‹ Études politiquesChapitre 27 sur 32 · LBlLftNG · texte numérisé non relu

LBlLftNG

HoNsiini,

- J'ai lu avec empTeBsemeut vos Élwlti potiligitM que tous svez eu la boulé de m'envoy cr ; elles m'ont appris que la plupart des idées que j'ai émises dans ma notice sur l'emploi de l'armée aux travaux publics tous appartiennent par droit de priorité.

Il EoseTeli comme je l'tû été pendant plus de trois bds dans le fond de la Basse-Breiague, il n'est pas éionnant que je ne les aie point connnea plus tût ; cependant, pour me punir d'avt^r présenté sous le patronage d'un nom obscur, aux ingénieurs me* collègues, qui seront probablement tes seuls acheteurs de moB lirre, un système que je pouvais appuyer de l'aulorilé du vélre, je me condamne à leur envoyer moi-même votre cieelten te brochure, si par basard iis ne la connaissent pas.

" Je ne regrette pas moins vivement celle circonstance; car, au lien d'esquisser les principaux traits d'un système que je i^s bon moins bien que vous ne l'aviez fait vous-même, je me serais bornéà faire coniisitre comment je l'avais appliqué i peu près, en organisant des cotnpagnies de travailleurs i la Roche- Bernard, quels résultats j'avais obtenus et commeni, entln, je voulais égaletncnt l'essayer dans les travaux des fortifications de Paris; nous serions alors restés tous deux dans noire réie, vous bomme d'imagination, moi homme d'exécution ; vous la tSie, el root le

*. LBILANC.

ur \â qilàit uM d'iijidiealiti in |ndi tniiii, il m In wjMt fj Mfiqir l'inift (1).

« La consiruciion du pont de la Roche-Bernard m'a fourni Toccasion d'étudier deux questions importantes pour l'exéculion des travaux publics : je veux parler du système des grandes adjudications passées à un entrepreneur ^néral, et de tacoopérationde l'armée.

Il Dans l'article qu'il apublié dans le numéro des ^nnoJct de janvier 1840, M. CoUignon a Tait connaître que l'emploi des troupes aux travaux des roules stratégiques de la Mayenne n'avait pas produit des résultais aussi avantageux qu'on l'espérait, puisqu'il eût fallu réduire à 0,tl c. en 1S39, et à 0,214 m. en t836, le montant de la rétribution à accorder à chaque soldat iràvailleur, pour qu'il n'y eût ni profit ni perle pour l'Ëtai à les employer ; il remorque en même temps que ces soldats ont produit moins de travail, dans un temps donné, que les ouvriers ordinaires.

a J'ai employé desouvriers militaires à la Roche-Bernard ; la composition du personnel de mon atelier était différente de celle des ateliers de H. Collignon, ei j'ai obtenu des résultais différents pour la quaniité et la qualité du travail produit ; mais son organisation était à peu près la même, et les résultats, sous le rapport financier, quoique un peu meilleurs que les siens, n'ont pas été parfaitement satisfaisants. Bien loin d'âtre forcé de conclure de cette dernière circonstance, comme M. Collignon, que le peu d'avantages qu'on peut retirer de l'emploi de l'armée aux travaux publics ne méritent pas qu'on modifie son organisation, ne m'est-il pas permîsdesoupçonner, au contraire, quee'Mtjon

(I) Dueription â^uK font lutpendu conttmit à la Roeht-Btrnard, par P. LiiLakc, ii^éuieur en chef àea ponts et cbauiiéM,1841.

..,Cooglc

nrgtmifialion acUifUf qw s'oppose à ce qu'on en (AlienTie ilt plus grands ?

v Avant de développer mes idées à cet égard, Je dois entrer dans quelques détails sur les résultats de l'emploi des DUTriers militaires à la Roche-Bernard.

« Deux détachements, l'un du Te de ligne, composéde 130 hommes ; l'autre du 20<>, composé de 100 hommes, ont été employés aux travaux du pont pendant les campagnes de 1837 el 1838; ils étaient commandés par un capitaine, quatre lieutenants ou sous-lieutenants, deux sergents-majors et six sei^enls ; je ne compte pas les caporaux, qui travaillaient comme les soldats.

M Tous les travailleurs avaient été choisis parmi Us hommes de bonne volonté des deux régiments; c'est dire assez qu'on ne rencontrait parmi eux presque aucun cordonnier, tailleur, bijoutier, el autres hommes à étal sédentaire, étrangers au maniement de la pelle ou de la pioche [< ).

