‹ Études scientifiques [microforme]Chapitre 7 sur 40 · LIRE · texte numérisé non relu

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la zone glaciale fut Sébastien Cabot. Aussitôt après la première expédition de Colomb, son père John Cabot, marchand vénitien établi à Bristol, avait résolu d'aller explorer ce nouvel hémisphère que l'imagination crédule de cette époque considérait comme un nouvel Éden, où devaient abonder toutes les richesses, ct dont la splendeur allait faire pâlir celle même des Indes et de l'empire fabuleux de Cathay. Il obtint en 1496, du roi Henri VII, la concession, comme on dirait aujourd'hui, pour luiet tous ses descendants, de tous les pays où il irait planter le drapeau anglais, à la charge seulement de payer un tribut perpétuel. La générosité calcule rarement avec l’avenir et l'inconnu. John Cabot emmena avec lui son fils Sébastien. Dédaignant de suivre la route ouverte par Colomb, ils s’'engagèrent dans un chemin nouveau et des latitudes inconnues, et touchèrent pour la première fois le sol de l'Amérique, sur la côte du Labrador, un an avant que Colomb, dans son troisième voyage, n’arrivät lui-même en vue du véritable continent. Sébastien retourna en Angleterre pour rendre compte de sa découverte; après une seconde expédition, la rigueur excessive du climat sur ces côtes étranges et inhospitalières le fit bientôt renoncer à l'espoir d’y fonder un établissement.

Renonçant à la pensée de régner sur le nouvel empire qu’une munificence royale lui avait à l'avance abandonné, Sébastien Cabot tenta plus tard de chercher dans les latitudes élevées le passage pour arriver aux Indes, et, il faut le dire à sa gloire, il ne se

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ÉTUDES 29 issa point cffrayer par les dangers si nouveaux alors dés mers arctiques. Il se fraya intrépidement un che- Min là où encore aujourd’hui les marins ne s'engafént qu'avec précaution, et pénétra jusqu’au milieu de la baie d'Hudson. La mutinerie seule de ses mateots put l'arrêter et le forcer au retour, lorsqu'il

éroyait avoir touché le but, au moment où, sur cette

Mer sans horizon, il pensait n'avoir qu'à ouvrir ses

voiles pour être conduit vers l'océan Indiex. La pos- Érité a été injuste pour ce hardi navigateur : l’his- Dire de sa vie, si émouvante et si remplie, est mal fonnue et pleine de lacunes; aucune relation de ses Yoyages n’est venue à nous. On ignore jusqu’au lieu OÙ repose sa tombe, et l'œil qui se nromène sur une carte de ces régions qu'il ouvrit au monde n’y rencontre même pas son nom.

Au lieu de chercher le passage aux Indes par l’ouest, Willougby et Chancellor tentèrent d'y »rriver par est, en doublant les promontoires les plus élevés de 18 Laponie. Ce fut Sébastien Cabot lui-même qui dicta (es instructions de cette nouvelle expédition. Chan- @llor arriva jusqu’au port d’Arkhangel et découvnit à Russie septentrionale; mais il ne poussa pas plus l din et revint chercher ses compagnons. Il trouva leur Maisseau dans une baie profonde de la Laponie orien- | e : tous les hommes étaient morts de froid? et de

f im. Le malheureux Willougby, couché dans sa ca- Mine, tenait encore dans sa main le journal du bord, Qu'il avait écrit jour par jour jusqu'à ce que ses for- @s l'eussent abandonné.

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C’est surtout à partir du règne d’Élisabeth que h recherche du passage du Nord devint pour l’Angleterre une entreprise véritablement nationale. L'or. gueilleuse rivale de l'Espagne donna à sa marine un développement extraordinaire, encouragea le com. merce, favorisa toutes les expéditions lointaines, L'étude de la géographie devint une science populaire, et sir Humphrey Gilbert, qui plus tard se perdit à malheureusement sur les côtes de Terre-Neuve, écri vit lui-même un livre pour démontrer l'existence du passage du Nord. Le comte de Warwick donna deu petits navires à Martin Frobisher, qui dès longtemn : nourrissait le désir d'aller explorer les mers où Cabo seul était entré avant lui. Frobisher estimait que h découverte du passage « était la seule chose qui n’eù pas encore été accomplie, et qui pût satisfaire un: âme élevée et la rendre glorieuse. » Il pénétra ver le 66° degré de latitude dans un large canal, et cru pendant quelque temps que ce détroit séparait le côtes de l'Amérique et de l'Asie, et qu'il allait déboucher dans l'océan Indien. Cette illusion, qui témoi-

gne bien de l’état des connaissances géographique:

à cette époque, ne fut pas de longue durée : Frobisha fut contraint de revenir et ne rapporta de son voyagt que quelques échantillons de terres et de roches Dans la pensée des hommes de ce siècle, la décor verte des métaux précieux était liée intimement à cell même du nouveau continent, qu'ils ne regardaicn que comme une mine immense et d’une richesse int. puisable. Les terres rapportées par Frobisher furen

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examinées par des raffineurs de Londres, qui, peut- Vêtre trompés par l’éclat de quelques grains de pyrite, Ndéclarèrent qu’elles contenaient de l'or. Désormais le voyage cessail d’être une déconvenue : ce n’était plus lun passage, c'était un nouvel Eldorado qu'il s'agissait

Aide découvrir sous les glaces et les neiges.

“ Une escadre fut aussitôt formée, et la reine Élisa- “beth donna un vaisseau de sa propre marine. Fro- Mbisher dirigea encore la nouvelle expédition, et ne se laissa point arrêter par les difficultés d’une navigation “extrèmement périlleuse dans des mers hérissées de montagnes de glaces. IL ne put néanmoins arriver ectte fois aussi loin que dans son premier voyage : on ge contenta de débarquer sur les côtes de l'Amérique ét de remplir les vaisseaux d’une terre noirâtre; elle devait, à n’en pas douter, contenir de l'or, car on ‘avait trouvé sur les lieux beaucoup de scarabées. «Ces insectes passaient à cette époque pour avoir la vertu singulière de marquer la place du précieux étal, et les chercheurs d’or furent pendant des biècles les dupes de cette superstition bizarre, dont rien ne peut révéler l’origine ni le sens.

Dès le retour de l'expédition, et avant même de is assurer si la terre qu’on avait rapportée remplirait Houles ses promesses, on équipa une nouvelle escadre

ÆMormée de seize vaisseaux. Il fut résolu qu’on fonde-

rait une importante colonie dans ces régions nouvelles, où l’on foulait l'or sous ses pas. Les fils des plus obles familles s’embarquèrent gomme volontaires :

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vaient former le noyau de cette société privilégiée. Contraste étrange, cette terre promise, cet Eldorado arctique ne devait recevoir que des hommes dont la naissance el l'éducation fussent un gage de leur dévouement à la mère patrie! L'Australie, au contraire, cet Eldorado moderne, ne fut d’abord peuplée que de condamnés et de criminels! La nouvelle expédition échoua misérablement : les navires coururent les plus grands dangers, et l’un d’eux fut brisé par les glaces; les autres s’égarèrent et furent plusieurs fois séparés. On finit cependant par aborder dans une île où fut trouvée cette terre noire si ardemment convoitée ; mais les perplexités de la traversée avaient bien refroidi le zèle des nouveaux colons, qui se décidèrent à retourner en Angleterre avec leur butin. On ne dit pas ce qui advint de cette terre cherchée si loin et obtenue au prix de tant de périls. Les erreurs et les mécomptes de la folie humaine s’oublient rapidement. L'histoire n’enregistre que les succès de l'audace, les hasards heureux, et l’homme est toujours prêt à se laisser tromper par de nouvelles illusions ct à se précipiter dans de nouvelles aventures.

Les Hollandais, qui à cette époque étaient encore les rivaux de l'Angleterre, poursuivaient avec non moins d’ardeur la découverte d’un passage pour arriver aux Indes. Deux fois dans le xvi° siècle ils cherchèrent à le trouver par le nord-est, entre la Nouvelle-Zemble et la Russie. En 1596, Wilñiam Barentz hiverna dans le nord de la Nouveïie-Zemble, et l’un des souvenirs de sôn séjour dans cette île mérite

privilégiée.

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| ÉTUDES SCIENTIFIQUES. 33 ctre recueilli. Dès le commencement de l'hiver, les @laces de la côte furent peu à peu détachées et fini- Sent par tre entraînées au loin vers le nord. Le ri- Mage, au grand étonnement du navigateur hollandais, demeura presque entièrement libre pendant toute la se ison. C’est le gulfstream qui, pénétrant pendant Mhiver à une distance plus grande, venait ainsi bayer la mer jusqu’à ces latitudes élevées. Ce ne fut qu'après six ans de souffrances inouïes et de tentati es infructueuses que Barentz et son équipage finifent par se sauver sur deux pelits bateaux et par äborder à Arkhangel.

