LE POLE AUSTRAL
ET LES EXPÉDITIONS ANTARCTIQUES, e
Lorsqu'on jette les yeux sur un globe terrestre, on est frappé par la grandeur du vide qui remplit la zone antarctique ou australe, ainsi que tous ses alentours. Buffon avait remarqué, dèslongtemps, que lesgrands continents de l’Afrique et de l'Amérique méridionale se terminent en pointe vers le sud, et laissent ainsi aux mers une place de plus en plus étendue. L'Amérique ne dépasse point le cinquante-deuxième cercle de latitude, ni l'Afrique le trente-troisième. Le continent de l'Australie diffère complétement des deux précédents par l’ensemble de sa configuration, mais ne s'étend pas à de très-grandes distances de l'équateur. Aux latitudes inférieures à celles de la nouvelle Zélande et dans l’immensité des mers australes, qui servent en quelque sorte de confluent au grand océan Pacifique, à l'océan Indien et à l'océan
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de rares îles, quelques côtes peu connues, quelques BA par des petits archipels, qui se dessinent sur nos cartes comme JM libre de des constellations dans le ciel. Ainsi, considérée dans placer.
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son ensemble, cette portion de notre planète est k La cro essentiellement océanique, et si les saillies des conti- PM accrédité nents dominent presque tout l'hémisphère boréal, F4 tenant de l'hémisphère austral est au contraire, dans sa partie BM# aperçu 1 la plus étendue, recouvert par l'immense et mono- P4 les vents tone plaine des eaux. A der, mai
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comprise à l'intérieur du cercle polaire austral. Aucune des raisons pour un temps si puissantes, aucuns des entraînements qui, à différentes reprises, poussèrent les navigateurs vers les côtes du nord, n'ont jamais dirigé, sur ce point, leurs tentatives et leurs recherches. Pourtant après la grande décourverte de Magellan les nations commerçantescommencèrent à se préoccuper de ces parties de la terre, qui jusque-là n'avaient jamais attiré l'attention publique, 4 et avaient seulement exercé les spéculations de quel- 4 ques géographes; mais les régions qui, à de courts intervalles, avaient été successivement ouvertes aux entreprise, des peuples de l’ancien continent étaient si nouvelles et si immenses, que l’activité même la 4 plus aventureuse eut pour longtemps de quoi sy 4 satisfaire, et il se passa de longuesannéesavantqu'on A résolût d'aller explorer les parages mystérieux du M Sud, si entièrement inconnus, pour y reconnaître le
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anète cs 4: La croyance à ce continent semble avoir été assez des conti- PM accréditée parmi les navigateurs. En 1772, un lieu-
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tenant de la marine française, M. de Kerguelen, avait aperçu l’île qui porte encore aujourd’hui son nom; les vents et les tempêtes l'avaient empèché d’y aborder, mais il se crut autorisé, à son retour, à annoncer qu'il avait entrevu les côtes d'une grande terre qui devait recouvrir la zone australe. Il était si enthousiasmé de sa découverte, qu'il retourna au même # point dès l’année suivante; mais il ne fut pas plus heureux cette fois : il nomma seulement le cap Fran- À cais et fut obligé de revenir. En 1774, cependant, un autre officier français, M. de Resnevet, réussit à toucher terre et prit possession au nom du roi de France. 4 l'est vers la mème époque que le fameux capitaine 44 Cook explora les mers du sud et réussit à pénétrer aux plus hautes latitudes qu’on eût jamais atteintes dans l'hémisphère austral; il parcourut cent quatre-vingts lieues entre le 50° et le 60° degré de latitude, et s’engagca jusqu’à la latitude de 71° 15° sous 109° de longitude ouest. Dans le cours de ses explorations, Lil rechercha vainement des terres que prétendait avoir aperçues Bouvet dans le voyage de découvertes qu'il avait fait pour la compagnie française des Indes. Cook supposa, sans doute avec raison, que Bouvet avait été trompé de loin par quelque immense mon-