LOU ÉTUDES SCIENTIFIQUES
ab ir à l'excellent port de Pugel's- Sound, situ tout près de l’île Vancouver.
L'établissement d’un chemin de fer dans les terri. toires d’Orégon et de Washington ne présente quel. ques difficultés que sur unc très-pelite étendue, le long de la Colombie. Le seul obstade sérieux dans ce trajet est donc le passage du massif des montagnes Rocheuses, et les nouvelles reconnaissances auxquelles on se livre en ce moment même parviendront sans doute à l’atténuer. Sur tout le parcours, il sera poscible de se procurer l’eau et le bois nécessaires à la construction de la voie; l'immense bassin houiller du Mississipi, celui de Vancouver, les forêts des montagnes Rocheuses fourniront du combustible en abondance, si même on ne peut utiliser les cotonniers qui croissent encore dans les parties les plus arides de la route. S'il y a de grandes difficultés dans la construction du chemin, en peut dire qu’il n’y en aurait aucune dans l’exploitation même.
En dehors de ces questions techniques, il faut examiner si ce tracé satisfait à d’autres exigences auxquelles il ne faut pas hésiter à donner plus d’imporlance encore. Est-il possible d'attirer l'émigration sur une partie au moins de ce parcours, et quelques points priviligiés peuvent-ils y devenir des centres de population? A l’une des extrémités du chemin, les belles vallées de l’Orégon, à l’autre les riches pra: ries du Minnesota et les bords du Lac Supérieur, commencent dès à présent à se peupler; mais l'immense région intermédiaire ne se prêterait sans
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versants, par une ceinture fertile ; mais au delà s’étendent, sur le côté oriental, d'immenses plaines qui présentent l'aspect d'un désert. Voici comment les officiers américains le dépeignent : « Le sol n’y est pas absolument mauvais; mais ce qui manque de ce côté des montagnes Rocheuses est la pluie. La terre se couvre au printemps d'herbes luxuriantes, et le pays n’est plus qu'un immense et magnifique pâturage; mais la chaleur de l'été brûle les graminées et
| dessèche le sol. Peut-être que, si la prairie ne brûlait
pas chaque année , il y croîtrait des forêts qui attireraient l’eau atmosphérique, et qu’il se formerait ainsi un sol plus fertile. »
Le climat ne rend pas l'établissement d’un chemin de fer impossible sous ces latitudes élevées ; les hivers n’y sont pas beaucoup plus rigoureux que dans ls États du nord qui bordent l'Atlantique, et la
E neige ne bloquerait jamais les cols des montagnes
Rocheuses, explorés par les officiers américains, de façon à rendre le passage impraticable. Pourtant, parmi les raisons que les adversaires de ce tracé mettent en avant, ils insistent sur les inconvénients
du climat rigoureux des provinces du Nord. A notre
avis, ils subordonnent à une question technique une
E question beaucoup plus considérable : il s’agit plutôt,
en effet, de savoir si les difficultés de l'exploitation se-
ront aggravées pendant une parlie de l’année, que de
rechercher comment les conditions météorologiques
s’'accommodent aux mœurs et aux habitudes des émigrants. Un climat septentrional convient mieux aux Allemands et aux Anglo-Saxons, qui forment le fon( de l’émigration américaine. Le nombre des habitant, qui ne sont pas nés en Amérique est aujourd'hui de deux millions, et une statistique récente a fait voir que plus des neuf dixièmes habitent les États du Nord.
