U.\ FAUX RAPPORT DE SAL\T-JUST
discours etail authentique. « Il concorde parfailement, écrivit-il dans la Revue historique, avec la lutte qui existait alors entre les pai'tis et avec les récriminations bien connues de Saint-Just contre le désordre immense qui régnait dans l'administration ' ».
Albert Sorel ne se déclara pas convaincu par l'argumentation de Sybel. Les actes du Comité de Salut public lui avaient fourni la preuve que, du mois de juin I7()3 au mois de mai 179/1, les fonds secrets du ministère des AfTaires étrangères ne s'étaient pas élevés en totalité à une somme supérieure à i5ooooo francs, et encore qu'ils avaient été pour la plus grande partie dépensés à l'intérieur de la France ! Les papiers de Barthélémy prouvaient qu'ils n'avaient jamais disposé de quarante millions ! Sorel maintint que la propafjande révolutionnaire avait été insignifiante. Le rapport de Saint-Just invoqué par Sybel ne l'embarrassa ouère : « Si l'on était réduit aux allégations des terroristes dans leurs discours, on ferait l'histoire avec des figures de rhétorique ». L'académicien français réussissait, par cette leste déclaration, à dépasser l'académicien berlinois dans l'expression de son mépris pour les terroristes. Svbel se contentait de croire que Saint- Just était grossier et inepte. Sorel ajoutait que c'était un menteur, dont les chifires et les alfir-