[1] Tous lea ingéoleurs qui ont dirigé des aletiers de cbsrilé pour employer les ouvriers des manu factures d'Étoffes sans oovnge, ont pu reconnalire qu'avec la meilleure volonlédu monde, ces ouvriers ne produisent que peu de irtivail, tandis que c«dx habitués aux travaux de la camptgcie en pradniHut bieo dannlage.

A Ljoa, pendaal l'hiver de 1836 à 1837, j'ai obtenn quelques passables résultats du travail de plus de trois mille ouvriers ea soie qu'on avait mis à ma disposilion ; mais je ne les ai dus qu'à une organiaalîon pariicuiiËre que j'avais donnée k mes aicliers.

J'avaia d'abord choisi pour un iravail facile : la construction de la digue de ceinture des Brotteaui, oécntéeaTecdes remblais pris dans de la terre végétale ou sablonneuse d'une facile extraction.

l'avais fait prévenir les onvriera que je ne les recevrais que lorsqu'ils se seraient formés en brigades de fingl d Ireole hommes, eu se choisissant entre eoi.

Quand une brigade ainsi formée se présenlail.je lui liiisais étire son cbef, et lui faisais tracer sur le terrain un espace oti elle devait prendre la (erre du remblai.

A laBn de chaque semaine, je ruîsais afScber sur la porte de la ferme de la Tète-d'Or, où j'avais établi mon bureau, le nombre

,,Cooglc

u Ces soldats ont été d'excellents manœuvres ; non-sentemmt ils ont produit plus de trayail que les ouvriers ciiils, mais encore ils leur ont donné de l'émulation, et surtout les oui empêchés, par leur exemple, de perdre du temps en causeries, car les sous-officiers n'auraient pas permis aux soldais de l'employer de celle maDiëre (1).

« Quant au résultat financier, en Taisant abstraction du iraTail produit, il n'a pas été très-favorable.

v Pour ne pas opérer sur de Irop grands nombres, Je ne

de* raèirea cubes eilrails par cliaque brigade el la somme lolale qu'elle avait gagoée.avec lepriidelBJournéepourlatemalQeqiit eD éiaii la ooDKquenoe.

J'avais eutoiii de donner an mèire cube ud prix plus élevé d'un cinquième que celui indiqué au projet.

Je payais lu Bomme gagnée par chaque brigade entra len mains de (on chef, qui te cbargeaii de la diitribuer aux onvrierB.

L'émulat^n que cette oi^aaisatioa leur donnait, l'inspecliop mamelle dus ouvriers de cbaque brigade les une aur les autres (l'onvrier plus piireasevix ou plus tnalbsbile que si» camarade* était bientût expulsé par eux), lacouBance qu'ils avaient dans des cbefa immédia» de leur cbotx (et il était imporlant de leur en donner daos une ville oiunme L^on, où il existe tant dedéfiauce contre l'administralion), le* faisaient iravaiUer avec une ardeur que j'^ rarentent remarquée chei les ouvriers ordinaires; cepen^ daal les bom m es composant U brigade la mieux choisie, dans un paya où la journëe ordinaire de manœuvre est de ! (r., n'ont pas gagoéplus de2 fr. 50 c; la plupart n'ont gaf;né que 1 fr. 60 c. A 1 fr. SO c, et souvent ils avaient les mains teitcmeni pleines d'ampoules, qu'ils éLaiem forcés d'abandonner les travaux,

(Il Les aous-ofSciers ne comnisudsicnt qu'aux soldais : quotque les conlre-msiires de l'f nirepreneur eussent le droit de leur d«»)aer des ordres, cependant ils employaient urdinairemeotl'iiitermédiaire des sous -ofQci ers, car les soldats étaient très-suscepliblea, el s'offensaient sauvent des paroles, quelque peu dures qu'elles ruBSseat, des eoniré- mai très : les appels mêmes se faisaient -aéparémem pour les ouvriers militaires et civils; ces derniers ooflaeniateni bien à Sire soumis aux rormes mlKiaires, mais ils oo vonltdent pa* que les sous-orScieTB eussent l'air d'élre leurs sapérieun.

D,.jn;..;.,C00glc

224 — considérerai que le travail d'un mois, et je choisirai celui de juin 1838, qui est un de ceux qui donnenl des résolutt moyens.

H Pendant ce mois le total des journées des onrriersBiililaires s'est éleïé à 4,136.

