‹ Études scientifiques [microforme]Chapitre 26 sur 40 · partie qu'elle nglouu Caul'oblige · texte numérisé non relu

partie qu'elle nglouu Caul'oblige

srables, par le ssipées,

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mstruit d'une part sur l'avenir destiné à la Sibérie, et d'une autre elle nous révèle plus d'un détail préceux sur des régions immenses et jusqu’à ce jour presque ignorées.

Il ne faut pas juger de l'importance d’un empire par sa superficie : la domination sur des déserts n’est qu'une domination nominale, souvent gênante. La Sibérie embrasse une partie considérable de l'Asie; mais aux latitudes les plus septentrionales elle est entièrement inhabitée. Les grandes routes qui en joiment les différentes provinces, et qu’on parcourt avec ue si grande rapidité, ne dépassent nulle part le 58 degré de latitude; elles réunissent les villes les plus importantes, et traversent les districts les plus peuplés. Au delà du 60° degré, la plaine immense de h Sibérie qui descend insensiblement vers l’océan arctique est déserte : l’on y trouve seulement quelques établissements misérables et quelques tribus nomades dans les vallées des grands fleuves qui la silonnent, et du sud au nord descendent presque parallèlement vers la mer. Ces magnifiques cours d'eau sont fermés au commerce presque toute l’année, et ce n’est que pendant peu de mois qu'on peut en utiliser la puissance. Chacun de ces fleuves est sujet à deux débordements annuels : une première fis au printemps, au moment où la débâcle des glaces encombre les embouchures , une seconde fois après les grandes pluies. Les inondations de nos contrées n’ont rien de comparable à celles des vallées sibériennes, parcourues par des fleuves d’un immense

volume. Les eaux se répandent sur une incroyable largeur ; pendant ce temps, la pêche est impossible, et les tribus qui y trouvent leur unique ressource

sont souvent réduites à une extrème détresse, La nae 4

vigation au contraire prend une remarquable activité, et chaque printemps des bateaux chargés de thé descendent les fleuves avec une vitesse extraordinaire,

L'Irtish, la première des rivières qu’on rencontre après avoir passé l'Oural, formait autrefvis, au sortir

de la Chine, la limite entre la Sibéric russe et le pays |

des Kirghiz, mais aujourd'hui la Russie s'étend trèsloin sur la rive gauche du fleuve. En réalité, aucune frontière naturelle ne séparele gouvernement d'Omsk du territoire habité par les tribus nomades; aucune branche montagneuse ne joint l’Oural aux premiers rameaux de l’Altaï. Ces deux chaînes laissent entre elles de vastes steppes qui unissent, par une sorte de

détroit continental, la grande plaine de la Sibérie au À

pays qui sert de bassin à la mer Caspienne et au lac Aral. Les steppes qui entourent ces mers intérieures se prolongent, par Khiva et Bokhara, jusqu'aux phteaux de la Perse et de l'Afghanistan, qui ne sont séparés de l’Inde que par les défilés montagneux de l’Hindou - Kousch. D'Omsk et de Sémipolatinsk , situées sur l'Irtish et reliées par une magnifique chaussée, la Russie surveille les hordes kirghiz et maintient ses communications avec les nombreux postes cosaques échelonnés dans les steppes, sur les roules des caravanes.

Il y a peu de régions dont les caractères physiques

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wient aussi remarquables que ceux de la vaste conre qui sépare la Sibérie de l'Asie centrale, En même temps qu’elle possède un système hydrographique propre, elle est en partie située à un niveau inférieur icelui de l'océan. Cette dépression est la plus étendue qu'offre le globe terrestre, et les mesures barométriques de Hoffmann, Helmersen et Alexandre de Humboldt en ont déterminé les contours principaux. la nature singulière de cette région a pendant longkmps défendu l'indépendance des tribus qui l'habitent aussi bien qu'auraient pu le faire des chaînes de montagnes ou les escarpements de plateaux élevés. Les plaines basses et unies de la grande dépression asiatique sont parcourues par les hordes nomades des Kirghiz; le long des principales vallées qui aboutissent au lac Aral se sont groupées de petites sociétés solées et jalouses , Khiva, Bokhara, Kokand, Samarkand. La Russie a beaucoup de ménagements pour ls Kirghiz, qui sont ses voisins immédiats, et dont u grand nombre errent en nomades dans le gouvernement même d'Astrakan et sur le territoire de h Sibérie. Les autres vivent tantôt sur la frontière russe, tantôt sur la frontière chinoise; ils peuvent parcourir les steppes avec beaucoup de rapidité, en emmenant leurs tentes légères et leurs troupeaux. Toutes les fois que la Russie préparera une expédition contr: Khiva, Bokhara, ou les régions voisines de l'Asie centrale, elle sera obligée d’avoir les Kirghiz pour alliés; ils peuvent rendre d’immenses services pour protéger et conduire les convois, fournir les

DD EE qe AA mr

chameaux, nourrir l’armée. « Tout l'art de la guerre

en Orient, disait avec beaucoup de raison le prince Gortschakof au général de Gagern, qui rapporte ces paroles dans ses curieux Souvenirs de voyage en Russie, consiste à faire vivre son armée; le reste

n'est rien. Il faut avancer avec de faibles troupes et A

d'énormes caravanes. Tout ordre de marche doit

ressembler à l’escorte d’un convoi. » Dans toutes Jes | entreprises contre l'Asie centrale, les Kirghiz seraient !

donc d’indispensables auxiliaires : la Russie les traite

avec beaucoup d’habileté, évitant de blesser leurs | instincts indépendants, les attirant à ses marchés, à

les habituant par degrés au spectacle de la civilisation.

On estime environ à 2 600 000 le chiffre total des

Kirghiz; c'est sans doute là plus grande masse de À

peuples pasteurs qu'on puisse trouver sur le globe: pour contenir cette population turbulente et vouée au brigandage, la Russie est obligée d'entretenir un corps considérable de Cosaques. Cette milice est admirablement choisie pour servir d’intermédiaire entre la Russie et les nations demi- sauvages de l'Asie. Par ses mœurs et ses caractères, elle se rap- ‘ proche des hordes asiatiques, et les rattache graduellement à la civilisation par l'exemple de la discipline et des travaux agricoles. Partout où s'établit un poste cosaque, la terre est bientôt cultivée, les forts s’entourent de champs et de jardins, et il est rare que des tentes kirghizes ne viennent pas se grouper autour de ces villages rudimentaires. Dans

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ks steppes sibériens habités par les Kirghiz, il n’y wait en 1851 pas moins de 31 839 Cosaques enrégimentés.

Rien n’arrête l’extension de la puissance russe sur ks vastes plaines situées entre la mer Caspienne et k céleste empire. Plus à l’ouest, elle rencontre une barrière naturelle dans cette longue ceinture de montagnes qui s’étend sans discontinuité de l’ouest à l'est, depuis l’Aliai jusqu'à l'océan Pacifique. Les chaînes de l’Altaï, si célèbres par leurs gîtes aurifères, sont les Alpes de la Sibérie ; leurs pics les plus aigus félèvent jusque dans la région des neiges éternelles. Les plaines sibériennes situées sur le versant nord de l'Altai n’ont que 160 mètres d'altitude environ, et sabaissent par une pente insensible jusqu’à l'océan lrctique. Les plateaux de l'empire chinois, dont l'Altaïi forme en quelque sorte le contre-fort, sont au contraire très-élevés, et atteignent jusqu’à 1000 mètres d'altitude.