Le véritable inconvénient de la route septentrionale, tracée par Steveus, est Ja grande largeur de la partie incultivable et infertile, qui ne présente en quelque sorte aucun point de ralliement, aucun oasis à des populations agricoles. Sous ce rapport, une autre route, celle du 45° et du 42° parallèk, offre un grand avantage : le bassin du grand Lx Salé y forme comme un relais au milieu de la distance qui sépare le Mississipi de l'océan Pacitique. D’après le capitaine Stransbury, la région des lacs, qui n’est aujourd’hui peuplée que par quatre-vingt
mille mormons, peut nourrir une population (° à
plus d’un million d'habitants. IL y a quelques années, cet officier fut chargé par le gouvernement américain de fairelelever topographique des alentours du Grand: Lac Salé. L’excellent ouvrage qu’il a publié sur sonexpédition obtint un très-vif succès à cause des nombreux renseignements qu’il y donne sur les établissements desmormons.Bien que son exploration n’eûtpas directement pour but d'étudier le tracé d’un chemin de fer, ce sont pourtant ses résultats, avec les travaux de Frémont, qui ont servi de base au projet du chemin de fer du 42° degré de latitude,
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Le capitaine Stransbury insista très-fortement sur la nécessité de comprendre le bassin du grand Lac Salé dans tout projet de communication à travers le continent. Plus soucieux de colonisation et d’intérèts économiques que de questions religieuses, il proposa même de faire passer le chemin de fer du Pacifique, donton commencait à se préoccuper, près de la capitale des mormons. Au delà de ce point, il conseillait de faire deux embranchements, l’un vers l’Orégon, l'eutre vers la Californie; le premier devait aller rejoindre la route ordinaire qui suit la rivière Humboldt; le second, longeant les établissements mormons, devait se diriger vers San-Diego en doublant l’extrémité méridionale de la Sierra-Nevada, ou, si c'était possible, entrer dans la vallée du San-Joaquin et rejoindre San-Francisco. À l'époque où Stransbury visita les mormons, ils projetaient eux-mèmes d’exécuir celte dernière ligne pour exporter leurs produits.
Les études de Frémont et de Stransbury ont été complétées par le lieutenant Beckwith, qui a exploré avec soin l’intérieur du Grand-Bassin et les cols de la Sieira-Nevada. A la suité de ces reconnaissances, voici comment l’on a déterminé le tracé du 42° degré latitude : le chemin de fer doit remonter les pentes douces et régulières que descend la Nebraska, et franchir les montagnes Rocheuscs par le col du Sud (ou par un passage plus méridional, encore mal exploré,
le col des Chéyennes). Pour arriver du col du Sud aux à bords du grand Lac Salé, on descend un tributaire
de la Rivière-Verte, et l’on traverse, par des défilés
sinueux et étroits, la chaîne des monts Wahsatch, qui s'étend à l’est du lac. Du côté oriental du lac, h ligne projetée va rejoindre la vallée de la rivière Humboldt, en traversant une contrée formée par des plaines que séparent des chaînes parallèles. Le lieutenant Beckwith décrit cette partie intérieure du Grand-Bassin sous les mêmes couleurs que Frémont: les montagnes y sont basses, faciles à franchir, et parcourues par une multitude de petits torrents: l'herbe y croît en abondance, mais les arbres y sont rares, et on n’y trouve que quelques cèdres épars: les vallées sont partout couvertes de sombrss artémises. De toutes les chaînes, la plus élevée est celle qui porte le nom de Humboldt; le chemin de fer doit la franchir par un col assez bas, et suivre la rivière Humboldt, qui se perd dans un lac marécageux situé au pied de la Sierra-Nevada.
A cette latitude, la sierra forme un grand plateau élevé, recouvert de crêtes et de pics isolés. Le meilleur passage que le lieutenant Beckwith y ait trouvé est le col Madelin; il est facile à traverser et conduit directement dans la vallée du Sacramento. Malheureusement, sur une étendue de trente lieues, le fleuve, qui n’est encore qu’un torrent, descend en serpentant entre des précipices qui ont de 500 à 600 mètres de hauteur. Le passage de ces immenses canons présenterait de graves difficultés, et nécessiterait des travaux extrêmement dispendieux.
Depuis que le lieutenant Beckwith a publié son rapport, le lieutenant-colonel Steptoe a annoncé ha
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découverte d’un chemin encore plus direct depuis le grand Lac Salé jusqu'à San-Francisco. La route nouvelle, sur laquelle on ne possède d’ailleurs aucune indication numérique et précise, suivrait la vallée de hrivière Carson, et franchirait la Sierra:Nevada par ke col où elle prend sa source. On n'a pas encore étudié le tracé de l'embranchement, qui pourrait se diriger du col du Sud vers l'Orégon; cependant il semble qu’il soittrès-facile de le construire en suivant le pied de la chaîne du Vent, en rejoignant, au delà de quelques montagnes très-peu élevées, les sources de la rivière Lewis, ct en descendant cette longue vallée jusqu’à la Colombie.