Hendrich Hudson fut bientôt envoyé par une compagnie de marchands anglais à la découverte du passage du Nord. Il réussit à suivre les côtes orientales du Groënland jusqu’au 82° degré de latitude, et fut obligé de revenir du côté du Spitzberg. Après une se- Bnde tentative inutile, il se mit au service de la com- Monie hollandaise des Indes orientales ; il essaya de dé passer la Nouvelle-Zemble, mais les glaces l’obligérent à se tourner vers l’ouest, du côté du Groënhd et de Terre-Neuve. C’est dans ce fameux voyage qu'il découvrit le cap Cod, la baie de Delaware et le uve d'Hudson. Il revint en Europe, où il dépeignit Qns les couleurs les plus enthousiastes les magnidues contrées qu'il avait explorées ; mais ce résultat tait pas celui que Ja compagnie hollandaise avait Rendu, et nous voyons dès 1690 Hudson s'engager MMnouveau au service de l'Angleterre pour recherr le passage vers l'océan Pacifique. C’est pendant

Sa eenn er

ce voyage à jamais mémorable qu'Hudson entra dan, le détroit et dans la baie qui portent son nom, et où Cabot seul l'avait précédé. Comme lui, il se crut enfin sur une mer ouverte; mais il vit bientôt qu’elle étai fermée de toutes parts, et il parcourut en vain dan: toutes les directions ces rivages qui l’arrêtaient. Au. cun obstacle ne put décourager son courage et s patience. Bien que rien ne fût préparé pour un pa. reil projet, il résolut d’hiverner dans cette mer inté. rieure pour recommencer ses recherches au prin. temps; mais comme les provisions s’épuisaient, le: matelots se révoltèrent et l’obligèrent au retour. Il: consentit en pleurant. Cependant l'équipage vouli une vengeance : on jeta Hudson dans la chaloux avec son fils et sept autres matelots restés fidèles leur maître; le charpentier demanda volontairemen à partager son sort. Quand le vaisseau fut sorti de glaces, la corde qui retenait la chaloupe au navire fu coupée, et ces infortunés se trouvèrent abandonni sur une mer furieuse, sans vivres, sans voiles, san espérance. Barbarie atroce et inutile, qui excite au 0 tant d’étonnement que d’indignation! Ceite triste fin 4 couronnant toute une vie d’audace et de danger donne à la figure d'Hudson quelque chose de tragiqu et de touchant; son nom, pour toujours populair, 4 est resté attaché au détroit et à la grande baie oùi 4 pénétra, et désigne encore l’un des plus beaux fleuve M de l'Amérique.

Ce n’est que plus d’un siècle après la mort lamer

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dortantes furent faites dans la zone arctique, et, domme les siennes, elles furent signalées par la fataet le malheur. En 1741, Pierre le Grand, dont la assion pour la marine est bien connue, envoya ehring explorer les côtes d’Asie. Behring partit ’Ochotsk avec deux vaisseaux et découvrit le célèbre étroit qui sépare l'Amérique de l'Asie. IL aperçut les “Montagnes du nord-ouest de l'Amérique, traça la Mgne de l’Archipel des îles Aleutiennes ; enfin, tou- Jours battu par de terribles tempêtes, il finit par péir de froid et de fatigue, au milieu des neiges et des Places, dans une ile déserte.

Pendant de longues années, la géographie de la Yone glaciale ne fit point de nouveaux progrès : au- Cune expédition n’y fut envoyée, et le passage du Nord fut presque oublié. Toutes les forces de l’Angle- Merre étaient absorbées par les impérieuses nécessités es guerres qu’elle soutint à une époque mémorable : ne pouvait être question de recherches lointaines de conquêtes pacifiques quand les conquêtes anennes étaient compromises, et à l'heure suprême ù les destinées du monde étaient remises au hasard Me la force. Aussitôt cependant que la paix vint mettre Mn terme à cette longue et opiniâtre lutte d’où l’Anicterre finit par sortir triomphante, l'attention pulique fut de nouveau amenée vers le passage inonnu, et, dès les années 1818 et 1819, Ross, Franklin Parry reprirent le chemin des mers arctiques. Les tpéditions se succédèrent depuis celte époque avec nt de rapidité, qu’il serait fatigant de les énumérer

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par ordre de dates, et qu'il convient peut-être mieux de raconter séparément l’histoire de ces navigateur: modernes dont le nom mérite d’être mis à côté de ceux de Cabot, de Frobisher et d'Hudson. Avec cette histoire commence la seconde époque des expédition: arctiques. | En 1818, le capitaine Ross partait pour les mers du pôle, emmenant avec lui son neveu James C. Ross, Parry et Édouard Belcher, qui tous depuis commandèrent eux-mêmes des expéditions arctiques. Ces dans ce premier voyage qu’il arriva jusqu’au détroi

de Lancastre, et crut le voir fermé à son extrémité

par une vaste chaîne de montagnes, qu'il nomma le: Croker mountains. Quand cette erreur singulière fu reconnue par Parry dès l’année suivante, le commandement fut retiré à Ross, et, sans la générositi d’un simple particulier, ce capitaine n'aurait jamai pu retourner dans la mer Arctique. Un distillateur

de Londres, Félix Booth, lui donna généreusemen! 4

18 000 livres pour entreprendre un nouveau voyage. Ross partit donc en 1829 au mois de mai, entra dan

le passage de Barrow et dans le canal du Prince: ® ‘

Régent; ce fut là qu’il vit le vaisseau Fury, que Parr

avait été forcé d'abandonner en 1895 ; les nombreusx M et excellentes provisions qu’il y trouva dans un ét presque parfait de conservation furent pour lui un 4 ressource vraiment providentielle. La première année, | il explora le pays qu’il nomma Boothia en souvenir. @]

de son généreux protecteur ; mais les glaces empi-

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ÉTUDES SCIENTIFIQUES. 37 Dôrt Félix, à 150 milles au sud du cap Parry. Dès le Pintemps, Ross fit faire une expédition par terre, Mr des traîneaux, et recueillit ainsi de nouveaux Mnseignements sur la géographie de ces contrées. Mine put pas mieux celte fois dégager son navire des aces, et il fallut se résoudre à passer un nouvel hi- Mr dans le vaisseau.

4 LIL serait trop long d’entrer dans le détail de tant efforts et de misères : Ross passa six hivers de Mite dans ces affreusr” solitudes, et dès la troi- #me année la santé de son équipage commença &#saltérer sensiblement; mais Ross et ses compaghons opposèrent le plus héroïque courage à leurs Mdnffrances. Chaque année, ils essayaient, au prix > fatigues sans nombre, d'approcher des parages fl féquentés par les pêcheurs de baleine; trois fois il llut revenir au navire pour reprendre les tristes artiers d'hiver. Enfin, en 1833, ayant quitté Fury- Bach sur des bateaux, ils parvinrent à atteindre la Mic orientale du canal du Prince-Régent et à suivre s côtes du passage de Barrow. Au mois d’août, æs infortunés furent aperçus par un vaisseau baleisr; le second vint les reconnaître sur un batcau;

M leur apprit que son vaisseau était l’Isabelle, au- Pæiois commandé par feu le capitaine Ross. Ross t beaucoup de peine à le convaincre qu’il était M-même l’ancien capitaine de l’Isaleile. Tout le pnde en Angleterre le croyait perdu depuis deux s; il y fut reçu à son retour avec unc joie qui a jusqu’à l'enthousiasme; le parlement lui vota

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une récompense de 5000 livres, et le roi le nomm chevalier ?. .

Ce fut pendant la deuxième année de son séjou : dans la zone glaciale que Ross envoya une expéditio pour déterminer la position du pôle magnétique i la terre, c’est-à-dire le point où l'aiguille d’inclinai. # son se tient complétement verticale. Tout le moni à sait que l'aiguille qu’on nomme de déclinaison, et q A n’est autre que celle qu’on voit dans toutes les bou M soles ordinaires, ne marque pas exactement le no 4 et fait avec la direction du inéridien un angle soumis, M des variations séculaires et périodiques. À Paris, pi « exemple, M. Aragoavait trouvé pour cet angle la vale extrème de 22 degrés et demi vers l’ouest en 1816,: dès 1853, M. Laugier n’observait plus que 20° 17. ( n’est pas non plus au pôle de la terre que laiguil d'inclinaison magnétique se tient verticale; ce poï A se déplace aussi d’un siècle à l’autre. En 1831, Jam 4 Ross, le neveu de John Ross, le même qui plus ta 4 devait faire de si brillantes découvertes dans la 201

antarctique, planta le pavillon anglais sur le pü

magnétique qu'il crut trouver à la latitude de 70° 4 nord et à la longitude de 96° 46’ 44” (méridien i 4 Greenwich), mais il ne paraît pas que cette détu M mination ait pu être faite avec une rigoureuse exati… tude. | à