Depuis l’Irtish jusqu’au lac Baïkal, la frontière chinoise est fermée. D’après les traités conclus entre l céleste empire et la Russie, la seule route autorisée pour le commerce des deux nations est celle du he Baïkal; les transactions qui s’opèrent en d'autres points n’ont qu'un caractère tout à fait précaire. Sémipolatinsk, placé sur l’Irtish supérieur, est le centre principal de ce commerce accessoire; Biisk, situé sur l'Obi, a aussi avec la Mongolie quelques rapports de peu d'importance. Les transactions commerciales ne peuvent s'opérer dans cette région que par l’in-

termédiaire mème des soldats mongols, dont Jes À

postes sont établis sur les affluents de l'Obi. Il n'ya pas une roule véritable qui traverse l'Altaï propre. ment dit pour aier en Chine : on n'y arrive que par des chemins souvent presque impraticables; quelqu.

fois on est obligé de se frayer des sentiers à travers À

d’épaisses forêts. On verra combien sont difficiles les

communications entre la Sibérie et la Chine par quelques extraits d’une lettre que Castren écrivait | en 1847, après une expédition qu'il avait faite au

delà de l’Altaï.

« Je viens de terminer mon aventureux voyage de À

l’autre côté de la chaîne Sajan, dans l'empire céleste de sa majesté chinoise. Pendant un mois, j'ai été en

selle, presque chaque jour, du lever au coucher du à

soleil, et quand les journées du mois de juin danse Sajan me paraissaient trop courtes, je les allongeais souvent en profitant d’un beau clair de lune. J'ai par. couru des steppes déserts et sans limites, gravi des rochers, de hautes montagnes, traversé des fleuveset des marécages, de profondes forêts et des taillis. À l'exception de quelques Zaveries d’or, je n’ai rencontré aucune habitation humaine, et je me suis vu obligé, par la pluie et le soleil, le froid et le chaud, les orages et les ouragans, de reposer à la belle étoile ou sous une tente de toile. Ma nourriture a consisté, dans les jours les plus heureux, en lait de vache, de brebis ou de chèvre, quelquefois en racines d’herbes, mais d'ordinaire seulement en pain et en thé.

« C’est pour un fonctionnaire russe, une entrepris

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ris-dangereuse que de s’aventurer, sans permission apérieure , au delà de la frontière chinoise , et cette mrmission n’est accordée à personne, sauf à quelques savants voyageurs; mais il arrive souvent que elque- 4 15 chercheurs d’or russes rencontrent leurs voisins travers M cinois sur la frontière : je bâtis là-dessus mon proiles les ÆS jt nour parvenir chez les Sojotes. Je comptais me ne par 8 lonner pour un chercheur d’or qui, après voir longécrivait À emps erré dans la montagne, vient chercher un peu aite au 8 ie repos et demander l’hospitalité. Un darga (chef) M joie m2 reçut à bras ouverts et me demanda bien

yage de M ile des .:::velles du « khan blanc » (le tsar). Il m'in- : céleste D trrogea sur la condition du peuple, l’état des troui été en M paux en Russie, sur les pâturages, le temps, etc. Il cher du & ulut bien m’apprendre lui-même que le « grand dans'le D khan » ou sa majesté chinoise était toujours aussi ongeais DS muissant, en aussi bonne santé, que ses sujets étaient J'ai par- DS tranquilles et satisfaits ; les troupeaux avaient de quoi ravi des DS naître, l'herbe poussait , le soleil brillait. Pour tout euveset D dire en un mot, Dalaï-Lama était un dieu tout bon et aïllis. À D but parfait, Après des compliments réciproques, nous ncontré D irimes l’un après l’autre quelques bouffées de la obligé, D Dinc du darga, nous mîmes ensemble les doigts dans s orages Æ m1 tabatière, et nous devinmes en un instant si bons OU SOUS D anis, que le darga me donna une peau de chèvre, et danses D qu'à mon tour je lui fis cadeau de la tabatière. Tout rebis où DS «la se passait devant ma tente, peu de temps après ais d'ot- DS mon arrivée dans l'empire chinois. Le lendemain, je fs une visite au darga; mais notre amitié de la veille

itreprist M lait complétement oubliée. Le terrible homme me

menaça de me faire prisonnier, si je ne me hâtais de repasser la frontière. Qu’y avait-il à faire en pareille circonstance? Je priai le prince d’entrer sous ma tente, et lui donnai un morceau de maroquin rouge, en lui demandant la permission de rester dans l’empire céleste jusqu’à ce que mes gens et mes chevaux fussent reposés. J'avais déjà eu le temps de gagner quelques pauvres diables qui s'étaient mis à mon

service jour et nuit, et étaient prèts à me raconter!

tout ce que je désirais savoir. Mon travail terminé, je remontai en selle et repris de grand cœur le che- . min de la chaîne Sajan. »

Ce récit montre d’une façon assez piquante que les Chinois sont naturellement très-disposés à entrer en rapport avec les étrangers , mais qu’ils sont retenus par la crainte de violer les ordres inspirés par h soupçonneuse politique du céleste empire. La Russie

a jusqu'ici scrupuleusement respecté toutes ces cxi-

gences, et n’a jamais cherché à enfreindre les traités, malgré la timidité des populations mongoles qui habitent au sud des chaînes de l’Altaï. Cette modération sert ses intérêts : le commerce avec la Chine a pris un développement toujours croissant; il donne la vie à la Sibérie entière, pour laquelle il est une source de richesse plus durable et plus sûre que les mines d’or de l’Altai.

La ville d'Irkoutsk , capitale de la Sibérie occidentale, est bâtie sur l’Angara, rivière qui sort du lact va se jeter dans l'Iéniséi. L’entrepôt du commerce entre la Russie et la Chine est de l’autre côté du

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he, sur la rivière Selenga, dans un lieu nommé Kiachta. C’est là que les produits russes, cotonnades, draps, cuirs, métaux, etc., s'échangent contre le thé. Le dépôt chinois, situé à peu de distance de Kiachta, k l'autre côté de la frontière, se nomme Maimatdin. C’est une petite ville carrée, entourée de palis-

ludes et traversée par deux rues rectangulaires et

rès-étroites. Les maisons sont petites et en bois; dles n’ont que deux chambres, dont l’une sert de mgasin et l’autre de logement au marchand. Le wmmerce russe à Kiachta ne consiste qu’en échanges, tse fait sans monnaie d’or ou d'argent. Chaque imée, des conuuissaires russes et chinois déterminent la valeur relative des diverses marchandises. En1854, les importations et les exportations se sont levées à 23 millions, et les recettes de la douane de Kachta ont atteint le chiffre de 11 millions. Les droits d'entrée exorbitants, avec la longueur et la diffculté des transports, expliquent le prix élevé du thé en Russie. Les envois de Kiachta à Moscou et à Xini-Novgorod se font par terre et par eau. Le prenier mode de transport demande ordinairement une année. Par le second, sur l’Angara, l’Iéniséi, l’Obi, lrtish, il faut quelquefois, à cause de la courte durée des étés, jusqu’à trois ans pour que les marchanlies soient arrivées à leur destination en Russie. De Kiachta même à Irkoutsk , les transports se font génralement par eau ou sur la glace, le long de la Selnga ou sur le lac Baïkal; mais pendant deux mois

“lon ne peut suivre cette route, quand la glace est

encore trop peu épaisse. On pratique alors dans ]1li

neige une route qu’on affermit avec des branches, ct en y faisant piétiner des chevaux. A plusieurs re-

prises, on a essayé de construire une chaussée per.

manente autour du lac Baïkal : l’impératrice Cathe. rine en avait déjà fait exécuter une sur la chaîne de montagnes qui se nomme Chamar - Daban; mais cette vieille route est aujourd’hui presque impraticable. Un marchand russe, en 1850, en a fait con. struire une à ses propres frais. Depuis, les études et les projets se sont multipliés; cependant l’on n'est encore arrivé à aucune solution satisfaisante, et l'onk n’a pu réussir à vaincre les obstacles nombreux que présente la configuration des montagnes de cette ri. gion. On ne traversait jadis le lac Baïkal que sur de simples bateaux; récemment on a construit des bateaux à vapeur qui rendent de très-grands services comme remorqueurs.