L'eD [repreneur (i] a payé pour chacune d'elles I fr.

as c. ce qui Tait uneaommede 5,170 T. OOt

Hais il B eu à payer enouire :

l'Trailement de cinq officiers i Sa Tr 3!S (H

2' Trailemenl de deni BergeDt8'ma]ors i 30 fr . . . 60 00

3* Traiieroent de Biieerf^enuk 4Sft-. (S) 170 00

*• Frais de roule ponr l'arrivée eL le départ des

deui délacbements, dont le diiième en de (3). 37 11 &• Salaire de deux cuisiniers pour ud mois, k raison de 360 fr. par an 31 M

6* Locaiiou d'ambulanoeâ raison de 160 f. par an. 13 50

7> InsLaDadon de râteliers d'armes, tables à manger, gamelles, cruches et chaudières, i raison

de 2S fr. par mois 3S 00

8* Fourniture de boii pour la cuisine !5 00

0* Fourniture de lits pour la salle de police 6 OO

10° Coucher de !06 homnteB seulement en ville, 4

raison de, 10 c. par homme et par nuit OIS 00

11° Location de trois lits pour l'ambulance IS 00

J3° Frais de maladies, honoraires de médecine. . . 80 00

Total de )b dépense 6,668 97

a Ces 6,668 fr. 27 cenlimes divisés par le nombre tolal de journées du mois, donnent pour prix moyen de la journée 1 tr. 61 centimes.

« Or, en admettant que l'entrepreneur eût employé des manœuvres de choix à la place des militaires, il ue les eiit

(l)Ces ouvriers élaient à la solde de l'enurepreueur.

(1) Les se^enis étaient constammeni présents tOr les obantien, tandis que les sergents-majors ne s'occupaient qoe de «OOèfl*bililé 1 voili pourquoi les premiers recevaient plu* qoe ha dcr-

(3) Celte campagne a duré dix mois.

-vCoogIc

^ 225 — pa.y/is que 4 tr. 40 c. par jour (I), il aurait donc gagné fr. 21 c. par jour et par homme àceltti substitution; il est vrai qu'il n'en eût peut-être pas trouvé la quantité sufSiaDte, « Examinons maintenant quel a été le profit net de chaque soldat travailleur :

Pour UD molB de tntTail, ordinabemeDi oampo»é de 25j<nir»,UreceTail 3lf.î5o.

Il avaii à payer pour son lervlce au corpt, par moii âf.OOc.

ChauBeure .'-... i M

Une blouse et ud pantalon d'un prix eaaembledeTr.SOc.pourdiimoiB.ctpoaran. 15

Il abandonnait les & c. de pocbe ponr fanéltoraiioa de l'ordinaire, ainal je n'en lienapw compte. __^___

Total S 35 8 15

Reïtenet ' U M

Ces 23 tr., divisé* par 2b, donnent pour prii nnyen de journée 91

Si l'enlrepreaeur eût retenu sur ce prix l'euédaat de dépensedoniil vient d'être parlé 21

11 serait done resté ponr chaque travailleur (2] Tl

u Ce résultat est meilleur que celui obtenu par H. Collignon, mais il aurait offert peu de moyens d'opérer des économies notables ; c'est tout au plus si l'Etal, s'élant mis à la place de l'eu (repreneur, eût pu gagner Tr. 31 c. par journée et par homme ; car chaque soldai, pour tra-

(1) Ce prix est en effet celui que j'ai donné aux manoeuvres de choix trsTBJllaDt en régie,

(2)Parmi les soldat* travailleor». Il y avait no asiei grand nombre de maçons, gagnant 2 fr. 50 C. par Jour ; d'après les ealouia précédents, on trouvera que leurs journées revenaient à ! fr. 86 ci l'en [repreneur, et qu'il leur restait net 3 tt. ITc, qui se seraient réduits à 1 fr. 81 c, si l'on en avait déduit l'eici* de déppnni: pour leur casernement cl autres causes indiquées einJessuB.

-vCoogk'

Tailler avec courage, doit être oerlaind'nn bénéfice netqni ne peut s'élever à mains de fr. 40 c. ( I).

« Ne serait-il pas possible d'obtenir mieux atcaret le ne puis m'empècher de le croire ; mais je pense qu'il faudrait pour cela modifier l'organisation de l'armée.

a Je voudrais qu'on formât des compagnies d'ouvriers dans des régiments spéciaux (2).