Aussitôt après la première expédition de sir Jol M

1. Ce titre fut depuis donné à presque tous les commandi ‘4 des expéditions arctiques.

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6 circonstances les plus favorables. Il arriva très-

e devant le détroit de Lancastre, et s’assura que montagnes que Ross avait cru voir n’existaient int; il parcourut rapidement le long détroit auel il donna le nom de Barrow, alors secrétaire

l'amiruté, découvrit le premier et nomma le ca-

de Wellington, le canal du Prince-Régent, les

E s Cornwallis, Byam-Martin, Melville, dont le groupe maintenant, et avec justice, connu sous le nom darchipel Parry. Il poussa encore plus loin du côté dé l'ouest, et aperçut les côtes du pays de Banks, qui @fment les lignes extrêmes du grand labyrinthe poe. Il traça ainsi, en quelques mois, à larges traits

pographie générale de ces contrées, jusqu'alors

@mplétement inconnues; il visita le premier ces atre grandes avenues qui forment comme uné

ense croix : le détroit de Lancastre, le passage Barrow, le canal de Wellington et celui du Prince-

bent. Presque toutes les expéditions arctiques qui

virent la sienne n’eurent pas d'autre théâtre, et ne put qu’étudier avec plus de détail les diverses

rties de cetté vaste région. Hasard des entreprises

aines ! dans ce voyage si court et si constamment reux, Parry recueillit plus de résultats que n’en inrent tous ceux qui le suivirent, année par année,

bdant trente ans, dans les zones glaciales. Si l’his-

e ne devait sanctionner que les succès et rester ifférente aux plus nobles efforts quand ils sont in-

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fructueux, le nom de Parry serait peut-être le sen qui resterait lié dans un avenir lointain à ces voyage de découvertes.

En 1821, Parry explora avec le Fury et l'Héck les eaux de la baie d'Hudson; il visita la pénin. sule de Melville, qu'il faut bien se garder de con: fondre avec l'ile Melville, qu'il avait découvert dans son premier voyage. La péninsule de Melvill est au nord de l’île Southampton, en face de li Cumberland, et avance sa pointe allongée dans | large détroit de Fox, qui communique avec la bai d'Hudson.

En 1824, il fit avec les mêmes navires son troi

sième voyage. Il pénétra encore dans le passage {

Barrow, mais fut forcé d’hiverner à Port-Bowen, dun le canal du Prince-Régent. Au printemps, il alla ét dier, sur la rive occidentale de ce canal, les côtes à: Sommerset du nord ; mais il fut contraint subiteme d'abandonner Je Fury et de revenir. C'est dans « navire que sir John Ross, en 1829, trouva les vivre sans lesquels il eût. probablement péri avec tout su # équipage.

Enfin, en 1827, Parry entreprit cette audacieus . excursion sur les glaces, où il atteignit jusqu'a & 82° degré de latitude. Sans continuer à suivre pli longtemps les passages tortueux et les inextrica"l: à canaux du labÿrinthe arctique, il conçut la pensi 4 hardic de s’avancer directement vers le pôle, en lign 4 droite, sur les glaces même. Pour abréger la dir & tance, il fallait choisir le point le plus septentrion |

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ÉTUDES SCIENTIFIQUES. hi

ï fût connu. Ce point est l'extrémité avancéc du itzberg ; Parry partit en traîneau d'un groupe de Rchers que l'on nomme les Sept-[les, et avança de 5 milles vers le nord, mais il lui fut bientôt im- Missible de lutter de vitesse avec les glaces : pendant Qi marchait vers le pôle, les courants entrainaient rs le sud les grands trains de glace qui le pornt. Il revint sans avoir pu s'approcher à moins 48 200 lieues du pôle. À ces hautes latitudes, on ne | Duvait point le fond de la mer à une profondeur de 9000 mètres; on ne voyait point la terre à l’hoon, ct, quoiqu'à une distance assez faible du pôle, apluie tombait presque continuellement. Dans cette @ursion audacieuse, Parry acquit la conviction qu'il iste une grande mer polaire libre, ouverte, et sans 2:

L'année mème où Parry entreprit son premier dYage arctique, si fécond en résultats et qui éclaire ne lumière si nouvelle la géographie des zones iales, Franklin entreprenait aussi sa première édition. Il est difficile de trouver une carrière ritime plus glorieusement remplie que la sienne. ré en 1800 dans la marine anglaise, Franklin as- R au combat naval livré par Nelson devant Co- Mhague, fit partie d’un voyage d'exploration sur Roôtes de l'Australie, et fit naufrage sur des bancs corail en 1803. IL prit part à la fameuse bataille Frafalgar et fut chargé de conduire à Rio-Janciro c de Bragance, qui fuyait devant Junot. En 1814, t blessé au fameux siége de la Nouvelle-Orléans,

h2 ÉTUDES SCIENTIFIQUES.

que Jackson défendit avec tant de résolution et de courage. Enfin en 1819 il reçut l’ordre d'aller examiner les côtes de l'Amérique septentrionale depuis l'embouchure de la rivière Coppermine. IL partit de York-Factory, sur la baie d'Hudson, établissement principal de la compagnie anglaise qui, depuis bien longtemps déjà, fait seule le commerce d'échange avec les Esquimaux. Les agents de cette compagnie sont disséminés depuis la baie d'Hudson jusqu'au lac de l’Esclave et au lac Grand-Ours; leurs habitations, qu’on a pompeusement décorées du nom de forts, ne sont que d'assez pauvres huttes en bois, sur lesquelles flotte le pavillon anglais, et qui rap.

pellent un peu par leur situation et leurs disposi. tions principales ce qu'on nomme en Afrique les blokhaus. Les postes de la compagnie sont distri-M buës sur cette grande chaîne de lacs qui forme un 1 des traits les plus singuliers de cette portion de l'Amérique. Franklin dépassa le lac Winnipeg, sui- 4 vit la rivière Seskatchawan et arriva successivement À au fort Chipewyan sur le lac Athabasca, au fort j Providence, au fort Entreprise près du lac de l’Esclave. IL descendit de là la rivière Coppermine jusqu'à la mer arctique, dont il suivit les rivages sur M deux canots jusqu'à la pointe Turnagain, sur une à distance de 550 milles. À ce point, les provisions à commencèrent à manquer : il fallait retourner a fort Entreprise à travers une immense contrée .

complétement déserte, abandonnée et: couverte de neige. Au bout de plusieurs jours, le peu de pen-

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ition et de l'aller exànale depuis Il partit de 1blissement lepuis bien d'échange compagnic n jusqu'au urs habitadu nom de *s en bois, et qui rap urs disposi-

Afrique les M sont distri: M i forme un Deux Canadiens périrent dans la neige, ct l’on se parportion de « nipeg, sui M cessivement A ca, au for! ii lac de l'Es- M ermine jus- #8 rivages sur M n, sur unt M

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uiean* qui restait encore était épuisé, et il fallut se ontenter pour nourriture d'une mousse nommée ripe de roche. L'expédition se composait de Franklin, du docteur Richardson, de deux jeunes officiers,

 IM. Hood et Back, d'un matelot anglais, Hepburn,

de dix Canadiens et de deux Indiens. Ils réussirent à

Muer quelques animaux qui calmèrent un peu les tor-

ures de la faim; mais ils n’avancèrent que lenterent et péniblement dans ce grand désert de neige, entrecoupé fréquemment par des ravins profonds. ranklin se trouva bientôt tellement affaibli, qu’il erdit une fois complétement connaissar ze. M. Back rit l'avance avec trois hommes pour aller chercher

Mu secours dans le fort Entreprise. Franklin continua

de s’avancer lentement avec le reste de la troupe; il ne pouvait plus faire que 5 ou 6 milles dans un jour.

agea les semelles de leurs souliers. Richardson, le atelot anglais, et un des Iroquois furent obligés de arrêter sous une tente; Franklin continua sa marche jésespérée et perdit encore trois Canadiens. Enfin on aperçut le fort Entreprise. Hélas! il était désert, et on e put y trouver aucune provision : ainsi toute espéance était perdue au moment même où les inforunés se croyaient sauvés. Après cette fatale découerte, ils se regardèrent les uns les autres, et, sans prononcer une parole, fondirent tous en larmes.

1. Le pemmican est une préparation de viandes très-nutritive ous un faible volume.

hh ÉTUDES SCIENTIFIQUES.

Franklin demeura dans le fort avec trois hommes « 4 fit de la soupe avec des os abandonnés dans un tx 1 d'ordures. Deux jours après, il vit arriver Richards 1 et le matelot anglais Hepburn, qui lui apprirent qu M l’Iroquois Michel avait assassiné M. Hood. Pour puni 4 l'assassin, le docteur Richardson l'avait tué d’un cow ‘ de pistolet. Ainsi le crime même venait mêler ses hor 4 reurs à celles de la faim, du froid et de l’abandon. L: 4 1+ novembre, deux Canadiens périrent encore dan à le fort. Enfin le 7, quand Franklin essayait déjà & 4 s’habituer à la pensée d’une si horrible fin, arrive W rent des Indiens envoyés par M. Back et chargés à À nombreuses provisions. Il faut lire dans la relatinà du voyage de Franklin le récit simple et émouvan ©

de cette lamentable expédition : on admire ce cor à

rage, cette grandeur’ d'âme, cette douleur qui s’ow blie elle-même pour ne songer qu’à celle des autres..

