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qui doivent les recevoir, et euiin quels seraient les frais de l'entretien annuel.
Les propriétaires demandent 33,000 livres; selon le citoyen Martin, propriétaire du spectacle connu sous le nom de L'.onilnit du taureau, et qui a été consulté, cette indemnité n'est évaluée qu'à 8,400 livres. Il faut ajouter pour les cages et les voitures 1,410 livres, plus une indemnité depuis le 13 brumaire que les propriétaires ne jouissent plus du bénéfice de la curiosité du public. Votre Comité a cru devoir fixer rindemuité totale des propriétaires à 12,000 livres.
L'établissement des loges pour recevoir ces aniuiaux coûtera 4.9b3 livres.
La nourriture des animaux, au nombre de 13, reviendra environ à 15 livres par jour.
Votre Comité a pensé qu'il était à propos de réunir dans l'emplacement du Muséum d'histoire naturelle les animaux sauvages au nombre de quatre qui existent encore dans la ménagerie de Versailles: ces quatre animaux sont: un lion, un coaga (s<c), un bubal (sic), et un chien ami du lion. Cette réunion devient une nécessité si la Convention adopte le projet si utile d'établir un haras dans l'eniplacement de la ménagerie de Versailles.
Tous ces animaux pe-uvent être logés, à pende frais, au Muséum sous les arcades qui sont au rez-de-chaussés du cabinet d'histoire naturelle, sur la cour. On peut y établir dix-huit loges.
Au verso du feuillet se trouvent les deux lignes suivantes qui ont été biffées :
Il sera mis une somme de 30,000 livres à la disposition du ministre de l'intérieur.
Ce projet de rapport ne fut pas discuté au Comité ni présentée la Convention. Les professeurs du Muséum avaient préparé eux-mêmes, de leur
coté, un projet de décret en huit articles, où la somme destinée à la construction d'une ménagerie était évaluée à oO,000 livres, et le communiquèrent au Comités Le 17 nivôse, sur une lettre écrite par le représentant Couturier, en mission dans Seine-et-Oise, le Comité autorisa le transport au Muséum des quatre animaux de la ménagerie de Versailles. Le 3 pluviôse il nomma Fourcroy rapporteur du projet de décret proposé par les professeurs du Muséum, Le 7 ventôse, il chargea son président « d'écrire au ministre de l'intérieur pour qu'il obtienne le décret demandé par le citoyen Daubenton ». En ventôse, les animaux du parc du Raincy, cerfs et chevreuils, qui avaient appartenu à Philippe Egalité, furent conduits au Muséum, sur l'ordre du représentant Grassous, en mission Tlans Seineet-Oise comme Couturier. Le 27 iloréal, le procès-verbal du Comité contient la mention suivante : « Notre collègue Fourcroy ayant rendu compte au Comité de l'examen qu'il a fait des dillerents ol)jets qui concernent les besoins, l'agrandissement et l'embellissement des divers établissements composant le Jardin national et le Muséum d'histoire naturelle, il a été arrêté que ce citoyen en fera un rapport à la Convention nationale au nom du Comité d'instruction publique ». Mais Fourcroy ne fit pas de rapport à rassemblée, parce que le Comité de salut pu-
1. Voir le texte de ce projet dans les Procès-verbaux du Comité d'instruction publique de la Convention, t. III, p. 319.
2't ETUDES REVOLUTIONNAIRES
blic, pour éviter des lenteurs, donna lui-même force exécutoire aux mesures proposées par le Comité d'instruction, par ses arrêtés des 27 et 28 iloréal, relatifs à l'agrandissement du Muséum d'histoire naturelle et à l'enrichissement de ses collections, et par un autre arrêté (cité par Thihaudeau dans son rapport du 20 frimaire an III) qui chargea la Commission executive des travaux publics d'examiner avec les professeurs l'emplacement le plus commode pour y construire une ménagerie. La construction fut commencée pendant l'été de l'an II, et elle était presque achevée lorsque le décret du 20 frimaire an III vint sanctionner les mesures prises par les deux Comités ^ Pour en revenir à l'arrêté de la commune du 2 du deuxième mois, on voit que Chaumette, bien loin d'avoir voulu la destruction des animaux rares de la ménagerie du Muséum, a fourni, au contraire, à cette ménagerie ses premiers pensionnaires.
Examinons l'autre accusation, qui nous représente Chaumette faisant arracher des arbres pour les remplacer par des pommes de terre, ou ; plutôt, pour employer l'expression de Grégoire,
1. On trouve un fort intéressant récit, écrit visiblement par une personne qui avait reru des renseignements de première main, des incidents relatifs à la création de la ménagerie du Muséum dans le Magasin pittoresque, livraison d'avril 1838.
« SOUS prétexte » de planter des pommes de terre. A première vue. la chose peut paraître vraisemblable. On a fait au Conseil général de la comnmne la réputation d'une assemblée 'd'illettrés, incapable de s'élever à d'autres conceptions que celles du plus grossier utilitarisme. Aussi, je l'avoue, ai-je cru moi-même pendant longtemps que Grégoire avait dit vrai ; jusqu'à ce qu'un jour, en feuilletant tout simplement le Moniteur, — oi^i il y a encore plus d'une trouvaille à faire. — j'ai découvert avec surprise que, cette fois encore, Chaumette avait été calomnié, que non seulement il n'avait pas fait ce que Grégoire lui reproche, mais qu'il avait fait exactement le contraire.
C'était pendant ce terrible hiver de l'an II, où la question des subsistances primait, à Paris, toutes les autres. Dans sa séance du 21 pluviôse, le Conseil général de la commune avait entendu répéter une fois de plus, par une multitude irritée, les plaintes habituelles contre les bouchers, qu'on accusait de cacher la viande et de la réserver pour des pratiques privilégiées, des aristocrates qui la payaient au-dessus du maximum. Le Conseil arrêta qu'il serait à l'avenir défendu aux boucliers de faire porter la viande à domicile chez leurs clients. Et comme d'autres dénonciations étaient encore produites, et que l'irritation allait croissant, Chaumette prit la parole pour rassurer les citoyens mécontents et inquiets :
Il existe — (lit-il — un complot «l'affanier Paris. Ce complot est tramé par les puissances étrangères, qui, ne pouvant nous battre avec leurs armes, cherchent à nous diviser par la famine... Gitoj'ens, vos magistrats veillent: ils sauront déjouer ces manœuvres. Arme^-vous de la plus grande confiance; songez que vos législateurs sont sages et prévoyants, et que le sol fécond de la liberté est toujo irs disposé à nous ouvrir ses trésors.
Le Cuiiseil général décida, à la suite de ce discours, d'inviter l'administration du département « à faire mettre en culture les terres des jardins de luxe qui sont dans la commune de Paris ^ ».
Cliaumette avait déjà fait voter la même proposition cinq mois auparavant, dans la tumultueuse journée du 4 septembre 17U3 ; mais l'arrêté ])ris alors n"avait pas été suivi de mesures efficaces d'exécution, quoique une commission eût été nommée par le jConseil général pour visiter les jardins compris dans les domaines nationaux et pour se concerter avec le département afin de les faire cultiver -. Cette fois, il en fut