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2. Le Jury des arts fut nommé par le décret du 25 brumairo an II (15 novembre 1793), c'est-à-dire deux mois et demi avant l'installation, en pluviôse, de Fragonard comme conservateur.
3. Erreur: les séances du Jury des arts, nommé le 25 brumaire an II (15 novembre J793), n'eurent lieu que près de trois mois après cette nomination, les 17, 18, 19 et 20 pluviôse an II (5-8 février 179i).
4. .l'ai placé les mots qui précédent entre crochets pour indiquer qu'ils ne sont pas une citation textuelle, mais un résumé du texte de M. Portails.
5. M. Portails ne dit ni par qui ni à quelle date. L'ignorerait-il ?
cepta la proposition qu'un vieil ami de sa famille, M. Maubert, lui faisait de venir passer ces temps difficiles à Grasse... Nous constatons encore la présence de Fragonard à Paris, en In-umaire an II i, car il figure dans le jury chargé de décerner le prix de peinture 2^ et motive ainsi le choix qu'il fait du tableau d'Harriet, élève de David, la Mort de Brutus [suit une citation extraite de l'opinion motivée de Fragonard]... C'est seulement au début de l'année 1794 que le peintre, écœuré, aspirant, un peu par nécessité, à la vie calme de la province, arrivait à Grasse 3. »
1. On voit que, pour M. Portalis, le mois de brumaire an II (novembre 1793) représente bien réellement une date postérieure à celle de pluviôse, ventôse et germinal an II (février, mars et avril l'94).
2. M. Portalis oublie qu'il a déjà parlé de ce jury ; ou plutôt, il s'est imaginé que le jury a institué pour désigner les lauréats », et qui tint ses séances a sous la présidence de Pache I, et le jury qui décerna le prix de peinture à Harriet, — lesquels sont un seul et même jury, — sont deux choses différentes. Le jury qui couronna Harriet fut nommé en brumaire an II (novembre 1793), M. Portalis le constate; quant au jury présidé par Pache, qu'il distingue de celuilà, et qu'il a fait pourtant siéger « en brumaire » (sans indication d'année), on pourrait croire qu'il le place un an plus tôt, c'est-à-dire en 1792, si, plus haut, il n'avait pas dit que Fragonard en fut nommé membre après pluviôse an II ;février 1794), ce qui nous conduirait régulièrement en brumaire an III (novemlire 1794). S'y reconnaisse qui pourra.
3. Donc, pour M. Portalis, la surcession des dates s'établit ainsi: d'abord l'installation de Fragonard comme conservateur, le 12 pluviôse an II (31 janvier 1794); ensuite sa nomination comme membre du Jury des arts présidé par Pache, à une époque que l'écrivain ne détermine pas (c'est le 25 brumaire an II, 15 novembre 1793) ; puis ses deux certificats (28 ventôse et 24 germinal an II, 18 mars et 13 avril 1791); puis sa destitution de la place de conservateur, sans date indiquée (c'est le lo thermidor an 11,2 août 1794) ; puis sa [irésence dans le jury chargé de décerner le prix de peinture en brumaire an II (novembre 1793); et, ap7'ès tous ces événements, qui sont censés se passer au cours de l'année 1793, nous arrivons au début de l'année 1794 et au voyage à Grasse !
La démonstration est-elle assez complète?
On voit comment, par le mélange de la méprise et du préjugé, — interversion involontaire des époques, cl attribution aux terroristes de ce qui est le fait des thermidoriens, — le biographe est arrivé à nous montrer Fragonard fugitif au moment môme où, en réalité, il devenait fonctionnaire du gouvernement révolutionnaire. On jugera peut-être, après cela, qu'il faut rabattre de l'éloge accordé par M. F. Rabbe à l'ouvrage du baron Portalis : un livre que déparent de pareilles erreurs n'est pas un livre « définitif ».
Quand donc ceux qui veulent parler de l'histoire des arts, des sciences et des lettres pendant la Révolution renonceront-ils à leur façon dédaigneus'e et cavalière de traiter la chronologie et les événements politiques de cette époque, et consentiront-ils à se munir des notions préliminaires indispensables?
Un lecteur de la Révolution' française.