C'est moi qui souligne
H. Archives nationales, Fl' I, carton 84. — Cette pièce et celles qui s'y rattachent ont été découvertes par M. Julien Tiersot, qui les a le premier utilisées dans le Ménestrel du 0 mai 1894.
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La Commission executive répondit, le 10 messidor : « Ces deux mémoires, montant ensemble à 347 livres 4 sols, sont dans le cas d'être payés comme dépenses de la fête nationale du 20 prairial, quoique l'hymne, ainsi que tu l'observes, n'y ait jioint été clianté, mais pour la seule raison que ces ouvrages ont été ordonnés pour cette fête par l'Institut national »; et elle ajouta, conformément à l'avis de Hubert, que les mémoires ne devaient être acquittés que « d'après la remise des planches gravées et de tout ce qui peut rester des exemplaires qui en ont été tirés, et dont le dépôt doit être fait à la Commission de l'instruction publique, comme ouvrage national exécuté aux frais de la République^ ». L'Etat de proposition des sommes à faire payer à dijjérents artistes, fournisseurs et autres citoyens, pour travaux par eux faits pour la fête à C Etre-suprême, dressé par Hubert (18 fructidor an II), comprend en conséquence les postes suivants : « A la Société de gravure et vente de musique pour gravure et impression de l'Hymne à l'Etre-suprème par Chénier, 12G livres 16 sols; — A elle pour 1102 pages de copie de musique vocale -, 220 livres 8 sols » ; et pour ce qui
1. Ceci explique pourquoi on ne trouve, dans les bibliothèques, aucun exemplaire de ce tirage de l'hymne de Chénier et Gossec. Les exemplaires déposés à la Commission executive de l'instruction publique furent sans doute détruits après le 9 thermidor, lors de la proscription de Joseph Payan et de l'emprisonnement de JuUien fils et de Fourcade.
2. La musique inslruntentale ne fut donc pas copiée. On trouvera plus loin, dans une autre étude (pages 282-285), une
concerne l'hymne de Lesorgues : « A elle pour gravure et impression de l'hymne du citoyen Desorg-ues exécuté, 180 livres; — A elle pour corrections et copies, 377 livres 4 sols ». Si les frais de gravure, impression, corrections et copies, pour l'hymne de Desorgues (musique à sixhuit, en ut majeur), sont plus élevés que les frais pour l'hymne de Chénier (hymne à grand chœur en mi hémol), quoique la musique de l'hymne en ut soit de moindre importance, comme étendue, que celle de l'hymne en mi hémol, cela tient évidemment à ce que le tirag^e de l'hymne de Desorgues, qui dut être chanté par les citoyens et les citoyennes des sections aussi bien que par les choristes de l'Opéra, fut beaucoup plus considérable ; en outre, les frais de copie, pour l'hymne de Chénier, se bornèrent, nous dit VEtat, à de la musique vocale, tandis que les frais de copie pour l'hymne de Desorgues durent comprendre aussi les parties d'orchestre.
L'Institut national fit paraître dans la quatrième livraison de la Musique à Vusage des fêtes nationales l'hymne à l'Etre-suprème de Th. Desorg"ues, musique de Gossec. Il y fig^uresous deux formes différentes : une mélodie à chanter à l'unisson, avec une basse chiffrée (c'est la reproduction de la feuille de musique gravée avant la fête et distribuée le 19 prairial dans les sections) ; et la même mélodie arrangée à quatre par-
h}'pothèse qui donnerait en partie l'explication de cette circonstance. {Note écrite en 1908.)
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lies. Il y a aussi les parties d'orchestre, au nombre de dix-huit, pour deux clarinettes, deux grandes flûtes, deux petites flûtes, deux bassons, un serpent, trois trombones, deux hautbois, deux trompettes et deux cors. L'hymne est intitulé: « Hymne à TEtre-suprème, envoyé par le Comité de salut public à l'Institut national de musique, pour être chanté à la fête du 20 prairial l'an 2® de la République, et envoyé dans les départements ; paroles de Th. Desorg-ues, musique de Gossec ». Au-dessous du titre se trouve cet avis : « Nota. L'orchestre doit d'abord exécuter l'air entier: ensuite la première strophe * doit être chantée par le ou par les dessus ' ; la seconde strophe à quatre parties, ou en chœur ^ et de suite alternativement. Entre la quatrième et la cinquième strophes, l'orchestre peut jouer encore Tair très doux. L'orchestre accompagne toutes les strophes \ »
1. strophe, ici, doit s'entendre d'une « stance » de quatre vers.
