'elle a fondé, et dont elle ne saurait médire sans s'accuser elle-même, car c'est à la persistance de ses luîtes qu'il doit son existence.

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[«■■«^wnto I 4e lear eSM.

LecautionuemenieBtune gar

H. Gdizot, 1830.

Le caulionnenient apour but vériuble d'eiigev une certaine garantie de Inmièrei, d'éducation, de fortune, d'inlâfét à l'ordre, de 1& pan de ceui qnt pourraient le troubler.

Le caulionnenent, coDBidéré soue le poini de vue du moUTement des ameodes, est une chose iaulile.

Duc Di Broolib, 1830.

L'expression matérielle de la pensée de prévoyance et de garanties sociales de HH. Gutzot el de Broglie est feusse. L'expérience a depuis longtemps prononcé sur l'utilité des cautionnements ; tous les essais possibles ont été faits sans succès à diverses époques.

Si les cautionnements n'avaient d'autre but que de s'assurer que ceux qui fondent un journal ont un inlérét à la conservation de l'ordre, le mieux, dans ce cas, serait de les réduire et nou de les élever ; car il se rencontrerait alors plus de gérants dont le cautionnement et le journal seriùent la propriété réelle.

Quand au contraire les cautionnements sont considérables, quand un grand nombre d'abonnés est nécessaire à la publication d'un journal, que fait celui qui 'entreprend? il confond le» risques d'amendes avec

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les autres chances de perles, et met le loul à la charge de la société commerciale qu'il forme; il a soin de s'y soustraire personaellement, et le plus souvent même il se dérobe aux clifttiments corporels de la loi en assumant toute la responsabilité du délit, soit sur des hommes exailés de son parti, soit sur quelques malheureux à qui la perle temporaire de la liberté laisse à regretter pou de bien-être domestique.

Tout, à l'époque où nous vivons, tend à se résumer en primes d'assurances.

Les plus sûrs résultats que produisent une pénalité sévère et des cautionnements exorbitants sont d'augmenter letraitement des gérants et le taux des primes.

Plus les cautionnements sont élevés, moins la concurrence est possible ; plus les probabilités de bénéfices paraissent assurées et bn'llantes, plus il est facile dès l(H*s de trouver des actionuatres.

Les cautionnements demandés il la presse périodique lui restituent en puissance plus qu'ils ne lui enlèvent en liberté; leur unique effet est de créer au profit de quelques grands feudataires un privilège par lequel l'esploitalion exclusive de l'opinion publique leur est livrée en monopole, et de créer ainsi dans l'État une aristocratie d'autant plus redoutable qu'elle n'est pas reconnue.

Voilà quel est, au point de vue pratique de la presse périodique, le résultat de la législation qui la régit en France, tel que l'enseignent l'observation et l'expérience.

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Des droil* de timbre et de poste t de leur cKct.

Le peuple en Anglelerre se home à écrire ce qu'on pense aîllÊurB; le roi a un droit sur les papiers qni courent, de faijon qu'il est pajé pour les injures qu'on lui dit : la république est imminenie, les cboaes ne peuvent durer comnie œlu.

HoMtBSQUIBD.

Supprimes Iw droits sur 1c timbre et les Trait de poste.

GmioT, 8 novembre 1830.

tJn esprit chagrin, ennemi de tout système politique duratde et de la concorde publique, animait assnrément celui qui le premier conçut l'idée d'asservir la presse périodique aux exigences de la fiscalité, a&o de la tenir constamment en lialeine contre le pouvoir par des vexations journalières.

Les convictions ne s'expriment plus lorsque les opinions, pour exercer leur prosélytisme, sont contraintes de se vendre soit aux partis, soit eu pouvoir. L'honneur politique n'habite plus le pays oii les éloges et les attaques sont un commerce qui se fiùt au profit dil trésor public, sous la protection des lois.

L'Etat qui prélève sa part impure d'une pareille prostitution de l'esprit peut la poursuivre, mais jamais In réprimer. Ses inlérêts, en opposition avec ses des-

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seins, le tiennent incertain et impuissant; il n'ose que des mesures inefficaces.

Pour comprendre bien l'action du timbre sur la presse, il convient de se rendre préalablement un éompte exact de l'état des frais d'un journal quotidien.

Ces frais sont de deux natures : l'une décroissante, l'autre progressive.

Les frais décroissants se composent de l'impression, de la rédaction et de l'administration du jountal. Ils varient depuis lOO.QOO fr. jusqu'à 200,000 fr. par an, selon le mérite de la rédaction et l'étendue du format; ils diminuent relativement en proportion inverse du qorabre des abonnés.

N'ajoutant à la somme de 100,000 fr. de frais fiscs que les frais progressifs de papier et de tirage évalués à H £r. par abonnement annuel d'un journal quotidien de ^ente décimètres, et en laissant de c4té tous droits de port et de timbre, voici les résultats que présente la publication d'un journal pris au bureau d'abonneqient et vendu sans bénéfice aucun : — Au prix actuel de 80 1t. par abonnement annuel, quinze cents sous- <9'ipteurs seraient nécessaires pour couvrir les frais d'un journal quotidien, ces frais s' élevant à eux seuls it H!!l,500 fr.