Comment ceux qui ont subi de pareilles torture peuvent-ils volontairement s'engager dans les même” aventures et courir au-devant des mêmes dangers M On est presque effrayé d’un tel mépris de la vie «M de l'audace de ces défis répétés de l'homme à la m4 ture. Dès 1825, Franklin retourna dans l'Amériqui septentrionale. Il avait ordre d'explorer les côtes d'u l'Amérique depuis l'embouchure du Mackenzie ju qu’au détroit de Behring; mais il ne put remplis cette mission, et dut revenir sans avoir obtenu d'A résultats. C’est à son retour qu’il épousa sa second: M femme, Jane Griffin, devenue, sous le nom de lait ; Franklin, célèbre par les infatigables efforts qu ‘el

ÉTUDES SCIENTIFIQUES. k5

bnta pour retrouver son infortuné mari, perdu dans s mers arctiques. Ce n'est qu’en 1845 que Franklin artit pour sa troisième expédition arctique, avec érèbe et la Terreur, noms de funeste augure. Son quipage se composait de 138 hommes et il emmeait avec lui le capitaine Fitz-James et le capitaine ozier. Les instructions qu’il reçut de l’amirauté lui joignirent de chercher à atteindre le détroit de bring, en prenant dans la direction du nord-ouest, partir du cap Walker, situé à l'extrémité du détroit Barrow. Dans le cas où il ne pourrait s’avancer ins celte direction, il devait essayer de passer par canal de Wellington. Le capitaine Martin, baleiter, le rencontra dans les eaux de Baffin le 20 juin

s hommes « M dans un tx 4 r Richardson 4

pprirent qu Mi d. Pour puni 4

tué d’un cou # nèler ses hor 4 l'abandon. L°4 t encore dan à sayait déjà 4 e fin, arrivèW et chargés dé ns la relation # et émouvar À dmire ce cou leur qui S’oule des autres.

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juin, il rencontra encore le capitaine baleinier nnett, et depuis on ne reçut plus de lui aucune

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0 a disparition de Franklin marque le début de ce efforts qu'elt 4

è nous avons appelé la éroisième époque des expé-

ditions arctiques. Les voyages de recherche, en «x multipliant, imprimèrent aux études sur les région: 4 du pôle une activité nouvelle, que devaient bienti 4 signaler d'importants résultats 1. 1

C’est en 1848 que l’on commença à s’émouvoir à M la longue absence de Franklin; à partir de cetk 4 année l’on vit se succéder sans interruption les ex # péditions de recherche au pôle. Quelques-unes par # sèrent par le détroit de Behring; mais leur grand: 8 route en quelque sorte fut la baie de Baffin, le dé. 4 troit de Lancastre et celui de Barrow. Les navires qu prennent ce chemin suivent, le long de la côte occi# dentale du Groënland, le canal ouvert qui reste lib entre la côte et les grands radeaux de glace qui oc cupent le centre de la baie. Cest d'Uppernavik, dernier établissement danois de la côle, sous 72°, qu les officiers anglais datent leur dernier rapport: c’est leur adieu au monde. Désormais les seuls être humains qu'ils peuvent encore rencontrer sont que} ques pècheurs de baleine ou des familles errant d'Esquimaux.

Les trains de glace encombrent complétement grande indentation en fer à cheval qui forme le fa de la baie de Baffin, et que les marins appellent baie de Melville. Le canal qui reste libre entre ce grande barrière et la côte du Groënland devient l4

Lelvil t da aver xcell éb Ile Écit ç la dé Dur blles

1. Nous avons consulté, pour raconter ces dernières expédition ru les documents de l’amirauté anglaise et les documents présentés ute la chambre des communes.

, bi:

erche, en « # plus en plus étroit, et il faut trouver un passage pour r les région pénétrer dans le détroit de Lancastre, qui s'ouvre de aient bientt "W'autre côté de la baie. L'accumulation des glaces dans a baie de Melville vient de sa position très-septentrioale, du changement de direction des glaces au mot où elles sortent du détroit de Lancastre, des montagnes de glaces qui descendent en masse de la bôte, et qui souvent s’avancent presque en sens conlraire des grands radeaux superficiels. Une fc: enagé dans un canal interrompu par des langues de rlace, il faut souvent faire avancer le navire mécaniquement, le à er à la remorque dans un passage aborieuseme:.. :::vert avec la hache et le cabestan. a marche ne se mesure plus dès lors par milles, nais par mètres. C’est là qu’ont eu lieu tous ces déastres qui, parmi les pêcheurs de baleine, ont donné la baie Melville une si terrible réputation. Les baeines se réfugient aujourd'hui à l’ouest de la baic felville, dans les détroits de Lancastre et de Barrow t dans le canal du Prince-Régent, et les navires qui aversent le passage de bonne heure sont sûrs d’une xcellente pêche; mais depuis 1819 deux cent dix ont é brisés en tentant ce passage redouté.

Il est bien difficile de jeter quelque ordre dans le cit des nombreuses expéditions qui furent envoyées la découverte de Franklin. Il vaut peut-être mieux, our éviter la confusion, rendre compte d’abord de les qui ont pu obtenir quelques nouvelles de l'inrtuné navigateur, ct revenir ensuite sur celles qui aout en échouant dans l’entreprise principale qui leur

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k8 ÉTUDES SCIENTIFIQUES.

étaï” confiée, réussirent à ajouter Ces résultats nou 4 ve::u: à la géographie arctique. À

, fut au mois d'août 1850 que le capitaine Om. # inaney, et quelques jours après le capitaine Penny, 4 trouvèrent les premières traces de l'expédition de Franklin, dans l’île Beechy, à l'entrée du canal d& Wellington ; ils découvrirent un poteau indicateur destiné à montrer le chemin des navires, des restes de cordes et d’habits, plusieurs centaines de caisses provisions en fer-blanc, et les tombes de trois homme de l'équipage. Les inscriptions placées sur ces tombe: apprenaient que Franklin avait hiverné dans cette île pendant l'hiver de 1845 à 1846. On adopta gént. ralement l'opinion qu'il s'était engagé ensuite dans le canal de Wellington pour arriver jusqu’à la mer polaire et redescendre de là vers le détroit de Behring. Presque tous les efforts furent obstinément dirigk vers le nord et vers l’ouest de l'île Beechy. Par unW malheureuse fatalité, on s'écarta ainsi compléte-# ment de la bonne voie : c'était au sud qu’il fallait al. ler. On persista à croire qu'après cinq ou six à passés dans les glaces arctiques, Franklin se serai encore obstiné à chercher la mer polaire ou le pas# sage du Nord plutôt que de revenir vers les parage plus fréquentés du détroit de Lancastre, ou de des cendre le canal du Prince-Régent jusque dans eaux de la Baie d'Hudson. L'erreur a été reconnu: depuis que, dans son exploration de la côte occiden-W tale de Boothia, le docteur Rae recueillit d’une tribu d'Esquimaux le récit suivant. — Dens le printemph

ÉTUDES SCIENTIFIQUES, h9

ésultats nou fe 1850, des Esquimaux aperçurent une troupe de soixante hommes blancs qui voyageaient lentement avec un canot le long de la côte de la Terre du roi uillaume, au sud de Boothia. (Pour y arriver, il aut descendre jusqu’à une très-grande profondeur e canal du Prince-Régent.) Les hommes blancs étaient tous fort amaigris ; ils firent comprendre par signes aux Esquimaux que leurs vaisseaux avaient été détruits par les glaces, et qu'ils s’occupaient à chasser. Plus tard, on n’en trouva plus que trente, et tous étaient morts. Quelques-uns, sans doute les preières victimes, avaient été enterrés, les autres étaient

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adopta gént- couchés sous des tentes ou sous le bateau renversé, suite dans k quelques-uns isolément. Parmi eux était un officier "à la mer po- "de haute taille, avec une lunette et une carabine près

it de Behring # de lui. L'état de ces corps montrait que les infortu-

ément dirigk nés avaient été réduits à l’horrible ressource du can-

echy. Par u nibalisme, — the last resource, comme l'appelle le docteur Rae dans son rapport.

