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obstacles aux tentatives d’une colonisation régulière, t pendant longtemps au moins la Russie ne pourra
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purement militaires. La belle vallée de l'Amour appelle au contraire l’émigration ; les tribus éparses qui habitent ont un caractère si doux et si pacifique,
; Quelles sont piutôt des auxiliaires que des ennemies :
aussi c’est de ce côté que se tournent aujourd’hui, en Sibérie, tous les regards et toutes les espérances. Cest peut-être vers les régions qui avoisinent l’Hinlbou-Kousch que la Russie ambitionnerait le plus
[iétendre son influence, et il n’est pas impossible
qu'on caresse secrètement le désir de balancer l’inluence de l'Angleterre en Asie; mais les rêves poliques qu’on nourrit à Saint-Pétersbourg n’occupent guère les esprits en Sibérie. Les habitants des immenses contrées situées au delà de l’Oural regardent là moins du côté de l’Europe que de la Chine et du grand océan Pacifique. La population de la Sibérie orientale commence à égaler celle de la Sibérie occidentale, et le mouvement de la colonisation se porte de plus en plus vers l'Orient.
La Russie n’a aucun intérêt à contrarier le moument naturel d'expansion qui entraîne la Sibérie vers l'océan Pacifique. Ce n’est qu’en facilitant les projets, en flattant les espérances des populations qui habitent au delà de l’Oural, qu’elle peut conserver quelque force aux liens qui l’unissent à ces lointaines twolonies asiatiques. L'histoire passée de la Sibérie nest point de nature à exalter dans la pensée des
Sibériens le souvenir de la mère-patrie. Ils savent
que la conquête des territoires qu’ils habitent n'a!
coûté à la cour moscovite aucun sacrifice, et qu’elle
fut due entièrement aux entreprises privées des Co-Î
saques que l'esprit d'aventure et de rapine poussa
au delà de l’Oural. Ils se souviennent encore de Ja
destruction d’Albasin, et se rappellent que la Russie abandonna les Cosaques dans la lutte, aussi hardie
que persévérante, qu’ils avaient commencée contre À
le céleste empire. Les traditions nationales ne relient
donc que bien faiblement la Sibérie à la Russie : la 8 nature les sépare plus qu’elle ne les unit; les senti. # menis, les souvenirs de ceux qui viennent peupler {a M colonie élèvent une barrière morale entre la Russie A
asiatique et la Russie européenne. C’est en Sibérie
que le serf trouve l'indépendance qui lui était refusée @R
dans son pays, l’exilé politique une patrie nouvelle, le sectaire la liberté de conscience, le criminel vulgaire des solitudes où sa honte s’efface et s’oublie.
Ces éléments variés tendent à composer une société | tout à fait nouvelle dont un sentiment commun relie !
tous les membres, le besoin de la liberté. Les Sibériens se trouvent répandus sur des régions trop vastes et trop faiblement peuplées pour que le joug d’une autorité quelconque puisse s’y faire sentir avec quel-
que force. Une grande destinée attend sans doule cette nation naissante, qui, un jour peut-être, balancera la puissance américaine dans une partie de l'océan Pacifique ; mais cet avenir est encore si lointain, que ja Russie devra longtemps encore présider
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