‹ Etudes robespierristesChapitre 31 sur 87 · T. IV, p. /igo · texte numérisé non relu

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2. « Je dois la communication des nombreuses pièces qui éclaircissent cette affaire à l'obligeance de M. Danton, l'un de nos professeurs de philosophie les plus distingués, aujourd'hui inspecteur de l'Université » (t. IV, p. 226 de l'édition Chamerot).

LA LEGENDE DANTONIENNE 137

sauver Diiport... Si Danton livait Duport, il était perdu très probablement. Duport eût parlé sans doute avant de mourir, emporté avec lui Danton*. » Voilà un Danton bien différent de celui de Villiaumé, de Robinet ou de M. Aulard^

Michelet a bien vu que, sous ses airs de « taureau qui rugit le meurtre », Danton était« prudent dans l'audace même », « instinctif et calculé^ ». Il voit que, dans la crise qui suivit Varennes, ce finaud vénal prônait la solution orléaniste. Il voit qu'il sut se ménager habilement sous la Législative, qu'il évita de se compromettre dans toutes les questions brûlantes. Il note son attitude équivoque dans le procès du roi. Il le montre « hésitant misérablement » au 2 juin 1793. Il avoue que Danton « n'inspirait aucune confiance' ». Il dit de lui qu' « il n'était pas assez pur pour haïr le mal* ». Bref, sa sympathie ne lui a pas voilé les ombres du personnage.

Les réserves graves de Michelet gênaient les positivistes religieux pour qui le Précurseur ne pouvait être qu'un agneau sans tache. Le docteur Robinet se mit en rapports avec le grand histo-

1. T. IV, p. 31 5-2 18 (édition Ghamerot). L'hypothèse de Michelet est vérifiée par la publication des mémoires de Théodore Lameth.

a. T. III, p. 55.

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