I. L'immoralité étoit effrayante
Les hommes immoraux étoient :
Les intrigans qui mettoient à profit les inquiétudes qu'ils fesoient naître,
Les orgueilleux qui ne songeoient qu'à faire parler d'eux,
Les représentans et les fonctionnaires qui voloient, étaloient le faste, rudoyoient le peuple, insultoient à la pudeur, employoient la justice publique pour venger leurs propres injures, se mocquoient de la foi des sermens, cherchoient les richesses, se mocquoient de la vertu et applaudissoient au vice heureux.
Ces gens-là étoient par leurs vices les ennemis de l'Égalité. Us dévoient craindre le gcuvernoment révolu tionii aire.
Us prânoient l'athéisme pour énerver les âmes, abattre les courages et dégoûter de la Vertu et de l'Égalité. Ds rendoient le paUiotisme odieux, ils indisposoient le peuple contre la révolution. Robespierre vit le danger de l'immoralité; il vit que si elle devenpit dominante, les immoraux livreroient le Peuple à l'aristocratie et à la royauté.
U jugea que ce système tenoit à une conspiration.
n pensa que si on ne s'y opposoit pas, la République et la Révolution étoient perdues.
Il lutta contre une partie du peuple égaré.
Il arrêta la prédication athée. La vertu et la probité. Fête de la divinité. Sarcasmes. Plaisanteries. Calomnies. Intrigues. Théot. 9 thermidor. Aux immoraux [se joignirent les demi-philosophes, les admirateurs de Voltaire, les matérialistes. (Note de Buonarroti.)
aga ÉTUDES ROBESPIEBRISTES
large mesure conforme à la vérité historique. Il est certain que parmi les ennemis les plus acharnés de Robespierre il y eut des individus d'une moralité très suspacte, aes Rovère, des Fréron, des Barras, des Tallien, des Fouché, des Courtois. Leur République n'avait que faire de la vertu.
Déjà Louis Blanc constatant les déprédations, les vols, dont furent l'objet les biens nationaux, avait écrit : « plus on pénètre dans l'histoire de la Révolution, plus on est forcé de reconnaître que le parti qu'y représentèrent Robespierre et ses amis fut... le parti des honnêtes gens...»^ Les notes de Buonarroti apportent au jugement de Louis Blanc une force nouvelle.
Mais Buonarroti considère aussi Robespierre comme le précurseur du babouvisme, comme un socialiste d'action et d'intention. Quand on lit les réflexions que Robespierre écrivait pour lui-même au jour le jour sur son calepin, on doit avouer que Buonarroti a raison. Au reste, n'était-il pas mieux placé que nous pour savoir à quoi s'en tenir?
« Quel est le but? écrivait Robespierre sur son calepin, que Courtois qui le publie appelle son « espèce de catéchisme. » Quel est le but? L'exécution de la Constitution en faveur du peuple.
« Quels seront nos ennemis? Les hommes vicieux et les riches^ » et plus loin : « Les dangers