DA\'TO\ ET LOUIS COMTE
ton, « Danton m'a persécuté parce qu'il étoit ins truit de la déposition faite contre lui par mes soins et que la démarche que javois faite auprès de lui n'étoit que dans l'intention de capter sa confiance, pour le mieux démasquer ». « Fabre et compagnie, dévoués à Danton, n'ont tout mis en œuvre pour tromper le comité sur mon compte que parce que la découverte d'un seul de leurs complices pouvaient les perdre tous ». Revenant à la charge, le 20 germinal : « Vous avez été trompés, citoyens, écrivait-il au Comité de Sûreté générale, vous l'avez: été d'une manière cruelle pour moi, par des traîtres qui nous redoutant, ont voulu se défaire de moi à tout prix. J'avois produit contre Danton une dénonciation fondée, j'avois osé m'introduire chez lui, sous prétexte de lui être utile dans le fait pour sa dénonciation. Voyez mon interrogatoire du 11 octobre. Javois parle d'Hérault comme d'un homme que je commençois à connoitre et ne tarderois pas à démasquer. Voilà, citoyens, mes crimes aux yeux de ces traîtres. Les croyant patriotes, vous m'avez puni comme calomniateur, mais aujourd'hui les faits sont vérifiés et le louche qu'ils ont voulu jetter sur mes intentions et ma conduite ne peut se soutenir contre les preuves, qu'aux termes de la loi j'ofl're de mon civisme et de mon dévouement
depuis 1789 justice, citoyens, justice !... »
Les membres des Comités continuaient à fa:i e la sourde oreille. Et cependant Comte se mulii-
lOO ÉTUDES ROBESPIEBRISTES
pliait. Il offrait de déposer contre Biron et, cette fois, sa demande était accueillie. Il déposait au procès. Mais son zèle était bien mal récompensé ! Il restait en prison et ily perdait la santé : « Rongé par une fièvre lente, une dartre vive et le scorbut, je ne puis résister... » Ses plaintes douloureuses n'éveillaient aucune pitié.
Les Comilés avaient leur siège fait. Comte fut compris dans l'affreuse fournée des chemises rouges ou delà conspiration de Batz. Elie Lacoste lui consacra dans son rapport ces lignes dédaigneuses : « Dans le nombre des conjurés... le nommé Comte, le confident de Fabre d'Églantine et d'Hérault, qui a élé chargé de plusieurs missions très suspectes, il a eu à Turin des conférences avec d'Artois et à Paris avec le tyran. Cet homme, qui n'av.oit rien avant la Révolution, se trouve fort riche aujourd'hui ; il a rendu avec l'argent illusoire l'ordre du Comité de Sûreté générale qui le mettait au secret. Michonis, qui, lors du procès de la veuve Capet, ne fut pas assez convaincu pour être condamné à la prison estaussi un ami de Batz. Comte lui a donné à dîner fréquemment ainsi qu'à Ozanne, officier de paix, condamné aux fers pour avoir laissé évader Julien de Toulouse' ».
Malheureusement les débats du procès furent menés avec une rapidité si vertigineuse que le