Arch. nat. , F'' 47/ia
2. Comme par hasard, M. Aulard n'a donné de cette lettre -qu'il date du g qu'une seule ligne « qui la rend inintelligible )^ (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. V, p. 5 18).
HÉRAULT DE SÉCIIELLES 235
me condamnez à rester, avez donc quelque confiance et ne vous laissez pas mener par des intriguants. Salut et fraternité'.
Pierre Ciioudieu.
Qu'un Montagnard aussi prononcé que Choudieu, qui sera, avec Levasseur, le principal adversaire de i^hiiippeaux, se soit adressé, en présence d'une difficulté, à Hérault de Séchelles comme à un ami, cela prouve, à mon sens, qu'Hérault à cette époque était l'espoir du parti le plus avancé *.
De la liaison d'Hérault avec les hébertistes, il subsiste des indices indéniables. Hérault traitait Carrier d'ami, il entretenait avec lui une correspondance dont M. Dard a publié quelques restes.
Le 20 septembre, Hérault écrivait à Carrier : ... « J'ai lu tes lettres au Comité de Salut public. Elles sont pleines de vigueur et d'énergie. Continue, brave collègue ; c'est en poursuivant ainsi les coquins et les hommes douteux; c'est en déménageant toute cette engeance que tu sers et que tu sauves la République... » et il terminait : « Au surplus, si tu veux me transmettre particulièrement tes diverses demandes, je me ferai toujours
1. L'arrêté du Comité de Salut public, en dater du 12 septembre 1793, mettant Tuncq en arrcslalion, est de la main d'Hérault (Aulard, Actes du Comité, t. VI, p 41/i)- Tuncq était le protégé de Bourdon de l'Oise et de Goupillcau de Montaigu, tous deux de la faction de Fabrc d'Eglantine.
2. Choudieu déclare dans ses Mémoires (p. /»76) qu'il fréquentait la maison d'Hérault.
un plaisir de te servir. Adieu, mon ami, je t'embrasse* ».
Carrier répondait de Rennes, le 27 septembre, en annonçant l'envoi d'une fournée pour le tribunal révolutionnaire : « Je me propose, en même temps, de faire bientôt des cargaisons de prêtres insermentés, amoncelés dans les prisons et d'en donner la conduite à un marin de Saint-Servan, connu par son patriotisme ». Hérault ne s'indignait pas en recevant cette lettre, il ne demandait pas d'explication sur cette cargaison future de prêtres destinée à vider les prisons amoncelées, il répondait par des félicitations, le 29 septembre : « Voilà comme on marche, mon brave ami. Courage, digne républicain, je viens de recevoir ta lettre et au même instant je l'ai lue au Comité de Salut public qui l'a Bnlendue avec une vive satisfaction. Nous serions bien heureux, la République serait vigoureuse et florissante s'il y avait partout des commissaires aussi énergiques que toi et ton collègue ». Hérault l'invitait ensuite à « purger » immédiatement la ville de Nantes. « La liberté ne compose pas. Nous pourrons être humains quand nous serons assurés d'être vainqueurs », et il terminait par ce conseil quelque peu machiavélique : « Le caractère de la représentation nationale est déployé avec bien plus de force et d'empire quand les représentants du