Les marchands chinois rencontrent de leur côté de très-grands obstacles pour transporter au cœur du céleste empire les marchandises qu’ils achètent à Kiachta. Ils comparent, dans leurs discours, la région située entre cette ville et Péking au dos d’un chameat à deux bosses. Ils ont à traverser deux chaînes {ke montagnes élevées, et, dans l'intervalle qui les sépare, la plaine sablonneuse qui porte le nom de plateau de Gobi. On a souvent prétendu que le gouvernemett chinois avait choisi la route commerciale du Baïkil comme la plus longue et la plus incommode; mai cette accusation ne paraît pas fondée. Le chemin de

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&mipolatinsk à Péking, qu'on a quelquefois proposé d'y substituer, est hérissé d'obstacles, et traverse k désert du Gobi sur une longueur beaucoup plus rande que la route de Kiachta à Péking.

Toute la partie du gouvernement d’Irkoutsk qui est ituée entre le lac Baïkal et la Chine a été, en 1851, kigée en un district particulier sous le nom de Transhikalie. Cette province est destinée à prendre une rès-grande importance; c'est là que prennent naisance les rivières qui, en se réunissant, forment l'Amour, ce magnifique fleuve dont la Russie vient

l'annexer le bassin à ses possessions asiatiques. Les

frontières de la Transbaïkalie ne sont pas encore netment arrêtées. De nombreux colons sont aujourd'hui fixés dans les vallées de cette montagneuse région. En 1851, la population s’y élevait à 327 908 habitants; sur ce nombre, 183 971 sont dans le district de Wereshne-Udinsk, qui est sur la Selenga, entre lrkoutsk et Kiachta, et 144 310 dans le district de \ertschinsk, célèbre par la richesse de ses mines. L'Angara, qui sort du lac Baïkal, forme avec l'Iénisi, dans lequel il va se jeter, une vallée d’une immense longueur : d’Irkoutsk à l'embouchure du feuve , il y a plus de 5000 kilomètres. La pente moyenne des eaux sur cette immense étendue n’est que de 8 centimètre par kilomètre : aussi le cours en tst-1l assez lent. Pourtant l’on trouve sur l’Angara Plusieurs rapides dangereux dans des défilés où le leuve est encaissé entre des rives à pic très-rapprochées. Pendant l'été, on descend l'Iéniséi avec des

bateaux, tantôt en usant de rames, tantôt avec Ja voile, en profitant des vents favorables; au retour, on se fait traîner, suivant les latitudes, par des hommes, des chevaux ou des chiens.

À partir de l'Iéniséi, la plaine sibérienne cesse

d’être unie; elle s° couvre d’ondulations qui devien- à

nent de plus en plus marquées à mesure qu’on avance vers l’est. Le climat devient plus rigoureux, la culture du blé s’y arrête à des latitudes beaucoup plus

basses que dans la Sibérie occidentale : d’immenses: forêts s'étendent jusqu’au cercle polaire, et au delà 8

il n’y a plus que des déserts de mousse, entrecoupés de lacs et de marécages. Les vastes régions comprises entre les grands fleuves qui descendent, du sud au nord, vers la mer Arctique, sont entièrement abandonnées, dans la partie septentrionale de la Sibérie, à des tribus indigènes qui vivent de la pêche et de la chasse. Les Ostiaques habitent principalement entre les monts Ourals et l’Iéniséi, les TungousSes et les Samoyèdes occupent le gouvernement d’Iéniséisk ; enfin la partie la plus orientale du continent est abandonnée aux lakoutes. Les habitudes de ces nombreuses tribus, pour la plupart nomades, assurent leur entière indépendance; mais il est juste de dire que le gouvernement russe s’est toujours montré fort bienveillant envers ces maîtres primitifs de la contrée, ct n’a jamais donné l'exemple de ces actes de violence qui souillent l’histoire de tant de colonies. Les peuples sibériens non slaves sont divisés en trois classes La première comprend les tribus sédentaires : celles:

ii conservel du recruter bus les dro comprend l des points p pendant un ore plus co casse : comn idemi nom relèvent des Enfin dans la létement e:

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ÉTUDES SCIENTIFIQUES. 2h1

ü conservent leurs lois, leur religion, sont exemptes du recrutement militaire, et jouissent pourtant de bus les droits de citoyens russes. La seconde classe wmprend les tribus nomades, mais qui se fixent sur des points particuliers du territoire pour y demeurer pendant un temps limité; leur indépendance est enwre plus complète que celle des tribus de la première dasse : comme les populations sédentaires, ces tribus idemi nomades payent un tribut de fourrures et ne relèvent des tribunaux russes qu’en cas de meurtre. Enfin dans la dernière classe rentrent les tribus comdétement errantes, qui ne se fixent nulle part et renvoient qu'irrégulièrement le tribut.

On comprendra mieux à quel genre de dépendance « soumettent les indigènes par un récit que j'emprunte encore au curieux ouvrage de M. Castren. Le voyageur vient d'arriver à Turuchansk, la ville la plus septentrionale de l’Téniséi; plusieurs tribus viennent chaque année y payer l'impôt. « On voyait, diti,sur la place du marché des processions d’Ostiaques de l’Iéniséi et de Samoyèdes avec leurs costumes varés. Aucune de ces troupes n'oublie de nous honorer l'une visite et de nous interroger sur la santé de sa majesté impériale. On veut savoir si les impôts de l'année précédente sont bien arrivés entre ses mains, et si elle s’en est montrée satisfaite. Les chefs, auxquels on a décerné des caftans rouges et des médilles, présentent leurs remercîments et promettent derendre à l’occasion avec fidélité tousles services que l'on peut attendre d’eux. « Mais, » ajoute un chef ostia-

que, « si le tsar n’est pas content de moi, tu le salueras e de ma part, tu lui diras de ne pas m’ôter mon rang, « et de me faire connaître ses griefs, sur quoi je m'em- « presserai de transmettre à l'instant le commandement «à un plus digne. » Ce discours n’exprimait nullement

sa pensée véritable : il croyait en effet être en faveur &

toute particulière auprès de sa majesté, parce qu'il

lui envoyait tous les ans, avec le tribut, un renard @

noir. Le même chef m’adressa ensuite plusieurs ques-

tions relativement à mes fonctions, et dès que mer!

réponses vagues lui eurent fait comprendre que je n'étais pas le troisième, non pas même le cinquième personnage après l’empereur, il prétendit me faire sentir sa supériorité, et me demanda de lui embrasser la main : il voulut bien néanmoins, après quelque temps, se contenter de me faire vider un verre à sa santé. »

La tolérance et la politique conciliante du gouvernemen. russe ont facilité le rapprochement entre les Européens et les indigènes ; elles ont fini par vaincre dans presque toute la Sibérie la répugnance native que la civilisation inspire en tout temps et en tout pays aux populations sauvages et nomades. En beaucoup de points, les indigènes ont déjà perdu leurs mœurs et jusqu'à leur langue primitive ; ils ont consenti à se laisser baptiser. Le christianisme n’a pourtant guère à se glorifier de ces victoires, car, aux yeux de ces peuplades, être chrétien ne signifie guère autre chose qu'être Russe, et elles considèrent le baptème comme le premier acte de sujétion politique.

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des affluents déserts des fleuves sibériens ou dans les astes forêts où ils prennent leur source. Ce qui est jus singulier, c’est qu’en certains points de la Sibérie la civilisation ait elle-même abdiqué volontairement, et que les Russes aient par degrés échangé kur propre langue contre celle des tribus parmi lesquelles ils habitent. On cite un village, fondé par dre de l’impératrice Catherine, sur un affluent de h Léna, où personne ne comprend plus la langue russe. Ce fait s’explique quand on connaît la singuère fa ilité avec laquelle la race slave s’adapte aux mœurs et aux habitudes les plus diverses. Cette race n'en est que plus propre, en définitive, à entrer en contact avec les peuples asiatiques, et elle y fera peuttre plus facilement qu'aucune autre pénétrer les notions premières de la civilisation.