2. Lire : « par le dessus (si l'on fait chanter cette stance par une voix seule) ou par les dessus (si la stance est chantée par un chœur de voix de femmes, à l'unisson) ».
3. « En chœur » signifie ici « à l'unisson », par opposition aux mots « à quatre parties s.
4. Voici, autant qu'il est possible de s'en rendre compte, le sens de ce Nota, un peu confus comme rédaction. Deux cas sont prévus : ou la mélodie seule sera chantée ; ou bien, si l'on dispose de chanteurs exercés, on pourra chanter en parties. Dans le premier cas, la première stance sera chantée par une voix seule, la seconde stance sera chantée par tout l3 monde à l'unisson, la troisième de nouveau par une voix seule, la quatrième à l'unisson, et ainsi de suite. Dans le second cas, la première stance sera exécutée par les dessus, chantant la mélodie seulement, à l'unisson; la seconde
Dans le même numéro figure aussi la musique que Gossec avait composée sur les paroles de Chénier, et qu'il n'avait pas voulu laisser inutilisée. Pour la publier, il substitua, aux- vers de Chénier ceux de Desorgues, qui avaient la même coupe. La bibliothèque du Conservatoire possède un manuscrit de cette composition, celui qui a servi pour la gravure de la quatrième livraison du recueil de l'Institut national ^ : « On y peut voir les vers de Chénier écrits sous toutes les parties, de la main même du compositeur, puis effacés et remplacés par ceux de Desorgues, inscrits par la même main au-dessus de la portée supérieure - ». Cette œuvre musicale de Gossec. telle qu'elle a été imprimée, comprend deux morceaux. C'est d'abord l'hymne religieux proprement dit, d'un mouvement lent et solennel : sur la musique de ce px-emier morceau, répétée deux fois, se chantaient, dans la version primitive, par deux à la fois, quatre des stances de Chénier (formant ainsi deux strophes de huit vers "). Puis venait un chœur guerrier, sur un mouvement de marche animé : ce second chœur avait eu primitivement pour paroles les quatre dernières stances de Chénier, for-
stance sera chantée à quatre parties, et ainsi de suite alternativement.
1. Sur la dernière page du manuscrit se lisent les mots : ï Bon à graver. Gatel, Devienne, Lefèvre. »
2. Julien Tieksot, Les Fêtes de la Révolution française (dans le Ménestrel, numéro du 29 avril 1894, p. 131).
3. Le mot de strophe, ici, n'est plus synonyme de stance : il désigne un groupe de huit vers (deux stances réunies).
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niant aussi deux strophes de huit vers. Dans la versionàela. Musique à l'usage des fêtes nationales, Gossec employa, pour le premier morceau, les huit stances de l'hymne de Dosorgues, qui permettaient de répéter la musique quatre fois ; mais pour le second morceau, la marche militaire, il lui fallait des paroles appropriées au caractère spécial de la musique : il dut demander au poète d'en composer, et Desorgues écrivit les huit vers supplémentaires que voici :
Que son char protecteur \ suivant ta loi pour guide, Parcoure l'univers avec nos étendards, Et. dissipant l'erreur, que sa puissante égide Réveille la gloire de arts.
Qu'elle foule à ses pieds les sceptres, les couronnes, Et, liant les humains par des nœuds fraternels, Puisse-t-elle à jamais, sur les débris des trônes, Fonder ton culte et tes autels.
La couverture de la livraison annonce cet hymne de la façon suivante : « N" 3 : Le même hymne, à grand chœur, musique de Gossec »; mais à l'intérieur de la livraison (page 5) on a employé la môme formule que pour le précédent : (( Hymne à l'Htre-suprème, envoyé par le Comité de salut public à l'Institut national de musique, pour être chanté à la fête du 20 prairial de l'an 2" de la République française .^ et envoyé