‹ Études socialesChapitre 7 sur 57 · LES TROIS CLASSES · texte numérisé non relu

LES TROIS CLASSES

chant décharger une arme et marcher au pas,

et qui, gonflés d’espérances vaines-et de SYS- tèmes creux, guettent l'heure de la vengeance, Sans voir en réalité rien au delà.

Entre ces deux camps, que reste-t-il? Les petits propriétaires, les petits rentiers, le petit et moyen commerce, les professions lettrées et les vieux métiers, les classes moyennes au sens vrai du mot. Ces classes nombreuses, plus ou moins instruites, doivent-elles rester passives, entre l’enclume et le marteau, ou leur sied-il de s’enquérir du péril social pour chercher à le conjurer ? Iront-elles s’enrôler au gré d’un instinct aveugle sous la bannière du collectivisme ou sous le drapeau du

ie conservatisme à outrance ? Nous compre-

nons différemment leurs intérêts et leurs obligations. Elles tiennent entre leurs mains le sort de la société tout entière. Si elles pouvaient rester unies, elles décideraient infailliblement la victoire. La .question agitée affecte

leur intérêt, en tant que l’aisance et la pros-.

périté générales y sont attachées, mais avant examen elles ne sauraient dire de quel côté

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penche cet intérêt. Relativement désintéressées, elles peuvent donc être impartiales, et leurs offres de médiation auraient quelque chance d’être écoutées. Il leur importe d'offrir . cette médiation et de donner la paix à la société. La condition nécessaire et suffisante d’un tel. résultat, c’est que cette classe moyenne, relativement neutre, se fasse une opinion sur la question sociale, qui se résume pratique-

ment it dans la question due salariat.

Si ce problème est era de. recevoir

une solution équitable, ce sont les neutres qui :

la trouveront, parce que seuls ils possèdent l'impartialité nécessaire au succès d’une telle recherche : et ce sont les neutres qui la feront prévaloir, parce qu'en dernier ressort c'est

auprès d'eux que la force réside.

LR position de la question.

Qu'il ait ou non sa raison d’être, l’antagonisme est complet entre la classe qui tire exclusivement sa nourriture d’un travail manuel fait pour le compte d'autrui, avec des matériaux et des outils fournis par autrui et la classe qui tire de ce travail les moyens d’une existence large et facile. Cet antagonisme, toujours brülant, a fait déjà plusieurs fois explosion : guerre sociale tantôt sourde, tantôt déchaînée, dont la terminaison serait prompte et l'issue certaine, si la collision n’était pas amortie par la masse des neutres et des indécis.

Entre ceux que les conditions actuelles du travail et de la jouissance favorisent manifestement et qui, sans aller tous peut-être jus-

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qu’à les déclarer parfaites, n’estiment pas à propos d’y rien changer, et les ouvriers de fabrique, qui se sentent malheureux, se croient victimes et cherchent dans la révolution so-

ciale la punition de ceux qu’ils tiennent pour

leurs oppresseurs, nous voyons les cultivateurs qui labourent leur propre champ ou bêchent leur propre jardin, les métayers, les fermiers, les anciens métiers, les fonctionnaires publics, les gens de plume à position plus ou moins

fixe, tous ceux qui reçoivent directement du |

consommateur le prix de leurs produits ou de

leurs services sans tirer leur principal revenu :

du travail d'autrui. Aucune de ces catégories

de personnes ne pourrait se considérer comme

désintéressée dans les questions sociales, mais

elles peuvent se demander de quel côté penche leur intérêt, et dans le doute, elles peuvent rester neutres. F |

L'absence d’une préoccupation personnelle

absorbante, qui rend leur neutralité possible,

leur permet aussi d'étudier le problème au point de vue de l’intérêt général avec une sincérité qu'il serait imprudent d'attendre des

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E autres. se ne n'est sans doute que l’honnue NN a

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néteté triomphant d’une grande épreuve; mais TS 2 Le VE CE Le

dans la vie civile on ne demande l’héroïsme à personne; tandis qu’on exige au moins le semblant de la probité. Ce sont donc naturellement les personnes de condition moyenne qui

ont le plus de chance de trouver des solutions

ou des transactions acceptables; ce sont les. ot cola A

classes moyennes qui pourraient restaurer la paix sociale, si elles arrivaient à se former une opinion. Pour difficile que soit la matière, en raison de sa complexité, une science désintéressée en viendrait probablement à bout.

Abstraction faite des droits acquis et des transitions, le problème est d'indiquer la forme

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sociale qui, dans l’état actuel des moyens tech-

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niques, assurerait, en respectant la liberté

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dérément croissante, sous un mode Fa répar- So

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tition qui ne laissât que peu de place au dé-

nuement immérité. C’est donc un problème ERP ENS ESA

de quantité, c’est une question de chiffres, où la science est souveraine. Il y a des raisons

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d'espérer une solution ; c’est un devoir de la chercher et c’est un devoir de l’attendre avec patience. | |

Si nous convions le lecteur à la chercher avec nous, ce n’est pas dans l'espoir d'un succès prochain: nous n'avons rien trouvé nous-même, et ce que nous avons reçu ne nous suffit pas; mais nous nous flattons d’y voir assez pour tracer un plan d’étude, peut- | être aussi pour pouvoir recommander quelques améliorations partielles propres à cak mer la fièvre et à faire gagner du temps.

La première recherche qui s’impose à nous serait d'examiner si cette question sociale dont nous parlons avec 108 le monde existe bien réellement, s’il y a, non pas des individus.

isolés, mais des classes ou ‘une classe dont la. tou soit incompatible : avec son dévelop-.

pement physique et moral et la condamne irrémissiblement àl la souffrance.

En supposant qu’on soit réduit à convenir qu'une classe est sacrifiée, il faudra se demander encore si ce mal est guérissable, s’il

résulte de dispositions accidentelles, d’usur-

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