Quelle impression générale doit résulter de ce tabeau rapide des frontières et des possessions sibérennes ? La nature elle-même en repousse les habihnts vers les latitudes les plus méridionales; pourtant h frontière sibérienne, sur son immense longueur, ne s'ouvre au sud qu’en deux points seulement : d’une part sur les grandes plaines de la Tartarie indépendante, de l’autre en Transbaïkalie, dans les vallées où prennent naissance les affluents de l'Amour. Des entreprises que tente la Russie dans ces deux directions dépend l'avenir de la Sibérie. L'influence russe

s'étend chaque jour dans la Tartarie indépendante, Je me propose de faire connaître ici les prin. cipaux résultats des tentatives qu’à l’autre extrémité du continent asiatique la Russie a récemment dirigées dans la vallée de l'Amour. Si les premières commen. cent à lui ouvrir ces régions célèbres de l'Asie centrale où de tout temps se sont jouées les destinées de l'Asie, les secondes lui donnent accès dans des régions neuves où elle ne semble avoir aucune lutte à redouter, ouvrent à son commerce des routes nouvelles. et assurent sa future influence dans les eaux de ce vaste océan Pacifique, où toutes les grandes nations cherchent aujourd’hui à développer leurs établissements ou à en fondér.

L'Amour est le seul fleuve de l’Asie septentrionale qui ne descende point vers la mer Arctique; son cours trace un arc immense qui, partant des montagnes situées à l’ouest du lac Baïkal, s’infléchit vers le sud jusqu'au dessous du 48° degré de latitude : plus loin, il remonte vers le nord jusqu’à l'embouchure, située à la même latitude à peu près que la source. Il y a longtemps que ce magnifique cours d’eau avait attiré l'attention des conquérants de la Sibérie; nous trouvons les renseignements les plus complets sur leurs anciennes expéditions dans un intéressant mcmoire de M. Sverbejef, qui prit part à la première expédition du général Mouravief, et eut l’occasion de faire de curieuses recherches dans les archives sibiriennes. Les Cosaques de Tomsk, quand ils arrivtrent pour la première fois dans la Transbaïkalit,

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vers le e : plus uchure,

arrivèaïkalie,

ers 1636, reçurent des Tungouses les premiers rensignements relatifs à l'Amour, et principalement sur h Schilka, qui est l’une de ses sources, et la Zéja, l'un des affluents les plus importants qu'on rencontre en descendant le fleuve. Vers la même époque, les (osaques d’Iéniséisk obtenaient quelques données nagues sur l'Amour supérieur et la géographie de la hourie. Pour les compléter, le premier palatir, d'Iakoutsk, Pierre Golovine, envoya une expédition dans h Daourie. Poyarkof, à qui il confia cette mission, mrtit en 1683, et remonta avec cent trente Cosaque: l'Aldan, un des affluents de la Léna ; il pénétra däns ks montagnes qui séparent le système hydrographique de l'Amour des eaux de la Sibérie septentriomle, et arriva dans la vallée de la Brianda, petite rivière qui apparticuit au bassin du grand fleuve de h Daourie et de la Mantchourie. Il s’y établit, pour quelque temps, au milieu de peuplades inoffensives qil trouva livrées aux travaux de l’agriculture, et ar lesquelles il put aisément prélever :'impôt des hurrures. Poyarkof entendit parler d’une place fortfiée, située en Daourie, sur la Selimja : cette rivière rest autre que la partie supérieure de l’affluent de l'Amour qui, à son embouchure dans le fleuve, porte k nom de Zéja. Il envoya cinquante Cosaques pour en faire la reconnaissance ; mais les Daouriens les obligèrent à se retirer.

En 1644, Poyarkof suivit lui- même la Zéja jusqu’à l'Amour, descendit ce fleuve, en reconnut les affluents, parvint jusqu’à l'embouchure. Il passa l’hiver chez

les Giljakes, qui lui donnèrent en tribut une grande

quantité de zibelines. Au printemps, il s’embarqua | | sur la mer d’Okhotsk, et revint par terre à Iakoutsk, & en traversant le nord de la Sibérie. Toutes les peu- M plades qu’il avait rencontrées dans ce long et aventu- & reux voyage étaient de mœurs si douces et avaient si

facilement consenti à payer l'impôt, qu’à son retour

Poyarkof déclara hardiment qu'avec trois cents M hommes on pourrait faire la conquête définitive de M la vallée entière de l'Amour. Cette confiance se con- #

çoit parce qu’il n’avait jamais rencontré les Mantchôüx, qui n’avaient alors aucun poste sur le fleuve,

et dont il ne connaissait ni le nombre ni les moyens!

de résistance.

En 1649, le palatin Transbekof permit à Poyarkof ;

de faire une nouvelle expédition. Il enrôla soixante-

dix hommes et se dirigea vers l'Amour pour sou- #

mettre les Daouriens à l'impôt. Les indigènes prirent la fuite à la nouvelle de son approche et abandonnèrent leurs sillages, dont quelques - uns étaient pourtant entourés de palissades et de fossés. En-

couragé dans son entreprise, Poyarkof alla chercher

de nouvelles recrues; mais il ne retourna päs luimême en Daourie : un chef nouveau, nommé Khabarof, se dirigea l’année suivante avec un corps russe vers l'Amour supérieur. A l'entrée de la. vallée de l'Émuri, où plus tard les Cosaques fondèrent leur établissement principal, Khabarof trouva trois petites villes , dont chacune était gouvernée par un chef indépendant. Les indigènes essayèrent de se défendre;

ks premiers Khabarof p nombre des Les incursio rent dès 1 mière expéd avait point :

de la part de quète, ils s premiers St l'Amour et fleuve, à Atcl par une art composée de batterie con heureuse sc repousser le remonter le bérie. Arriv l'Amour suf koutsk pou Il les avait

exagérés s

naient, dan possible : Je là Sibérie, e nommait qu'il traver une grande Zinovief fu

rande #4 es premiers coups de feu abattirent leur courage. ar qua Khabarof prit d'assaut leurs villes, tua un grand butsk, 8 nombre des habitants et fit beaucoup de prisonniers. S peu- Les incursions et le succès des Cosaques commenentu- PM crent dès lors à inquiéter les Mantchoux. La preient si M mière expédition toute pacifique de Poyarkof ne les etour PM avait point alarmés; mais dès qu’ils soupçonnèrent cents ÆÆ de la part des Cosaques de véritables projets de conive de M quête, ils s’apprêtèrent à leur résister. Après ses econ- A premiers succès en Daourie, Khabarof descendit Mant- l'Amour et alu hiverner sur la partie inférieure du euve, D fleuve, à Atchan, où il se fortifia. Il fut bientôt attaqué Oÿens M par une armée de 2,000 hommes, principalement composée de Mantchoux : huit canons furent mis en yarkoiSS latterice contre la forteresse cosaque; mais dans une xante- heureuse sortie Khabarof s’en empara et réussit à W SOu- SE repousser les Chinois. {1 jugea prudent néanmoins de prirent remonter le fleuve, afin de se rapprocher de la Sindon-Æ béric. Arrivé sur la Kamara, un des affluents de étaient à l'Amour supérieur, il envoya des messagers à Ias. En-Æ Loutsk pour demander un secours de 600 hommes. ercher Il les avait chargés de répandre les bruits les plus

às lui- D cxagérés sur la richesse des contrées d’où ils ve- 6 Kha- naient, dans l'espoir d’y attirer le plus d'hommes

sruseR possible : la renommée de l'Amour remplit bientôt lée de h Sibérie, et toute la population voulait y courir; on it leur nommait l'Amour la « source de richesse, » le pays petits qu'il traverse « Chanaan. » À Moscou, l’on projeta hefin-R une grande expédition en Mantchourie; Démétrius endre: RW Zinovief fut envoyé avec 150 hommes auprès de

