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Publié dans la Révolution française du 14 mars

2. Le mois intercalaire du calendrier de Numa, le mois Mercedonius, d'une longueur variable, s'intercalait tous les

joutait aux cinq jours complémentaires : ceux-ci se trouvant accrus d'un sixième jour, l'année s'appelait année sextile.

Pour déterminer quelles années devaient être sextiles et recevoir un jour de plus, le décret du 4 frimaire an II, qui organisa définitivement l'ère républicaine, établit, par ses articles 3 et 10, la base suivante : Chaque année dut commencer à minuit, avec le jour où tombait l'équinoxe vrai d'automne pour l'Observatoire de Paris (art. 3); et l'année ordinaire dut recevoir un jour de plus, selon que la position de l'équinoxe le comporterait, afin de maintenir la coïncidence de l'année civile avec les mouvements célestes (art. 10).

L'année devant toujours commencer le jour où, pour l'Observatoire de Paris, tombait l'équinoxe d'automne, et l'équinoxe de l'automne suivant arrivant tantôt dans le trois cent soixantesixième jour après celui-là, tantôt dans le trois cent soixante-septième, c'était le jeu naturel du déplacement de l'heure du phénomène équi-

deux ans après la fête des Termlnalia, qui avait lieu le sixième jour des calendes de mars (24 février). Lors de la réforme julienne, l'astronome Sosigène ne crut pas devoir modifier l'époque de l'intercalation ; il plaça donc le trois cent soixante-sixième jour après le sixième des calendes de mars. Pour ne rien changer au nom des autres jours et à l'ordre des sacrifices que l'on offrait en février aux dieux infernaux, on comptait deux fois (his) le sixième {sexlus) jour des calendes : il y avait donc, dans les années où se faisait l'intercalation julienne, deux 24 février ; et c'est de là que vient le nom de bissextiles qu'on leur donna et qu'elles ont conservé.

noxial qui, de lui-même et sans rintervention d'aucune règle pour la distribution des jours intercalaires,, devait indiquer quelle année se trouverait long-ue d'un jour de plus que les autres.

Le premier jour de Tan P^ de la République fut fixé au 22 septembre 1792 de Fère vulgaire, jour où le soleil était arrivé à l'équinoxe vrai d'automne, à 9 heures 18 minutes 30 secondes du matin, pour l'Observatoire de Paris.

L'an 11 de la République avait commencé le 22 septembre 1793 : c'est ce jour-là qu'avait eu lieu, à 3 heures 11 minutes 38 secondes du soir, l'équinoxe vrai d'automne pour l'Observatoire de Paris. L'an P^ avait eu, par conséquent, une durée de trois cent soixante-cinq jours.

L'équinoxe d'automne suivant devant arriver, en 1794, le 22 septembre, à 9 heures 1 minute 31 secondes du soir, c'était ce jour-là que devait commencer l'an III ; l'an II devait avoir par conséquent, lui aussi, une durée de trois cent soixante-cinq jours.

Mais l'équinoxe d'automne de 1793 arrivait le 23 septembre, à 2 heures 44 minutes 49 secondes du malin ; le commencement de l'an IV était donc séparé de celui de l'an III par un nombre de trois cent soixante-six jours : l'an III, par conséquent, était une année sextile.

Au décret du 4 frimaire an II on avait joint une table donnant l'époque de l'équinoxe vrai d'automne, au méridien de Paris, pour les treize

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premières années de la République : les années sextiles, d'après cette table, devaient être l'anlIL Tan VII et l'an XL

Les auteurs de l'annuaire républicain se félicitèrent de cette innovation, parce qu'elle substituait à des arrangements conventionnels un ordre déterminé par la nature elle-même : le jour intercalaire se plaçait automatiquement, sans qu'il fût nécessaire de recourir à une règle.