. Si le journal nccomptequecinqcents souscripteurs, il faudrait, pour en équilibrer les fraie, que chacun d'eux pay&t son abonnement annuel 340 fr.

- Maintenant, si l'on passe ii l'examen du budget d'un journaldont les mémesdépenses fixes s'élèvent annuellement il 200,000 fr., on se convaincra qu'an prix

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de 80 fr., trois mille abonnements sont nécessurespour couvrir les frais, s' élevant à 235,000 fr.

A ces dépenses, si l'on joint les droits de poste et de timbre, qui sont de 53 fr. 40 c. par abonnement an- Duel, on se rendra facilement compte qu'en présence de si grandes chances de ruine, les risques d'amende et les primes de cautionnement disparaissent ; que ce qu'il faut avant tout, c'est avoir des abonnements, dùt-on, pour les obtenir, encourir l'amende et ia prison; car, entre les deux écueils de la détention pour dettes du journal et de la détention pour délits politiques, il n'est pas un gérant qui ne donne la préférence il cette dernière extrémité.

Voilà le secret de l'existence aventureuse de tout nouveau journal politique quotidien . Maintenant, it est facile de s'expliquer comment, dès que cinq mille abonnements sont nécessaires à l'exlslence d'un journal, il est contraint de multiplier les dissentiments politiques, les antipathies sociales, d'irriter et de flatter alternativement les partis, afin de créer, ain^ que nous l'avons dit, des passions exploitables et des haines productives,

La suppression du timbre, en ce qui conceene les écrits périodiques, ne causerait pas au trésor pubUc le préjudice qu'on peut craindre; d'une part, une forte portion de ses produits retourne à la presse sous la forme de subventions ministérielles ; d'autre part, le trésor public retrouverait dans une augmentation certaine des produits de la poste plus peut-être qu'il ne serait nécessaire pour équilibrer la réduction op^ée dans les revenus du timbre.

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Corrompre, ce n'est poJDt TaJQcre les ùifRcultes de gouverner, ce n'est pas niéma les éluder; c'est les accumuter en les ajouroanl, c'est relarder seulemeni su défaite,

jronilfltr, SOsT. 1S35. Diie.dafofultieeTtU.

Donner des subventions à la presse périodique, ce n'est pas seulement altérer le principe de la puUieité, c'est essayer, au préjudice des véritables intérêts du pays, de former des majorités factices ; c'est corrom* pre l'opinion publique, qui fait défaut aux organes ministériels ; c'est s'aliéner la presse indépendante, en dépUM^nt à sou préjudice toutes les couditions d'égalité civile et de concurrence industrielle.

Encore, si ces subventions n'étaient qu'une récompense donnée à des zélateurs d'un système; mais le plus souvent elles ne sont accordées, par le ministre dispensateur des fonds secrets, à cniains joumauj, que pour mettre un terme à leurs attaque»; d'où il résulte qu'adieter ainsi l'apologie, c'est offrir une prime à l'injure, c'est démoraliser une jeunesse qui, souvent, de son patrimoine épuisé par l'acquisition d'une instruction mauvaise, irrationnelle, inapplicable, n'a recueilli qu'une déplorable facilité d'écrire.

Lui montrer que l'attaque et la diffamation sont le

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cliemin des subventions, et souvent mCme celui des litres, dès privilèges et des décorations, n'est-ce pas faire d'un déplorable abus un ignominieux trafic î

Là n'est pas encore le plus grand mal produit par les BubvMitkH»; un plus grave, le^ûici : c'est de foire que tout jeune écrivain ayant la conscience haut placée, indépendant par caractère, mais partisan du pouvoir. Soit, en quelque sorte, contraint, pour l'éclairer, de \^att«quer, n'osant le défendre, de peur qu'un soupçon, même injuste, de vénalité fasse jamais ombre à sa plume.

Une suite de tentatives malheureuses a montré 411'eolre les journaux d'opponlion et ceux subventionnés par le ministère il n'y avait point de place pour les OT^anes d'une opinion indépendante, calme et raédiatrice; car la corruption et la vénalité ont si bien feit, que lOQle opinion intermédiaire qui s'adresse aux intérêts du pays et non aux passions d'un parti, passe dans l'esprit public pour vendue au ministère, et n'exerce dès lors aucun pros^ytisme.

Le mal profond que fait la corruption érigée en système politique par le pouvoir, c'est de l'isoler et de compromettre la considération de qui ose se dire son partisan, quelque désintéressé qu'il soit à l'être.

Que, pour justifier le gouvernement, on ne dise pas que Bubventionoer des iotumaux afin qu'ils défendent ses actes est, de sa part, droit et néoessilé ; car, alors, il serait préférable de reconBalIre hautement ce droit et cette nécessité par le vote d'un fonds spécial, qui du moins, investirait les chambres législatives d'an oontrAle annoel et serait on hommage rendu pw le

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— 25» — gouvernement représenlalif au principe delà publicité, mais non point un sacrifice impur fait par la corruption à la vénalité.