Khabarof, avec mission de discipliner les Cosaques de l'Amour et de tout préparer pour l'arrivée pro- M chaine d’une armée de 3,000 hommes. Zinovief eut PR quelque peine à vaincre les habitudes de brigandage ! des Cosaques et à les astreindre aux travaux de l'a. 8 griculture. Il revint avec Khabarof à Moscou, après avoir choisi son successeur, Stepanof. Celui-ci alla #

réunir de grandes provisions de blé sur le Sungari &

dans l'attente d’une armée russe ; il remonta ce ma-

gnifique confluent de l’Amour à une certaine hauteur, & mais rencontra bientôt une nombreuse armée chi- À noise qui le battit et le força à la retraite. Obligé de | revenir vers l'Amour supérieur, il s'arrêta à l’entrée #

de la vallée Kamara, et construisit une fortification qu’il nomma Kamarsk. En 1655, une armée chinoise de 10000 hommes vint l’attaquer avec quinze canons: l'assaut fut repoussé, et les Chinois furent mis en déroute. À la même époque, un autre chef, Pachkof, était entré dans le bassin supérieur de l'Amour par une route nouvelle ; il avait traversé le lac Baïkal, suivi la Selenga, et était arrivé par les montagnes jusque sur la Schilka. Il fonda, en 1658, dans cette partie de la Transbaïkalie, Nertchinsk, depuis si cé

lèbre comme lieu de transportation et centre d'un |

riche district métallurgique. Pachkof se mit bientôt en communication avec Stepanof, et lui demanda un secours de 100 hommes. À ce moment même, ce dernier était retourné sur le Sungari pour tirer vengeance de sa première défaite; maisil fut de nouveau battu, ses Cosaques se débandèrent et furent faits

prisonniers, :

kof,

Ce désastre apéditions 1 Polonais, nor lrevenait d” fuit avec ses « il'entrée de knom d’Alb h Sibérie, es de la Schilka donnent nai nouvel établis peu à peu de ment, le seiï hmilles de p br, et Tche de son heure bientôt des « ces empiéten nement chin ls Russes de khi fortifia g clement les avaient fatigr tous les ava l'armée chin était forte de k petite garr hommes ma

aques 1 > pro- à

ef eut ndage À le l'a. 4 après à ci alla $ angari à e Ma utcur, à e chi- À ligé de À entrée cation inoise An ons:

nis en chkof, ur par jaïkal, tagnes s celte S si CÉe d'un | bientôt

DUvEAU t faits

misonniers, 17 seulement parvinrent à joindre Pachkof.

Ce désastre mit pour quelque temps un terme aux xpéditions russes du côté de l'Amour. En 1654, un Polonais, nommé Tchernigowski, tua, au moment où revenait d’une foire, le palatin Obouchof, et s’enhit avec ses complices du côté de l'Amour; il s’arrêta il'entrée de l’'Émuri, dans un lieu inhabité, qui prit knom d’Albasin. Ce lieu, célèbre dans l’histoire de h Sibérie, est situé à quelque distance du confluent de la Schilka et de l’Argun, qui, en se réunissant, donnent naissance à l'Amour proprement dit. Le nouvel établissement prospéra ; la forteresse s'entoura peu à peu de villages; on cultiva avec succès le froment, le seigle, l’avoine, le chanvre; de nouvelles hmilles de paysans venaient chaque année s’y étahr, et Tchernigowski reçut sa grâce en récompense de son heureuse tentative de colonisation. On éleva bientôt des avant-postes sur l'Amour et la Zéja, et ces empiétements nouveaux déterminèrent 1: gouvernement chinois à tenter un effort décisif pour chasser ks Russes de la vallée de l’Amour. L'empereur Kangkhi fortifia graduellement la Mantchourie, soumit falement les tribus tungouses, dont les Cosaques waient fatigué la longanimité. Après avoir détruit bus les avant-postes cosaques, brûlé leurs villages, l'armée chinoise mit le siége devant Albasin; elle tait forte de 15,000 hommes et avait quinze canons : k petite garnison cosaque, qui ne comptait que 450 hommes mal armés et dépourvus. de munitions, fut

réduite à se rendre, et Albasin fut rasé. Les prison-M uiere furent emmenés à Péking : leurs descendants yh habitent encore, et, quoique devenus entièrement®: chinois, sont demeurés fidèles à leur religion ; c'esth

même grâce à cette circonstance que la Russie a ob.

tenu le privilège exclusif d’avoir une mission à Pe. M king : le gouvernement chinois exige seulement quel le personnel en soit renouvelé entièrement tous les

dix ans.

Le fort d’Albasin fut bientôt reconstruit, et cet éta.f blissement n’aurait sans doute pas tardé à reconqué-#

rir son ancienne importance, si la destruction com-!

plète du fort n’eût été stipulée par le traité qui futh

signé, en 1689, à Nertchinsk, entre le ministre chinois

et le prince Golovine. Ce traité marque le début des

relations diplomatiques entre le céleste empire et Russie. .Golovine trouva les ambassadeurs chinois, assistés de deux jésuites habiles, Gerbillon et Pereira, à la tête d’une armée de 10,000 hommes. Craignant d'engager la guerre et de mettre en danger les colonies naissantes du lac Baïkal, il consentit à abandonner à la Chine toute la vallée de l'Amour. D’après la lettre du traité, une rivière nommée Gorbitza devait, sur toute sa longueur, servir de frontière; aujourd’hui, en y regardant de plus près, les géographesf sibériens ont découvert qu'il y a deux Gorbitza : l'une qui se jette dans la Schilka, une des sources ut l'Amour, et l’autre dans l'Amour même. La pre. mière avait longtemps servi de limite, mais en arguant d’une erreur on à pu récemment reculer là

rontière jusq ts. Il est cer ignés, On n’:

rographie d Moavjourd'h Mic imparfai ière, suivant tracée par le:

de partage en celles qui, à tete ligne d tté de la me ible d'y trou

C'est à une imparfaitemei de Nertchinsk amées 18k4 € ks frontières de ce côté tou qu'on s'était h à la Russie, i Airibut à la CI chinoise il en ihRussie; q envoient le t habitent les néralement so lungouses, qu lucux, se reg russe, aussi b

rison- iontière jusqu’à la seconde sans enfreindre les traiants y ts. Il est certain qu'à l'époque où ces traités furent ementBignés, on n'avait que de grossières notions sur la 3 C'est iographie de cette partie de la Sibérie orientale, et a ob-M w'aujourd'hui même on ne la connaît encore que à pc- 0 den imparfaitement. Au-delà de la Gorbitza, la fronnt que Pire, suivant ces anciennes conventions, devait être ous les racée par les monts Stanovoï, qui forment le point

MM de partage entre les eaux qui coulent vers le nord et et éta-MS cles qui, au sud, vont descendre dans l’Amour. nqué- M (ete ligne de faîte s’abaisse en réalité tellement du 1: com-W té de la mer d’Okhotsk, qu’il est à peu près impos-

qui futé ble d’y trouver une limite naturelle, hinois C'est à une époque toute récente que la région, sut des imparfaitement connue lors de la conclusion du traité

de Nertchinsk, à été de nouveau visitée. Pendant les nées 1844 et 1845, M. de Middendorf s’assura que ks frontières entre la Sibérie et la Mantchourie sont Lignant M de ce côté tout à fait incertaines. Dans les territoires >s COlo-W q'on s'était habitué à considérer comme appartenant

aban-D à la Russie, il rencontra des peuplades qui payent D’après tribut à la Chine, et dans la région qu'on supposait itza de-W chinoise il en trouva d’autres qui se croient soumises re; a-MihRussie; quelques-unes même, de crainte d'erreur, sraphes@ envoient le tribut des deux côtés. Les peuples qui

: l'une habitent les vallées et vivent de la pêche restent gérces ué@ntralement soumis à la Chine, tandis que les tribus a pre tungouses, qui errent dans les districts élevés et monhais en lueux, se regardent comme tributaires de la Sibérie culer Russe, aussi bien sur le versant méridional que sur

e etla hinois, ereira,

252 ÉTUDES SCIENTIFIQUES, le versant septentrional des monts Stanovoi ei de:

chaînes qui leur font suite. Comme les rivières en- M

trent dans les montagnes et les traversent, il en ré. sulte que les tributaires des deux nations se trouvent en quelque sorte mêlés.

