‹ Études Robespierristes (volume 2)Chapitre 39 sur 101 · DA\TO\ ET LA MORT DE LOUIS XVI II · texte numérisé non relu

DA\TO\ ET LA MORT DE LOUIS XVI II

comprendre. Miles était prévenu. Il savnit qu'on accusait depuis longtemps l'Angleterre de se mùler à nos troubles intérieurs et il était blessé comme Pitt lui môme par cette accusation, à laquelle il ne voulut pas fouinir un aliment en écoutant les propositions étranges qui lui étaient faites par l'agent secret du Conseil exécutif. Sa défiance empocha sans doute Noël, par crainte de se compromettre lui-même, de s'expliquer ij fond. Il se borna à faire l'éloge de Talon, de son habileté, de ses ressources. Il espérait que Miles recevrait Talon et il comptait que Talon dirait ce qu'il n'osait pas dire lui-même. Mais Miles continua à faire le sourd. L'intrigue échouait ;i son premier pas.

Je ne serais pas surpris qu'au seul prononcé du nom de Talon, Miles ait été mal impressionné, car il connaissait le personnage et il avait de lui une fort mauvaise opinion. Au temps de son séjour à Paris, en 1790 et 1791, quand il fréquentait le club des Jacobins et le club de 8g, dont il était membre, quand il dînait chez Lafayclte et chez ^I""^ de Tarente, il avait appris bien des choses. Dans une lettre qu'il écrivait à Paris, le 12 mars 1791, à l'amiral Rodney, il jugeait ainsi Talon : « Beaucoup de députés de Bretagne sont payés par le roi. M. Talon est l'homme de confiance de ce malheureux monarque. Il a distribué beaucoup d'argent à plusieurs membres de l'Assemblée nationale, mais il n'est pas douteux qu'il s'en est réservé pour lui-même une bonne part,

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c'est du moins ce qu'on dit, et un de ces députés s'est cité lui-même comme une preuve de la malhonnêteté de Talon en déclarant qu'il n'avait jamais reçu un sol et que l'autre avait gardé ce qu'il aurait dû donner aux amis du roi » \ Pour -Miles, Talon était donc un aventurier. On comprend qu'en dehors des raisons de principe qu'il avait pour refuser de se prêter à une démarche qui était une intervention dans nos affaires intérieures. Miles répugnait à se mettre en rapport avec un individu qu'il considérait comme un intrigant de bas étage'".

Si Miles ne crut même pas devoir en référer à Pitt avant de répondre par un refus péremptoire à la demande de Noël, c'est qu'il connaissait depuis un mois déjà les sentiments de Pilt. Je vois, en effet, dans son journal, que Miles avait eu, le i8 novembre, une'longue conversation avec Long qui était le principal collaborateur du premier ministre. Long avait dit à Miles que « la vie de Louis XVI ne devait pas entrer en compétition avec les intérêts de l'Angleterre » ^. Miles était

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