‹ Études révolutionnairesChapitre 69 sur 76 · Il y a une petite inexactitude dans ce passage du pro · texte numérisé non relu

Il y a une petite inexactitude dans ce passage du pro

(Ire sur-le-champ le travail et de payer ce qui se trouve fait en exécution de l'arrêté cité.

Je vais reproduire les parties essentielles de l'intéressant rapport de Romme.

Voici le titre de la pièce :

Rapport et projet de décret présentés à la Convention nationale, au nom du Comité d'instruction publique, par G. Romme, sur les sextiles de l'ère de la République ; imprimés par ordre du Comité d' instruction publique. De l'Imprimerie nationale, floréal, l'an III. (Bibliothèque nationale, Le 38 1441,in-8°.)

Le rapporteur débute par un éloge de l'annuaire de la République, où l'on trouve « une division du temps simple, facile, exacte, indépendante de toute opinion, de tout préjugé, de toute localité, et par conséquent digne d'un peuple souverain ». Puis il continue en ces termes :

Un degré de perfection lui man(|uait dans la manière d'exécuter l'article 3 du décret du 4 frimaire, qui fixe le commencement de l'année.

Delambre, astronome distingué, chargé de mesurer un arc du méridien pour.déterminer avec précision l'unité naturelle et générale de toutes nos mesures, a calculé les difficultés qui résulteraient de l'exécution trop rigoureuse de cet article, et la possibilité de les

cès-verbal. Des deux calendriers dont l'arrêté du 6 nivôse an III avait ordonné la gravure et l'impression, un seulement, celui de Lhuillier, était intitulé « Calendrier perpétuel ï ; il contenait les « époques républicaines » (c'est-àdire le commencement de l'année d'après le décret du 4 frimaire) calculées pour une période complète de quatre cent cinquante ans. Le second, celui de Nouet, était un n Calendrier solaire pour le premier siècle de la République française ».

lever toutes par une règle simple et fixe, en restant dans les limites les plus rapprochées du décret, <lans les cas peu nombreux où il y aurait de l'inconvénient à s'y renfermer tout à fait.

Ses calculs ont été examinés dans une conférence où ont été appelés Lagrange, Pingre, Laplace, Lalande, Messier, Nouet, Barthélémy et Garât *, ces deux derniers sous le rapport de la chronologie que cette question intéresse. Nous invoquions les lumières de l'auteur d' Anacharsis ; sa modestie nous en a privés -.

... Dans les calendriers julien et grégorien, les années bissextiles se déterminent par une règle facile, mais insuffisante.

Dans le premier, on ajoute un jour tous les quatre ans, ce qui suppose l'année de 365 jours 6 heures 0 minute 0 seconde. Dans le second, on ajoute un jour tous les quatre ans; on excepte, sur quatre années séculaires, la première, la deuxième et la troisième qui sont communes; la quatrième seule est bissextile: cette double correction suppose l'année de 365 jours 5 heures 49 minutes 12 secondes.

La-longueur moyenne de l'année, déterminée sur deux siècles d'observations exactes, est entre 365 jours 5 heures 48 minutes 48 secondes, et 305 jours 5 heures 48 minutes 50,4 secondes. Les deux corrections julienne et grégorienne sont toutes deux trop fortes.

Dans la première limite de l'année moyenne, le calendrier julien compte, en trente-six siècles, 900 jours intercalaires ; le calendrier grégorien en compte 873 : on ne d jit en compter que 872.

Dans la seconde limite de l'année moyenne, le calendrier julien compte, en quatre mille ans, lÛOÛ jours

!. Garât était le chef de la Commission executive de l'instruction publique.

2. Barthélémy, alors dans sa quatre-vingtième année, était accaljlé d'infirmités; il mourut le 11 floréal an III (30 avril 1795).

intercalaires ; le calendrier grégorien en compte 970 : on ne doit en compter que 969.

