Mol banal et parasite
COMPOSITIONS d'Élèves. 140
prier de vouloir bien travailler à lui faire obtenir cette place qu'il mérite depuis si longtemps.
Adieu, mon cher monsieur, je vous demande pardon ^ de vous écrire une trop longue lettre; ne l'attribuez qu'à l'estime que j'ai pour M. de la Bruyère et à l'intérêt que je lui porte.
Mlle J. L., élève du lycée déjeunes filles de Toulouse (4° année).
Cette lettre est assez vivement écrite. Il y a de la légèreté et du mouvement. Le ton est convenable. Mais il y a dans le style beaucoup d'inexactitudes et de faiblesses. Ce qui manque surtout, c'est la précision rigoureuse. C'est le défaut aussi du jugement qui est porté sur l'œuvre de La Bruyère. Voici une lettre de Bussy-Rabutin, qui montrera comment on en peut parler dans une lettre, sans faire une dissertation dogmatique et pédante, sans quitter le ton de l'homme du monde, qui n'appuie ni ne démontre, mais qui indique les idées avec une justesse et une précision surprenantes.
Au marquis de Termes,
A Paris, ce 10 mars 1688.
J'ai lu avec plaisir, monsieur, la traduction de Théophraste; elle m'a donné une grande idée de ce Grec, et quoique je n'entende pas sa langue, je crois que M. de la Bruyère a trop de sincérité pour ne l'avoir pas rendu fidèlement. Mais je pense aussi que le Grec ne se plaindroit pas de son traducteur, de la manière dont il l'a fait parler françois.
Si nous l'avons remercié comme nous l'avons dû faire, de nous avoir donné cette version, vous jugez bien quelles