Le chemin de fer du 45° et 42° parallèle présente, u point de vue technique, d'assez notables avantages; l'eau et le bois peuvent être obtenus facilement sur tout le parcours, et l'on a même découvert à proximité du grand Lac Salé un bassin houiller dans la vallée de la Rivière-Verte. Sous le rapport des hauteurs à franchir, ce tracé ne le cède qu’à celui du 32° degrédelatitude, parce que les chaînes des Rocheuses et de la Sierra-Nevada, à la hauteur où l’on projette deles traverser, ont un profil simple et présentent de hauts plateaux. Les parties de la route où les obstacles nécessiteraient les travaux d'art les plus nombreux et ls plus difficiles sont le col du Sud, les massifs montagneux qui le séparent du grand Lac Salé ct lachaîne de la Sicrra-Nevada : ces points sont précisément les plus rapprochés des deux centres de population d'Utah et de Californie.
La route du 38° et du 39° degré de latitude fut explorée par le malheureux capitaine Gunnison, qui, dans une rencontre avec des Indiens, périt avec plusieurs de ses compagnons; sa lâche fut terminée par le lieutenant Beckwith, qui explora l'intérieur du Grand-Bassin, et reconnut ensuite la ligne qui unit le grand Lac Salé à la Sierra-Nevada. La route du 38: degré ne mérite pas de fixer longtemps l’attention au point de vue de l'établissement du chemin de fer du Pacitique; les passages des montagnes Rocheuses y sont de beaucoup plus élevés que sur les routes septentrionales ou sur celles du 32° degré, et elle ne achète cette infériorité par aucun avantage particulier.
Nous arrivons enfin aux deux lignes méridionales qui traversent le Nouveau-Mexique, — celle du 35°et celle du 32° degré, — et la préférence que les rapports ofliciels accordent à ce dernier tracé nous obligera à l’étudier avec quelque détail. La ligne du 35: degré, explorée par le lieutenant Whipple, part du fort Smith, suit la vallée de l'Arkansas, monte sur un plateau élevé adossé aux montagnes Rocheuses, et se dirige vers le Rio-Grande par le col de San-Pedro. Au delà, le chemin projeté va franchir par un tunnel un col de la Sierra-Madre, descend la rivière Zuni, le Colorado, suit la rivière Mohave, et traverse la Sierra-Nevada pour aboutir au port de San-Pedro. Les caractères physiques des contrées placées sous celte latitude ne sont pas très-différents de ceux de la
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Les études de la ligne du 32° degré ont été faites en trois parties. La première section s'étend depuis la hivière-Rouge, qui traverse la Louisiane et borde le Texas, jusqu’au Rio-Grande, qui coupe le Nouveau- Mexique à peu près dans la direction du 1ord au sud. Cette région a été examinée par le caritaine Pope. Dans son projet, la route traverse d’abord, sur une distance de cent vingt lieues, les plaines du Texas, presque partout recouvertes de forêts; elle monte ensuite sur un plateau élevé qui occupe une partie du Texas et du Nouveau-Mexique, et porte le nom de Llano- Estacado. On ne saurait mieux dépeindre ce désert américain que ne l’a fait un géologue français, M. Marcou, qui a accompagné le lieutenant Whipple dans son voyage à travers le continent. « Lorsqu'on avance au milieu de ces immenses prairies, dit M. Marcou, on aperçoit de très-loin, vers l'occident, une ligne horizontale formée par un plateau parfaitement uni, dont le nom jouit d’une ; rende réputation parmi les trappeurs et les traitanits de ces régions sauvages. Des légendes de grandes caravanes égarées et entièrement détruites par Ja soif se racontent le soir autour des feux de bivouac longtemps avant d'arriver à ce terrible plateau, dont le nom de Llano- Estacado, c’est-à-dire plateau à ligne de poteaux, indique qu'une route y avait été tracée au moyen de lougs bätons placés de distance en distance, exacte-