Le gouvcniemeni a tout à gagner à répudier le moyeu duigereux et dispradJeiK des subventions occultes. D'honorables auxiliaires, qui ne se liennent souvent éloignés de lui que pour mettre leur modération et leur indépendance à l'abri des soupçons, lui prêteraient alors leur concours.

Ce fut toujours un grand art, njéme avant la liberté de la presse et la nécessité des majorités parlementaires, que celui d'assurer la paix et le bonheur d'un peuple. Jamais la corruption n'en fut un des préceptes, jamais elle n"a été que la politique des gouveruements sans grandeur et sans bonne foi ; que la supériorité des ministres médiocres, que le symptAme précurseur des systèmes à leur fin dernière.

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Si j'avaia une loi h Caire sur In presse, elle serait d'un mol : je Eiipprimerua le timbre, et j'enlèverais ainsi le monopole aux jouraaut, et lurtout je meierviTaùmoi-mSme de la piblieiU.

La polémique a loulemenl eavabi les jout-

ntiUTi les plus répandus

Le premier ministère qui sera à la hauteur de &a mission quittera le sentier couvert et périlleux de la FOLËHiQUE vÉMALB pouT s'ouvrir uoe route nouvelle, large et sûre, celle de la publicité lëgali.

ËDtre les deux éléments de la presse périodique, l'un vital, l'autre délétère, le temps est venu de choisir !

Que le gouvernement représentatif sache enfin rendre hommage au principe de la publicité constitutionnelle, en lui donnant une base large, légale et morale, en le consacrant hautement et franchement, comme garantie des contribuables et comme témoignage de la bonne foi de l'administraiion publique.

Cette œuvre de haute politique et de prévoyance sociale, réservée au premier ministère qui se proposera pour tâche de concilier le prt^ës des institutions politiques avec la stabilité du pouvoir, est- d'exécution

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facile ; elle n'exige aucun vole de loi, aucune allocation, aucune disposition exlralégale; elle ménage le seul intérêt particulier qui eût pu être fondé k se plaindre ; elle rentre essentiellement dans l'esprit du gouvernement représentatif, dont elle vient consolider la base.

L'article 16 dé la loi du 13 brumaire an vu (1) permet au gouvernement d'exempter des droits de timbre et de port le journal consacré à la publicaticHi de ses actes et des séances législatives. Rien de plus simple donc que de publier au prix de cinq cbktimbs lx nuiLLB {dix-huit fromes par amée), dans le format du Moniteur miversel, un journal qui porterait le titre de :

BAIVÇAU

Ce journal, impasàble rbgistib m l'stàt politique, exclusivement ouvert à la reproduction impartiale des débats législatifs, du texte des lois organiques, des actes ofSciels et des nouvelles d'un intérêt général, ne contiendrait jamais que la rectificaUon brève et sévère des faits erronés, sans apologies, sans attaques et sans commentaires (3).

(1) lui du 13 brvmairtan VIF, titre lit,— detaettitt rttiitrii non atmmû à la formalM du (imbr«.

' 16" Sont Dxcepléa du droîL el du la rorinalilé du timbre , m-

" I' Lesacieg du Corps [.^Uttuif et ceux du Directoire Exécutif, etc., eic. .

[1} La publication d'an bulletin analogue a déjà ou lieu. Le 15 septembre 1193, il fut arrêté qu'un iiillitin ur coaMa-

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Ce tardif hommage rendu par le gouvernement re- ^ésentatîf à là publicité, qai en est l'e^ence, n'aurait pas BeulenieBlpoureifet de fairepénétrerdetoutes parts la vérité avant qu'elle y fût altérée par l'intérêt-des partis et par les nécessitésde la polémique joumalifere. Aux avantages politiques :

- 1° D'appeler direclffloeut, parum traiismissioii ra- ^de, économique et sûre des communications officiel' les et des nouvelles aultientiques, le pays à juger lui-même les bomnies et les actes du pouvoir, avant que son esprit ail déjà reçu une prévention étrangère;

. 3" De faire disparaître beaucoup de divisions et de démarcations de piirtis, que la presse périodique, pour s'alimenter, est contrainte d'entretenir;

5° De formw une (^HiiKiit ptiUiqae plus éclairée, plps indépendante e.t plus imparti^e.;

i" De substituer la publicité ihpassible et vëridiqur à la pOLfMKtDB PASSiDnHti et fauificatrice ; .

. 5" De détruire tous monopoles mercantiles de l'opinion publique, en restituant h chacun la liberté de ses opinions sur les faits ; .

- A. «es avantagea poUtiqufi& s'en joindraient d'autres moraui et matériels de l'ordre le,pUis élevé :

poNDANr.i serait adressé cbaq^ue jour à toutes amoritës (le France et^anx nrmêea.

Lalogu adroite du |ii'é8><lcni est réacrTée pour ea nklaciion, 13 noTcmbre ne!. - -

Une commission de l'assemblée est chargée de surveiller la rédaction, t* nivûsean it, amicede la créalion )lu Bulletin desïdis {14 frimaire).

