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LAKA.NAL ET L'ACADÉMIE DES SCIENCES

quatre-vingt-six toises de la galerie du Louvre sont garnies, et qu'au dire des artistes elle surpasse déjà les plus. belles galeries de l'Europe », et faisait décréter (21 juillet) que le Musée de la République serait inauguré le 10 août, à l'occasion de la fête de l'acceptation de la Constitution républicaine, et qu'une somme de cent mille livres par an serait consacrée à l'acbat d'œuvres d'art dans les ventes particulières. Mais on s'étonne moins, quand on réfléchit que Lakanal était, comme Grégoire, un prêtre: son style est le style ecclésiastique, si volontiers exagéré dans l'expression ; l'enflure et la virulence en sont les traits distinctifs. A l'occasion, Lakanal pouvait avoir la repartie brutale et grossière. On connaît la jolie anecdote rapportée par Sieyès, qui nous montre Lakanal, le 2C juin 1793. lisant rénumération des fêtes contenues dans le projet de décret pour l'établissement de l'instruction nationale : lorsqu'il en vint à la fête « des animaux compagnons de l'homme », il y eut dans l'assemblée des exclamations. « Le rapporteur du Comité, un peu étonné des murmures que son seul énoncé occasionnait, et des reproches qu'on semblait lui adresser, répondit à des personnes qui lui disaient : Qu'est-ce donc que la fête des animaux? Mes amis, c'est la vôtre. »

Peu de temps après sa lettre à Lavoisier, Lakanal, ayant fait voter, au nom du Comité d'instruction publique, un décret réorganisant l'Observatoire (31 août), et ayant été nommé inspec-

teur de cet établissement, se trouva en conflit avec Cassini. Celui dont une légende, compiaisamment propagée par lui-même, a fait le « protecteur des savants », écrivit, le 28 septembre 1793, à rillustre astronome, membre de la ci-devant Académie des sciences, une lettre dont Cassini a dit (Mémoires manuscrits conservés à l'Observatoire) qu'elle était « d'un style à peu près semblable à celui qu'emploie l'empereur du Maroc lorsqu'il écrit au dernier de ses vassaux ' ». Co jour-là. c'est Lakanal qui fut le « barbare ».

1. On trouve le texte de cette lettre, ainsi que le mémoire de Cassini, dans les Procès-verbaux du Comité d'instr-itction publique de la Convention nationale, t. II, pages 479-484.

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