Quandle traité de Nertchinsk assignait comme limite la chaîne Stanovoi, les géographes chinois, suivant M. de Middendorf, ne prétendaient pas la placer au point de partage des eaux qui vont les unes vers le

nord, les autres vers le sud, mais sur le bord méri.|

dional de la grande région plus ou moins montueuse que traversent sur une grande longueur les affluents de l’Amour. Cette interprétation faisait rentrer dans le Comaine de la Russie une région trèsétendue qu'auparavant elle n’embrassait pas dans ses possessions. M. de Middendorf suivit lui-même ces limites nouvelles, traversa les affluents de l'Amour au sortir des montagnes, et trouva plusieurs monticules que les Chinois avaient élevés pour marquer leurs frontières. Il fit connaissance dans ce voyage avec quelques tribus qui depuis cent soixante ans envoyaient à Iakoutsk un tribut de fourrures qu'on avait toujours reçu sans en connaître exactement l'origine. M. de Middendorf put s'assurer aussi que, dans les vallées presque inhabitées des affluents de a rive gauche de l'Amour, la domination chinoise est devenue extrêmement précaire.

On se contentait ainsi au début de reculer la frontière sibérienne, en interprétant les anciens traités de la manière la plus favorable; mais des circon-

ances nouv des empiéten En 1854, per qu'une ‘escad tablissemen jgea nécess arnison de

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la fron- ; traités Circon-

ances nouvelles vinrent bientôt précipiter le cours des empiétements de la Russie dans la Mantchourie. En 1854, pendant la guerre d'Orient, sur la nouvelle qp'une escadre anglo-française devait aller visiter les tablissements du Kamtchatka, le gouvernement russe jgea nécessaire d'envoyer des renforts à la faible marnison de Petropavlosk. Une expédition fut orgaisée par le général Mouravief, gouverneur de la Sibérie orientale ; elle prit, pour aller au Kamtchatka, k chemin de l'Amour, et recueillit les premiers renwignements sur ces régions jusqu'alors entièrement nconnues. Le lieutenant Popof dessina, dans cette npide reconnaissance, une carte générale de l'Amour. te premier voyage révéla au général Mouravief l’imprtance de ce fleuve magnifique : il comprit que la possession des régions qu'il traversait assurerait un “enir nouveau aux colonies de la Sibérie. Il desendit depuis l'Amour à trois reprises différentes, t y réunit de nombreux et précieux documents sur Ja géographie de la Mantchourie, sur ses ressurces, sur les mœurs et le caractère des tribus qui l’habitent. De son côté, l'amiral Poutiatine, chargé d’aller négocier de nouveaux traités avec le hpon, mit à profit son séjour dans les parages de la mer d'Okhotsk pour remonter l’Amour depuis l’embouchure jusqu’au fort cosaque Ust-Strelotschnaja, pacé au confluent de l’Argun et de le Schilka. Il n’alait à son service am’un mauvais bateau à hélice, le Nadeschda, qui employa soixante-seize jours à parturir cette distance. Aujourd'hui l’on voyage beau-

254 ÉTUDES SCIENTIFIQUES, coup plus rapidement sur l'Amour. Dès 1857, la Léna

a fait ce voyage en trente jours, en 1858, on compteh

déjà six bateaux à vapeur sur l'Amour, et on le re-

monte en vingt jours de Nicolaïef à la Transbaïkalie. k

Pendant le voyage de l'amiral Poutiatine, M. Petchu-

rof a fait de nombreuses observations astronomiques,

et a pu tracer ainsi une carte rectifiée du fleuve, dont l'exactitude ne laisse plus rien à désirer. Depuis, M. Rochkof a complété le travail de M. Petchurof par des déterminations astronomiques faites en divers points voisins de l'embouchure du fleuve. La géolo-

gie et la flore de l'Amour ont été l’objet d’études spé-

ciales de M. Permikin, qui prit part à la première expédition de 1854, et depuis de MM. Maak, Maximovich et Ruprecht. L’ethnographie n’a pas été négligée dans ces diverses expéditions, et nous sommes en pos*ession de précieux détails sur les tribus de la vallée de l'Amour comme sur les établissements que les Mantchoux y conservent encore.

L'Amour dessine un arc immense depuis la Transbaïkalie, où ce fleuve prend sa source, jusqu'à h

Manche de Tartarie. Ses principaux affluents sontk

sur la rive gauche, la Zéja et la Burija, dont les vallées sont à peu près désertes, et qui sortent des chaines montueuses placées sur le prolongement des mont Slanovoï. Sur la rive droite, dans la région où l’Amou atteint la latitudela plus méridionale, ila pour affluet le Sungari. A vrai dire, il est difficile de décider le quel de l'Amour ou du Sungari mérite le mieux le titre de fleuve : le Sungari amène toutes les eaux de

h Mantchou portant, par se réunissan dévié vers 1 bujours cou

On pourr:

portion qu f mari et se dit h partie du qu'à l'emboi près la mêm parties admi:

partir du poi ltraverse ur côtés du fleu:

htérales qui magnifiques.

l'entrée de l’ au fleuve A

l'Amour, à

Kamara. Ces ne sont hab au delà de ] Zéja un pays

h Mantchourie méridionale, et paraît être plus important, parce qu'il garde sa direction première en se réunissant à l’Amour, tandis que celui-ci se trouve dévié vers le nord, après avoir, depuis sa source, bujours coulé du côté du sud.

On pourrait appeler Amour supérieur toute cette portion du fleuve qui précède le confluent du Sunmari et se dirige du nord au sud, et Amour inférieur h partie du fleuve qui s'étend depuis ce point jusqu'à l'embouchure. Ces deux branches ont à peu près la même longueur. L'Amour supérieur offre des mrties admirablement adaptées à la colonisation. A mrtir du point où il commence à porter son nom, traverse une région très-montueuse, mais des deux côtés du fleuve s’ouvrent un grand nombre de vallées htérales qui offrenc de fertiles pâturages et des forêts magnifiques. L'ancienne ville d’Albasin était située à l'entrée de l’'Émuri, qui sans doute a donné son nom au fleuve Amour, et les émigrants sibériens se sont hâtés d’y former un établissement. Toute la région de l'Amour qui confine à la Transbaïkalie se colonise rapidement; déjà 20000 Sibériens s’y sont portés, et chaque jour ce nombre va croissant.