Ce récit rencontra en Angleterre beaucoup d’incrédules, et souleva par ses derniers détails une véritable indignation. On se refusait à croire que les soutfrances de la faim pussent transformer en cannibales rs les parag des hommes civilisés, des marins anglais, choisis e, ou de des parmi l'élite de la marine royale. On fit remarquer, et

“avec raison, que les Esquimaux qui avaient transmis cette histoire lamentable à Rae ne la tenaient que de côte occiden-M seconde main. On rappela que ces peuplades crainit d’une trib1#tives et misérables n’ont aucun respect pour la vérité, le printemps qu’elles se plaisent à forger les fables les plus invrai-

d0 ÉTUDES SCIENTIFIQUES.

semblables et les : us grossières. On accusa enfin Les M Esquimaux eux-n:êmes d’avoir assassiné les hommes blancs pour s'emparer de la poudre, des armes, des ! instruments de toute sorte qu’ils possédaient. Pour 4 l'honneur des nations civilisées, on doit refuser de croire la dernière partie du récit des Esquimaux; mais on ne peut pas le rejeter tout entier. Les objets que Rae racheta des Esquimaux, et qui avaient ap- #

partenu sans aucun doute à la troupe de Franklin, #k compas, boutons, couverts d'argent, etc., donnent hi # preuve à peu près certaine qu’il s'était dirigé vers ces 1 régions après l'hiver passé dans l’île de Beechy Pourquoi fut-il obligé de descendre vers la Terre du À roi Guillaume plutôt que de suivre les rivages du ne :

ce qui reste encore inexplicable.

Toutes les expéditions qui se dirigèrent vers le : nord et l'ouest du détroit de Barrow firent donc WA fausse route. Les seules qui avaient quelque chance ! . de sauver Franklin étaient celles de sir James C. Ross, M du capitaine Bird, et plus tard de Forsyth et de M Kennedy, qui seuls explorèrent le canal du Prince- M Régent. | + à

Sir James Ross devait visiter le détroit de Barrow W jusque vers le cap Walker et les rives occidentales du canal du Prince-Régent, le long du Sommersel du nord et de Boothia jusqu'aux environs du pôle M magnétique. La t oupe de Franklin suivit les mêmes rivages dans l'intervalle des années 1846 et 1850. Or « c’est précisément en 1848 et 1849 que Ross fit son ex- 1

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ÉTUDES SCIENTIFIQUES. ÿ1

usa enfin les 1 pédition : malheureusement il n’alla pas assez vers les hommes le sud; il s'arrêta au 71° degré de latitude. Quelques

s armes, des M lieues seulement le séparaient peut-être à ce modaient. Pour #4 ment de Franklin.

t refuser de 4 En 1851, le capitaine Kennedy alla explorer à son PARA: 4 tour le canal du Prince-Régent. Il emmena avec lui - Les objets 4 un jeune officier français, M. Bellot; ils établirent avaient a à n que le Sommerset du nord, qu'on avait toujours cru de Franklin, #4 lié au continent, est une île séparée de Boothia par , donnent l: # un passage qui fut depuis nommé passage Bellot.

rigé vers ces 1 Leur voyage fut semé de nombreuses péripéties : ils de Beechy. ME furent séparés un moment de leur vaisseau et ne du- ; la Terre du ÊS rent la vie qu’à un miracle. Ils hivernèrent dans le ages du dé- MA} passage du Prince-Régent, partirent ensuite en traiiniers ? C’est M neau et firent un voyage d'exploration qui dura deux mois.

{ C’est lady Franklin elle-même qui avait envoyé le | capitaine Kennedy dans le passage du Prince-Régent : Îque chance déjà auparavant, par son ordre, le capitaine Forsyth nes C. Ross, M l'avait parcouru sur le Prince-Albert; malheureusersyth et de À 4 ment aucune de ces expéditions n’y entra assez avant. du Prince- M 0 L'insistance de lady Franklin ne pouvait tenir qu’à un de ces pressentiments secrets qui, dit-on, ne

ge rent vers le MN firent donc !

de Barrow + trompent jamais et qui ne sont des raisons que pour occidentales MS ceux qui les éprouvent, car, pendant le même temps, Sommersel A les hommes expérimentés qui composent l’amirauté

ns du pôle |. anglaise persistaient à diriger les expéditions vers le les mêmes % canal de Wellington, le détroit de Behring et la mer et 1850. Or © polaire.

s fit son cx- 1 H Après avoir raconté les campagnes qui ont donné

quelques indices sur 1e sort de Franklin, il nous reste à examiner les expéditions qui, sans avoir pu se diriger exactement sur les traces de l’infortuné navigateur, ont pourtant contribué à étendre ou À rectifier les notions obtenues sur les contrées du Nord. Ge qu’il faut surtout admirer dans ces dernières campagnes, c’est le soin remarquable qu'on apporta dans les préparatiis. L'expérience des pre- # mières expéditions fut mise à profit: jamais navires 4 ne furent mieux pourvus et mieux approvisionné : F. l'emploi de baieaux à vapeur remorqueurs rendit la # navigation beaucoup plus rapide et plus aisée dans M ces difficiles passages, et les expéditions:en traîneaux, en emportant des provisions ct en établissant des dépôts faciles à retrouver, permirent d'étudier ces ! contrées désertes dans tous les détails et dans toutes les directions. Rien ne fut oublié, depuis les voiles que l’on déploie sur les traîneaux quand le vent est favorable jusqu’au canot en caoutchouc (dit À canot Halkett) qui sert à traverser les passages ouverts entre deux bancs de glace.

L’escadre envoyée en 1850 était commandée par | le capitaine Austin, et se composait de deux vaisseaux à voiles et de deux sfeamers. La campagne du printemps suivant s’ouvrit sous les plus heureux auspices.

En même temps que l’escadre principale, on comptait encore deux vaisseaux du capitaine Penny, deux navires américains, le yacht de sir John Ross, et le Prince-Albert, équipé par lady Franklin elle-

lin , il nous sans avoir l'infortuné endre ou à ontrées du s ces deruable qu'on

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ième. Austin et Penny concertèrent leurs opérations. Dinmaney, l’un des lieutenants d’Austin, alla explorer es côtes solitaires et désolées d’une grande terre paallèle au Sommerset du nord, et qui fait partie de celte île énorme, encore sans nom, dont les diverses ôtes portent le nom de terre Victoria, terre Wollason, elc., et qui dans ses autres parties à été explorée ar Rae, Mac Clure et Collinson. Un autre des offiiers d’Austin, Mac Clintock, que nous retrouverons ncore dans l’escadre de sir Édouard Belcher, explora es alentours de l'archipel Parry, où il devait plus ard faire d'importantes découvertes.

Quant à Penny, il alla reconnaître le canal de la eine, qu'un de ses lieutenants avait entrevu au delà “de l'ile de Baillie-Hamilton : il s’avança en traineau usqu'au 77° degré de latitude, dans ce grand estuaire entrecoupé de nombreux îlots et toujours hérissé de glaces; mais l’épuisement de ses provisions le força à revenir sans avoir pu dépasser ce point et arriver à la granue mer polaire, qu’il espérait atteindre. Ce ut en souvenir de cette excursion hardie que le passage qui sépare le pays de Grinnell, extrémité la plus avancée du Devonshire du nord, de l’île Cornwallis, et qui termine le canal de la Reine, fut depuis nommé assage de Penny. Sur ses côtes opposées s’avancent es deux caps auxquels Penny donna le nom de sir John et de lady Franklin, monuments lointains et éternels, dont la sauvage majesté s'accorde si bien avec le souvenir d’un si grand malheur et d’une si éroique constance.

bk ÉTUDES SCIENTIFIQUES.

L'Amérique voulut, à cette époque, prendre sa part

dans les expéditions arctiques : une expédition fut M envoyée dans les parages du nord, par un simple M particulier, M. Grinnell de New-York. Les deux na- M vires américains, commandés par le docteur Kane, | furent emprisonnés par un train de glaces dans le détroit de Lancastre : le courant les entraina ensuite M dans le canal de Wellington ; plus tard heureusement il changea de direction et les ramena par les détroits M jusque dans la baie de Baffin : ils parcoururent, dans M4 cette position critique, 1,060 milles en deux cent M soixante-sept jours. Avant son voyage arctique, le PR docteur Kane avait été successivement attaché à la À légation de Chine, il avait remonté le Nil, parcouru 4 la Nubie, le royaume de Dahomey, visité l’Europe, #

et pris part à la guerre du Mexique.