Le 13 ffuclidiiranTi, leÉutUtin de correspondance esl remplacé par un Bullelin décadaire. ■ ■ ■

Lu {Hiblication d'uD BtiLLBTiN complémentaire du .BuLLBTtN . DIS Lois, sur les basée économiques qui viennent d'être indiquées, resliluerait 63 fr. par année au budget de cinquante mille lecteurs; on verrait alors aussitôt quelle vie nouvelle recevraient — la littéra-'' tare, celle qui fiût la réputation des écrivains et la supériorité d'une nation, -r les sciences, celles qiri donnent l'impulsion aux progrès, — l'érudition, celle qui dissipe rignoratice du passé, détruit les préjugée et rétatriit lardivemwit la vérité des faits.

fuea bons livres repwirïtraient vite dans la circnlation, d'où ils ont disparu ; — les revues, telles qa'elles existent en Angleterre, trouveraient alors en France un public a^s nomtffeux pQur leur permettre de rétribuer selon sa valeur un travail consciencieux ; les esprits les {dus distingués rechercberaiftut k Paiisj comme à Londres et.àÉdiiQbourg, le moyen de 90 faire connaîtra et de se faire apprécier ; — le talent serait sûr d'un asile et d'une juste rémunération; — « la polémique changerait de forme, elle en. revâtirait unç plus grave et plus utile ; elle abandonnerait les dis~ eussions de premier mouTement pour les dissertations réfléchies, laborieuses et consciencieuses ; — elles' élè-i verait à toute la hauteur de la science spéculative, et devienckail alors l'élément progressif de toute législationj

Au lieu de cela, la périodicité semi-quotidienne, liebdomadaire, semi-mensuelle, à l'ombre de laquelle végètent à Paris beaucoup de petites feuilles littéraires et épigremmatiques, ne produit qu'une put^icllé faible et bornée, sans aucune valeur morale, sans au- ' cuneulilité rédle.

.,g,t,ioflb,GoogIe

La science veut de patientes études, et Is littérature, pour s'élever, a besoin d'espace. Ce mode subalterne de périodicité, jouissant du privilège de ne point déposer de cautionnement, à la condition de s'abslënir de reproduire les nouvelles et les faits, se trouve ainsi, par une inconséquence légidative, généralement réduit à l'exploitation des personnalités dans le cercle étroit de la vie privée des citoyens.

La littérature qui s'avilit, qui étiole les imaginations jeunes et déconcerte les croyances anciennes, est plus fatale à la civilisation que la guerre la plus menrlrière, que le despotisme le plus aveugle; car son action subtile, impalpable, s'exerce sans armer de défiances, sans porter d'ombrages, sans provoquer de luttes, justiu'à ce qu'un de ces rares génies régénérateurs de leur siècle et de leur patrie apparaisse et ramène sur ses traces les esprits dlvagants, relève les imaginalions déchues, et ranime les convictions morales, sens lesquelles les gouvernements et les peuf^s ne s'inspirent qu'un égal mépris, qu'un mutuel efiroi : sentiments déplorables, d'où naissent la misère et l'insurrection d'une part, l'arbitraire et la corruption de l'autre.

A la publicité des faits, il faut la périodicité diurnale ; mais aux travaux, aux investigations et aux études de la science, aux productions distinguées de la littérature, il faut une périodicité rare, un cadre large, une forme sévère.

Les deux chambres législatives ne seraient pas moins intéressées que le gouvernement à la coiistitiition d'une grand? publicité ainsi légalement et écono-

miquemeDt établie ; évidemment celle que reçoivent leurs débats par la voie du Moniteur est insuffisante et illusoire, bien qu'elle leur coûte annuellement d'assez grands sacrifices.

Assurément la fidélité lillérale des débats législatifs a une grande importance historique ; mais la fidélité analytique des discours, lorsque leur étendue exige cette manière de tes reproduire, est d'une utilité actuelle bien plus grande, puisque c'est elle qui, le plus souvent, concourt à former et l'opinion publique et le jugement que portent les électeurs sur leurs mandataires.

Ces deux nécessités seraient également prévues et satisfaites par le projet qui sert d'expresBion matérielle à notre pensée ; sou adoption n'apporterait aucun changement dans la publication et dans la propriété du Moniteur universel, qui, par son mode de rédaction textuelle, conserverait son authenticité et sa valeur historique.

Conséquemment, pendant la durée des sessions législatives, deux rédactions fidèles des débals parlementaires seraient faites, l'une textuelle, qu'en raison de son étendue le Moniteur, lui seul, continuerait de publier ; l'autre sommaire, mais fidèle, expressément réservée au Bulletin, et calculée pour n'occuper que l'espace accordé au compte rendu des chambres par les principaux journaux; cette dernière rédaction, ainsi réduite à la |H'oportion de trois pages, pourrait être exactement transmise chaque soir en .épreuve à tous les journaux quotidiens.