ment comme ces grands poteaux des routes des hautes chaînes du Jura et des Alpes. Seulement, dans les Alpes et le Jura, les lignes des potcaux indicateurs sont destinés à tracer la route lorsque 12 ou 15 pieds de neige recouvrent ces hautes régions de l’Europe centrale, tandis que sur le Llano-Estacado elles y ont été placées par les premiers explorateurs, des mis. sionnaires espagnols, pour empêcher les caravanes de s’égarer dans ces vastes solitudes, où l'horizontalité presque parfaite du sol et le manque absolu d’arbresoud’arbrisseaux ne présentent aucunsigne qui permette de s’y orienter. Ce haut plateau est tellement près de l’horizontalité parfaite, qu’il faut se coucher à terre pour s’apercevoir qu’il incline un peu vers l’est-sud-est, et je ne puis mieux le comparer, comme aspect, qu’à l'Océan un jour de calme. L’horizon est aussi très-limité, de trois à quatre lieues, comme en mer; rien ne vient y briser ni même modifier le cercle parfait dont vous êtes le centre; seulement, au lieu de me promener sur l'arrière d’un vapeur octanique, j'étais à cheval sur un mulet; l’eau était remplacée par üu gazon vert formé d’une graminée courte et peu touffue ; les troupes de marsouins et de souffleurs y font place à des troupeaux d’antilopes et de cerfs; enfin, comme en pleine mer, on n’y rencontre pas d'oiseaux. »
Sous le 32° degré de latitude, la largeur de ce triste et monotone platcau est d'environ quarante lieues. Après lavoir traversé, la ligne proposée dépasse la rivière Pécos, ct franchit sans difficulté les monts
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Guadalupe. qui la séparent du Rio-Grande. Depuis ce fleuve jusqu’au point où le Gila se jette dans le Rio- Colorado, la contrée a été explorée par le lieutenant Parke. Entre le Rio-Grande et les eaux du Gila, elle est formée par une série de bassins de peu de profondeur, reliés par des cols faciles à franchir. Comme le plateau du Llano-Estacado, ces grandes dépressions, presque unies, sont entièrement dépourvues d’eau et de bois. Plus loin, la ligne proposée par le lieutenant Parke suit sur toute sa longueur la vallée du Gila, qui coule de l’est à l’ouest sur une distance de soixante-dix lieues, et forme la limite du Nouveau- Mexique ei de Sonora jusqu’au point où il se jette dans le Rio-Colorado. Le lieutenant Parke dépeint celte vallée comme une longue plaine douce, bordée de crèles montagneuses et de collines peu élevées, présentant de grandes facilités pour la construction d'un chemin de fer.
Au delà du Rio-Colorado, il faut traverser la grande plaine qu'on nommele désert du Colorado, et franchir là chaîne de la côte par le col de San-Gorgione pour arriver au port de San-Diego. Le petit port de cette ville est trop peu important pour qu'il n’ait pas été nécessaire d'étudier la route qui relie la ligne du 32° degré de latitude à San-Francisco, aujourd’hui devenue la capitale de cette partie du continent américain. Le chemin le plus court serait par le versant occidental de la longue chaîne dont l’arête suit à une hible distance la côte de la Californie sur toute sa longueur; mais on n’a pu encore y déterminer un
tracé convenable, et il paraît très-difficile de franchir les chainons transversaux de cette longue ceinture montagneuse. La route actuellement proposée abandonne la côte de l'océan Pacifique, dépasse la chaine de la Côte et rentre dans le Grand-Bassin : elle en traverse une partie, franchit la chaîne de Ja Sierra. Nevada au point où elle se noue à la chaîne côtière: elle descend ensuite dans la vallée du lac Tulares etde la rivière San-Joaquin, qui se jette dans la baie de San-Francisco. Le licutenant Williamson, chargé de cette troisième section de la route méridionale, à visité les cols de la Sierra-Nevada et ceux de la chaîne côtière, et en a trouvé plusieurs praticables pour un chemin de fer. On voit néanmoins du premier coup combien la solution proposée est peu satisfaisante, puisqu’elle oblige à franchir deux fois en sens contraire la chaîne côtière avant d'arriver à la serra californienne. Cet immense et laborieux détour ôte à la route méridionale le privilége qu'elle aurait eu d’être la plus courte, si on avait pu l'arrêter à San- Diego. On a bien songé à suivre unc ligne directe qui traverserait la région comprise entre le Rio-Colorado et le col le plus favorable de la Sierra-Nevada. Mais le lieutenant Williamson s’est assuré qu'au nord des déserts du Colorado, la contrée devient très-accidentée et que des chaînes inexplorées y forment une barrière infranchissable entre le Colorado et h Sierra - Nevada. Tout ce pays nest qu'un vaste désert, aride et montueux, où les Indiens euxmêmes ne vont jamais s'aventurer, Il n’y tombe
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de pluie qu’une seule fois pendant toute l'année, vers 'emois d'août.
