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rault, et aumaratiste Guermeur'. Beysserne tarda pas d'ailleurs à être de nouveau arrêté et il expirera sur l'échafaud. Notons encore que, dans sa correspondance avec Carrier, Hérault lui recommandera son jeune parent, au cours précisément de sa mission dans l'Ouest.
Que le prétendu ami de Danton fût alors considéré à juste titre, non seulement comme l'allié, mais comme le protecteur des hébertistes, bien des faits, plus graves encore, le démontrent.
f-eii septembre, un juré au tribunal révolutionnaire, le peintre Sambat, très lié avec Dufourny, avec Fabre d'Eglantine, avec toute la faction dantoniste, se plaignit aux jacobins qu'on l'avait dénoncé à Hérault de Séchelles comme un agent des puissances étrangères ^ Hérault nia que la chose fût exacte à la séance du i5 septembre. Pour quiconque est au fait' des dessous des séances des jacobins, l'incident prend une signification très nette. Sambat avait pour ennemi un homme qui était l'ami intime d'Hérault de Séchelles, le ban-
I. Relevons ici une erreur de M. Aulard. Reproduisant dans son recueil des Actes du Comité de Salut public, t. ^ I, p. 587, l'arrête du 21 septembre, il croit que la mission de surveillance enlevée à Beysser fut confiée à Hérault lui-même. Il ne connaît pas l'existence de Hérault le jeune.
3. Sambat avait pour maîtresse la dame Viollet, femme d'un émigré, — d'où l'origine de la dénonciation. Mais Hérault, l'amant de M™* de Bellegarde, femme d'un colonel au service de la Sardaigne, était dans le même cas que Sambat, d'oià l'audace de celui-ci.
quier Pioli qu'il logeait chez lui dans son hôtel de la rue Basse du Rempart, Proli qui lui servait de secrétaire et qui était comme lui un homme de plaisir. C'était Proli que visait Sambat. Or, au début de ce mois de septembre 1798, Proli inquiétait beaucoup les dantonistes. Pour parer le coup que Danton avait porté au parti hébertiste en supprimant par un décret la permanence des sections, Proli, aidé de son ami Desfieux, un autre bras droit d'Hébert, avait imaginé de fonder dans chaque section une société populaire, et il avait fédéré ces clubs scctionnaires en un Comité central dont il était l'âme. C'était le moment où Hébert redoublait d'attaques contre Danton dans le Père Duchesne. Les dantonistes crurent que la campagne était inspirée et encouragée par Hérault, d'où l'intervention de Sambat qui avait pour but d'obliger celui-ci à se découvrir. 11 y a dans le rapport de Saint-Just contre les dantonistes (i i germinal an II) un passage remarquable qui vise Hérault : « L'été dernier, Hérault cherchant des partisans ou tâtant les esprits, dit que Lhuillier, procureur général du département de Paris, avait confié qu'il existait un parti en faveur du jeune Capet et que, si le gouvernement pouvait perdre faveur et le parti arriver au degré d'influence nécessaire, ce serait Danton qui montrerait au peuple cet enfant.» Ainsi, d'après Saint- Just, Hérault aurait entretenu le Comité de Salut public, pendant l'été de 1798, des complots roya-
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listes qu'on attribuait à Danton ! Singulier Dantoniste que l'homme qui tenait un pareil langage à ses collègues du gouvernement !
Qu'on ne crie pas à l'invraisemblance. Le texte de Saint-Just prend toute sa signification quand on le rapproche d'une part des numéros contemporains du Père Duchesne et de l'autre des Mémoires écrits dans sa prison par Louis Comte, cet agent du Comité de Salut public qui présenta à Hérault de Séchelles et à Billaud-Varenne, à la fin de septembre 1798, un lieutenant de Wimpfen, le chef des fédéralistes du Calvados. Louis Comte qui est, à n'en pas douter, en relations avec Hébert, s'adressa à Hérault parce qu'il le croyait « chaud patriote «.Le lieutenant de Wimpfen qu'il lui amena lui révéla, dit-il, les relations de Danton et de Delacroix avec les fédéralistes du Cavaldos et leur intention 'commune de rétablir la royauté ^ Est-ce au moment de ces conversations qu'Hérault eut avec Louis Comte et avec l'adjudant de Wimpfen qu'il fit au Comité de Salut public la confidence dont parle le rapport de Saint-Just? Sans doute, Hérault était trop sceptique, trop épicurien pour s'attacher sincèrement au parti hébertiste. A l'heure même où il envoyait des encouragements à Carrier, il protégeait de son mieux les ci-devant en relations avec sa famille'.