Études scientifiques [microforme]
Les articles, réunis dans ce volume, ont déjà, sauf le dernier, paru dans la Revue des deux mondes. J’ÿ ai ajouté tout ce qui, depuis l’époque où ils ont été publiés, a eu trait aux questions diverses qui y sont traitées. Je ne perdrai point cette occasion de remercier ici les directeurs du Recueil où ils ont d’abord été accueillis, d’une bienveillance dont je sens tout le prix : leurs excellents conseils m’ont d'ailleurs été trop utiles pour que ce ne soit point pour mei un devoir de leur témoigner ma profonde reconnaissance.
Je crains que l'unité ne paraisse manquer au volume que j'offre au public : elle règne pourtant, j'use
le dire, dans le sentiment général qui m'a inspiré, quand j'ai écrit chacune des parties qui le composent. On peut aflirmer, sans exagération, que l’exploration complète de notre terre, où le domaine des nations civilisées tient une si petite place, n'a été commencée que depuis peu de temps ; le mouvement de l’émigration, les voyages, l'ambition de plus en plus ardente du commerce et de l’industrie ont ouvert aujourd'hui des voies tout à fait nouvelles, aussi bien aux sciences sociales qu'aux sciences proprement dites. J’ai toujours été également préoccupé du progrès des unes et des autres : c’est la lecture des ouvrages d'Alexandre de Humboldt, dont la perte irréparable attriste aujourd’hui tout l'univers civilisé, qui a éveillé en moi ce sentiment de curiosité qui prête un charme presque égal au récit d’un voyage dans quelque région inconnue, et à l'exposé des découvertes scientifiques qui nous donnent l'explication des grands phénomènes de la nature.
La géographie cesse d’être aride, la science cesse d’être abstraite, quand elles font des échanges mutuels : l'esprit français doué d’une merveilleuse aptitude pour les sciences, semble aujourd’hui dédaigner
‘les études géographiques ; dans les siècles derniers,
le goût en était fort répandu : ne le laissons pas s’effacer, au moment même où les nations s'efforcent
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d'étendre leur influence et leurs relations commerciales dans toutes les parties du globe, où l'exploration en devient de plus en plus facile et profitable, où enfin la science moderne prête uit si puissant intérêt à des travaux qui ne se résumaient jadis que dans de sèches nomenclatures.
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