LA CONDAMNATION DES FERMIERS GÉNÉRAUX
les fermiers généraux pour coupables d'exactions et de concussions, ont déclaré que ce jugement était inique. En effet, dit-on, la Convention avait renvoyé les fermiers généraux devant le tribunal révolutionnaire comme prévenus de divers crimes et délits énumérés dans le rapport de Dupin, et relatifs exclusivement à leur gestion financière; mais Coffinhal, par la nature des questions posées au jury, transporta l'affaire sur un autre terrain : « il eut l'infamie d'accuser, sans aucunincUce, les fermiers généraux de complicité avec l'étranger, crime digne de la mort; il inventa des accusations nouvelles dont ne parlaient ni le rapport de Dupin, ni le réquisitoire de Fouquier ^ ».
Moi aussi, j'avais cru jusqu'ici que le crime de complicité avec les ennemis de la France, dont les fermiers généraux furent déclarés coupables, était imaginaire. Mais voici ce que je trouve dans un livre de ^souvenirs de la Comtesse Dash^ — pseudonyme de Gabrielle-Anne de Cisternes, née en 1804, morte en 1872, devenue par son mariage vicomtesse de Poilloûe de Saint-Mars :
Quand il ^ eut seize ans, on l'embarqua pour Paris. Le frère de sa mère, M. Paulze, était président de la ferme générale, et fort riche ^; il habitait, sur la place