En descendant le fleuve, on rencontre les premiers postes des Mantchoux, qui surveillent les tribus de l'Amour, à l’entrée d’une belle vallée formée par la Kamara. Ces postes consistent en quelques huttes et ne sont habités que pendant une partie de l’année; au delà de Ja Kamara! le fleuve traverse jusqu’à la Zéja un pays montueux couvert d'épaisses forêts et

presque désert ; la vallée s’élargit, au sortir des mon-

tagnes, en immenses plaines où l’on n’aperçoit plus 8 de forêts. Au confluent de l'Amour et de la Zéja est À

une jille chinoise du nom d’Aigunt.Un grand nombre de villages entourés de jardins et de champs sont

groupés dans celte partie de la vallée. Nous emprun- & terons à un intéressant récit de M. Sverbejef la des- #

cription de ces établissements chinois. M. Sverbejef avait été envoyé en avant de la flotille russe, avec ur interprète et une petite troupe, pour transmettre une dépêche au gouverneur de la ville chinoise. On descendit dans le premier village pour chercher un messager : les Chinois effrayés se prosternaient devant les Russes. Bientôt, rassurés par leurs protestations pacifiques, ils les invitèrent à entrer dans leurs cahanes, leur offrirent des pipes et du tabac. Les maisons ne contiennent qu’une seule chambre : quatre murs, bâtis avec des briques non cuites et de l'argile, supportent la charpente du toit, recouvert en chaume, Les fenêtres sont grandes et fermées avec du papier. Le long des murailles court un long poële, sorte de tuyau quadrangulaire, chauffé avec du bois et des roseaux, qui sert de siége pendant le jour et de lit pendant la nuit. Une table est toujours prête pour le thé; à côté est une grande chaufferette où l’on fait bouillir l’eau et où l’on allume les pipes, qu'hommes, femmes et enfants ont continuellement à la bouche. Les Mantchoux cultivent eux-mêmes ce tabac, qui est très-fin, ressemble beaucoup au tabac japonais, et, comme celui-ci, est d’un goût faible, mais très

agréable. Le maison est et Russes attenc wrneur. Enf kbourmas ble:

monté de bot ks chercher débarquer da tlle. chinoise de jonques e Mantchoux n:

sur les bords lier d'homme de toutes cov quelques-uns arcs et des c:

escorte, se di gouverneur.

s'étend le lon longueur. Les dées de haies

le une 1 des- | Meslevant ations cabaaisons murs, >, SUDaume, papier.

rte de et des , de Ii pour le ’on fait mes, ouche, ac, qui ponais, is très

agréable. Les villages n’ont point de rues; chaque maison est entourée de jardins très-bien cultivés. Les Russes attendirent quelque temps la réponse du gourneur. Enfin deux employés chinois, habillés de tourmas bleus et la tête couverte d’un bonnet surmonté de boules qui indiquaient leur rang, vinrent ks chercher pour les conduire à Aïgunt. On les fit débarquer dans le port, où se trouvait réunie la floile. chinoise de l'Amour, composée d’une trentaine de jonques environ. La garnison de la ville, que les Mantchoux nomment Sachaljan-Ula, était assemblée sur les bords du fleuve : elle se composait d’un millier d'hommes couverts de kourmas en lambeaux et de toutes couleurs, armés de bâtons ou de piques, quelques-uns de fusils. D’autres portaient de grands arcs et des carquois. Une foule immense se pressait autour des soldats, et les enfants entraient même dans les rangs. Quand la confusion était au comble, ls Mantchoux rétablissaient l’ordre à grands coups de bâton, spectacle pénible et risible à la fois. Une batterie défend l’accès du port, si l'on peut donner ce nom à dix affüts couverts de grandes housses rouges, sous lesquelles M. Sverbejef soupçonne fortement qu'on n’aurait point trouvé de canons.

Les Russes, précédés et suivis d’une nombreuse escorte, se dirigèrent vers la forteresse, où résidait le gouverneur. La ville est entièrement bâtie en bois, elle s'étend le long du fleuve sur 4 kilomètres environ de longueur. Les maisons sont entourées de cours, bordées de haies; un grand nombre de tourelles, ornées

de grosses boules, de drapeaux et de figures sculptées, donnent à l’ensemble de la cité chinoise un aspect

des plus bizarres, Les Russes regardaient avec une 8

grande curiosité les femmes chinoises, parce qu'ils n’en avaient jamais vu jusque-là; le séjour de Maimatchin, comme de toutes les villes limitrophes de la Sibérie, leur est en effet complétement interdit, Les femmes mantchoues ne ressemblent en rien à celles des Tungouses, des Buriates et des Ostiaques, Elles sont beaucoup plus jolies; quelques-unes pourraient affronter la critique européenne la plus exigeante : elles portent une robe bleue à manches larges, et leurs cheveux sont relevés à la chinoise. Les Russes remarquèrent avec surprise qu'elles avaient toutes la tête coquettement ornée de fleurs rouges et roses, bien que la matinée fût très-peu avancée, Ils ne purent savoir si les fleurs étaient leur coiffure habituelle, ou si elles avaient voulu se parer pour recevoir les étrangers.

À l'entrée de la forteresse, grand carré entouré d’une palissade, commencèrent les cérémonies inséparables de toute réception officielle dans le céleste empire. Il fallut traverser quatre coùrs d'honneur avant d'arriver au tribunal où se tenait le gouverneur, Dans la première cour, les Russes furent obligés de déposer leurs sabres; dans la dernière cour, il fallut se préparer à saluer convenablement le gouverneur. Pendant ce temps, on pouvait admirer les instruments de torture dont l'enceinte était remplie. Le gouverneur attendait les Russes sur une haute estrade; il

fait assis de in encrier € igure très-fir june ; sa cal lois queues ( de dignité au un vieillard ks signes d’u aux qui fu lrin ne part in route ave avec toute sa qui le reçut « gnifia son in l'Amour.

Au delà d’A ine longueur qui l’entreco allée comme suite les eaux la vallée de

ées, ispect C une qu'ils

Maies de lerdit,

avaient 1ges el ée, Ils oiffure r pour

ntouré S insécéleste onneur >rneur, igés de il fallut erneur, uments "OU VETrade: il

fait assis devant une table qui portait des plumes, n encrier et les sceaux. C'était un homme d'une fgure très-fine et très-intelligente, vêtu d'un kourma june ; sa calotte était ornée d’une boule bleue et de lois queues de zibeline. Il répondait avec beaucoup le dignité au discours de l'interprète russe, quand n vieillard entra en courant el annonça, avec tous ks signes d’une grande épouvante, l'arrivée de baaux qui fumaient et empestaient le fleuve. Le manlrin ne parut point partager sa frayeur, mais se mit n route avec les Russes vers le port, et alla faire, iec toute sa suite, une visite au général Mouravief, qui le reçut avec les plus grands honneurs, et lui sigifia son intention d'aller jusqu’à l'embouchure de l'Amour.

Au delà d’Aigunt, l'Amour parcourt en serpentant me longueur de 200 kilomètres ; les nombreuses îles qui l’entrecoupent forment dans cette partie de la allée comme un long archipel. Le fleuve reçoit ensüite les eaux d’un affluent important, nommé Burija. la vallée de cette grande rivière est peu fréquentée, et l'on ne put obtenir que très-peu de renseignements sur son cours. Pourtant, par sa position vers k milieu du bassin de l’Amour et dans une région très-accessible et très-favorable à la colonisation, la Burija mérite d’être signalée, et M. Petchurof ne craint pas d'affirmer qu’un des premiers et des plus importants centres de colonisation s’établira au con- Îuent de cette rivière. Au-dessous de ce point, l’'Amour s'enfonce de nouveau dans les montagnes, et

traverse, entre des aefilés très-pittoresques, une chaine assez élevée. Dans cette région sauvage et inhabitée, : le fleuve se précipite avec une vitesse de cinq nœuds à l'heure. Il se ralentit bientôt en entrant dans de M nouvelles plaines; il y parcourt les bras d’un long % archipel qui s'étend jusqu'à l'embouchure du Sun. #4 gari, cet immense affluent qui descend de la Mant- M chourie méridionale. La vallée du Sungari est 1 M partie la plus peuplée de toute la province : la ferti- Mi lité de ses bords, le cours lent et sûr du fleuve y ont à attiré un grand nombre d'habitants; Giren-Choten, #

ville située sur le Sungari, est trois fois plus consi-

dérable qu’Aigunt : c’est là que se trouvent les chan- M tiers où l’on construit tous les bateaux qui naviguent À

sur l'Amour.