La libéralité de M. Grinnell et des sociétés savantes M des États-Unis permit au docteur Kane de repartir, 1 dès le mois de décembre 1852, pour les régions dé- à solées où l’attirait, avec l'espoir déjà bien affaibli de ! trouver quelques traces de sir John Franklin et. de ! ses compagnons, l'ambition d'étendre les découvertes géographiques des marins anglais et de pénétrer 4 jusqu’à la mer, libre de glaces, dont le pôle boréal # est supposé le centre. Cette espérance a été en grande 1 partie trompée : le docteur Kane ne parvint point à M sortir du détroit de Smith, qui longe la côte occiden- 4 tale du Groënland, et que le capitaine anglais Ingle- 4 field avait peu de temps auparavant visité. Le com- M mandant américain choisit pour lieu d’hivernage, M

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Hand : excepté au Spitzherg, qui jouit d’un climat

insulaire tempéré par des courants marins, aucun navigateur n'avait encore hiverné à une aussi haute latitude. Pendant cent quarante jours, le soleil resta sous l'horizon, et l'an enregistra des tempéralures qui descendirent jusqu’à 56 degrés au-dessous de zéro dans un petit observatoire établi près du navire, où l’on continua, même pendant les froids les plus cruels de la longue nuit arctique, une suite non interrompue d’observations magnétiques, astronumiques et météorologiques. En partant du point où il était arrivé avec son navire, le docteur Kane avait compté faire de longues expéditions en traineau ; il avai emmené avec lui neuf magnifiques chiens de Terre-Neuve et trente-quatre chiens esquimaux qu'il eut beaucoup de peine à dresser ; mais l'extrême rigueur de l'hiver les fit presque tous périr, et il ne lui en restait plus que six au moment où la saison permit de commencer les explorations. Pour n'être ni très-nombreux ni très-étendus, les résultats n’en furent pas moins des plus intéressants. Dans une de ses expéditions, le docteur Kane décou-

vrit sur la côte occidentale du Groënland un glacier | qui, par ses proportions colossales, laisse bien loin derrière lui tous ceux que l’on connaît dans le monde entier. Il donna au glacier lui-même le nom de Humboldt, et aux promontoires qui le terminent ceux d’Agassiz et de Forbes, deux savants dont les études

sur les phénomènes glaciaires sont si justement cé. # lèbres. Entre ces deux points, sur une longueur de Mn" plus de vingt lieues, le glacier se termine par une MP" haute muraille élevée de cent mètres au-dessus de ha M mer, Le docteur Kane ne put gravir cette formidable M barrière, ni contempler l'immense mer de glace qui la domine, plus digne de ce nom que celle que tant 4 de voyageurs vont admirer au-dessus de la vallée de | Chamounix, sur les hautes pentes du Mont-Blanc. On À ne doit pas s'étonner qu'à des latitudes aussi élevées # un glacier puisse atteindre une pareille extension, @ qrand on réfléchit que de là jusqu’au cap Farewell, sur cinq cents lieues de longueur, le Groënland est ue 1 recouvert en entier par un manteau de neiges éter. Man nelles dont personne ne pourra jamais mesurer 1 Mdesce! profondeur. | Se Le docteur Kane traça ensuite les contours du ca- Mi et le nal de Kennedy, prolongement septentrional du ca- M hong nal de Smith. Une petite troupe, dont il faut regret- MSC TS ter que le chef de l'expédition n'ait point fait partie, "> ‘ atteignit un point où la glace commençait à céder : MMS!0l les chiens attelés au traîneau, prévenus par leur ins- | one

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tinct, refusèrent d'avancer. Il fallut gagner la côte ! pabit 1] . . @ S Oo:

voisine. Les voyageurs ne lardèrent pas à voir s’ou- M 6 vrir devant eux un canal où une flotte entière aurait 4 se sé chien

pu manœuvrer à l'aise, et qui s’élargit de plus en 4 plus à mesure qu’ils avancçèrent vers le nord. Le bruit M inaccoutumé des vagues, la rencontre de nombreux * oiseaux marins, tout leur fit espérer qu'ils étaient ar-

rivés enfin à la véritable mer polaire ; malheureuse. 4

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ÉTUDES SCIENTIFIQUES, D7 nent un cap élevé vint arrêter leurs progrès. Du point extrème où ils étaient parvenus, ils aperceaient du côté de l’est un horizon libre et sans glaces; à l'ouest s’élevaient les pitons bleuâtres dont la chaîne omine la terre de Grinnell, qui fait face au Groënand. La cime la plus lointaine, peu éloignée du 83° degré de latitude, que personne n’a jamais atteint, eçut le nom illustre de sir Edward Parry.

Les influences qui dégagent les détroits du grand abyrinthe ‘arctique, obstrués par les glaces l'hiver, agissent d’une manière si irrégulière et si incertaine, ue l'explorateur américain attendit vainement penant tout l'été le moment qui lui permettrait de redescendre vers la baie de Baffin. Les jours se succéaient sans amener aucun changement. L'impatience et le découragement des malheureux voyageurs se hangèrent en un morne désespoir, quand il fallut se résoudre à affronter les rigueurs d’un nouvel hier, cette fois sans charbon, sans vivres, sans proisions suffisantes. Ils réussirent heureusement à onclure un traité avec quelques Esquimaux. qui abitent ces frontières reculées du Groënland : iis s’'engagèrent à les aider à la chasse; les Esquimaux promirent en retour de prêter aux Américains leurs chiens et de partager avec eux les produits de leur èche. Ils ne violèrent le traité dans aucune occasion, et ne songèrent point à profiter de leur supériorité numérique pour s'emparer du navire et de tous les objets précieux et nouveaux qu'il contenait. L’on est raiment touché de trouver des sentiments si hu-

d8 ÉTUDES SCIENTIFIQUES.

mains et si généreux dans une peuplade misérable, M qui n’avait jamais eu aucun contact avec des hommes M civilisés. 4 Cependant la longue nuit arctique interrompit bien. M tôt ces communications. Enfermés dans une étroite cabine entourée de mousse, à peine défendus contre l le froid, obligés de brûler chaque jour quelque par:\ F tie du navire, atteints du scorbut, osant à peine inter} roger l'avenir dans leurs sinistres réflexions, le doc-W teur Kane et ses compagnons atteignirent sans doute À la limite des souffrances que la nature humaine peulk À endurer. Quand le printemps revint, ils n’hésitèrent pas à prendre le parti désesperé d'abandonner le vaisseau et de retourner vers les établissements da- M : nois du Groënland. Cette tentative hasardeuse réussit, à et après quatre-vingt-trois jours de voyage ils arri.! vèrent à Uppernavik. Ils montèrent sur un brick da-B nois qui partait pour les îles Shetland; mais en reli- ls chant à Disco, ils furent recueillis par un vaisseau! américain qu'on venait d'envoyer à leur recherche, l et où le docteur Kane eut la joie de rencontrer son frère, qui avait voulu se joindre à l'expédition. | Après avoir publié le récit de son périlleux voyage, | le docteur Kane partit pour La Havane, où il essay À en vain de rétablir une santé que l'excès des privations et des fatigues avait profondément ébranlée. là h A mort vint l’y frapper, à l’âge de trente-quatre ans, M et tous les amis des sciences apprirent avec regret À qu'une carrière, déjà si dignement remplie, avait M été si brusquement terminée. 3

Mais il faut revenir aux expéditions anglaises, qui pendant tout ce temps ne furent pas un moment inerrompues : dès 1851, une nouvelle expédition à la reherche de Franklin avait été préparée en Angleterre, et le commandement en avait été confié à sir Edward Belcher. Il emmena avec lui lestrois vaisseaux à voiles, Assistance, la Resolute et l'Étoile du Nord, et deux pleamers, le Pionnier et l’'Intrépide. On se dirigea directement vers l'ile Beechy, où l'Étoile du Nord esta comme vaisseau de dépôt, sous le commandeent du capitaine Pullen. Belcher lui-même s’engabea dans le canal de Wellington, et envoya le capiaine Kellett vers l’île Melville, dans la direction de l'ouest. Belcher visita les îles Dundas et Baillie-Ha- Milton , les côtes orientales du canal de la Reine; puis il alla jeter l'ancre à Northumberland Sund, ans le passage de Penny. Avant le commencement e l'hiver, il fit une excursion avec ses lieutenants Richards et Osborn, et arriva en traîneau jusqu’à la artie septentrionale du pays de Grinnell. De là il se dirigea en canot vers le nord, jusqu’à une grande dition. Aicrre inconnue, qu’il nomma la Cornouaille du nord. lleux voyage, ‘ a traversée ne fut pas sans danger : le canot était où il essaya beaucoup trop chargé, et dans toute la largeur du ès des prive passage qu'il fallait franchir, la mer roulait d’énorébranlée. La Mines glaçons, dont quelques-uns avaient jusqu’à qua- -quatre ans, Rrante pieds d'épaisseur. La puissance et la régularité avec regret Mu flux dans ce détroit firent croirc à Belcher qu'il mplie , avai "st lié aux passages de Smith et de Jones, qui s’ou-

rent dans le fond de la baie de Baffin, et qu’il

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un vaisseau} ir recherche, ncontrer son

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Cette fois Belcher se dirigea vers l’est pour retrou. 2 37a1 ver, s’il était possible, le passage de Jones. Il dépasu Mille ct les hautes falaises qui forment l’extrémité oriental Mection du pays de Grinnell, franchit le golfe qui le séparai pires, du Devonshire du nord proprement dit, et découvri Mt vers bientôt une mer dont les flots se déroulaient libre-MBnpel ment devant lui; il y aperçut une île, la plus méri. PR côle dionale d’un archipel qui reçut le nom de Victori:. Ps — On ne pouvait aller plus loin en traîneau, et Belcher@l Île dl dut revenir sans avoir atteint le passage pas “. flicie crainte qu’il ne lui fût plus possible de repasser leon. glaces, et qu’il ne se trouvât séparé de ses commu: W - LA nications dans ces horribles solitudes. Pendant «Mille et temps, un de ses lieutenants, Richards, allait explo-f | rer la partie septentrionale de l’île Cornwallis et vie n0 siter le capitaine Kellett à la petite île Dealy, :où ik M" avait établi ses quartiers d'hiver. Le lieutenant Osbom# ivit entreprenait l'exploration des côtes occidentales du ibn canal de la Reine, et faisait plus de 1200 milles def pure long de falaises sauvages et abruptes. .