De ce service, deux avantages résulteraient :

Le premier, — que lee journaux de bonne fw ao^ rû«Dt le moyëa de ctrilatioaner saiement ]s Ter«<Hi de leurs rédacteurs, qui se sauraient malériellement jamais être aussi parfaite que la rédaction recueillie audessous de la tnbune législative ;

Le second, — que lés journaux sans bonne foi né pouvant alléguer d'excuses de leur infidéUté, leur partialité serwt alors placée dfUis l'alternative ou de se déguiser, ou d'être manifeste à tous les yeux. 11 ne serait pas impossible qu'un aussi simple soin, prit dans l'intérêt de la vérité, prévalût en raisoD de l'économie importante qu'il permettrait à beaucoiq> de Journaux dé faire sur leur budget : en tout cas, cti essû serait sans inconvénient.

Ainsi que cda a lieu pour le Sullelin des lois, on s'abonnerait au second bulletin , complémenlaire dii premier, sans frais aucuns, «hez tous les direcleun des postes, qui seraient chargés d'en opérer le service ; on éviterût ainsi tous les détails administratifs et minutieux de l'inscription des noms , de la mise sous bande , des cbangemens de domicile , etc. ; tout se bornerait h recevoir de chaque directeur des postes la demande et le pnx d'un certain nombre d'exenaplaires ; une remise de dix pour cent sur le prix d'abonnement leur serait allouée pour ce service, ce qui leur aestirerait un snpplétneht de traitement assez considérable;

Tous les abonnements seraient annuels.

Les seules difficultés que pourrait présenter l'exéculion de ce plan seraient les difficnlfiBS matéiielles d6 tirage , en taison du nombre incalculable d'abonnés,

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aiiiquels paniendrait vile et sûrement le bulletin.

Mais ces difficultés sont de celles qui n'arrêtent ja-. mais use grande entre|HÎae. On Iriplevail, au besoin , les compositions, jusqu'à ce qu'un procédé plus expéditif et plus éconcuuique naquit de sa nécessité même. Sn Angleterre, il y a des presses qui de minuit à midi pourraient tirer tô,000 exemplaires. 11 suffirait de dou-- Mer la composition pour qu'elles produisissent 96,<M)0 sseuplakfis pendant le même temps.

. Établi sur oes bases, le bulletin proposé compterait bientât plus de cent miUe abonnés; recherché jusque dans tes pins faibles communes, esi raison àe la modieîté de son prix et de l'auth^iticité de ses nourelles, partout il ferait pénétrer la vérité avant qu'elle y par^ vint altérée ; il remédierait ainsi au grave incQnvénitnt du prix trop élevé des feuilles quotidiennes, — résvltat d^ taxes qui les grèvent.

On n'a pas encore esaclemcaot calculé la toute-piùsaance du bon marché appliqilé à la pteste périodique, (1).

L'économie ne serait pas le seul motif déterminant pour s'abonner soi Bulletin; à quelque fraction, pcrfilique qu'on appMlienne, il y await encore un autre motif de se décider : ce serait l'avantage de connatlre vingt - quatre heures plus tôt que par la voie des autres jmtmaux, les dépêches télégraphiques , les communications officielles , les mouvements adininisiralifs, les' nominations à tous les emplois ; de pouvoir enfin étu-

( l) Il ne laal pas perdre âe v Pretse e.l le Siick pariiBBOFil, ■

dier et suivre ainsi la pensée du gouTernement d'après elle-même.

Nul doute que le Bulletin, réunissant ces deux coU' ditions, n'eût alors pour abocnés les fonctionnaires publics de tous degrés et tous les honuoes impartiaux el réritablement indépendants. Que serait eneffet pour des lecteurs accoutumés depuis longtemps à payer 80 fr. pour le montant de leur abonnement annuel, l'addition de la faible somme de 18 fr., prix de rabonnement au ffulletinf... A ce modeste prix, cependant, les produits géraient encore assez considérables pour permettre au directeur qui lui serait donné de rétribuer honorablement le concours des premiers écrivains, afin que, pendant la Lacune des sessions législatives, le Bulletin fût, par U supériorité de sa rédaction , comme par i'éteodne de sa publicité, le premier journal du monde (1).

Dans ce registre national, vaste enquête permanente, serait accettmremmt consigné tout ce qui intéresse el honore la France : — les plus dignes productions de l'esprit et du talent , — les chefs-d'œuvre des arts, —

(I) La feQilled'impreHioD, grand raisin, rorcnudu lfonit«ur, tirée à grand nombre, à la mécaDïqne et aui bon papier, revïeat à 1b fr. la rame, soil 3 cenlicneB 1» feuille, ou 10 fr. 9â c. pour 36S numéroB; 1 ît. environ reslerai en l donc disponible b pour le payement : l°de la remiïedes direcleurBdeposie; — !° des frais ma' t^elB de composition et de eeni d'administration ; — 3>enGn,de ceuxderédaciion,qui doivent être évalués au moios de 200,000 tr. A 300,000 fr., ai l'on veut, ainsi qu'il sérail désirable, que le Bulletin attire ï lui el puisae absorber dans sa rédaction tous les écrivains d'un mérite supérieur. Excluant l'apologie ofScieuse el se bornant à la publication et au rélabliisement de la vérité, le Bulletin pourrait assez facilement former une coalition de taLeoIssur un terrain neuf el neuteequi lui serait préparé.