C’est au confluent du Sungari que commence l'A. À mour inférieur : jusqu’à ce point, ce fleuve pénétrait |

dans des contrées de plus en plus méridionales et par conséquent plus fertiles. Au delà, il remonte graduel-

lement vers le nord. Jusqu'à l’Ussuri, confluent qui |

sort encore de la Mantchourie méridionale, la vallée, quoique à peine habitée, présente les indices d’une

très-grande fertilité; elle est bordée de beaux pâturages, à

etnulle part le fleuve n’est plus poissonneux. La vallée de l’Ussuri a été décrite par un missionnaire français, le père de La Brunière, coadjuteur du vicaire aposto-

lique de la Mantchourie. Il y passa tout un hiver à |

prêcher l'Évangile aux familles tungouses qui l’occupent. La population y est très-clair semée : elle ne dépasse point 800 âmes; sur ce nombre, on compte

900 Chinois mais dont I:

chez les Tu pour OCCUp chasse, la re sans doute d en Chine. Ui à aussi parc et dans son :

de Saint-Pét

1 de plaines tr

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Au delà de sur les belle tribus à dem gent leur ter mœurs sont qui firent p

nique avec

200 Chinois, dont quelques-uns font le commerce, mais dont la plupart sont venus chercher un asile chez les Tungouses. Les habitants de la vallée ont

d pour occupation principale, après la pêche et la DA chasse, la recherche d’une racine très-rare, qui jouit Sun- D sans doute de propriétés médicinales, et qui s’envoie Mant- % en Chine. Un naturaliste russe, M. Léopold Schrenk, est la PR aussi parcouru une partie de la vallée de l’Ussuri, ferti- 4 et dans son rapport adressé à l'Académie des sciences y ont M de Saint-Pétersbourg, il la représente comme formée hoten, #4 de plaines très-fertiles, où croissent toutes les plantes consi- M et les légumes de-l’Europe. Cette année même, les chan- MS Russes ont dû y fonder leurs premiers établissements. iguent JD Au delà de l’Ussuri, la vallée s’élargit davantage; sur les belles plaines que baigne le fleuve vivent les ce l'A tribus à demi nomades des Goldes. Ces tribus partanétrait Æ gent leur temps entre l’agriculture et la pêche. Leurs et par Æ mœurs sont d’une extrême douceur, et les Russes aduel- D qui firent partie de la première expérition furent nt qui M étonnés de la complaisance qu’ils mirent à les guider vallée, D dans les inextricables canaux qui font de tout l'Amour d’une À inférieur un véritable labyrinthe. Cette multitude ra ges, îles et de bras y rend la navigation assez diflicile, vallée EE d'autant plus que le courant est quelquefois si fort inçais, M qu'à la remonte on est obligé de choisir les passages posto- M les moins profonds, et qu’alors on court le risque de ver à M s'échouer.

l’occu- Dans la partie extrème de son cours, l'Amour atlle ne M teint une immense largeur, et en outre il commu- >omple

nique avec plusieurs grands lacs. Le fleuve court à

peu près parallèlement aux rives de la Manche de Tar. M

tarie, depuis le premier de ces lacs, qui se nomme

Kisi, jusqu'à son embouchure. Le lac Kisi n’est séparé Le

de la côte que par un intervalle de 16 kilometres,

quoique le fleuve, avant d'aller se jeter à la mer, ait M encore, depuis ce point, un parcours de plus de MM 200 kilomètres. Le lac Kisi, encaissé par des mon- M tagnes, a 43 kilomètres de long et 10 kilomètres de largeur moyenne. C’est un admirable bassin naturel M tout préparé pour le commerce de l'Amour; aussi cet M emplacement at-il déjà attiré l'attention des Russes. M Deux forts y ont été établis : le fort Mariinsk sur les M bords mêmes du lac, le fort Alexandrovsk sur la M Manche de Tartarie, dans une baie qui porte le nom K français de Castries, de l’autre côté de l’arête mon- À tagneuse qui sépare le lac Kisi de la mer. On songe | à établir sur ce point un chemin de fer, ou au moins

une chaussée ordinaire. À partir du lac Kisi s'étend

entre la mer et l'Amour une chaîne de montagnes 4

couvertes de forêts vierges et impénétrables. Les bords du Bas-Amour somt à peu près déserts. On nv trouve çà et là que quelques misérables huttes, habitées par des tribus qui ont subi, moins que celles de l'Amour supérieur , l'influence des Mantehoux. À l'entrée de l'Amour, on a élevé la forteresse de Nicolaïevsk, destinée à devenir la station principale de la Russie dans ces parages. La flotte du Kamtchatka, qui autrefois hivernait dans le magnifique port de Petropavlovsk, aura désormais pour station d'hiver île Wait, située dans le liman de l'Amour. Le climat

du Kamtcha ste plus lo aujourd’hui ivre à la Ru ridionales.

Les cartes dans le terri de l'Amour, côte de la M gré de latitu vent compri domination doute à péné Mantchourie situé sur l’o:

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du Kamtchatka est trop rigoureux pour qu’on perste plus longtemps à y garder des établissements,

aujourd’hui que l’occupation du bassin äe l'Amour livre à la Russie une longue ligne de côtes plus mé-

ridionales.

Les cartes russes les plus récentes font déjà rentrer dans le territoire de la Sibérie, outre la rive gauche de l'Amour, une grande partie de la rive droite. La côte de la Manche de Tartarie jusque vers le 45° degré de latitude et l’île Sachalin tout entière s’y trouvent comprises. Une fois qu’elle aura consolidé sa domination sur l’Amour, la Russie cherchera sans doute à pénétrer dans les parties méridionales de la Mantchourie, et jettera Les fondements d’un empire situé sur l’océan Pacifique. Sans chercher à pénétrer ls mystères d’un avenir encore lointain, on peut dès aujourd’hui affirmer que les établissemcnis russes

de l'Amour sont destinés à prospérer. Ce ileuve est

bnavigable sur toute sa longueur, et l’on peut remon-

ler la Schilka, son affluent sibérien , iusqu’à Tchita. Ce lieu, qui n’était qu’une pauvre bourgade perdue

Lau fond de la Transbaïkalie quand les exilés du 14 dé-

cembre 1826 y furent envoyés, est devenu aujourd'hui une ville importante, et il sera un jour l’entre-

pôt principal du commerce de l'Amour. Cette voie rluviale est le débouché naturel des produits de la Si-

bérie, qui sont beaucoup plus nombreux et plus abondants qu'on re ‘+ croit, et consistent principalement en blé, fourrures, viande salée, bois, métaux. La Sibérie pourra recevoir directement par l'Amour

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une foule de marchandises qui aujourd’hui ne lui ar. ù rivent que par la coûteuse voie de terre. L'on ne à verra plus certains objets de première nécessité at. teindre dans la Sibérie orientale des prix vraiment fabuleux, quand le bassin du fleuve sera, comme Ja M Californie, devenu un des marchés de l’océan Paci- ! fique. Déjà, par la voie des îles Sandwich, des relations se sont nouées.entre les États américains et les établissements russes; le Japon lui-même a demandé M à commercer sur l'Amour, et y a envoyé quelques navires. De magnifiques gisements de houille ont été découverts sur l'Amour mêmeet dans l’île Sachalin, admirablement placée pour agprovisionner la navigation à vapeur dans les parages septentrionaux de l'océan Pacifique et les mers du Japon. Enfin à tous ces avantages il faut encore ajouter la richesse des pêcheries de ces parages éloignés, que les Américains | seuls parcourent aujourd’hui, mais que les Sibériens vont bientôt leur disputer.

L’occupation de la Mantchourie inaugure une ère nouvelle dans l’histoire de la Sibérie. En étudiant la géographie générale des possessions asiatiques de la Russie, nous avons vu qu’au delà de l’Oural cette puissance ne peut s’agrandir que dans deux directions : du côté du lac Aral ou du côté de l'Amour. Vers laquelle d: *es deux directions la Sibérie doitelle chercher à :2culer ses limites? La nature des régions qui avoisinent le lac Aral et les fleuves qui s’y jettent, les habitudes guerrières des populations de Khiva, de Bokhara, de Kokand, opposent de sérieux

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