Mais c’est aux officiers emmenés par le capitaine pns de Kellett qu’il était réservé de faire les plus importantes D'ic découvertes de cette campagne. Avant même le con- (pt

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encement du premier hiver, le lieutenant Mac lintock était déjà allé établir ses premiers dépôts et

Bisiter les alentours de la grande baie, ouverte dans

à partie septentrionale de l’ile Melville, et qui porte e nom des deux vaisseaux que Parry commandait ans son célèbre voyage de découverte, l’Hécla et le riper. Dès le printemps, il traversa de nouveau > srand plateau qui forme le centre de l’île Meiille et en suivit les côtes septentrionales dans la diection de l’ouest. Il aperçut de ses derniers promonbires, vers le nord, une île qu’il nomma Émeraude, t vers l'occident une grande terre inconnue qu'il ppela l’île du Prince-Patrick. Il redescendit ensuite à côte occidentale de Melville, et donna à l’un des ps — d’où l’on découvrait le ‘mieux les lignes de île encore inconnue —le nom de M. de Bray, jeune fficier français qui l’accompagnait dans son expédion. Mac Clintock découvrit bientôt une autre île siée au milieu du détroit qui sépare les îles de Melille et du Prince-Patrick. Il franchit en traineau ce assage, et alla examiner la pointe avancée de cette e nouvelle (nommée Eglinton) et toute la parti: ptentrionale de la grande île du Prince-Patrick. Il ivit sur une grande longueur des côtes unies, si asses que sous le manteau des neiges il devenait puvent difficile de tracer la iigne qui les sépare de eur ceinture de glace. L'île du Prince-Patrick est ans doute la dernière du grand archipel Parry, et Mac Clintock avait pu dépasser la dangereuse barère des glaces, il lui eût peut-être été donné de h

voir en face cette mer polaire inconnue, qu'aucuik

vaisseau n’a jamais sillonnée, et où nul bruit huma ne s’est jamais mclé au gémissement monotone de! vagues et des vents.

tour extrêmement pénible : il fallait franchir dl

torrents grossis, avancer lentement, souvent avec de l'eau jusqu’à mi-corps, à travers d’immenses maré-} cages entrecoupés par de profonds ravins ; Mac Clin

tock revint heureusement auprès des vaisseaux don il avait été séparé pendant cent cinq jours. Les ri Sultats de cette expédition furent complétés par li

lieutenant Mecham, qui découvrit de son côté, quet} ques jours après Mac Clintock, les îles du Prince Patrick et Eglinton, mais qui en visita seulement le côtes méridionales. |

Cette campagne, si heureusement conduite et sk féconde en renseignements précieux sur la géographià

de la vasie zone arctique comprise entre le 89° et le 125° de longitude se termina malheureusement par des! désastres. Belcher fut contraint d'abandonner deu de ses navires dans les glaces du canal de Welling} ton; deux autres restèrent à l'entrée occidentale di

canal de Barrow. Il fallut laisser à la mer arctiquik

cette proie, au risque de ne jamais revenir et d’être anéantis, corps et biens, sous le formidable assaut des glaces dont il n'était plus possible de se dégager

J'arrive aux expéditions qui furent envoyées pa le détroit de Behring. Dès 1848, le capitaine Kellek et le commandant Moore, sur le Herald et le PlovviÀ

artirc rouva

e, qu'aucué

artirent dans cette direction. Le capitaine Kellett ruit human ,ouva au delà du détroit de Behring une terre trèsonotone « si Mscarpée et très-étendue, où les tempêtes l’empêchè- Mont constamment d'aborder. Cette découverte imdirent le re rtante doit être rapprochée du récit déjà ancien d’un ranchir dxavigateur russe, Andreyev, qui fit ane expédition ivent avec dc long des côtes de la Sibérie en 1762. Andreyev afenses maré-rme qu’il atteignitune contrée dont la côte était press; Mac Clic parallèle à celle du continent et habitée par une isscaux don} ace encore inconnue.

purs. Les ré Les capitaines Collinson et Mac Clure furent enplétés par lRoyés au détroit de Behring en 1851. Collinson revint côté, quel après trois ans de dangers et d’infatigables exploradu Prince "ions. C’est à Mac Clure qu'était réservé l'honneur de seulement 8% frayer un chemin au delà du détroit de Behring Æusqu'aux parages parcourus auparavant par les naires venus de la baie de Baffin, et de découvrir ainsi

onduite et sh

la géographie e fameux passage du Nord, cherché inutilement dere le 89° etluis des siècles. Il franchit heureusemeni la barrière

ement par de ndonner deu il de Wellingk ccidentale di mer arctiqu'i renir et d'être idable assail le se dégager f envoyées par pitaine Kellclik 1 et le Plovers

jangereuse de l'archipel aleutien, passa le détroit de Behring, et suivit un passage demeuré libre tout le ong de la côte américaine : il arriva ainsi jusqu’à ‘embouchure du Mackensie, aux caps Bathurst et Parry, et devant une grande île encore inconnue, qui porte aujourd’hui le nom d’île Baring, et dont le pays de Banks, autrefois aperçu par Parry, forme seulenent la côte septentrionale. Mac Clure entra dans un ong détroit qui suit la côte orientale de cette île el a sépare de la terre du Prince-Albert; il y pénétra très-profondément , et n’était plus très-loin des

eaux des îles Parry, quand les glaces vinrent l'ar- Miromme rêler. IL hiverna en ce point : au printemps, ii revint 4 ACL sur ses pas et tourna le long des côtes de l'ile Baring Auc”s à jusqu’à sa partie septentrionale. Là encore il fut em. MM'ile de prisonné par les glaces; mais de ce point il put com- Mau un i muniquer avec un officier de l’escadre de Belcher. ##mmen

On envoya ses dépêches par traîneau jusqu’à l'ile À trendait

Beechy, d'où elles furent emportées par le capitaine 4 t dont Ingicüeld. Mac Clure passa trois hivers dans ces ré- | ‘olontai gions, #t fit de nombreuses expéditions dans l'ile L. ux Cnv Melville ei dans tous ses alentours. AMuatre | Ingleñeld, qui rapporta les dépèches de Mac Clure, Môle ave venait lui-même de faire une exploration très-heu- Mubitem reuse dans les deux grands canaux qui s'ouvrent au Mt fissu fond de la baie de Baffin, et qu'on nomme les dé- Maui Le : troits de Jones et de Smith. Il pénétra dans ce dernier Mes mo jusqu’au 77° degré de latitude; mais une furieuse Mpisparu tempête le ramena au sud. Les plateaux élevés qui Ferré: à bordent ce large passage, et qui s'ouvrent çà et là passe b pour laisser descendre desglaciers, étaient recouverts Mrance de belles mousses; des herbes marines flottaient en MBPar les abondance sur les eaux, où l'on observait un cou- Mpnente rant très-marqué. Inglefield rapporta de cette course MRontair( la conviction que le canal de Smith établit une com. Mers de munication avec la mer polaire, et que le Groënland $ Les est par conséquent une île complétement isolée et | hui à non pas une péninsule, comme on l'avait cru pen- prit dant longtemps. ntérêt Le canal de Jones, qui s'ouvre à l’ouest de la baic MOnStat de Baffin, n’est sans doute aussi qu'un détroit, Mpnextri

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nrent l'ar. (D onme ceux de Wellington et de la Reine, et l’on Is, il revint voit que dans leur ensemble la masse des terres sil'ile Baring Mocs au nord du long détroit de Barrow, depuis il fut em. MN'ie de Melville jusqu’à la baie de Baffin, ne forme il put com- qu'un immense archipel. Le capitaine Inglefield avait e Belcher, Ææmunené avec lui le lieutenant français Bcliot, qui se squ'à l'ile | rendait pour la secende fois dans les mers arctiques, e capitaine Met dont la fin fut si malheureuse. Bellot s'était offert ns ces ré- Miolontairement pour porter des dépêches importantes dans l'ile Maux environs du cap Becher. Parti en traîneau avec Mhiuatre hommes seulement, il se trouva séparé de la

ôte avec deux d’entre eux, sur les glaces qui s'étaient subitement détachées. Il alla le premier reconnaître a fissure qui s'était produite; quand les matelots ui le suivaient et l'avaient perdu de vue derrière des monceaux de glace arrivèrent à leur tour, ilavait disparu, et'ils ne retrouvèrent que son long bâton erré, avec lequel il avait essayé de franchir la creasse béante. On pleura en Angleterre comme en rance cet homme si jeune, si vaillant, qui, pressé ar les seuls besoins de l’activité généreuse qui tourente les grands cœurs, s'était deux fois offert vo-

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Mac Clure, # très-heu- # ouvrent au * me les dés ce dernier * ne furieuse À élevés qui M nt çà et là!

