DANTO\ ET LOUIS COMTE
lifié dans les actes de négociant, mais j'ignore quel commerce il avait jamais exercé.
Son existence fut plutôt mouvementée. Avant la Révolution, dit-il, « des magistrats prévaricateurs, n'écoutant que la faveur et non la justice », lui avaient fait perdre un procès « qui était tout pour lui », et, « pour l'empêcher de se pourvoir en cassation », avaient fait demander par sa mère une lettre de cachet contre lui'. Sa mère, pour des raisons que Comte ne dit pas, avait satisfait au désir des magistrats. Elleavaitdemandé la lettre de cachet qu'elle finit par obtenir au bout de trois ans d'instances, « sur des allégations aussi fausses que calomnieuses ». Comte fut donc enfermé quatre ans par ordre du ministre Breteuil au fort de Trescou en Bas-Languedoc. Pendant 27 mois il fut mis au cachot, chargé de fers, pour le punir d'avoir réclamé contre sa détention. Pendant qu'il était en prison, « ses ennemis », probablement ses parents sur lesquels il est vraiment trop discret, se faisaient, « par un acte capté à sa mère », substituer son bien dont elle le privait.
Sa mère morte, il croyait être libéré. Mais la duchesse de Rohan, « sous prétexte que libre il tuerait les détenteurs de son bien », le fit maintenir en prison. La Révolution fit tomber ses
I. Extrait de rintcrrogaloire de L. Comte joint à sa lettre du II prairial an II. Arch. nat., F'' !\6^2.
8o ÉTUDES ROBESPIERRISTES
chaînes le 3 juin 1789. 11 salua l'ordre nouveau avec reconnaissance et enthousiasme. Quand le divorce fut institué, il s'empressa de se débarrasser de sa femme qui l'avait « trahi, opprimé et pillé ». Il oubliait d'ajouter que sa femme. Benoîte Dumoulin, s'était auparavant retirée chez sa mère pour se soustraire à ses mauvais traitements, que le 28 mai 1790 il s'était présenté à Ameugny chez sa belle-mère où habitait sa femme, qu'il les avait frappées toutes les deux et leur avait extorqué 35o francs, et que, quelques jours plus tard, il était revenu faire une nouvelle scène \
Comte n'avait pas manqué de se jeter dans le mouvement révolutionnaire. Le premier dans sa commune, dit-il, il arborait les couleurs nationales. Il dissipait en juillet 1789, au bourg de Cormatin, un parti considérable de brigands qui avaient brûlé les châteaux. Il donnait ensuite l'exemple de la formation des gardes nationales. Il oubliait, il est vrai, de rappeler que la garde nationale de Cormatin, qu'il avait formée, ne lui eut aucune reconnaissance. N'écrivit-elle pas au Comité de Constitution , le 28 septembre 1 790, pour demander que le port de l'uniforme fût interdit à Louis Comte, qui troublait et excitait les habitants, et qui d'ailleurs avait été condamné par le bailliage d'Autun h un « supplice infamant » et banni pour dix ans par le Parlement de Dijon ■ ! Je n'ai pas pu