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LAKANAL ET L'ACADÉMIE DES SCIENCES

2" La lettre de Lakanal fait connaître un fait nouveau. C'était chose admise que Grégoire fut, d"emblée, choisi comme rapporteur par \o. Comité d'instruction publique pour s'occuper de la question de la suppression des académies: car ce fut lui qui, le 8 août, parut à la tribune de la Convention et lut le projet de décret portant suppression « de toutes les académies et sociétés littéraires patentées ou dotées par la nation ». à l'exception de l'Académie des sciences, provisoirement conservée '. On ignorait, jusqu'ici, que le Comité eût d'abord désigné un autre rapporteur en la personne de Lakanal.

Celui-ci avait déjà, en mai, présenté à la Convention au nom du Comité deux rapports relatifs à l'Académie des sciences: l'un à l'appui d'un

l. La Convention n'a'lmit pas cette exception. Mais elle décréta, le 14 août, sur le rapport du Comité d'instruction publique, dont Lakanal fut cette fois l'organe, que « les savants auxquels elle avait renvoyé divers objets d'utilité publique continueraient à s'en occuper ». (C'est ce décret dont il existe, sur le registre de l'Académie des sciences, une version inexacte). Le 20 août, sur une proposition faite par Romme en son nom personnel, elle décréta « que le Comité lui présenterait, dans le plus court délai, un tableau des travaux qui ont été commencés par les académies supprimées, et qu'il importe de continuer, à raison de leur iitilité, ainsi que sur les sommes à consacrer indispensablement pour ces travaux ». Enfin, le 11 septembre, sur le rapport fait par Fourcro v au nom du Comité d'instruction publique, elle décréta que « les citoyens attachés jusqu'à présent au travail des poids et mesures », c'est-à-dire douze membres de l'ex-Académie des sciences (Borda, Lagrange, Laplace, Lavoisier, (^assini, Mécliain, Delamhre, Monge, Coulomb, Haiiy, Brisson et Vandermonde), « continueraient, a titre de Commission temporaire, les opérations qui leur avaient été respectivement confiées ».

décret autorisant cette académie, en dérogation au décret du 23 novembre 1792 ', à nommer aux places vacantes dans son sein (17 mai), l'autre à l'appui d'un décret autorisant les membres de cette académie à cumuler les traitements d'académicien et de professeur (22 mai). Il s'offrait donc tout naturellement au choix de ses collègues. Nous voyons par sa lettre qu'il accepta, mais de mauvaise grâce. Faut-il croire, comme le dit l'Amateur d'autographes, qu'il « trouva un prétexte » pour ne pas faire le travail demandé? C'est possible. Il est possible aussi qu'un motif particulier ait engagé le Comité à reprendre à Lakanal son mandat pour le donner à Grégoire; et ce motif serait que le premier, à ce moment, n'avait pas l'oreille de la Convention. En effet, le projet du 26 juin 1793 sur l'établissement de l'instruction nationale, œuvre de Sieyès et de Daunou. mais qui avait été lu à la tribune par Lakanal, parce que Sieyès et Daunou avaient des raisons pour ne pas se mettre en avant, avait été reçu avec tant de défaveur qu'il avait dû en rester un préjugé contre celui qui l'avait présenté à l'assemblée. Quoi qu'il en soit de la raison pour laquelle Lakanal cessa d'être rapporteur, à un certain moment Grégoire fut nommé pour le remplacer. A quel moment fut-ce au juste? On n'en sait rien, parce que le procès-verbal du Comité est muet à cet égard : Daunou et Lanthenas ont été des secrétaires fort négli-

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