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faim, mais il vit esclave. Cependant, lorsque les temps sont favorables, il peut épargner quel-
que chose sur son salaire. Isolément ces économies suffiraient mal à l’entretenir dans sa | vieillesse : elles lui permettront de vivre durant
les chômages, et d'accepter au besoin des sa- | hs insuffisants. Jointes aux épargnes de . quelques compagnons, elles formeraient une somme qui leur permettrait d'emprunter et d'acquérir, Alors ils pourraient cultiver la terre ensemble, ou transformer les produits du sol < en marchandises et les échanger pour leur propre compte. Si la classe déshéritée arrivait à se proposer un idéal plus élevé que de gros à salaires et peu de besogne, à comprendre que Je salariat ne comporte pas la liberté et le communisme pas davantage; si chaque ouvrier
voulait pour son compte être un homme, il 3 lui serait aisé, par l’action combinée du droit 1 de suffrage, de l'épargne et de la grève, de réduire le capital à capituler, et l'association
coopérative — où celui-ci peut d’ailleurs conserver une place avantageuse et garantie en re-
nonçant à la toute puissance — donnerait une
assiette à sa liberté. Il ne peut pas être question
de supprimer le salariat d’une manière abso-
lue ; il est évidemment une foule de besognes
accidentelles et même de fonctions permanen-
tes qui ne sauraient trouver d'autre rémunération ou de rémunération plus convenable. Ce
qui importe à la paix et à la santé de la société moderne, c’est que le travail essentiel de la . production cesse de s’accomplir par la contrainte exercée sur des agents intéressés à travailler le moins possible, sans indépendance
et sans lendemain.
L'association coopérative libre est donc Fe
venir, si toutefois la civilisation moderne, que
naguères on nommait chrétienne, possède réel-
lement un avenir; mais la coopération ne peut
s'établir quegraduellement, lentement, encommençant par l'élite des ouvriers. Le développe-
ment et le succès en exigent, ainsi qu’on l’a
répété fréquemment dans ces articles, la for-
mation d’un état-major technique et d’un étatmajor commercial dont le prolétariat possède
à peine aujourd’hui quelques éléments; ilsne