CONDITIONS D’UNE VRAIE RÉFORME
même temps ; mais il faut ménager les transitions, dénouer les difficultés et non les trancher, indemniser ceux qu’on déplace ou qu’on
dépouille, aussi complètement qu’il est possi-
ble de le faire sans renoncer à l'essentiel de
Ja réforme elle-même.
En second lieu, loin d'empêcher et de retarder l’accroissement de la richesse collective, la réforme devrait favoriser cet accroissement et l’accélérer, car l'abondance est indispensable pour que la part de chacun puisse être suffisante. | 3 RS
Enfin, troisième condition, que renferme 1mplicitement la seconde : la réforme vraie augmentera, fortifiera la liberté des individus ; des mesures qui tendraient à la paralyser ou à la comprimer iraient diamétralement contre le but.
En face de l’idéal socialiste que nous avons fait connaître à nos lecteurs, il convient de préciser, d'expliquer, de justifier ces condi-
tions. Le socialisme avancé, jadis appelé, d’un
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terme plus simple et plus net, communisme, repose sur l’idée des ateliers nationaux. Nul ne pourra vivre sans travailler, nul non plus ne pourra travailler comme il l’entend, créer
une nouvelle industrie, un nouveau produit |
-et lui chercher des débouchés à ses périls et risques ; l'autorité fixera la nature et la quantité des objets utiles de chaque sorte qui devront être produits annuellement, la nature et l'étendue des terrains qui seront affectés à chaque culture. Le progrès n'aura la faculté de se réaliser qu'avec l'agrément des bureaux. L'initiative n’appartiendra qu'aux bureaux ; Pindividu n’aura d'autre liberté que celle de choisir l’escouade ou les escouades de travailleurs avec lesquelles il préfèrera gagner sa pitance, sauf au magistrat de le mettre ailleurs. si l’escouade a déjà son nombre. Ne pouvant rien pour le sort de ses enfants, ne pouvant pas, au moyen d’un travail plus assidu, avancer d’un jour le temps du repos pour lui-même, on juge avec quelle ardeur il travaillera. Ne pouvant tirer aucun parti de ses inventions, pas même pour abréger sa propre tâche, on