« Ainsi, un de cea régiments, par exemple, contiendrait une ou deux compagnies de maçons, tailleurs de pierre, sculpteurs, plilrîers, marbriers ; une ou deux compagnies de forgerons, serruriers, charpentiers, menuisiers, charrons et mécaniciens; toutes les autres compagnies seraient composées d'hommes habitués aux travaux de la terre; on n'y admettrait même pas les ouvriers de cette espèce qui n'auraient pas atteint toute leur force, ou qui seraient d'une faible constitution.

■ Plusieurs de ces régiments seraient uniquement composés de travailleurs de terre (3).

Il On reléguerait dans des régiments séparés tous les ouvriers anciennement occupés dans la plupart des manufactures , les orfèvres , bijoutiers , chapeliers , tailleurs, etc., etc. {4).

xAvantd'employeraux travaux ces soldats ainsi ot^anisés, on les exercerait pendant six mois au maniement des armes.

(I) Il faut observer qu'un soldm aimera loujour» mieux gagner tO cent, par Jour el avoir une nourrllure meilleure, en Iravsillant, que de faire l'eiercice sans rien gagner et en ayanl une nourriture moins snbsianiielle.

(1) On Bail combien les compagnies d'ouvriers rendent de services à l'artillerie ; tes sapeurs el les mineurs eonl réellement des rëglmeols d'ouvriers, ei cela ne les eaip^alie pas d'âlTo les meilleurs soldais de l'armée.

(3) Ce sont les fîllages qnl fourniateBl le plus gratd.nombn d'liommesàl'armée;lesirBvailleursdeUirrB7sonldonoen majorité.

(i) Oo pourrai! cepew^Dl râanir les tulleun en cerapagnieset leur faire exécuter les uniformes des Iroupes; il sérail possible d'appliquer également mon sjslème aux cordonnien el k plnsieun

.,Cooglc

« UaiDleoaal, je suppose qu'une grande cODSlruclion ré' clamât l'emploi des ouiriera militaires :

a On y enverrail un ou plusieurs des régimenU donl je viens de parler, et ayant un nombre de soldais Iravailleurs égal àpeu près au nombre d'ouvriers nécessaires,

« La moitié seulement des soldats iruTaillerait, l'autre moitié ferait le service des casernes et s'exercerait au maniement des armes ; chaque moitié alternerait avec l'autre au commencement de chaque semaine (1).

a 11 suit de cette disposition que la moitié du personnel des chantiers serait formée d'ouvriers civils; mais, dans le cas où l'on ne pourrait pas compléter le nombre de ces derniers, la réserve militaire serait là pour fournir le supplément nécessaire.

n Je suppose maintenant que le prix de la journée de manœuvre fût de 1 fr. 50 dans le pajs où s'exécuterait le travail (2).

« Les soldats travailleurs loucheraient fr. 40 par chaque journée de travail, et abandonneraient leaO fr. 5 de poche pour l'amélioration de l'ordinaire ; sur les I fr. 10 res^ tant, on prendrait les dépenses supplémentaires, qui pourraient ne s'élever qu'à Ofr. 27àpeuprës, comme je le prou." verai tout à l'heure ; les autres fr. 83 seraient partagés en deux portions: Tune, de fr. 43, serait mise à la caisse d'épargneau nom et au profitdechaquesoldat travailleur et le capital elles intérèlslui seraient rendusquand il serait libéré du service ; l'autre, de fr. 40, serait le bénéfice de l'Etat.

« Pour appliquer ce sj'sième à un exemple spécial, je sup-

(■; je n'a< pas besoin de Taire remarquer cDmbiea il serait facile de ralentir momenLanément l'aciivilé des chaoliers, ou de l'augmenler, dans mon s^slènie, et cela d'un jour à l'auire, ce <|ui est impossible muiftenanl saita de grandes dépenses faites en pure perle.

(a) Ce prix peut Blre considère comme le pris niOyen des localités DÛ s'eiécnlent les grands irnvauii ; au reste, ou remarquera qu'en appliquant iilon raisonnement k U journée de manœuvre, c'est le cas leplus dëfavorable que je prends.

.,g,t,ioflb,GoogIe

poserai qu'un bataillon de Iravailleurs oj^aolsc comme je viens de le dire eûl été employé k la Bocbe-Bernard.

