‹ Études révolutionnairesChapitre 25 sur 76 · LAKANAL ET LACADÉMIE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

LAKANAL ET LACADÉMIE DES SCIENCES

g-ents: les procès-verbaux qu'ils ont rédigés ou fait rédiger sont fort incomplets: on n'y trouve pas une seule ligne relative à cette grosse question de la suppression des académies, la plus importante pourtant de celles dont le Comité eut à s'occuper pendant le mois de juillet 1793. 3"^ Lakanal écrit à Lavoisier que « le temps presse ». La Convention avait ordonné, en effet, le l^"" juillet, que le rapport sur la suppression de l'Académie de peinture et sculpture lui serait fait « dans la huitaine ». Mais il ne faudrait pas s'imaginer qu'il s'agît là d'une mesure présentée à l'improviste et qu'on allait voLer au pas de charge, sans enquête préalable, sans examen approfondi, sans égard pour les droits acquis. Des le 11 novembre précédent, la Convention avait entendu la lecture d'une pétition d'artistes demandant la suppression de l'Académie de peinture et sculpture et de l'Académie d'architecture ; David avait transformé la demande des pétitionnaires en motion, et sa proposition avait été renvoyée au C(jmité d'instruction publique, qui, le 21 novembre, chargea Romme de lui faire un rapport « sur les mesures qu'il conviendrait de proposer à la Convention relativement à l'Académie de peinture et aux autres académies établies tant à Paris que dans les autres villes de la République ». Le lendemain, le Comité ajourna la question « au moment où il pourrait prendre des mesures générales sur toutes les académies », et « arrêta pour le moment présent qu'on propo-

serait à la Convention la suppression de la place de directeur de l'Académie de France à Rome». (Cette place était justement vacante.) En conséquence, le 25 novembre. Romme lut à l'assemblée un rapport où il annonçait que le Comité n'avait pas cru devoir proposer une mesure visant particulièrement les deux académies dénoncées par David. « Votre Comité, dit-il, pense que vous ne devez pas vous occuper de destructions partielles, et que le même coup doit frapper toutes les académies de France ; mais il pense aussi que vous ne devez le faire que lorsque, en vous occupant de l'organisation générale de l'instruction publique, vous prendrez des mesures pour les branches d'enseignement dépendantes de quelques académies, pour la conservation des objets précieux qui sont sous leur garde, et pour des opérations importantes confiées à quelquesunes d'elles. Vous ne devez abattre que lorsque vous pourrez réédifier, afin que les sciences et les arts n'en reçoivent pas une secousse funeste. » A la suite de ce rapport, la Convention décréta « qu'elle suspendait dès à présent toute nomination, tout remplacement dans les académies deJ France ». et que la place vacante de directeur] de l'Académie de France à Rome ne serait pas repourvue et était supprimée. Le 22 février 1793. le Comité chargea David de préparer un projet de décret au sujet d'une pétition présentée par les pensionnaires de l'Académie de France à Rome, obligés de quitter l'Italie après l'attentat

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commis sur Bassville; David fit part de son projet le 15 mai au Comité, qui l'adopta. Sur son rapport, la Convention, le 1'"" juillet, accorda aux douze élèves de cette académie, ainsi qu'à tous les jeunes artistes qui auraient remporté le premier prix au concours annuel de peinture, sculpture et architecture, une pension annuelle de deux mille quatre cents livres pendant cinq ans.

Il y avait donc bien longtemps que la question était à l'ordre du jour, et le membre inconnu qui, dans la séance même où David venait de faire voter des pensions aux jeunes artistes, avait proposé que le rapport sur la suppression de l'Académie de peinture et sculpture fût présenté dans le délai de huitaine, n'avait pas demandé une chose exorbitante.

4*^ Lakanal ajoute qu'on lui a déjà demandé son rapport à la séance du matin même. Or, le 15 juillet, le délai de huitaine était expiré depuis sept jours, en sorte qu'il était légitime de réclamer. Il est probable que ce fut dans une conversation, et non à la tribune, que cette réclamation fut adressée à Lakanal; car on n'en trouve aucune trace dans les comptes-rendus. Mais, le surlendemain 17. un des plus ardents ennemis des académies, l'artiste Sergent (celui-là même qui venait de faire rendre un décret pour empêcher les dégradations des statues du jardin des Tuileries '), perdit patience. Voici comment le Moniteur le fait parler:

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