Les citoyens Jacquin et Cornet, membres du comité révo
FA BRI-: d'ÉGLAXTINE 37
L'affaire eut son épilot^iio nux Jacobins. Le 2 du deuxième mois (28 octobre 1798), Desfieux accusa Dufourny d'être l'auteur de son arrestation : « C'est lui, dit-il, qui m'a dénoncé au Comité de Sûreté générale, à l'administration de police, c'est de sa main que j'ai vu écrit sur un bout de papier avec un crayon : Arrêtez Défieiix, il est de la faction girondine. » Dufourny expliqua qu'il avait donné l'ordre d'arrêter Proli en vertu de la loi sur les étrangers. Il ignorait, à l'en croire, qu'on eut arrêté Desfieux. Puis il se répandit en menaces : « Toutes les inculpations qu'on m'a faites sont fausses. J'avertis de nouveau que le jour des réxélations arrivera. » Collot d'IIerbois s'écria que Dufourny avait menti à lui-même en disant cpi'il n'avait point eu connaissance de l'arrestation de Desfieux. C'était certainement lui qui lavait provoquée. 11 en avait même annoncé la nouvelle à Pache. Collot engagea Dufourny à réserver aux aristocrates la passion qu'il avait mise à faire arrêter certains patriotes. Dufourny voulut répondre, mais les jacobins fermèrent la discussion.
Ils durent la rouvrir le lendemain 3 brumaire.
lulioanairc do la section de 1792, levèrent les scellés chez Desfieux, rue d''s Filles-Saint-Thomas, le i'^' jour dn 2^ mois (22 octobre), et atteste reiit qu'ils n'a>"aieut Iroiivé chez ce citoyen « que tous papiers dans le sens de la Révolution et toutes notes concernant le bonheur de la République » (Arch. nat,,
28 ÉTUDES nOBESPIEBRISTES
Collot d'Herbois se plaignit au début de cette séance que Sambat etMoenne venaient de le provoquer à sa place pour avoir pris la défense de Desfieux : « Deux fois l'on m'a répété : Desfieux, pour qui vous avez parlé hier, est un coquin et vous en êtes un plus grand encore de l'avoir défendu... » Il ajouta que c'était à la suite des intrigues d'une femme qui parcourait les comités des Jacobins, désignant ainsi M™* Violette. Tour à tour Moenne et Sambat s'expliquèrent. Moenne déclara tenir de Tachereau que Desfieux était un intrigant qui avait établi chez lui un bureau d'aflaires pour trafiquer des places et qui abusait de son influence auprès de Collot d'Herbois. Sambat attaqua Proli, un Autrichien, un conspirateur. L'hébertiste Brichet, n'osant défendre Proli, voulut du moins le renvoyer dos à dos avec M™* Viollette : « Proli est un Autrichien. La femme dont il est question est anglaise. Il faut les traiter de même. La loi a prononcé sur eux. » Desfieux timidement plaida pour Proli qu'il avait connu bon patriote dès le début de la Révolution, qui avait le premier dénoncé Dumouriez. Mais, voyant que ses paroles étaient mal accueillies, il termina platement en ces termes : « Je nie d'ailleurs avoir eu d'autres liaisons avec lui que celles de personnes qui demeurent dans la même maison. Je ne me constitue point son défenseur. » Que retiendrons-nous de ces faits ? C'est que la campagne de Dulburny est parallèle à celle de
Fabie crEglantiiie, qu'elle vise en même temps les mêmes hommes et par les mômes moyens.
Quand Proli fut arrêté pour la seconde fois, il ne se trompa pas sur la main d'où venait le coup. « Ne sais-tu pas aussi bien que moi, écrivait-il à Bentabole, le 3 ventôse, que les persécutions que j'essuie sont dues aux préventions que l'infâme Fabre d'Eglantine, Camille (Desmoulins) et Dufourny ont donné contre moi et contre mes compagnons d'infortune à Danton et à Robespierre'? » Et, dans son interrogatoire, Proli précisera les raisons de la haine que Fabre lui portait : « Fabre craignait que les patriotes purs, qu'il désignait sous le nom de factieux, ne portassent un œil vigilant et sévère sur ses friponneries et dilapidations. » Il désignera un banquier lyonnais, Lcvieu, comme l'intermédiaire entre la Compagnie des Indes et Fabre d'Eglantine dans l'allaire du chantage exercé contre celte Compagnie ^ Fabre et Proli avaient été longtemps amis et s'étaient assis à la même table '.
Proli et Desfieux avaient été arrêtés tous les deux le 12 octobre. A la même date, Fabre s'acharnait contre d'autres héberlistes, contre d'autres ennemis de Danton. Dès le 10 octobre-, Louis Comte qui avait révélé les relations de Danton avecles fédéralistes du Calvados, était mis en arres-