‹ Études sociales et économiques sur le Canada [microforme]Chapitre 15 sur 38 · ETUDES SOCIALEX ET ECONOMIQUES · texte numérisé non relu

ETUDES SOCIALEX ET ECONOMIQUES

plus grande, Ces avantages sont à l'honneur du £roupe de lan- £üe anglaise; ils ne sont Pas, —pas encore du moins—, au deshonneur du Kroupe français, La stuation pius favorable du &roupe anglais s'explique par les renforts constants qu'il a reçus de la mère-patrie, en hommes et en argent ; elle tient surtout à ce que le #roupe français, décapité au moment de la conquête, a dû se constituer lentement et péniblement une élite, une clusse Pensante et dirigeante; ce qu'il a fait du reste avec an entise SUCCès, I] n'entre pas dans notre cadre de faire ici une a. lyse de ces conditions et de lenrs causes, Mais nous désirons très vivement faire sentir Ja solidarité nationale de ces deux groupes, Ni le Canada Goit acomplir ses destinées, ils doivent marcher de pair sur Ja terre canadivnne, ils doivent être et se reconnaître égaux en gluires et en lumières, C'est dire qu'avec les âges, le Canada devra contenir une population différente et très probablement supérieure physiquement et mentalement aux autres populations américaines, A in lumière de ja Philosophie de l'histoire, il est permis de raisonner ainsi. Avons-nous jamais réfléchi aux Causes du succès de ces Commençants ou industriels qui s’établissent à l'étranger, succès si remarquable que la sagesse Populaire en a tiré cet axiome: qu'il faut chercher la fortune au loin? Nous pourrions multiplier les exeinples pour en prouver la vérité. Il est plus court de l'établir en énonçant une règle fondamentale de sociologie, C’est que ces hommes qui cherchent ainsi fortune au loin apportent avec eux au pays de leur adoption la mentalité de leur pays d’origine, Ils ajoutent bientôt à ces qualités premières quelque chose qui leur vient de leur entourage immédiat et qui représente Ja mentalité du pays où ils vivent. De cette combinaison il résulte ordinairement une supériorité, laquelle, dans les cas isolés, disparaît naturellement au bout de quelques générations, Elle devient permanente lorsque le contact a lieu entre deux races exerçant l’une sur l'autre, dans un même Pays, une action constante, et sans qu'aucune y soit socialement absolumen: prépondérante. C’est là une des Causes de la grande diversité des peuples, c’est une des lois de l’évolution.

Cette influence des races l’une sur l’autre ne s'exerce cépen-

SUR LE CANADA y;

dant d'une facon bienfuisante que lorsque les conditions de leur contact sont favorables, Ainsi, il est avéré que les Anglo-Saxons sont en minorité dans les Etats Unis d'Amérique, Les Irlandais, les Allemands, les Italiens, etc, sont bien plus nombreux. Mais cette population d'origine étrangère aux citoyens fois teurs de Ia république, n'amenant avec elle rien où très 6: 41 chose des institutions de ses divers pays, se hâte d'en où la mentalité pour se fondre tant bien que mal dane 1, grand tout américain. Il est adimis que cette classe d'Amérienire Pas la meilleure, surtout dans la première génération, + eh 2 certains groupes l'assimilation finale comporte un Jécucone, Quel avantage ne Constate-t-on pas d'autre part ebez Jos doser dants des Hollandais-Anglo-Naxons de New-York, tesuel orgneillissent de leur origine batave comme d'un titre de (ITIE blesse, Chez eux, ce n'est pas la race qui est supérieure, : 4 quelque chose de plus, ce sentiment puissant qu'on troave « eZ les vrais fondateurs de penples,