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les décoaverles des sciences el leurs applications utiles, — les progrès deTagricuIture , — les perfectionnements de l'industrie en France et à l'étranger ; — enfin, tous les moyens d'améliorer le bibn-êlre maiériel de toutes les classes, et de développer leurs facullés morales (1).

Le gouvernement, de son cAté, serait intéressé à ne négliger aucun moyen de faire qu'à tous égards , sous le rapport de la célérité autant que sous celui de l'exactitude, ieBuilelin eût toujours la supériorité. Le grand nombre de ses courriers et de ses agents, le monopole des télégraphes offrent tous les moyens de la lui assurer sans frais. Le mensonge ne l'emporte sur la vérité que lorsqu'elle est tardive , jamais quand elle le devance; plus il serait accordé de place aux nouvelles, moins il en resterait aux fausses interprétations ; plus la publicité aurail d'attraits, et plus la polémique en perdrait.

La publication du Bulletin français aurait lieu en vertu d'une autorisation ministérielle qui pourrait être retirée. Ainsi , le gouvernement n'aurait jamais rien h redouter de son immense publicité, et le sort de la France ne dépendrait plus alors de la défection d'un journal ou de l'accord de sixou sept joumauientre eux.

Le prix d'abonnement ne pourrait dépasser 18 fr.

(1) Un reproche grave peu! éire juBLement adressé aui cours publics de Paris, que le gouTernemeDi entrelienl à grands frais . c'esl celai de oe pai a'élendre au delà de leur auditoire, uécessairemenl Uèa-reslreiDI, et d'âtre conséqnenimeDl sans milité assez générale pour 1» Fi*nce ; leur reproduciioa siénogrephiéedangle Bulletin obTieraîi pleiaemenl à cet inctinvéïiieiit et porterait ses fraiis daiii lei déparlemenltt.

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par année — 5 ceniimes par jour— afin qu'il demeurfti bien établi qu'il ne s'agit point d'un monopole livré à la spéculation.

Le Moniteur universel subsisterait sans éproQTer d'autre dommage que le partage des communications officielles.

Les tonds secrets, n'étant plus en partie détournés de leur véritable destination , ne seraient plus un vote de confiance , toujours délicat à demander pour tout ministère.

Ainsi légalement, politiquement et moralement constituée , dans l'intérêt de l'ordre public , de la {»ospérité du pays et de la stabilité de ses institutions, la publicité , ennoblie et non plus corrompue , est une idée constitutionnelle que doivent accueillir tous les amis éclairés et sincères des libertés publiques ; car il n'est ^ucun d'eux qui ne convienne que ce qui leur importe c'est moins la polémique qui prive les lecteurs de l'indépendance de leur opinion, que la publicité fidèle donnée à tous les actes du gouvernement (1),

(1] Ce projet de la publicalion d'un Bullclia ne coûtant que ISfr. par anTitiaoumU, en teSl, &H. Casimir Péiler, alors président du conseil des mioislreg, qn) ne l'accijeilUl pas. H. Périer répondit à l'auteur qu'il élait dans l'erreur en attribuant au prindpe du bon marclié une puissance qu'il n'avait pas en matière de presse périodique; que les partis necompiaieDtpa*,)orsqu'il&'^Bnlt de aalisfairG leurs passions; que si bas qu'en fût le prix, personne ne voudrait s'abonner aa Balletin.

■ Panni les successeurs de H. Casimir Périer ui iniiiial^d« l'intérieur, il ne s'en est pas ironré on senl qui eùl le temps de consacrer us jour ou deui à l'eiamen approfondi d'uae proponillon qui, si elle avail ëléadopléeen tSII,ûirul peiÉ*.élre cfaaneé l'esprit du journalisme et du pays et, pnrtuilt, prévcnnleserliet qui ont mis plus d'une Tais nos ins tintions en péril 1

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BsM» rKtlouMellM il^Nne l^irlBl»ttoii noBTclle do

La presse, amie ou ennemie, garde mietix les ihiDiiAtea el le dedioB du rofaume qiie-dea ariuéee....

Avauan9-1e : une maillé peul-étre dé nos éleoleurs ont pklAI l'JMliDCt que la cwnoiti sauce de la liberté, lis lu senleni; iU ne la encore. Ils agissent par liapul-

e riche ne B'amélioreni qu'en

Dans l'état où sont les choses, que faut-il faire poui* restituer à la presse périodique l'utile fonction qui lu) iest réservée dans l'ordre social el politique ? — Précisément te contraire de ce qui a été fait, ' - Il faut que iapublicité cesse d'être contrainle à appeler la polémique et les partis à son aide pour payer leur part de Timpôt exorbilant et cependant peu pro- Buctif du timbre.