Le simple exposé des travaux de Wiliamson, Parke e Pope rend très-difficile à comprendre la préférence que les officiers du bureau topographique américain accordent à la ligne du 32° degré de latitude. Le seul avantage qu’elle possède sur les autres est que les pentes ysont partout d'une grande douceur, et que, sur de très-longues distances, le solestsiuni,si compacte, qu'on pourrait presque sans aucune préparation y placer les traverses et les rails; mais cet avantage ne Leut être mis en balance avec des inconvénients de la nature la pius grave. L’eau et le bois, éléments indispensables à la construction et à l'exploitation d’un chemin de fer, font complétement défaut sur presque tout le parcours, dans la monotone plaine du Llano- Estacado, dans les vastes bassins qui séparent le Rio- Grande du Gila, dans le désert du Colorado. Les proerès qu'on a faits depuis quelques années dans l'établissement des voies ferrées sont tels qu’on ne doit jamais désespérer de venir à bout d'obstacles extérieurs tenant à la configuration ou à la nature du sol; mais rien ne peut suppléer à 1 manque d’eau, de bois et de combustibles. Pour suivre la ligne du 32° degré, il faudrait amener les traverses à des dislances énormes, chercher le combustible jusque dans là vallée du Mississipi, et du côté de l'océan Pacifique,
usqu’à l'ile Vancouver : le chemin de fer ne pour- JuSq
rait avancer qu’en transportant tout avec iui. Pour obvier au manque d’eau sur une si grande
partie de la route, on propose, sur la foi du géologue américain qui accompagna les expéditions, de percer des puits artésiens de distance en distance dansles parties les plus arides du chemin. On espère former ansi des réservoirs où les locomotives pourront s’alimenter. Ce remède coûteux ne nous inspire qu'une médiocre confiance. Lors mème d’ailleurs qu'on viendrait à bout de ces difficultés techniques, il n’est pas permis d'espérer qu'on puisse jamais jeter les flots de l’'émigration dans ces solitudes du Nouveau-Mexique et de la Californie méridionale, qui forment le véritable Sahara américain. La population espagnole qui depuis longtemps habite cette partie du continent ne s’est jamais étendue en dehors de la vallée du Rio-Grande; elle est si faible et si abâtardie, qu'avant la guerre du Mexique, elle était entièrement tombée sous le joug des tribus indiennes. Jamais l’on ne verra se couvrir de villes et de champs le plateau monotone et désolé du Llano- Estacado, le désert du Rio-Colorado, les arides solitudes qui s'étendent entre ce fleuve, le Gila et le Rio-Grande. La contrée qui sépare l'Arkansas de Santa-Fé, lacapitale du Nouveau-Mexique, est coupée par une ceinture de pays boisé qui s'étend dans le sens du méridien, depuis la Rivière-Canadienne jusqu’au midi du Texas. À l’est de cette limite naturelle, le sol est fertile, coupé par des torrents et des ruisseaux, très-propre à la culture; à l’ouest, il n’y a plus qu’un océan de stériles prairies, çà et là quelque faible torrent et des arbres solitaires dont les formes de-
viennent s'enfonc I. n’e lemajor où l'on Pacifiqu préoccu du Mexi cieux , q qui ne v américa y facilite servile.
ricain, C sur plus de vue & jours st Tout le veau-Me:
jusqu’au plupart mêmes mêmes vaste ré sante , C la terre étendue:
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pourront inspire d’ailleurs hniques, e jamais tudes du idionale, ain. La JS habite ndue en si faible que, elle ibus invilles et u Llanorides sosila et le insas de t coupée 1 dans le nne jusurelle, le 1iSseaux, us qu’un ible tormes de-
viennent de plus en plus étranges à mesure qu'on s'enfonce dans le pays.
