Protestation de Lesueur. Arcb. nat., l
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de Sûreté générale, fait néanmoins arrêter Louis Comte, Proli, Desfieux, Maillard, Rutledge, c'està-dire tous les hommes d'action du parti hébertiste, c'est-à-dire tous ceux dont Danton et luimême pouvaient craindre l'influence.
Brusquement, au moment même où s'opéraient ces arrestations, le 12 octobre, Danton demandait un congé à la Convention pour aller à Arcis-sur- Aube « rétablir sa santé », « respirer l'air natal ». Il est impossible de ne pas être frappé par ces dates et ces coïncidences.
Il est impossible aussi de ne pas être frappé par le caractère équivoque de la politique et de la conduite qui sont alors celles de Fabre d'Eglantine, ce justicier. Le rôle qu'il joue est un rôle en partie double. D'une part, il soutient à la tribune les motions les plus révolutionnaires, les plus déconcertantes, et d'autre part, dans l'ombre, il s'attaque aux révolutionnaires les plus ardents, les plus influents, il les mine sourdement jusqu'au jour où il croit pouvoir les terrasser.
Nul n'est plus acharné à dénoncer les manœuvres de l'agiotage, à faire peur aux banquiers et aux accapareurs. Il fait mettre les scellés sur leurs papiers et effets de commerce le 16 juillet. Il dénonce, le 3 août, la baisse des changes comme une manœuvre de Pitt, et il fait une charge violente contre la Compagnie des Indes. Le 7 septembre, appuyant la pétition que son ami Dufourny présentait au nom des Jacobins, il veut
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que dans les vingt-quatre heures tous les biens des étrangers qui n'auront pas été déclarés soient confisqués par la République. Le 9 et le 12 septembre, il revient à la charge et propose de supprimer tout commerce quelconque avec les puissances étrangères, seul remède, à son sens, pour arrêter l'agiotage. Sa vertu est telle qu'il s'indigne, le 7 septembre, que des membres de l'Assemblée perçoiveiît en pays étrangers des droits féodaux : « Je demande qu'il ne leur soit plus permis de souiller leurs mains de ces tributs honteux et qu'ils soient tenus de déposer ces redevances au Trésor national. » Danton appuya la motion qui fut décrétée. On pourrait multiplier les exemples. Ceux-là suffisent. Fabre d'Eglantine rivalise donc à cette époque avec les hébertistes et même avec les Enragés en ardeur démacocifiue.
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Il a le souci évident de ne se laisser dépasser par personne en patriotisme.
Mais voici l'autre face. Après avoir menacé les banquiers à la tribune, Fabre s'entend avec eux dans les coulisses. Il falsifie avec Delaunay d'Angers, son ancien contradicteur, le décret de liquidation de la Compagnie des Indes que la Convention l'a chargé de rédiger'. 11 assiège les comités, il leur souffle toutes sortes de défiances contre le parti hébertiste. Il intrigue contre les
I. Voir plus loin l'ctudo : Fabre d'Éjlanline et la falsijîcation du décret de liquidalion de la Compagnie des Indes.
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meneurs des sociétés populaires, contre ceux qui ont fait le 10 août et le 3 1 mai, spécialement contre ceux qui le connaissaient lui, Fabre d'Eglantine, el qui, depuis longtemps, ont l'œil ouvert sur ses friponneries, contre ses anciens amis du district des Cordeliers ou du café Corazza. 11 est bien difficile de ne pas croire avec Proli, l'une de ses victimes, que « Fabre craignait que les patriotes purs, qu'il désignait sous le nom de factieux, ne portassent un œil vigilant et sévère sur ses friponneries et dilapidations ».
Il fallut du temps cependant pour percer à jour l'intrigue de Fabre d'Eglantine. Sur le moment même elle réussit. Les comités de gouvernement acceptèrent pour argent comptant ses dénonciations, fondées sur de simples hypothèses des plus fragiles.
Robespierre et Saint-Just, si défiants l'un et l'autre et préoccupés au même moment par les intrigues réelles des agents de l'ennemi \ furent dupes de Fabre d'Eglantine. Et ce n'était pas saiis raison que celui ci les avait choisis au milieu d'octobre, seuls de tout le Comité de Salut public, pour leur faire lecture de ses fameuses questions !
L'accord de Robespierre et de Saint-Just avec Fabre d'Eglantine se manifesta clairement lors de la grande discussion qui eut lieu à la Convention, les 9 et lo octobre, sur la confiscation des biens des