L'indemnité menBoelledeaciDq oGficiere eùi été réduile i raison de i& fr. poarctM-

cun d'eui. à (1) l&r.Wc

Idem pour deux sci^eats-iiiBJarg, à

bit. parmoia 10 00

Mem pQDrsIXM^emster.parmoii 36 00

JesopprimeduoompMqne j'^ élabli précédemiueiit l'vi. 5, va que la cuiiine «e ferail «ooime maiaienani; l'art. 10, vaqueleafraiseitraordioaiTesdela maladie «ont Bupporlés acuiellement par VEUX, el que l'emploi de l'ermée aui travaux n*; ajoplerail rien i et enSo l'an. 8, parla même raison.

Il enl ëvideal qne pluiienra aulres articles peuveut être diminués dans un grand nombre de localités, où il existe des casernes, par exemple ; cependant je les porte le: dans leur iolégratiié, en observant toujours que je prends le cas le plus déravorable :

reste à compter ^ T16 Cl

Toul pour on moisde 25 jours de iravull (!)... 831 61 Qui, divisé par &,T&0 liommes, nombre total des jonT*

néea, fait HS

Au corps, les soldats travailleors n'auraient plus de garde à payer, mais il faudrait leur retenir pour cbaussnre et vêlement de travail, comme il a été dit pins haut (3), 3 fr. 35 c. par mois, ou par jour. <> '30

Total il prélever par jour 37&

(1) Quoique cette indemnité et les autres ne Hoîenl pas très-for' tes, il e«t évident qu'elles produiraient cependant une amélioralion sensible dans la position des otSciers et sous-officiers.

Tous n'en profiteraient pas, il est vrai, el surtout constamment, puisqu'ils ne Beraient pas toujours employés aux travaux publics; mais de ce qu'un avaulage ou n'est pasgrand, on n'est que temporaire, il ne cesse pas pour cela d'éire un avantage.

(3] Le nombre le plus ordinaire dos journées de travail, dans un mois, est de 3S; or 2& X 330 = 57 SO.

(3) En prenantsur le salaire des soldats la valeur des vélemeou

Le moukaul net de la journée, en lacalculaal au prix de 1 fr. 40, aurait donc été, pour les mameuvres, de 1 fr. tSS.

Sur ce prix, j'aurais vaoio qn'oD nccordAt aax KJdata

travalUenn, ponr en dispoier k lear Tolonlé 406

Qa'ODplBghpoureuEàlBCUMed'épw^i». 400

EtquefÉUlproaiAtde [1) 320

Tua) pareil 1 13&

u En récapitulant, je crois qu'on peut artlrmer qu'il résulterait du système quejeproposules avantages suivants:

« i" Les régimeuts de travailleurs, choisis parmi les soldats les plus robustes, seraient des régiments d'élite qui pourraient rendre les meilleurs services en temps de guerre ; les bataillons d'onvriers de la marinei et la division des grenadiers du maréchal Oudinoi, pendant la campagne d'Austertiii, prouvent l'avantage qu'on peut tirer de la réunion d'une masse d!hommes d'élite (2] ;

K S« L'Etat pourrait exécutera meilleur marché beaucoup de constructions importantes ; il pourrait aussi se passer souvent du concours funeste des entrepreneurs; il ne verrut plus ses constraclions souvent enlravéespar le manque d\>UTriers, et il serait & t'abri des eiïets de leurs coalitions ;

a dfi S'il était menacé de la guerre, il pourrait, en consacrant les bénéfices obtenus sur la masse ordinaire des Ira-' vaux à l'enlrelien d'un plus grand nombre de régiments, augmenter, presque sans qu'on s'en aperçût, l'effectif de

de iravaileldela chausaare, lesdépeates ordinaire! qoi grèvent lenr maBie diminuent.

(1) En ajoaUmit ce bénéSca celai fsit >ur celles dm rnsçoas, on irouverail qu'il y asrait eu un bénéfice net, pour l'Ëlat, de 96 à 30,000 fr. par campagne, ce qui fait pre«qne 100,000 fr. sur rengenihle àet travaux du pont, c'est-à-dire du diiième de ladé- pente totale.