A tout considérer et on dépit de toutes les prétentions, les races d'origine curopéenpe diffèrent assez pen physiquement les unes des autres, Les types de la beauté de la Grèce et de la Rome antique, sont encore les tynes classiques d'aujourd'hui, depuis Athènes et Rome jusqu'à Stockholm et Edinbourg, fi l'on pouvait prendre des enfants sains dans tous les pays d’Europe pour les élever ensemble absolument de la même façon, sans qu'ils connussent eux-mêmes leur pays d'origine, à leur Majorité, le plus avisé pourrait trés difficilement désigner l'Anglais, le Francais, l’Allemaud, l'italien, le Russe. Ils sembleraient tous appartenir à une même nation, parce qu’ils seraient de formation mentale identique, Cela est tellement vrai que pour déterminer la nationalité d'un individu de race «uropéenne, les connaisseurs tieunent moins compte de la taille, du teint et de ja ferme extérieure apparente du crâne, que de l’:xpression qu’imprime À la physionomie, qre de la tournure que donne à toute la personne l’édueation qu'il a reçue et qui est sa mentalité, sa manière häbituelie d’être et de peuser.

Socialement, la population anglaise d’Ontario est resté: profondément conservairice. Issue principalement, mais non pas

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entièrement de ces royalistes américains qui émigrèrent après la révolution plutôt que d'accepter les institutions républicaines, elle s'est adaptée à son milieu sans changer beaucoup le fond de ses idées. 11 faut admettre que les Loyalistes eurent de forts encouragements Pour persévérer dans leurs sentiments de fidélité à la couronne anglaise, Leurs sacrifices furent reconnus et appréciés par le gouvernement britannique. On les endemnisa non-seulement par de larges concessions territoriales, mais aussi en argent. Le Parlement leur fit distribuer, à titre d’indemnité monétaire, ane somme de plus de seize millions de dollars, en valant bien cinquante millions aujourd’hui. Et toujours dans le même esprit, il leur acorda une constitution calquée en apparence, mais non Pas en réalité, sur la constitution britannique. 11 était nécessaire dans les circonstances de faire des concessions semblables à la province française, laquelle s'en servit aussitôt comme d’an instrument d’émancipation. On sait que les deux groupes finirent par suivre, en fait de visées politiques, des chemins parallèles et que c’est vraiment de leur lutte pour la plénitude du &ouvernement responsable que sortit le système impérial moderne. Cette circonstance fut, dès l’origine, un premier point de rapprochement entre ces éléments si différents. C’est surtout grêce à elle que les institutions publiques sont pratiquement les mêmes dans toutes les provinces de la Confédération. Les mœurs publiques le sont aussi; il est vrai que celles-ci ne sont pas toujours aussi parfaites qu’on pourrait le souhaiter, ce qui contraste parfois péniblement avec la moralité que l’on remarque chez les Canadiens de toutes classes dans leur vie privée et particulièrement chez la. population d’Ontario. Ce n’est Pas que’ nous prétendions que la moralité proprement dite soit moindre dans le groupe français. Mais il est incontestable que l’on trouve beaucoup moins de traces dans Ontarjo de cet état maladif que nous avons signalé chez la population de Québec. Cela provient sans doute en partie de ce qu'Ontario se trouve dans de meilleures conditions économiques. Et, cet avantage, nous l'avons vu, s'explique en premier lieu par la formation sociale du groupe, ensuite par l’abondante pluie d’or qui est tombée sur les premiers colons et qui leur a permis de

