Brevet supérieur, juillet 1888, déparlement de la Nièvre
'poétique. Est-ce à cause du genre? Est-il moins important que le roman, la chanson, l'épigramme ou le sonnet? N'existait-il pas dans l'antiquité, avantage que n'ont pas plusieurs des genres dont l'auteur a parié? Est-ce parce que ce genre confondait un des principes fondamentaux de VArt poétique, parce que les anciens, Esope, Phèdre, y étaient inférieurs à un moderne?
Est-ce à cause de l'homme? parce que La Fontaine n'est pas en faveur?
Est-ce parce que Boileau n'a pas reconnu le mérite de l'œuvre ?
Voilà les idées, faciles à trouver, et dont un peu de réflexion fera découvrir la portée et le poids. Il faudra s'inquiéter du ton : plusieurs de ces conjectures sont injurieuses pour Boileau, et Mme de la Sablière est une femme de cœur, spirituelle, délicate, qui saura tout dire avec tact €t discrétion,^ adoucissant ce qui pourrait ofTenser la fierté et blesser l'amour-propre.
Mais dans quel ordre ces idées se rangent-elles? Cela dépend <le vous. Si vous faites votre principale affaire de deviner les motifs de Boileau et de les combattre, vous commencerez par indiquer le mérite de La Fontaine, et vous discuterez ensuite les causes présumées de son exclusion. Si vous voulez surtout imprimer dans l'esprit du lecteur l'idée que La Fontaine était digne d'avoir sa place dans ïAj't poétique, vous ferez une revue rapide des raisons que Boileau pouvait avoir de n'en pas parler, et vous vous étendrez sur le génie qui brille dans les Fables. Ainsi dans le premier cas, le plan sera :
ï. — Beauté des Fables;
IL — Boileau ne Ta-t-il pas connue?