Expression inexacte. Plutôt un moyen
4. Mais ceux qui n'espèrent pas, qui ne croient pas? La douleur ne peut-elle conduire au doute, à la négation, au blasphème?
5. Mal écrit. Est-il vrai que l'espérance de la récompense éternelle
COMPOSITIONS d'Élèves. 169
Comment ne pas s'abandonner au désespoir lorsqu'on voit tomber autour de soi des êtres chéris qui emportent dans la tombe une partie de nous-mêmes!
Il faut qu'au milieu du naufrage de ses affections les plus chères et les plus saintes, au moment des plus terribles séparations, se dire que « Dieu parfois prend une âme neuve qu'il veut amener lentement jusqu'à lui d'épreuve en épreuve ».
Il faut voir dans la douleur un moyen d'arriver à la perfection morale ^ et alors on la supporte dignement sans se plaindre; c'est par la douleur que notre âme s'épure. Comme l'a dit un de nos poètes contemporains : « C'est par la douleur que Dieu forge une âme ».
Mlle J. B., élève du lycée de jeunes filles de Toulouse (6^ année).
Il y a des idées justes, un plan régulier, une réflexion sérieuse, une certaine facilité d'èlocution dans cette composition. Mais aussi il y a de la sécheresse, trop d'abstraction, pas assez de couleur et de chaleur. De plus la grande et essentielle idée est trop vaguement indiquée : ce qu'il y a de meilleur en nous nous vient par la douleur. Cependant au lieu de nous tirer de Tégoïsme, ne nous y plonge-t-elle pas parfois? N'arrive-t-il pas qu'elle écrase l'être, qu'elle en brise le ressort, ou qu'elle dépose dans l'àme une amertume que rien ne pourra jamais adoucir? Il y a en général un peu trop d'optimisme, et d'optimisme facile et convenu, dans le développement. Il était bon
puisse seule faire supporter la vie? Et puis ne voyez-vous pas que î'on sort du sujet primitif, qu'il ne s'agit plus de l'efficacité de la douleur, mais de ce qui remédie à la douleur, lui fait équilibre, et la console? Ne fallait-il pas montrer plus exactement comment la douleur trempe l'homme, lui révèle sa force en l'accroissant; comment aussi elle l'élève, en lui découvrant sa faiblesse, ses limites, ses impuissances, et les forces énormes et mystérieuses dont il est le jouet; comment enfin cette conscience de notre misère et du peu que nous sommes devient principe de grandeur et de force? 1. Déjà dit.
iVO COMPOSITIONS FRANÇAISES.
d'appuyer d'abord sur la Iristesse de ce monde soumis au mal, et de montrer la dure nécessité qui lie la souffrance à la conscience. On pouvait faire voir comment l'homme moralisait cette loi brutale qui le régit comme tous les êtres, et s'en servait pour s'élever au-dessus de la nature et réaliser en lui une forme supérieure de la vie. La pierre souffre-t-elle? L'animal souffre : mais il ne fait rien de sa souffrance. L'homme se fait de la souffrance une force, pour agrandir, et surtout pour élever son être.