-' li faut que le gouv«mement représentatif rende liominage au principede la publicité, non point pardes 'sacrifices impui's faits souslcnom Ae'sukvmtiom i")A vénalité par la corruption , mais eii constituant potitt'- ^uement lui-même , sur une base légale et morale; )a publicité officielle.- ' ■ ■

' Il faut que la responsabilité des éditeurs d'un écrit

272 — périodique ne soit plus une garantie illusoire, une fiction déplorable ; mais qu'elle devienne une fonction puUique considérée à l'égal des plus utiles et des plus

11 faut que l'âge , l'expérience et la position sociale de l'éditeur responsable d'un écrit périodique présentent toutes les garanties vaioement demandées jusqu'à ce jour, non à la moralité des hommes, mais à la quotité variable des cautionnements ; il faut que ces garanties soient (elles enfin que leur réunion suffise pour élevn sans crainte la presse périodique au rang d'institution sociale et pour détruire sans retour les préventions défavorables qu'a pu faire uaitre l'abus de sa liberté.

n faut que la publication d'un écrit périodique cesse d'être assimilée par la loi à une exploitation commerciale, afin que les hommes honorables et instruits, animés de vues utiles et généreuses ', ne soient plus retenus, pour les exprimer et les propager , par la crainte de sacrifier leur fortune et de compromettre leur nom, ou de s'exposer à un autre danger plus grave encore , celui de se livrer sans défense et sans réserve à k bonne foi d'un gérant absolu, bien qu'agent subalterne.

11 faut que les vexations commises cLaque jour dans l'ombre par les agents du fisc ne soient plus, de la part de la presse périodique, qu'elles disposent à l'acrimonie, des causes indirectes d'opposition contre Tadministralîon publique.

11 faut que l'on ne puisse plus justement adresser à la presse périodique le reproche que font au pouvoir les adversaires de la centralisation ; il faut qu'elle re-

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présente avec plus de vérité les opinions et les besoins de tous les départements de la France. Il restera encore à la presse centrale une assez belle attribution, celle de l'initiative de toutes les grandes questions.

11 faut qu'il puisse y avoir autant d'écrits périodiques qu'il y aura d'hommes éclairés intéressés ft l'ordre ou désireux de concourir à la propagation d'idées utiles.

Il faut enfin qu'aucune entrave ne soit mise à la liberté de la presse périodique ; qu'aucune faveur n'enchaîne son indépendance ; qu'aucun privilège excep" tionnel n'en détruise l'^alîlé, et surtout qu'aucune subvention n'en puisse jamais rendre la modération suspecte de vénalité.

Des droits db TiMBaB et dh poste. — Supprimer le droit de timbre, élever par compensation le droit de poste, substituer à la formalité vaine des cautionnements une garantie plus efficace , telles sont les bases de la législation rationnelle qu'attend encore en France la presse périodique. La suppression pure et simple du droit de timbre serait un progrès utile , mais non une réforme suffisante : sa suppression, combinée avec l'augmentation du droit de port, est tout un système nouveau, dont la conséquence serait d'étendre la presse départementale et de restreindre au contraire ta presse centrale, par l'extrême différence du prix d'abonnement qui s'ensuivrait nécessairement.

La diffamation publique trouverait alors des barrières; elle ne couvrirait plus toute la France d'un seul coup d'aile ; l'administration des postes n'en serait plus aussi gravement complice , elle ne porterait plus si

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loin et sur un aussi grand nombre de points l'attaque et le mensonge.

On a souvent cité la liberté dont la presse jatûstét en Angleterre , sans d^^r cependant poor son gouvernement et ses institnlions. Plasieurs publicîsles n'hésitent point à attribuer sus mwurs britanuiques ei il la gravité des esprits dans ce pays rbonoear d'un résultat dont la cause est d'un otdté infiniment moins élevé , puisqu'elle réside louf entière dans une matérialîté.

En Angleterre, les journaux n'étant point transporlés, commeen France, par l'administralioa des postes, moyennant un faible droit indépendant de la distance; il n'y a point dès lors de centralisation de la presse, de monopole de l'opinion publique par Voie d'iaboniiement : 41 y atout simplement des joumaus qninesont astreints à aucun cautionnement , mais aussi dont ta poste anglaise no se charge qu'en les pesant et les taxant comme lettres.

Ces journaux n'ont pas d'abonnés, ils n'ont que des' acheteurs. Le matin , on choisit parmi les journaux qu'apportent les voitures publiques le plus inléressant en raison de l'opinion qu'il exprime ou de la nouvelle du jour qu'il publie le premier.

Avec l'aversion et h crainte exagérée que la presse a toujours causées au gouvernement Irançais, ce soin de sa part de colporter économiquement , rapideoaent et journellement les attaques dont il est l'objet , peut paraître au moins surprenant, mais ce contre-sens apparent ne s'explique pas seulement par notre pente na-

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tureile vers ta ceulri^isatioD : il y a une autre cause , cW l'amoar de la France pour la police.

Cette passion malheureuse, qui ne regarde jamais tfue d'un œil, n'a tu dans la cenlralisalkm de la presse qu'un moyen pour le gouvernement de scruter toutes les opinions , en se chargeant du transport des journaux au domicile de leurs lecteurs.

Aussi est-ce à la police que la presse centrale doit en France sa toute-puissance.

On peut objecter qu'aux États-Unis il n'en est pas du transport des journaux comme en Angleterre , que le service piiblic des postes en opère la distribution moyennant un très-faible droit , et que dans l'Amérique du Nord, pas plus qu'en Angleterre, la presse n'a pas encore renversé le gouvernement établi.

