DE RÉCITS ET DE RÉFLEXIONS RASSEMBLÉES SANS ORDRE
SECTION PREMIÈRE
Variétés sérieuses et badines .
Un écrivain a dit, en parlant des plagiaires : lorsque je vois un pauvre qui se revêtit tout-à-coup de riches habits, je reconnais sur-le-champ qu’ils ne lui appartiennent pas. Ainsi ce n’est qu’aux pauvres à qui il n’est pas per mis de piller le bien d’autrui : les riches peuvent prendse à toutes mains. Qui oseroit, à la vérité, taxer de plagiats les admirables larcins des Boileaux, des Racines, des Corneilles . des Voltaires. Oh non ; nous savourons avec délices la douceur et le parfum du miel, songer sans qu’il est le produit du butin fait dans le domaine de flore par l’industrieuse et diligente abeille. Dérobez comme la Fontaine, et vous serez facilementabsous “du “délit de plagiat. Par
exemple imitez ainsi :
Un bloc de marbre était si beau Qu’un statuaire en fit l’empiète. “
Qu’en fera dit -il mon ciseau Serat-il dieu table ou cuvette
Il sera Dieu
La Fontaine-, Fables , IX, 6.
Olim truncus eram siculnus, mutile lignum Ciun faber incertus scamnum faceret ne deum Maluit esse deum.
Epreuve,
Horace, Sat. i, VIII.