(3) Il est clair, àum loua lei cai.qae cei réglmeals exécalcraienl bienetrapjdemeniletlraTanidefcrliflcaiKHipaMBKire.

rarmée, de maDÎère à la raetlre mieux eu élal de défendre le lerriloîre;

4°!^ position des officiers serait un peu améliorée ;celle des sous-officiers le serait également ; elle pourrait même l'èlre beaucoup pour les plus instruits d'entre ces derniers, qui pourraient être employés comme conducteurs et piqueurs ; de cet avantage il en résulterait un aulre, c'est que, dans cet te espérance, Jes sous^fficiers étudieraient avec zèle le calcul, le dessin, l'art de niveler et de lever des plans, ce qui les mettrait enélat de rendre d'excellents services en temps de guerre ;

o S° La nourriture des soldais serait meilleure, et lear travail plus varié leur donnerait plus de force et de saaié;

H 6' Us ne perdraient pas l'babitude du travail (1), et i leur sortie du service, quand ils reprendraient leur élal primitif, ils ne se trouveraient plus dans un état d'infériorilé, sous le rapport de l'habileté, avec ceux de leurs anciens camarades qui ne seraient pas tombés au sort ;

a 1" En rentrant dans la vie civile, ils auraient à leur disposition un petit capital qui leur donnerait les moyeus de s'établir, et je n'ai pas besoin de développer ici les avantages qu'un pareil état de choses procurerait à ces soldats et a la société en général (2),

(1) On objectera peut^nre que cet avaDiage pour le pelit nombre de soldais poeaûdunl un métier qui les rende propres à eue employés aui iravaui publics, car les Lerrassien ne peuvenl perdre leurbabileté; mais ce genre d'objection, qu'on fait cependant souvent, tae parait dénué de raison ; parce qu'on nu peut faire du bien à lool le monde, faul-il donc se coadamner à ne faire du bien k personne? ce serait une étrange naiiièrede oomprendre l'égalité devant la loi 1

D'ailleuTA, d'uprËs ce que j'ai dil plus baul. On pourrait étei»' dfe considérablement mon système ; et je ne vfù» pas commenl il ne serait pas possible d'employer lea soldats (ailleurs, cotdanniers, ébénistes, doreurs, tisserands, etc.

(!) Personne n'ignore que c'est souvent le défilât d'ei d'acquérir de l'aisaace, qui porte le découraeement parmi t

-vCoogk'

« s- ËnHn, il est probable qu'un nssci grand nombre de loldats, plnssaUsraits que maiDlenant de la vie miliurà'e, ayant à leur disposition une somme journalière assez forte pour satisfaire à leurs plaisirs, voyant chaque jour s'augmenter de plus en plus leur petit capital placé à la caisse d'épargne, se détermineraient à renouveler leurs engagements, de sorte que l'armée posséderait une plus grande quantité de soldais à cbeirons, qui en font toute la force.

a Et comme toute amélioration en entraîne presque toujours une autre, le grand nombre d'anciens soldats quicomposerait les régiments permettrait de dépenser moins de temps aux exercices militaires.

a Je viens d'avance au-devant d'une objecti<m que je n'aurais pas prévue, tant elle me paraît superficielle, mais que j'ai cependant entendu présenter comme sérieuse.

u On a dit: la loi n'imposant aux jeunes soldats qu'un service purement militaire, vous n'avez pas le droit de leur prescrire un travail supplémentah^ et d'aggraver ainsi leur position en augmentant la somme des devoirs qu'ils ont à remplir envers l'Etat.

« Sous le rapport légal, cette objection est bien bible; quand la loi de recrutement, faite dans le plus grand intérêt public, aura parlé, il est évident que le gouvernement nonseulement pourra, maisencore devra l'exécuter, et personne n'aura à s'en plaindre.

a Sous celui de la justice, il me semble qu'elle l'est encore davantage, car s'il doit résulter pour les jeunes soldais eux-mêmes quelque bien de l'organisation que je propose, il est clair que la loi nouvelle a le droit de la consacrer sans être injuste.

«El il faut remarquer que ce n'est pas par les devoirs

d'ouvriers, et ce sont presque toujours les premiers cent francs qu'il est le plus ditScile d'épargner.

I.ea bompneB qui posEëdeat déjà quelque chose rcqI ceux qui Iravailtent la plus pour augmenler leur peiite fanone; ils n'aurai(ntpeu^élrepaB eu assez de courage pour In commencer.

qu'elle prescrit que la loi de recruiementesi dure, mais par le sacrifice des plus belles années de leur vie qu'elle exige des ciloyens qu'elle aUeinlI

« Qu'importe, en effet, à ces citoyens que le temps perdu par eux soit employéà foire rouler une brouette ou un cùsson, k manier une piodie ou un fusil T