On pourrait répondre k l'objection que cela tient sans doute à deux causes i d'abord à la grande variété des feuilles qui se publient dans les états de l'Union , en-^ suite au caractère plus commercial que politique de leurs journaux ; mais il y a une troisième cause qui domine les deux autres , c'est la forme fédérative de ce gouvernement, qui exclut toute tendance de central!saUon, même dans l'expression de l'opinion publique.

Voilà ce qui explique comment l'Amérique du Nord et VAngletenre aupporient sans crainte et sans dangei* la puissance de la presse. La fusion des deux droits de tîmb?e et de posté bn une seule taxe de port détruirait la centralisation de la presse pariâenne, qiii estl'abus d'un droit ; favoriserait la multiplication de toutes les nuances d'opinions constitutionnelles, ci'éerait dans chaque département , dans chaque arrondissement

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électora], des journaux, expression de leurs intérêts moraux et matériels; s'il en était ainsi, les vrais intérêts se feraient mieux connaître ; les idées, pour se développer et mûrir, n'auraient plus autant besoin de venir chercher la chaleur ardente du foyer centi'al.

Les journaux de Paris donneraient l'impulsion et l'exemple, les journaux des départements le suivraient; ils entretiendraient entre eux l'émulation, dès qu'ils n'auraient plus à lutter péniblement contre le monopole actuel de la presse centrale, dès que leur existence serait matériellement possible.

Le sort de la France alors ne dépendrait plus tout entier de Paris, de la défection d'un journal ou de l'accord de six ou sept journaux entre eux.

Des cAirriœtnEXBKTs. — La condition d'éligibilité substituée au dépôt du cautionnement placerait la presse périodique entre le^ mains d'hommes expérimentés, indépendants par leur fortune du pouvoir et des partis, intéressés matériellement en qualité d'éligibles au maintien de l'ordre ; les engagerait indirectement, par serment, envers la forme actuelle du gouvernement et la dynastie régnante ; elle aurait enfin les avantages suivants :

1* Elle donnerait au gouvernement des garanties moins douteuses, car elle ajouterait celles de l'&ge et de l'expérience i celles de la fortune. Aucun homme ftgé de trente ans ne pourrait plus être désormais gérant d'un journal, tandis que la loi lui permet maintenant d'en remplir les fonctions à vingt-un ans.

2» Le cautionnement, fourni le plus souvent par des tiers au moyen d'une prime convenue, progres-

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sive en raison des risques que lui fait courir celui qui l'emprunte, n'a toujours été qu'une formalité vaine et qu'une garantie politique illusoire; le cens d'éligibilité serait au contraire une condition trop honorable k remplir pour que le gérant ne l'eût pas toujours involontairement présente à la pensée dans l'expression de ses opinions^

Ou ne saurait trop désirer que les gérants des écrits périodiques soient éliglbles ; indépendamment des ga- . ranties pécuniaires qu'ils offriraient en cas d'amendes, ce serait un moyen de déférer en quelque sorte leurs doctrines à l'opinion publique elle-même par une candidature permanente.

Ce but honorable, s'il eùl, depuis vingtannées, toujours été présent à l'ambition des gérants responsables, en eût relevé la condition ; il les eût faits plus dépendants de l'opinion publique; la presse p^iodique fût tombée moins souvent aux mains de brouillons et de .controversistes obscurs; elle eût compté plus d'hommes politiques préparés par la théorie à la pratique des affaires.

Un des vices de la presse périodique, c'est qu'elle exerce sans contrôle un contrôle si actif, È'est que le plus grand nombre des écrivains dont le journalisme est la profession soit trop étranger aui intérêts généraux qui sont de plusieurs natures ; plus on relèvera la presse périodique, plus elle sera éclairée, digneet conciliatrice, et plus l'on créera de chances qu'elle cesse d'être l'interprète des passions des partis pour devenir l'organe des intérêts et des vœux du pays.

a La presse périodique ne saurait avoir plus de droits

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que la tribune parlemenlaii-e, » a dit H. le duc de Broglie à l'occasioD delà législation de septembre 1835; aussi demandons-nous pour Tune et pour l'autre, que les mêmes conditions ôe capacité leur soient imposées, qu'une égale considération leur soit accordée, et que, dans l'intérêt de la pacification publique et du àéve-' loppement pn^essif et rationnel de la liberté socialei la tribune parlementaire et la presse périodique se traitent en émules, et non plus en ennemies.

Cela est possible par l'élévation morale de la fonction de gérant responsable et par la suppression matérielle du timbre, dont la conservation fait td>Btacle ï l'impartialité des journaux.

Aussi longtemps que cinq mille abonnée seront nécessaires à l'existence d'une feuille quotidienne, àcaose de l'énormité de la taxe, îljn'y aura point, il ne peut j avoir dans la presse périodique de place pour les organes d'ime opinion indépendante, calme et médiatrice.

La garantie d'éligibilité admise par la loi, la sup^ pression du timbre également consentie, les journaux ne seraient bientôt plus que des préfaces politiques à la vie parlementaire:

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