‹ Études pratiques de composition française; sujets préparés et commentés pour servir de complément aux Principes de composition et de style et Conseils sur l'art d'écrireChapitre 5 sur 94 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

peintre. Mais cette [H'éparation technique mise à part, pour bien écrire, il faut, disais-je, « penser ou sentir quoique chose qui vaille la peine d'être dit, et le dire précisément comme on le pense et comme on le sent ». Le grand point, c'est donc la sincérité absolue. On ne saurait trop le redire. Même les devoirs d'écolier doivent être absolument sincères. Ce qui fait qu'on a souvent douté de l'utilité de nos exercices scolaires, c'est qu'on a toujours estimé que l'élève n'y mettait rien de lui. Et trop souvent l'on a raison. Mais il faut au contraire s'habituer dès l'enfance, dès le lycée, à tirer le plus possible de soi : et le plus utile, sinon le meilleur devoir, est celui où l'écolier s'est mis lui-même, avec ses goûts personnels et ses pensées intimes. Il y a pour beaucoup de sujets qu'on donne à traiter dans les établissements d'instruction, pour les sujets historiques ou littéraires, il y a une préparation particulière, qui ne peut se faire qu'à l'occasion du sujet donné; il y a des faits, des idées, qu'on doit acquérir en vue de le traiter. Mais soutenant et dominant ce détail particulier, il faut des idées et des sentiments oii se révèle une personnalité, une originalité propre. Que ces mots appliqués à des devoirs d'écolier ne paraissent pas trop ambitieux. J'entends par là que vos façons de penser ou de sentir ne doivent pas vous être imposées par le développement à faire, qu'elles doivent au contraire le créer, le régler et par conséquent y préexister, qu'il ne faut point les emprunter, les revêtir pour la circonstance, sans y tenir, avec le

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