LL n’est pas inutile de citer le jugement que porte lemajor Emory sur les régions du Nouveau-Mexique où l'on propose de faire passer le chemin de fer du Pacifique, parce qu’il a été rendu en dehors de toute préoccupation particulière, à l'époque de la guerre du Mexique. Ce témoignage est d'autant plus préceux, qu’il détruit à l’avance les espérances de ceux qui ne veulent jeter de ce côté l'emploi des capitaux américains et de l'activité anglo-saxonne que pour y faciliter l'introduction de l'esclavage et du travail servile. « La contrée, écrivait en 1846 le major américain, comprise entre l’Arkansas ?t le Rio-Colorado, sur plus de 400 lieues d'étendue, présente, au point de vue agricole, des particularités qui pèseront toujours sur jes populations qui y sont disséminées. Tout le nord du Mexique, en y comprenant le Nouveau-Mexique , Chihuahua, Sonora et les Californies, jusqu'au Sacramento, présente, s’il faut se fier à la plupart des renseignements, à peu près partout les mêmes caractères physiques, le même climat et les mêmes produits naturels. En aucune partie de cette waste région, l’on ne peut, dans une mesure suffisante, compter sur les pluies pour la culture du sol. la terre est dépouillée d'arbres, et sur de grandes étendues il n’y a aucune sorte de végétation. Quelques faibles rivières descendent en différentes directions des hautes montagnes qui en maints endroits traversent cette région. Ces rivières sont séparées
quelquelois par des plaines et quelquelois par des montagnes sans eau ni végétation, véritables déserts, puisqu'on n’y trouve rien de ce qui peut scvir à entretenir la vie animale. La culiure dn sol est donc limitée à ces étroites bandes de terre qui suivent le niveau des eaux, et partout où l’on voit une communauté s'y livrer avec quelque succès et sui une certaine étendue, elle implique un degré de subordination, une obéissance absolue à ui maitre, qui répugnent aux habitudes de noire peuple... Les profits sont trop faibles pour que le travail servike puisse y devenir avantageux. L’esclavage, tel que les Mexicains l'ont mis en pratique, sous une forme qui permet au maître d'employer les services de l’homme aussitôt qu’il est adulte, — sans subir l'obligation de l’élever dans l'enfance, de le faire vivre pendant la vieillesse, d'adopter sa famille, —- ne peut pas fournir de données exactes pour apprécier quels bénéfices on pourrait attendre du travail servile comme on l'entend aux États-Unis. Une personne qui visiterait ces régions et serait familiarisée avec le caractère ct la valeur du travail servile aux États-Unis ne songerait jamais à amencr ici des esclaves, encore moins à en acheter pour les y transporter. Leur travail ne rembourscrait jamais le prix de transport et moins encore le prix d'achat. »
L'examen impartial de tous les travaux de reconnaissance faits dans ces parties nouvellement explorécs de l'Amérique n’est point favorable aux concinsions des rapports officiels soumis au congrès. Au
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reste les ofliciers qui les ont rédigés, et qui conduent en faveur de la ligne du 32° degré de latitude, ont eux-mêmes compris que jamais on n'attirerait sur ce parcours une population nombreuse. Ils ont dù présenter un projet spécial d'organisation des postes appelés à entretenir et à défendre la ligne contre les Indiens. Ils semblent avoir renoncé volonhairement: à l'espérance de diriger sur ces parties centrales du continent américain un courant d’émigration destiné à relier par une chaîne continue les États-Unis de l’est aux provinces qui bordent le Pacitique. Il ne s’agit plus dès lors de donner à la production et à la population américaines une faculté d'extension en quelque sorte sans limites : le chemin de fer du Pacifique n’est plus qu’une ligne servant à unir deux points séparés par des déserts. Mème à ne le considérer que sous