I. Voir mon livre : La Rcvolulion el les Étrangers
FABRE D'ÉGLA.\TL\E 35
étrangers. Le 9 octobre, Fabre d'Églantine proposa de remettre en vigueur le décret du 7 septembre qui ordonnait l'arrestation immédiate de tous les Anglais et la confiscation de leurs biens, décret que Chabot était parvenu à faire suspendre dès le surlendemain du jour où il avait été voté. Robespierre soutint avec chaleur contre Ramel la motion de Fabre qui fut adoptée. Le lendemain 10 octobre, Saint-Just justifia dans un long rappoit la mesure proposée par Fabre et se mit i\ dénoncer le double péril qui menaçait la Révolution : le modérantisme et l'exagération. « Le gouvernement anglais ne désire rien tant que de nous inspirer une modération qui ralentirait la ferveur populaire, ou des mesures extravagantes qui perdraient l'Etat. » Quelques jours plus tard, lei6 octobre, Chabot ayant voulu prendre la défense des étrangers patriotes et ayant fait, sans les nommer, l'éloge de ses beauxfrères, les Frey, dont il venait d'épouser la sœur quelques jours auparavant, Robespierre lui répliqua : « Depuis le commencement de la Révolution on a dû remarquer qu'il existait en France deux factions bien distinctes: la faction anglo-prussienne et la faction autrichienne, toutes deux réunies contre la République, mais divisées errtre ellr;?. pour leurs intérêts particuliers. Vous avez déjà porté un grand coup à la faction anglo-prussienne, l'autre n'est pas morte, vous avez a la terrasser'. »