‹ Études progressives d'un naturalisteChapitre 20 sur 24 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

J’ai vu les hommes de mon temps , ayant recherché quels en sont Finstinct, les facultés, et l’avoir intellectuel. J’ai vu beaucoup d’alliage uni à de bon or : j’ai connu que des suppositions gratuites, prises pour des réalités, forment la base des connoissances les plus élémentaires : et je me suis affligé que des préjugés sans racines, ni examinés, ni même soupçonnés d’être d’essence impossible , continuent de gouverner la société en vertu d’un droit de possession d'institutions a fa : expressions pittoresques de

Mallebranche. Pour m’expliquer cette domination de l’erreur, j’ai remonté les âges, et avec tous les philosophes qui s’en sont occupés, j’ai vu l’erreur commencer avec l’humanité, celle-ci étant d’abord engagée dans les ténèbres d’une nuit profonde, et ne sachant où prendre et se fixer dans une tramée de conceptions hypothétiques. De là est né un savoir de convention qui se remanie séculairement et qui, parcequ’il s’est utilement et admirablement

LOI DE SOI POUR SOI

modifié sur plusieurs points, a créé pour l’homme une nouvelle, une très grande et cpielquefois aussi une funeste position. Sa vie sociale, ses arts, et ses études sur les choses, lui ont donné le sentiment de sa capacité, inspiré les présomptions de sa toute-puissance d’intelligence, et révélé le secret de sa mission, comme coad j uteur de Dieu dans l’administration et le réglement des choses à la surface delà terre. Mais dans l’ivresse de cette suprématie, dans l’orgueil qui s’en est suivi, l’homme n’a point aperçu qu’il n’est que le préposé du maître des mondes. Il a imaginé qu’il participoit de l’essence divine ; et voilà comment il n’a jamais voulu réfléchir à ses conditions propres comme lune des créations sur la terre, coin ment il a imaginé des doctrines d’animation , de forces vitales et de principes surnaturels , afin de rester un être à part, un privilège au milieu de toutes les créatures de l’univers.

Ainsi l’homme, bien qu’il recherche le vrai sur toutes les choses qui l’entourent et qui rentrent dans son service, n’alloit que foiblement sur la recherche de sa propre essence, ou mieux il étoit conseillé par l’orgueil de n’en rien apprendre.

Cette essence divine , telle que je la eonçois, c’est justement la refuser à l’homme^ lequel reçoit aussi de principaux motifs d’intelligence du concours de son monde ambiant, en la reportant plus haut, en l’attribuant exclusivement à DiEU •, au suprême principe, co-éternel avec la matière (i). La matière n’avoit pu être qu’un vrai chaos, un chaos confus et informe, avant que le doigt du souverain maître des choses y intervînt : ainsi

(.1 ) Ceci fut cornmuniquéà un de nos premiers penseurs, aussi éminemment religieux que dévoué aux intérêts populaires; et n’en fut pas goûté, sous le rapport de l’attribut de eo-existence admisi dans ce passage : ce jugement venu de si haut, engage mes principes et ma foi, et j’y souscris sans réserve.

FONDANT UNE NOUVELLE ÉCOLE PHYSIOLOGIQUE. i 8y

l’ex^MJsent les livres de Moyse. DIEU , en en disposant au commencement des choses, lui a donné une seule, une toute-puissante, une toute efficace propriété, pour ré^jler à tout jamais Tordre et Tadniinistration de toutes créations en l’univers. Ainsi nous en venons à la réalisation du vœu de Kepler, à l’appréciation âe\acause ; définitif réglemen t des faits accomplis , qui s’accomplissent journellement, et qui devront s’accomplir dans tous les temps.

La matière conséquemment est douée d’une vive action, sous la réserve que ses éléments infinis dans leur variété s’apportent les uns au-devant des autres.

En définitive, la cause des faits phénoménaux de l’univers, c’est l’attraction conçue d’après le principe de l’affinité de soi pour soi. Mais par-delà, incontestablement, la cause des causes, c’est DIEU.

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