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‘ette course ontairement à partager les souffrances et les dantune com. Mers des expéditions arctiques.

Groënland #4 Les principaux objets de ces voyages sont aujour-

‘hui atteints ; le problème du passage du Nord est en effet résolu. Depuis longtemps il n’avait plus qu’un ntérêt purement scientifique. Un passage difficile et onstamment encombré par des radeaux de glace Bucxtricables ne peut jamais deveir une des grandes

at isolée et | it cru per |

t de la bic in détroit,

routes commerciales du monde, et il faut renoncer i! pénétrer dans les eaux du Pacifique en franchissant # le labyrinthe polaire. Quant an sort de John Franklin

et de ses compagnons, aucun doute ne reste permis. : |

Enfin la géographie de ces contrées est aujourd'huiM

fixée dans ses détails les plus importants. Sur la plu. \ 4

part des cartes ordinaires, les contours du labyrin.A

the arctique étaient jusqu’à ce jour à peine ébau-M

chés ; on a pu, sur les cartes les plus récentes, les l :

tracer enfin avec exactitude. Que reste-t-il donc étudier dans les régions polaires? Les physiciens sa |

vent aujourd’hui qu’il n’est pas besoin de se rappro. N cher beaucoup du pôle magnétique, si l'on veut4 étudier le phénomène des aurores boréales. Pour \ voir se déployer dans toute leur magnificence ces

grandes arches radicuses d’où jaillissent des colonne M

de lumière agitée et nuancée des teintes les plus m1. M

gnifiques, il faut aller dans le nord de l’Europe, à

Laponie, en Islande, à Terre-Neuve, au Groënland, i däns le Haut-Canada, où Franklin, Richardson, Thie.#

neman, Gieseke, Bravais, Lottin, Wrangel et Anjou M

firent leurs remarquables observations. L'on connait aujourd’hui l'explication du mirage et de tous ce # jeux de lumière si fréquents dans la zone arctique :À halos, couronnes, cercles tangents, parhélies, an-

thélies, parasélènes. Enfin l'on a peu de choses à ap:! prendre sur la formation des glaces, leurs mouvements, et l’on a tracé les grandes routes de leur | migration annuelle.

IlLest cependant encore un problème dont les ré-

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gions polaires disputent la solution aux efforts des navigateurs : c’est l'existence d’une grande mer polaire intérieure libre de glaces. IL y a longtemps qu’on l'a soupçonnée, et les Russes donnent à cette méditerranée arctique encore inconnue le nom de Polynie. Les peuples du Nord ont conservé la tradition d’une expédition faite autrefois par des pêcheurs hollandais, qui, dit-on, purent s’avancer sur la mer mystérieuse jusqu’à un degré du pôle; mais de nos jours

t-il donc À on peut invoquer des témoignages plus positifs. iysiciens sa MS Wrangell et Anjou, dans leur expédition sur les e se rappro- olaces de la Sibérie, trouvèrent partout devant eux

si l'on veulé un océan sans limites au delà de la grande barrière éales. Pour qui emprisonnait les rivages. Tous les navigateurs ificence ce qui ont exploré les passages de Wellington, de la des colonne: # Reine, de Smith et de Jones, ont admis que ces vastes es plus mi: %Æ canaux sont des détroits qui conduisent à la haute l’Europe, eu mer. On sait que Parry rapporta la même opinion de Groënland, + sa célèbre et aventureuse expédition au nord du

rdson, Thic-l ù Spitzberg. Une mer très-profonde et traversée par el et Anjou des courants très-puissants ne peut sans doute jamais L'on connai Aôtre prise, quelque soit la rigueur du froid. Nous de tous ces) avons déjà fait remarquer que l’excessive accumulaie arctique :% tion des glaces dans le labyrinthe polaire s'explique rhélies, an- 1 par la configuration des terres, par ce large dévelopchoses à ap-ÆS pement des côtes qu’entrecoupent des détroits toreurs mouve-f@ lucux et de grands estuaires semés d’ilots. On conçoit ites de leur! #k aussi aisément qu’une immense plaine de glace puisse s'étendre tout le long du continent asiatique, car il

dont les ré- vient en quelque sorte mourir insensiblement sous

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68 ÉTUDES SCIENTIFIQUES, la mer, dont le fond ne s'abaisse que très-lentement à mesure qu'on s'éloigne du rivage; mais tout semble faire croire au contraire qu'il y à au pôle une mer pro, nde, où de grands courants entretiennent une consiante circulation.

L'Océan polaire reçoit le tribut de trois continents: dans le nord de l’Europe ou de l'Asie, 1 200 000 licues

carrées y déchargent leurs eaux par ces fleuves im- M

menses qui tous descendent du sud vers le nord, En

Amérique, le Mackensie seul, avec les lacs qu'il tra- 4 verse, sert de réservoir aux eaux de 200 000 lieues M carrées. Cette immense invasion d’eau douce ne peut M

se faire que pendant la saison où les embouchures sont débarrassées de glace. Le bassin polaire, ainsi surchargé pendant une partie de l’année, n’a que trois

déversoirs : le détroit de Behring, les passages du laby- 4 rinthe arctique qui communiquent avec la baie de M Baffin et d'Hudson, et le plus important de tous, en- 4 tre le Groënland et la Norvége, qui se trouve encore À divisé par l'Islande et le Spitzherg, et qui sert en mêmetemps d'entrée au grand courant du gulfstream.

Pendant l'été, le courant principal y a la direction du M nord au sud, et pendant l'hiver du sud au nord. 4 Wrangell à aussi remarqué le long des côtes de la M Russie et de la Sibérie que le courant va de l’est à 4 l’ouest pendant l'été, et que pendant l'hiver un cou- ” rant opposé va des îles Færoë au nord-est vers le M détroit de Behring. Il est donc hors de doute que là &

zone polaire est le siége d’une vaste circulation qui !

doit s’opérer dans un grand bassin intérieur.

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L'étude des températures et de leur distribution dans la zone arctique confirme également l'existence dune mer polaire. Le pôle de la terre en cffet n’est pas le point où le froid est le plus grand, pas plus qu'il n’est le pôle magnétique. Il existe dans la zone “laciale deux pôles de froid maximum autour desquels viennent tourner ces courbes que l’on nomme isothermes, parce qu’elles représentent la suite des points de la terre où les températures moyennes sont les mèmes. Ces deux pôies se déplacent dans le cou-

Lrant de l’année, par suite du mouvement des glaces

pendant l'été, mais ils restent toujours assez éloignés du pôle même de la terre. On comprendrait difficilement ce fait, si ce pôle était le centre d’un vaste continent recouvert d’un linceul glacé ; il faut donc admettre qu'il se trouve dans une vaste mer, traversée par de puissants courants compensateurs. Il ne se-

M rait donc pas impossible peut-être, comme l’a souuve encore À

ui sert en # quifstream. % irection du 4 | au nord. M côtes de la M , de l’est à * er un cou- M est vers le M oute que là # alation qui À

tenu avec beaucoup de talent un géographe allemand, M. Petermann, en dépassant la Nouvelle-Zemble dans une saison convenable, de se diriger directement vers le pôle, et pourtant l'on a constamment négligé cette route si naturelle pour s’obstiner à fouiller péniblement les détours du labyrinthe polaire.

Tout fait croire désormais qu’il se passera de longues années avant que de nouveaux explorateurs aillent s’aventurer dans les parties les plus reculées des régions du Nord. La voix de l’homme ne troublera plus chaque année le silence des hauts déserts arctiques, et ses pas n’y fouleront plus souvent le manteau

vierge des neiges. Les pêcheurs iront encore s’aven- M lurer l'été à l'entrée des détroits, à la poursuite des

phoques et des baleines : les passages redoutés seront M encore sillonnés par les frêles Æayaks où l'Esquimau

s’'emprisonne, flèches vivantes qui fendent les vagues, M et volent comme les mouettes dans la tempête; mais M l'on ne verra probablement plus de longtemps dem véritables escadres pénétrer dans ces canaux longs M tortueux, où la navigation est un continuel danger.

L'homme fait ainsi, comme pour attester sa puis- M sance, des invasions hardies dans les régions d'où M il semblait à jamais exclu; mais quand il a surpris M le secret de la solitude, il rentre dans son domain” habituel, comme ces tribus conquérantes qui envahis- M sent subitement une contrée, répandent autour d'elles 4 l’étonnement et la terreur, puis se retirent avec leur 4

Lorsc est fraf butin pour ne plus jamais revenir. ÆMantarct

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