‹ Études scientifiques [microforme]Chapitre 2 sur 40 · LE PÔLE NORD · texte numérisé non relu

LE PÔLE NORD

à ET LES DÉCOUVERTES ARCTIQUES.

4 Les régions polaires sont environnées d’une bar- Hière de glace qui les a longtemps rendues inaccesibles. On ne sait pas encore aujourd’hui d’une ma- “hière certaine si le pôle de la terre se trouve au milieu es terres ou s’il est le centre d’une mer intérieure, Maste méditerranée arctique. Deux navigateurs seu- Mement ont atteint le 82° degré de latitude, Henri Wiudson en 1607, et de nos jours sir Edward Parry. Minsi, après des siècles d'efforts et d’héroïques en- Mreprises, nous ne connaissons que les régions à pro- Mprement parler circumpolaires ; encore la géographie Mn est-elle assez imparfaite et n'a-t-elle pu être tracée Æn quelque sorte qu'à larges traits. Les marins les $ “ 1

plus résolus ne s'engagent pas sans crainte dans ces mornes solitudes et ces labyrinthes de glace où tout devient danger, où la mort se présente avec le hideux cortège du froid et de la faim. Le sort de sir John Franklin et de ses compagnons a encore augmenté le sentiment d’effroi et presque d'horreur qui s'est de tout temps attaché aux contrées inconnues du Nord ; mais de pareilles infortunes, si cruelles qu’elles soient, ne font qu’affaiblir pour un instant et n'arrètent jamais complétement l’ardeur des entreprises.

L'histoire des découvertes arctiques est une des preuves les plus éclatantes de ce que peut l’homme en lutte avec les forces naturelles, elle fait voir au service de combien de passions diverses il peut mettre cette activité obstinée qui finit par triompher de tous les obstacles. Là où se hasardèrent d’abord quelques pêcheurs aventureux, des hommes entreprenants se succédèrent, entraînés par l'amour et la soif de l’or qui s'étaient emparés de l’ancien continent après la découverte mémorable de Christophe Colomb; les plus nombreux allèrent y chercher ce fameux passage du Nord, qui devait êire une grande route nouvelle pour le commerce du monde. De & nos jours enfin, on a vu partir pour ces régions # désolées des hommes animés du seul amour de la science et de l'ambition des découvertes. Quelquesuns, soldats obscurs du devoir, étaient surtout préoccupés du désir de soutenir l'honneur du pavillon & national; d’autres, et ceux-là plus héroïques en- 4 core, allaient rechercher leurs devanciers perdus et

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1 génie. Ce sont des | cartes polaires, et plus d’un marque la place d’un … tombeau. Ainsi la souveraine des mers a voulu ajou- À ter à son empire jusqu’à ces solitudes oubliées, enî vironnées de mystère et de terreur, d'où la nature semblait vouloir à jamais repousser l’homme.

ÉTUDES SOIBETIQURR. 3

courir volontairement au-devant des dangers mêmes # auxquels ils espéraient les arracher,

À l'honneur de l'Angleterre, il faut dire que, de-

1 puis le règne de la reine Élisabeth jusqu’à nos-jours, 4 c’est la nation anglaise qui a fait les frais de presque © toutes les expéditions arctiques ; elle a porté dans ces

entreprises ce courage patient et cette opiniâtreté résolue qui forment le trait le plus étonnant de son noms anglais qui couvrent les

Pour se rendre un compte exact de l'importance * de telles entreprises et des difficultés particulières . que présente la navigation dans les régions rappro-

… chées du pôle, il faut en connaître la configuration 4 À éographique et le climat. Un rapide tableau de ces | contrées peut seul nous aider à mieux comprendre x les tentatives d'exploration dont elles ont été le théâ- ) tre, aussi bien que les étranges difficultés qu’elles + opposent aux efforts du génie humain.

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amour de la 4 es. Quelques #

h ÉTUDES SCIENTIFIQUES,

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| Configuration e4 climat des régious polaires. 4 e | À 1: On comprend sous le nom de zones glaciales les M | | portions de la terre qui dépassent les latitudes de L EU à 66° 32’, et qui forment ainsi, pour parler le langage ci | ï des géomètres, deux calottes sphériques dont les À | | pôles sont les centres, ct qui sont séparées des zones |

dites tempérées par les cercles polaires. Cette limite n’est point arbitraire : en deçà du cercle polaire, le soleil se lève et se couche tous les jours de l’année; au delà , il reste à certaines époques de l’année plus | d’un jour au-dessus et au-dessous de l'horizon. Si la | 1! terre, en se mouvant sur son orbite, tournait autour d’une ligne qui lui fùt exactement perpendiculaire, les nuits seraient égales en tous les points du globe,

1 et des jours égaux leur succéderaient régulièrement ; | | mais en réalité elle tourne autour d’une ligne obli- # | | que à son orbite. Un des pôles fait toujours face au | { soleil, et le mouvement de rotation ne peut pas le | | dérober à ses rayons; il demeure ainsi éclairé jusqu’à ce que le mouvement de translation de la terre 4 | } amène insensiblement devant le soleil le pôle qui #p h pendant tout ce temps était resté dans l'obscurité, ?

À la latitude de 70 degrés, le soleil ne se couche point pendant environ soixante-cinq jours, et ne se

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ÉTUDES SCIENTIFIQUES. n)

1 jours, et au-dessous pendant cent vingt-sept jours.

© Il a suffi par conséquent qu'une faible inclinaison füt

© imprimée à l'axe de la terre pour que la lumière et

* l'obscurité fussent réparties sur certains de ses points

4 d’une manière si exceptionnelle et si peu en har-

” monie avec les alternances invariables et régulières

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