le point de vue technique, nous croyons que le tracé du 32° degré est inféricur aux tracés septentrionaux; mais si, restant fidèle à la pensée de ceux qui ont les premiers conçu cette entreprise, on la considère plutôt comme un moyen que comme un bat, si on veut y voir l'instrument de civilisation le plus puissant qui puisse féconder le nouveau monde entier dans toutes les parties où la nature ne repousse pas absolument les efforts de l’homme, il faut renoncer à donner la préférence à là ligne du 32° degré. Jamais l’on ne groupera sur ce parcours une population dense et serrée, jamais la race anglo-saxonne ou allemande ne s’acclimatera dans les déserts du Nouveau-Mexique; elle ne se
transportera naturellement qu'à des latitudes plus élevées. Les provinces de l'Amérique situées sous les 45° et 42° degrés de latitude présentent à peu près, au moins dans beaucoup de parties, les mêmes ca. ractères généraux, le même climat, les mêmes res. sources naturelles que les États actuels de l’Union où l'émigration se dirige : l’eau et le bois y sont plus abondants que dans les latitudes voisines du Mexique et plus rapprochées du tropique. Les vallées et les plaines de l’Orégon, dont quelques-unes sont d'une richesse et d’une fertilité vraiment inouïe, pourraient nourrir une population égale à la moitié de celle de l’Europe. La Californie du Nord sert déjà de noyauà une véritable nation, qui a ses villes, ses vaisseaux, ses routes, et commence à construire ses chemins de fer. Cette partie de l'Amérique est devenue le centre des pêcheries de l’océan Pacifique, dont l'importance va chaque jour grandissant. Les mormons enfin ont réussi à fonder, dans le bassin isolé du grand Lac Salé, sans appui, sans communication avec le dehors, un établissement qui prospère malgré les éléments dissolvants qui minent leur étrange communauté. Sans chercher à préciser le tracé du chemin de fer du Pacifique , on sent bien que c’est vers les régions du Nord qu’il faut le diriger; c’est là que le travail libre doit trouver, pour des siècles, des terres vierges, à défricher ; c’est dans cette voie que l’activité américaine doit se porter, au lieu d'aller s’éteindre et s’'énerver dans les solitudes du Mexique, où une forte et noble race a déjà trouvé son tombeau. Les avan-
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tiges d'une roule septentrionale sont si évidents, que ls Anglais du Canada ont songé à l’établir dans kurs possessions, bien que le climat y soit déjà beaucoup plus rigoureux que sous les latitudes de 47 ct de 45 degrés. L'établissement d’une communication directe entre les grands lacs et l’océan Pacifique a depuis quelque temps attiré l’attention de plusieurs officiers anglais, et bien qu'aucun de ces projets n'ait été soumis à une étude détaillée, il sera peut-être utile de faire connaître celui du capitaine M. H. Synge. Il est conçu de telle manière que le chemin de fer s'appuie partout sur des voies navigables, et que chaque partie forme un tronçon indépendant assez important en lui-même pour attirer l'émigration. Le chemin de fer dès aujourd'hui peut suivre et côtoyer en quelque sorte, jusqu'à trois cents lieues dans les terres, les grands lacs qui forment le plus magnifique réseau de navigation intérieure qu'on puisse trouver dans le monde entier. Le grand
| système des rivières qui descendent dans le lac Win-
nipeg et entrent dans la baie d'Hudson en formerait là continuation naturelle. Ces voies, qu’on pourrait partout rendre navigables, ouvriraient le continent jusqu'au pied des montagnes Rocheuses. Cet immense réseau de lacs et de rivières serait complété, du côté du Pacifique, par le système des rivières qui vont y verser leurs eaux, et dont les sources indiquent les passages les plus faciles de la grande
| chaine centrale. À ces hautes latitudes , le massif D montagneux est tellement abaissé, qu'à l’époque des