‹ Études Robespierristes (volume 2)Chapitre 72 sur 101 · I. Voir notamment le n° 269 du Père Duchesne · texte numérisé non relu

I. Voir notamment le n° 269 du Père Duchesne

Garât témoigna sa reconnaissance à Danton dans les Mémoires qu'il composera en l'an III et qui ont fait le fond de la légende dantonienne.

Il est certain également que Pache et les administrateurs des subsistances de la ville de Paris^* Garin et Defavannes, accusaient Garât d'être la cause indirecte de la disette qui régnait à Paris, par la mollesse qu'il avait mise à faire appliquer la loi sur le maximun des grains.

Lettre du 2 septembre i/'j^i. — [Los recrues] suivront plus qu'elles ne serviront. Les conducteurs voyent bien cela. Aussi font-ils des menaces à qui mieux mieux. Danton lui-nièmc menace d'une troisième Révolution, c'est-à-dire d'une tuerie. Les riches, à cette fois, en sei'oicnt l'objet, c'est-à-dire qu'à force de leur faire peur, on voudroit les déterminer à partir. Tout cela décèle l'embarras des meneurs. Les subsistances ou plutôt le pain est fort rare et fort cher.

Le 3i août, Danton avait fait une violente sortie contre les commerçants et il avait demandé contre eux des lois terribles. Le lendemain de la lettre de l'espion royaliste, le 3 septembre, il défendit à la tribune le maximum des grains. Le 4 septembre, éclatait un mouvement populaire, qui imposera à la Convention la Terreur.

Lettre da 1 2 janvier ijo-^i- — Rassure nos braves frères sur la querelle de Robespierre et de Camille Desmoulins ; nous regardons connue certain que notre brave et digne chef ne louvoie dans ce moment que pour perdre plus sûrement Hébert et tous les ultra-révolutionnaires. Rappelle-moi au souvenir de 2g.

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L'opinion ainsi exprimée sur Robespierre était alors très répandue ; comme on peut s'en rendre compte en parcourant les rapports des observateurs de la police. Quel est le personnage désigné par le nombre 29 ? Est-ce le comte de Provence ?

Lettre du 1 3 janvier ijg^. — Je vous envoyai ce jourlà les brochures de Philippeaux et de Camille Desmoulins, un numéro de la Feuille du Salut public, rédigée sous les yeux de Robespierre, et un numéro de la Correspondance politique. Ce dernier journal est bien l'ait et est recherché des aristocrates. Pour que vous puissiez juger de leur ineptie, je pourrai vous le faire adresser en place de VAbréviateur, auquel Q. Q. ne travaille plus du tout. Le pauvre diable est tout entier au succès de nos armées... Je vous envoie sous enveloppe le n° d'aujourd'hui de la Correspondance politique. Vous y verrez que Robespierre n'est acharné à dévoiler les manœuvres du gouvernement britannique et ses vices que pour faire voir que ce gouvernement influence ici les exagérateurs et particulièrement la municipalité et Hébert. Celui-ci ne prêche la destruction et l'incendie, des villes frontières surtout, que pour ne laisser aucun obstacle aux conquéi-ants...

Les appréciations portées par le correspondant de d'Antraigues sur les journaux qu'il cite sont tout à fait justes. La Feuille du Salut public, rédigée par Fourcade, Julien de Paris, Rousselin et Payan, était bel et bien un journal officieux. \J Abréviateur et la Correspondance politique étaient au contraire des journaux aristocrates déguisés. \jdi Correspondance politique, où colla-

borait assidûment l'académicien Diissault, est très intéressante pour les comptes rendus des séances des clubs. Malheureusement sa collection est très incomplète à la Bibliothèque nationale'. On remarquera aussi, dans le passage cité> l'intéressante appréciation de la politique de Robespierre et des prétendus calculs d'Hébert.

Lettre du 3 mars ijgS. — Les d'IIarcourt et Beuvron sont toujours renfermes. Il est impossible de communiquer avec eux, mais s'il y a moyen de leur faire parvenir des nouvelles de la santé de N. N. et de la c. [citoyenne] Brionne, je les leur ferai parvenir. Quant au comte de Turconi, c'est un scélérat d'aristocrate qui, par ses airs hypocrites, se joue de toute la surveillance des Sans- Culottes. Il fait le gueux et le caliu à tel point qu'il a même quelque influence dans la section de Bonne-Nouvelle ou de ces côtés, rue Poissonnière, au-dessus de la cazerne n" 53. Il n'a nullement été renfermé. Les aristocrates de son espèce, revêtus des haillons de la Sansculolterie, donnent toujours ici beaucoup de tablature à la Convention.

On voit par cette lettre que l'informateur de d'Antraigues était -parfois chargé de certaines missions auprès des nobles détenus. La citoyenne Brionne,, qui s'intéressait aux d'Harcourt et aux Beuvron, était la comtesse amie de Marie-Antoinette. J'ignore quelle personne recouvre les initiales N. N. Quant au comte de Turconi, ce contre-

I. La notice que lui consacre Tourneux dans son Répertoire, t. II, n" 10892, est tout à fait insuffisante.

Matiiie/. — Conspiration. l4

révolutionnaire en bonnet rouge, qui avait de l'influence à la section Bonne-Nouvelle, la section d'Hébert, j'ignore son passé, mais il est probable qu'il devait ressembler à celui de ce comte Poroni, que Barère démasqua, le 3 nivôse, à la tribune de la Convention. Cet Italien était venu en France avec un ouvrage philosophique qui lui avait servi de titre pour demander la naturalisation. Il avait fait le révolutionnaire et brusquement il avait disparu, était rentré en Italie, où ses biens lui avaient été rendus'.

Lettre du 20 ventôse (/o mars ijg4)- — Quelques-uns de ces scélérats d'aristocrates prétendent que Danton est derrière Hébert et qu'il presse ce Père Duchesne de se déchaîner contre Robespierre, que le premier veut dégotter dans l'opinion publique pour se rendre seul maître de nos destinées. Dans ce cas, Danton pactiseroit, céderoit le terrain à quelque puissance. Prenez garde à ceci, Hébert étoit accusé d'avoir, conjointement avec les chefs de la municipalité, des correspondances avec les émigrés, mais Danton est l'ami de Fabre d'Eglantine. Il a même annoncé qu'il prendroit sa deffence, or Fabre d'Eglantine protestant, comédien, étoit l'ami de Rabaut et partisan de leur faction et de leur complot, et il n'est détenu dans le moment que pour cela. Ainsi, dans ce conflit de factions, on voit Hébert, qui veut la mort de Fabre d'Eglantine et des autres Conventionnels de cette faction, vouloir faire dominer la sienne sur toutes les autres, Danton vouloir profiter de l'ascendant momentané d'Hébert pour écraser tout ce qui peut la rivaliser

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