Un grand nombre de causes, dont quelques-unes ne sont encore appréciées qu'approximativement, tendent à faire varier sans cesse la longueur absolue de l'année. Cette variation ne peut jamais aller au delà de cinquante secondes par an, mais elle est irrégulière, et ne peut se déterminer par une règle simple.

Il paraissait donc naturel, pour conserver toujours l'incidence des saisons aux mêmes époques de l'année, de renoncer à toute espèce de règle pour la distribution des jours intercalaires, et de faire résulter l'intercalation de la cumulation des différences annuelles rectifiées sur les observations récentes, en ajoutant un jour aussitôt que la somme de ces différences sortirait des limites d'un minuit à l'autre.

C'est dans cet esprit qu'a été rédigé l'ayticle 3 du décret, après avoir consulté les hommes éclairés nommés dans le rapport qui fut fait alors ^ Cet article demande que l'année commence avec le jour où tombe l'équinoxe vrai pour l'Observatoire de Paris.

Un examen plus approfondi de cette question, par Lalande, Laplace, mais surtout par Delambre, a fait sentir la nécessité de faire toutes les années égales, et de soumettre les intercalations à des règles fixes.

En effet, lorsque l'équinoxe vrai tombera près de minuit, comme en l'année 144 iJ, où il doit arriver à 11 heures 59 minutes 40 secondes du soir, ne pouvant répondre de cette détermination qu'à trois ou quatre minutes près, il peut aussi bien tomber en deçà qu'au

1. Pingre, Lagrange, Monge, Guyton, Dupuis, Ferry. (Rapport sur l'ère de la République, présenté à la Convention par G. Romme, le 20 septembre 1793.)

2. L'usage s'est introduit d'écrire les années de l'ère républicaine avec des chiffres romains, en réservant les chif- , fres arabes pour les années de l'ère chrétienne. Mais auj temps de la première République on employait ordinairement les chiffres arabes.

delà de minuit, c'est-à-dire le lendemain ou le surlendemain du cinquième complémentaire de l'année [143]; ce que l'observation seule pourra décider, si toutefois le temps ne s'y oppose pas. Jusque-là, on serait incertain si l'année doit ou ne doit pas être sextile.

Cette incertitude aurait des suites fâcheuses pour 1 1 chronologie, le commerce, les actes civils; il faut donc l'éviter.

En supposant même qu'on puisse déterminer exactement et d'avance le jour de l'équinoxe vrai, il résulterait de l'exécution rigoureuse de l'article une distribution très irrégulière des jours intercalaires.

Le plus souvent, ils arriveraient de quatre en quatre ans, mais quelques-uns n'arriveraient qu'aprr'S cinq ans, et cela à des intervalles inégaux ; il en résulterait, de plus, que les sextiles tomberaient tantôt sur des années paires, tantôt sur des années impaires.

Cette irrégularité ne pourrait être soumise à aucune règle facile; l'astronome, le chronologiste, le fonctionnaire public, le commerçant, ne pourraient savoir si une année est sextile qu'en consultant une table calculée exprès. On a vu plus haut s'il est p issible de la faire toujours exacte.

On lèvera tous les inconvénients, dit Romme en terminant, si, renonçant à vouloir modeler la longueur de l'année sur les phénomènes astronomiques, on admet des années égales entre elles, et recevant un jour intercalaire d'après une règle fixe, au lieu d'avoir des années de longueur variable. La règle qua proposent les astronomes établit trois corrections indispensables : « l'une tous les quatre ans ; la seconde tous les quatre cents ans ; la troisième tous les trente-six siècles, ou pour plus de convenance

tous les quatre mille ans ». On ajouterait un jour intercalaire à l'année tous les quatre ans, en exceptant les années séculaires; toutefois, tous les quatre siècles, l'année séculaire serait sextile; mais, au bout d'une période de quatre mille ans, la dernière année séculaire de la période, qui eût dû être sextile, serait une année ordinaire K

Voici le projet de décret qui résumait les propositions contenues dans le rapport :

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