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316 ÉTUDES RÉVOLUTIOXNA.IRES
tile (anCX), que séparera de la- 28^ (an CXV) un quatrième laps de cinq années ; après quoi recommencera une série quaternaire. Mais ici se présente l'incertitude signalée dans le rapport de Romme (voir p. 313) au sujet du commencement de l'an CXLIY : si l'on s'en rapporte au chiffre donné par le calcul auquel s'était livré Delambre, l'équinoxe devra tomber ail h, 59 m. 40 s. du soir, le lendemain du cinquième jour complémentaire de l'an CXLIII; en conséquence, l'an CXLIII aura 365 jours, l'an CXLIV en aura 366, et il y aura un cinquième intervalle quinquennal entre la 34® et la 35® année sextile, comme il est indiqué dans le tableau ; si au contraire l'observation venait à constater que l'équinoxe est tombé en réalité au delà de minuit (comme cela paraissait possible), c'est-à-dire le surlendemain du cinquième jour complémentaire de l'an CXLIII, ce serait l'an CXLIII qui aurait 366 jours et l'an CXLIVqui en aurait 365 ; et l'intervalle quinquennal serait entre la 35® et la 36® année sextile*. Il y aura encore, dans le dernier tiers du second siècle, un sixième intervalle quinquennal rompant la série quadriennale, entre l'an CLXXII et l'an CLXXVII,
1. En recalculant cet équinoxe, d'après les tables de Le Verrier et celles plus récentes de Newcomh, M. Rocques- Desvallées a trouvé qu'il doit arriver à 11 h. 48 minutes du soir, ce qui fait disparaître la possibilité qu'il se produise à un moment situé après minuit, l'étendue de l'intervalle entre l'heure probable du phénomène et minuit dépassant la limite de l'erreur aujourd'hui possible.
LES SEXTILES DE L'ÉRE RÉPUBLICAINE 317
c'est-à-dire entre la 42" et la 4-3* année sextile. A Delambre se joignirent Lalande et Laplace; et les trois astronomes, en signalant ces faits à Romme, ramenèrent à reconnaître qu'il fallait renoncer à ce qu'on avait d'abord regardé comme la façon la plus naturelle et la plus simple de déterminer le commencement de l'année. Il devenait nécessaire de modifier les dispositions des articles 3 et 10 du décret. Delambre alors proposa d'adopter, pour le placement du jour intercalaire, une période fixe de quatre ans, avec des corrections séculaires, à l'instar du calen-drier grégorien ; et, pour la commodité de l'usage, il demanda que, sans tenir compte de la position de l'équinoxe, la première année sextile fût l'an IV de la République, et non pas l'an III comme l'indiquait l'Instruction qui accompagnait le décret du 4 frimaire. Le premier jour de l'année serait, non plus le jour de l'équinoxe, mais tout simplement le jour qui suivrait le trois cent soixante-cinquième de l'année précédente, ou le trois cent soixante-sixième si l'année précédente avait été une année sextile.
Romme se chargea de porter la question devant le Comité d'instruction publique, dont il n'était plus membre depuis le mois de ventôse an II. Ce fut le 20 germinal an III qu'il se pré-
senta au Comité, composé à ce moment de C.-A. Prieur, jNIassieu, Daunou, Bailleul, Grégoire, Rabaut-Pomier, Deleyre, Dulaure, Barailon, Villar.Lakanal, Curée, Plaichard, Wandelaincourt. Lanthenas et Lalande (de la Meurthe). Le Comité, après l'avoir entendu, prit l'arrêté suivant :
Le Comité arrête que le représentant du peuple G. Romme lui fera un rapport sur l'ordre à établir dans les sextiles de l'ère républicaine. Il est autorisé à appeler pour cet objet auprès de lui les citoyens qu'il jugera les plus propres à l'aider de leurs lumières.
Romme convoqua alors une assemblée de géomètres et d'astronomes, devant laquelle Delambre exposa son projet, qui fut adopté. « Romme, raconte Delambre ^ voulut le rédiger lui-même ; il s'y trompait toujours, et je lui faisais mes observations; enfin, quand il ne resta plus que quelques légères imperfections, j'y donnai mon assentiment. » La question était très compliquée, et fort difficile à exposer clairement à des lecteurs non initiés aux connaissances astronomiques ; d'ailleurs Romme était tenu à garder certains ménagements : on ne pouvait pas avouer tout simplement qu'on s'était trompé, sans ébranler la confiance du public et de la Convention à l'endroit du nouveau calendrier, et donner prise aux commentaires malveillants des adversaires ; le rapport ne devait donc pas parler d' « abroger » certains articles du décret, mais de les
\. Astronomie théorique et pratique, t. III, p. 696. Paris,
« perfectionner ». Aussi comprend-on que Romme ait dû s'y reprendre à plusieurs fois avant d'arriver à une rédaction qui fût de nature à satisfaire Delambre, et qui néanmoins n'eût pas l'air de revenir sur ce que la Convention avait décrété. Ce fut le 19 floréal que Romme reparut devant le Comité d'instruction, et le procès-verbal de la séance relate en ces termes ce qui se passa :
Le représentant du peuple Rouime fait au Comité un rapport dont il avait été chargé [lar arrêté du 20 germinal sur les difficultés que présenterait l'exécution rigoureuse de l'article 3 du décret du 4 frimaire an II sur l'ère républicaine. Il propose, pour la distribution des jours intercalaires, une règle fixe et facile qui ramène la coïncidence de l'année civile avec l'année moyenne astronomique. Le projet de décret qu'il a lu, à la suite de ce rapport, a reçu quelques amendements, et a été adopté comme il suit, pour être présenté à la Convention nationale : (Suit un projet de décret en sept articles, qui sera donné plus loin, p. 324).
Ce projet de décret est le résultat d'une conférence où ont été appelés Pingre, Lagrange, Laplace, Lalande, Messier et Nouet, pour examiner les calculs et les propositions de Delambre sur cette question importante.
Le Comité arrête que le rapport et le projet de décret seront imprimés et distribués à la Convention nationale pour préparer la discussion.
Le Comité rapporte son arrêté du 6 nivôse, qui charge la Commission d'instruction publique de faire graver et imprimer deux calendriers perpétuels en forme de tableaux, présentés par Thuillier de Versailles, et Nouet, attaché comme astronome à l'Observatoire 1. La Commission est chargée de suspen-