■ Cest la loi actuelle qui est dure. J'ajouterai qu'elle est barbare ; car après avoir arraché un jeune ouvrier k sa famille, à un Age ou, inexpert encore dans le métier qu'IU embrassé (I), il allait acquérir l'babileté nécessaire pour 3*;^ distinguer; aune époque de sd vie où, sous les yeux de ses matlres et de ses parents, les habitudes d'ordre et d'éctoMmie, indispensables à son bonheur futur, liaient se développer eu lui ; elle le rejelle ensuite, après six aunées d'oisiveté, et souvent, hélas I orphelin, au sein de la société, sans argent, sans habileté dans son état, et souvent, ce qui ^est pis encore, sans goût pour le travail. Ah ! si, sous Tempire d'une telle loi, il n'eibte pas un plus grandnombre d'assassins et de voleurs, il faut avouer que cela fait l'éloge de notre caractère national.

a Je l'ai déjà dit, je ne suis pas dans une position qni me permette d'examiner la question d'assez haut, je n'ai pas assez de connaissance d'administration militaire, ni surtout assez de présomption, pour croire qu'un système complet et parfait soit sorti de mon cerveau, comme Minerve decelui de Jupiter, mais, à tort ou à nûsou, je pense que mes idées, très-hardies sans doute, ne sont pas tellement absurdes qu'elles ne méritent pas d'être méditées par les personnes compétentes, et c'est le seul honneur que je revendique pour les avoir conçues. »

(l)Je ne parle pas id de celui dont le travail éiail utile à u rollleiit est mon pour elle dans le ■jaièmo actuel ;<laas le m

il peut encore venir rt son aide.

UPLOI BIS TBOUPBS AUX TUV4DX M CAIMLISATION EN SUÉDE.

mr4lt da rtpF«rt adraué le is ntn isu, par l'im dM dlrMtvnri

di auul i» MUklt, t M. » LABEinm, tngtalaiii ta ehaf,

■n Ttp*BM è »«i iDMtlaiu I

•• Quelles tout les mesures que le gouverneme ut suédois a prises 1 pooT porter les soldats à travailler avte bonni volonté, sans trop

■ de dâpanaes, maïs avec des récompenses ou distinclions quel-

■ conques?

• Quelle est la forme des mesures prises par le goiivernemeDt • suédois pour donner A ces travaux un caractère d'utilité nslio- ' nale compatible avec la dignité de l'artn^c ? EoDii, quelles sont « les condjtioQs de tous genres, sait positives, soit morales, qui ' ont coolribué A rendre cette grande mesure si utile et si bono- ' rable pour le royaume de Suède? »

« La plus grande partie du canal de Golhie, terminé en 1S32, qui réunit la mer du Nord àla Baltique, aété exécutée par l'armée ; ce fut en effet le seul moyen par lequel on pûl entreprendre un pareil travail dans un pays aussi étendu et aussi peu peuplé quelaSuède;elh6ureusementl'organisation de l'armée suédoise est telle que les occupations de ce genre se concilient à la fois avec la dignité et la destination du militaire. Outre les régiments enrôlés (uwar/uode) qui font le service de garnison, la Suède a des troupes permanentes qui sont réparties sur toute la surface du sol et entretenues par les propriétaires ruraux. Ces troupes, qui sont tenues de faire l'exercice pendant une certaine partie de l'année, ont fait une convention avec l'Etat, en vertu de laquelle le gouvernement peut les charger de travaux d'utilité publique, tels que: fortifications, établissements de ports el de bassins, communications parterre et par eau, travaux dans lesquels les soldats finissent par acquérir une grande habileté qui leur est fort utile mime dans le service mili-

-vCooglc

lairo. Cctlc capacilc de travail une toia acquise, les soldais peuvent se procurer leur subEislance indépendammeot de leur paye. Chaque soldat suédois a son champ ; il peut donc, daDS le temps où il est libre de serTice, se faire autoriser par ses supérieurs à travailler pour lui-même ou pour d'autres ; et l'ouvrage ne lui luaaquera pas, car les militaires sont connus pour être les travailleurs les plus habiles du pays et toujours préférés aux autres ouvriers.

u Au reste, ces troupes sont oi^anisées comme les régiments enrôlés, et sont commandées, dans le travail, par leurs propres oRlciers. Lors de l'exécution du canal de Gcetha, les officiers ont veillé non-seulement à la discipline, mais aussi à l'emploi de leur salaire [[économie). L'entreprise du canal fournissait des vivres aux troupes à des prix Rxés, tous les ans, par le roi, et qui étaient calculés de manière que leur nourriture n'absorbât que la moitié de leur gain. Un certain nombre d'heures par semaine étaient consacrées à l'exercice des armes. Pendant les 22 années qu'a duré la construction du canal, un grand nombre d'excellents ouvriers ont été formés dans l'armée, et on a trouvé deséoldals dont la docilité et l'aptitude ont excité l'admiration des Gontre-maitres an^is. »

>, par ■. !■ U«ataaaat-giaé»l DDUtD, dépoU.

