‹ Études Robespierristes (volume 2)Chapitre 21 sur 101 · Arch. nat., D · texte numérisé non relu

Arch. nat., D

DA.\TOi\ ET LOUIS COMTE 8l

savoir si les ennemis de Comte disaient ici la vérité, « s'il avait été réellement condamné à un supplice infamant ». Quoi qu'il en soit, Comte comprit qu'il devait quitter un pays où il était mal vu. 11 s'enrôlait en septembre 1791 dans les volontaires de Saône-et-Loire, mais il ne restait que peu de temps sous l'uniforme. Il était renvoyé presque aussitôt comme homme marié.

Louis Comte vint alors à Paris, à une date que je n'ai pu déterminer avec exactitude. Il se trouva presque immédiatement, sans qu'il dise à la suite de quelles interventions, employé par le gouvernement à des missions de confiance. Le ministre des Ail'aires étrangères l'envoya en Savoie au printemps de 1792. En juin, il était à Chambéry. Le major de la place le faisait arrêter comme espion et menaçait de le faire pendre. Il se tira d'ailaire cependant et revint à Paris en juillet. Dubois- Crancé lui avait confié à son retour une lettre pour Paris. Il portait aussi à l'Assemblée législative des pétitions « d'où dépendait le salut du Midi ». Par malheu'r, à son passage en Saône-et- Loire, le procureur-syndic d'Autun J.-B. Lambert, que Comte traite de contre-révolutionnaire, le fit arrêter et garder en prison pendant quarante jours. Il ne fut remis en liberté qu'après le 10 août ; mais Lambert son ennemi porta plus tard la tête sur l'échafaud.

Merlin de Thionville projetait d'organiser le

Maihikz. — Conspiration. 6

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bataillon des tyrannicides. Comte lui écrivit pour s'y faire admettre. Peu après, il était chargé d'une nouvelle mission à l'armée des Alpes. Il participait à la révolution de Genève en décembre 1792 et en janvier lygS. Le général Biron lui prescrivait ensuite de visiter les côtes de la Méditerranée, depuis Villefranche jusqu'à Toulon et Marseille. Il était à Oneille en mai 1798. Auparavant, en avril, quand il apprit la trahison de Dumouriez, il offrit aux représentants Jagot et Grégoire de partir pour la Belgique exterminer le traître ! Il y avait du Tartarin dans ce Bourguignon ^

Il se rendit ensuite avec Dagobert à l'armée des Pyrénées-Orientales, revint à Paris à la veille du 3i mai et fut chargé en juillet par Hérault de Séchelles d'une mission du Comité de Salut public dans la Normandie soulevée par les Girondins.

Il partit le 8 juillet 1798, participa, dit-il, à la bataille sans larmes de Brécourt et, avec 26 chasseurs mal armés et 8 paysans des Andelys, prit à l'ennemi deux hommes et un cheval. Il se rendit ensuite à Caen pour espionner les chefs fédéralistes qui y séjournaient encore, mais fut découvert

I. Le 7 avril 1793, au moment où s'organisa le Comité de Salut public, un citoyen Lecomte est nommé premier commis au bureau de la correspondance avec les commissaires aux armées (Actes, t. III, p. i33). Est-ce le même personnage que le nôtre ?

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