Le rapport qui précédait le décret du 4 frimaire disait :

En suivant le cours naturel des choses, et cherchant un point fixe dans les mouvements célestes bien connus aujourd'hui, il sera toujours facile de faire coïncider l'année civile avec l'année solaire, par des corrections qui se feront successivement, aussitôt que les petites différences cumulées auront produit un jour... La raison veut que nous suivions la nature, plutôt que de nous tramer servilement sur les traces erronées de nos prédécesseurs. Nous devons donc fixer invariablement notre jour intercalaire dans Tannée que la position de l'équinoxe d'automne comportera. Après une première disposition que la concordance avec les observations astronomiques rend nécessaire, la période sera de quatre ans. Ce n'est qu'après cent vingt-neuf ans environ ^ qu'on devra retrancher le jour ihtercalaire à l'une de ces périodes.

Lorsqu'il avait écrit ces lignes, Romme, on le voit, pensait que les années sextiles se suivraient

1. Il eût fallu dire, pour être tout à fait clair : « Ce n'est que dans cent vingt-neuf ans d'ici environ, — (le rapporteur écrivait en l'an II), — c'est-à-dire en Tan CXXXI de la République ».

régulièrement de quatre en quatre ans,, et qu'après trente-trois périodes quadriennales le jeu naturel de l'équinoxe ferait supprimer un jour intercalaire (ce qui n'est pas). Le décret du 4 frimaire consacra cette périodicité présumée, et ordonna que « la période de quatre ans, au bout de laquelle l'addition d'un jour est ordinairement nécessaire, serait appelée la Franciade^ ». Mais une étude plus approfondie de la question, entreprise l'année suivante par l'astronome Delambre (qui n'avait pas été du nombre de ceux qu'on avait consultés en 1793), montra que si l'intervalle entre les années sextiles devait être habituellement de quatre ans, il se présenterait trois fois dans un siècle des cas où cet intervalle serait de cinq ans, et cela de façon irrégulière. L'examen des époques des équinoxes futurs lit en outre apercevoir un autre inconvénient de la base posée à l'article 3 du décret : c'est que, le moment précis de l'équinoxe ne pouvant être déterminé à l'avance par le calcul qu'à quelques minutes près, il serait impossible, lorsque ce moment serait très rapproché de minuit, de dire avec certitude si l'équinoxe tomberait en deçà ou au delà de la vingt-quatrième heure. Le cas devait se produire en l'an CXLIV, oùle calcul indiquait l'équinoxe comme devant arriver vingt

1. La première année sextile devant être l'an III, la première Franciade était censée avoir commencé à l'équinoxe d'automne de 1791, un an avant l'établissement de l'ère répablicaine.

secondes avant minuit, mais où en réalité il pouvait aussi bien arriver quelques minutes après minuit ; ce qui eût entraîné une différence d'un jour.

Le tableau ci-contre (p. 315) montre le placement des années sextiles pour les deux premiers siècles de l'ère républicaine, en conformité de l'article 3 du décret du 4 frimaire K

Les années sextiles se suivent de quatre en quatre ans de l'an III jusqu'à l'an XV. H y a ensuite un premier intervalle de cinq années, au lieu de quatre, entre l'an XY et l'an XX, 4® et 5® années sextiles ; puis la série d'intervalles quadriennaux recommence, de l'an XX à l'an XLVIII. Ici, second intervalle de cinq ans, au lieu de quatre, entre l'an XLVIII et l'an LUI, 12^ et 13^ années sextiles. Les intervalles quadriennaux reprennent de l'anLIII àl'an LXXVII. Là, troisième intervalle de cinq ans, au lieu de quatre, entre l'an LXXVII et l'an LXXXII, 19^ et 20^ années sextiles. Puis les intervalles sont de nouveau de quatre ans, jusqu'à la 27® année sex-

1. Les années sextiles sont distinguées par la lettre S ; il y en a 48 en deux siècles. Si j'ai pu dresser ce tableau, c'est, pour les années XV à GVIII, grâce à l'obligeance de M. Lœwy, directeur de l'Observatoire de Paris, qui a bien voulu faire relever pour moi, dans la collection de la Connaissance des temps, au Bureau des longitudes, les époques des équinoxes d'automne pendant le xix« siècle de l'ère vulgaire ; et, pour les années GIX à GG, grâce à M. Rocques-Dèsvallées, calculateur titulaire au Bureau des longitudes, qui a été assez aimable pour me communiquer le placement des années sextiles pour la période au delà du xix« siècle de l'ère vulgaire, placement qu'il a déterminé en calculant lui-même les équinoxes.

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