‹ Études socialesChapitre 8 sur 57 · AT SE ES · texte numérisé non relu

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permanentes, de sorte qu’il ne puisse pas être

corrigé.

; | Si nous trouvions quil n’y a point de classe sacrifiée ou qu'il est impossible qu'il n’y en ait pas une, notre enquête serait terminée. Si notre société paraît vraiment malade, au con-

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traire, et si son mal semble tenir à des arrangements modifiables, la question sociale sera F- définitivement posée en ces termes : «un chan- | gement étant nécessaire, en quoi ce change- ment doit-il consister ? » Avant d'imaginer un nouveau remède, il conviendra de considérer ceux qui ont été proposés; nous essayerons de choisir entre les théories socialistes, quitte à nous mettre en frais de création si nous n’en trouvons aucune de nature à nous satis- faire; mais le travail critique resterait vain et tout accord sur le résultat serait impossible, si nous n’avions pas arrêté préalablement les conditions principales auxquelles une réforme devra satisfaire. Dès ce moment nous croyons

pouvoir en poser trois, qui se justifient pe leur énoncé même. je &) Pour mériter d’être entreprise, ou seulement d’être discutée, la réforme projetée devra satisfaire à la justice, en respectant les droits acquis, même ceux qui dans l’origine n’auraient pas été légitimement acquis. En effet, l'Etat ne doit pas manquer à la parole qu’il a donnée, il ne saurait se renier lui-même; les situations prises avec son assentiment, en vertu de ses lois, ont acquis relativement à lui une valeur qu'il ne saurait méconnaitre.

Cependant il ne faudrait pas exagérer cette obligation au point de rendre toute réforme impossible en attribuant aux privilèges une inviolabilité que ne leur reconnait pas la loi même sous l'empire de laquelle ils se sont établis. Cette loi permet à l'Etat d’affecter au service public quelque bien que ce soit, mobilier ou immobilier, en indemnisant son propriétaire. Les circonstances peuvent conduire l'Etat à faire de ce principe une application plus générale que du passé ; et si ses ressources ne suffisent pas à dédommager absolument

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les particuliers atteints par une mesure de sa-

: lut public, il aurait satisfait à son obligation

en les couvrant autant que possible; le solde manquant viendrait se ranger sous la rubrique

de l'impôt. En fait, on n’est jamais certain que les indemnités d’expropriation soient suf-

fisantes, le fisc ne paie pas les prix d'affection.

Il n’y a pas ici de principe engagé, il n’y a

que des questions d'équité et d'humanité, des questions de plus ou de moins. Il est impossible qu’une réforme sérieuse s’accomplisse

sans léser les intérêts de quelques personnes ;

si la réforme est vraiment nécessaire, l'Etat

satisfait à la justice lorsqu'il les indemnise du mieux qu’il le peut.

b) Une seconde condition de toute réforme vraiment salutaire, c’est qu’elle respecte la

liberté des individus. Si l’on ne peut améliorer MGR Es RAS

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la condition matérielle des classes souffrantes

qu’en les condamnant, ou plutôt en condam-

nant tout le monde au régime des travaux

forcés, il vaut mieux ne rien entreprendre de

général, adoucir les souffrances privées par la

libéralité privée et soutenir l’ordre actuel du

mieux qu'on pourra, en s’en remettant du reste à la Providence.

Les socialistes font bon marché re liberté plus illusoire que réelle pour les classes qui vivent de salaires au jour le jour. Ne comprenant que le salariat, ils voudraient généralement passer fonctionnaires, travailler pour le compte de l'Etat, en réglant comme citoyens les conditions de leur travail. Mais il est difficile de comprendre comment, sous un semblable régime, les produits nécessaires à l'entretien de la société pourraient être obtenus en quantité ‘suffisante sans que les tâches soient distribuées, le travail inspecté et les négligences punies d'office. Supprimer ou diminuer ainsi la responsabilité de l'individu en lui ôtant le gouvernement de lui-même serait aller directement contre le but assigné par la Providence à la société. Ce but n’est pas de nourrir plus ou moins bien des bipèdes plus ou moins nombreux, c’est de former des hommes, dont chacun, possédant une valeur propre, augmente la valeur et la force de l'humanité. Il S'AgE donc d’émanciper et non d’asservir. |

c) Mais pour que l'individu se développe, il faut qu’il soit nourri, vêtu, logé convenablement; 1l faut que le travail manuel n’absorbe

pas tout son temps, en un mot il faut qu'il

jouisse d’une certaine aisance, il faut qu’il consomme plus qu'aujourd'hui, et par conséquent

que la production totale soit plus considérable

qu'aujourd'hui. Un plan do rganisation écono-

mique de nature à diminuer la somme du tra-

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vail exécuté ne pourrait donc pas être admis, et l’on doit considérer comme entaché de ce défaut tout système qui affaiblirait les mobiles ordinaires qui poussent l’homme à travailler

dans les conditions présentes, sans les rem- placer par d’autres mobiles de force égale ou supérieure et bien duement éprouvés, car il ne s’agit pas d’aller aux chimères. Ce que nous

disons du travail doit s’entendre aussi de l’épargne. Puisqu’on ne produit que peu sans

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