Ibid
176 ÉTUDES ftOBESPIERBISTES
dant deux ou trois ans employé à la commission des assignats. On le disait a intimement lié avec Danton et ses adhérens. » Danton, ainsi que son beau-père Charpentier, avait même un logement chez lui, « où se tenoient souvent des orgies scandaleuses qui duroient une partie de la nuit ». Le jardinier de Fauvel dépose devant Blache que Danton avait un logement dans le château de Choisy, « qu'il y faisoit des actes de propriétaire et y venoit fréquemment avec Lacroix, Brunet et autres..., que les deux Robespierre, Le Bas, Henriot et ses aides de camp, Dumas, Fouquier, Didier, Benoit et Simon, du Comité révolutionnaire de Choisy, les Vaugeois, les Duplay se réunissoient souvent dans la maison de Fauvel à Choisy et s'y livroient à des orgies scandaleuses... ' » Jean-Jacques Rouzzy précisa, le 18 thermidor an III, que c'était avec les vins du ci-devant duc de Coigny, ancien propriétaire du château de Choisy et mari de la jeune captive chantée par André Chénier, qu'ils avaient achetés, que Fauvel, Danton et Vaugeois se livraient à ces orgies.
Faisons aussi grande que l'on voudra la part de l'exagération que contiennent ces témoignages
I. Annexe du rapport de Blache, W 79. — Il faut noter que Fauvel, l'acquéreur du château de Choisy, fut soupçonné d'avoir fait cette acquisition pour le compte de Danton, dont il n'aurait été que l'homme de paille. Voir l'étude sur la fortune de Danton, dans la première série de mes Etudes robespierristes.
thermidoriens, une constatation reste : il est certain que Robespierre et quelques-uns de ses partisans se rendaient parfois à Choisy-le-Roi, soit chez Fauvel, soit chez Vaugeois. Ici encore, le témoignage de l'espion royaliste n'apparaît plus comme foncièrement invraisemblable et il mérite considération.
Est-il besoin de conclure ? L'histoire secrète du Comité de Salut public, l'histoire qu'on ne trouve pas dans ses actes olRciels, celle qui serait la plus intéressante à connaître, l'histoire de ses délibérations et de ses dissensions, cette histoire-là est à peine commencée. Les documents dont on pourrait se servir pour l'écrire sont rares, suspects, apocryphes. Ils existent pourtant, mais la plupart restent inconnus, enfouis dans les cartons de la police ou dans les dossiers diplomatiques. Un grand travail de récolement, de confrontation, de critique s'impose. Dès maintenant la question est posée. Il n'est plus permis de l'écarter par des dédains hautains et sommaires.
M\ToiEZ. — Conspiration.