H Cequipeutdonner lieu à certaines pertes, c'est,

en grande partie, la réunion obligée, dans un même bfttiment, dans une même chambre, d'un grand nombre d'hommes ; c'est notre peu de goût pour le service de paix, pour les exercices monotones et incessants, et pourtant nécessaires ; c'est la première répugnance des jeunes recrues, qui tous obéissent parfaitement, mais dont un cerlaÎD nombre inclinent pins ou moins à la nostalgie; c'est, enfin, il faut te

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(liie aussi, l'oisivelé mililaire, qui, maigre le sernice el les eiercicss, laisse beaucoup de temps sans emploi, et qui lourne parfois à l'euDui, à l'inCempcranct;, aux vices des villes eià des maladies. Les armes spéciales de l'arlillerie et du génie, ou I'od s'exerce autant, ou plus, pour le eervice ordioaire, niais où l'on s'applique beaucoup à des travaux qui eutretieuneut la force el ta sanié, ont généralemeut moins de malades que l'îofïtuterle et la cavalerie.

a C'est donc du travail qu'il faudrait donner, surtout à l'infanterie, dont les soldais vivent beaucoup trop sans rien faire. Trouver et constituer un bon moyen de diminuer leurs loisirs, en y eomprenani, bien entendu, et au premier rang, rinslruclion primaire, serait une autre grande amélioration de notre régime mililaire. Les mœurs, la santé, le bien-être et le contentement personnels y gagneraient ; l'économie des hommes et l'esprit de Tarmée y gagneraient aussi : les généreuses inquiétudes manifestées sur nos pertes se calmeraient et se changeraient en salisfaclion.

1 II faudrait peut-être profiter de la réforme proposée de la loi organique du recrutement de l'armée, pour y introduire une disposition qui délermin&t, pi^ quelques mots, les devoirs ^néraux imposés à l'armée. On se borne à imposer huit ans de service. Ce service est convenu, dit-on, pour la paix et pour la guerre. Mais pourtant, lorsqu'on a voulu employer nos troupes d'infanlerie à des travaux de routes qu'on appelait même stratégiques, on a rencontré des répugnances, spécieuses sans doute, mais manifestées par quelques soldats, par des officiers, par des généraux, qui pensaient que c'était déroger à la dignité des armes que de manier en même temps la bèctie roturière, qui s'est pourtant ennoblie aussi depuis que l'industrie agricole a. pris sa part de la considération el des récompenses publiques. On a allégué, d'ailleurs, que les règlements en vigueur n'autorisaient pas positivement cet emploi des troupes. Cependant les troupes les plus laborieuses sont toujours les meilleures.

<t Et d'ailleurs nos soldats, provenant, pour la plupart, de l'agriculture et retournant & l'agriculture, conserveraient

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ainsi les habitudes du travail, doiti ils apprendraient à pertecliooner les façons en voyant d'autres usage. Le gain qu'ils feraient pendant qu'ils sont au service entrerait en partie dans les caisses d'épargne, très-beureuseuient établies dans DOS régimenis, où elles moraliseront dos militaires, comme elles moralisent déjà nos ouvriers citoyens. Généralement, les soldats qui servent le mieux sont les plus sobres, les plus économes, les moins oisifs.»

MMvé 4*È iéieBM* et la foem dep«U UN.

iiu 1B30 331,619,401^' Btidgete provisoires.

I8SI 3S6,e»,854

1832 33S,3IS,3G4 ansiis 1840 :47,701,4tOr.

1833 300,981,062 1841 !51,â41,281 IRS4 365,441,618 1843 33&,g03,91S(l] 1836 337,487,849 1B43 39&,909,733(l)

1836 318,438,BST •

183T 330,583,631 1,I30,BS6,46S

lft38 340,733,367 Ci-coa[re 3,S88,«48,»44 f.

budgeudéAnii. 3,683,648,944 f. Hojenne 371,767, Sur ce toiel, l'Algérie figure poar 446,884,453 fr. NojreDiie 31,930,318

(I) Non comprii 3&,*4O,0OOf. pour iraiam eitriordioair

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