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fonder de solides établissements, enfin, par la quantité de capital anglais qui est venu un peu plus tard commanditer la plupart de leurs industries, Les Ontariens, à l’aise dès le début, ont su rendre leur aisance permanente en faisant de leur richesse le meilleur usage possible, Ils ont établi un admirable système d’écoles primaires. Cependant, comme il semble naturel aux hommes de s'opposer tout d’abord aux grandes réformes destinées à augmenter leur somme de bonheur, le projet rencontra au début beaucoup de résistance et il est certain que les écoles d’Ontario ne seraient pas ce qu'elles sont, malgré les efforts de feu le révérend docteur Ryerson, si l’apôtre de l'instruction pubiique dans Ontario, plus heureux que le docteur Meilleur dans Québec, n’eût trouvé un puissant allié dans la personne de lord Elgin. Celui-ci était gouverneur général au moment où le système Ryerson fut soumis au jugement populaire, Le Souverneur, un gradué d'Oxford et ayant étudié tous les systèmes européens, chose fort rare à cette époque, put appuyer le projet d'arguments précis et qui, venant d’un tel personnage, eurent une influence déterminante sur le résultat, En 1876, le docteur Ryerson se retira du poste de surintendant. Il fut remplacé par un ministre responsable à la tête du ministère de l'instruction publique, lequel, continuant son œuvre en l’améliorant, l’a conduite à la perfection que nous admirons aujourd’hui. C’est ainsi que nos compatriotes d’Ontario, par les soins qu’ils ont prodigués à l'enfance, ont fait la vie sociale plus-lar. ge, la vie familiale moins étroite que dans la province de Qué:bec. L’individu, parmi eux, à plus immédiatement conscience du devoir pratique. Citons-en un exemple frappant. ‘La dette provinciale de Québec contractée pour des fins d'utilité publique, est de $37,395,595 (1901) ; sa dette municipale rep. ésente peu de chose, Ontario n’a pas de dette provinciale, mais sa dette municipale est de 857,172,712 (1901). Les municipalités de la province n’ont pas craint d’escompter l'avenir dans l’intérêt de leurs besoins locaux et il est probable que ces emprunts seront plus profitables à la chose publique que celles du gouvernement de Québec, puisque la prospérité des villes et des villages attire le commerce et l’industrie, voir même le chemin de fer non subventionné

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Ainsi, nous le Constatons, l'œuvre dités préexistentes, à permis à la surtout dan:: la Province d'Onta individualistes qui permettent

de l'école aidant aux héré.

Population de langue anglaise, rio, de développer les qualités aux hommes de se suffire à euxmêmes dans ja vie privée, Il en résulte un tYpe énergique, dé. brouillard, actif, rarement en peine pour Fagner largement le Pain quotidien et ne Craignant pas de risquer quelque chose Pour acquérir Je Superflu, f. John Millar, sous-mi. histre de l'Inst ruction Publique, disait en 1893: “Le système d'é. ducation dans Ontario est dige d'un peuple libre. Ses fruits he sont pas difficiles à découvrir, Dans les Ctmpagnes les plus éloignées comme dans les villes, filles et Barçons sont assoiffés de sivoir, Equiper lenrs enfants pour 1 bataille de la vie en leur Procurant une éducation morale et intellectuelle, l'ambition des Parents dans toutes les Parties de Le Souvernement, dit-il ailleurs, s'est efforcé de tique ces belles Paroles de Milton : “Une éducation complète et généreuse est celle qui met l'homme en état d'accomplir avec justice, science et Magnanimité, les devoirs publics et privés, tant de la paix que de la guerre.” Si nous acceptons cette définition de est générale et excellente, r

voilà la province.” mettre en pra-

Milton, qui, en effet, lous aurons à féliciter nos Compatriotes d'Ontario, d'avoir sn accomplir une partie importante

de leur devoir envers la jeunesse, c'est-àdire envers leur pays, Pour tout ce qui regarde les devoirs de la vie privée, il est cer. tain que le Système scolaire de la province se rapproche de lu perfection. Mais Pour ce qui est des devoirs publics du e il nous semble qu'il y aurait certaines réserves à faire,

voir public suppose des citoyens assez éclairés pour comprendre, mais ji] requiert aussi ne élite intellectuelle assez détu. chée des choses Purement utilitaires, assez élevée au-dessus de la masse, Pour l'embrasser toute d'un coup d'œil d'ensemble, Pour devenir, en un mot, les chefs de la nation. Or il nous semble que pour former de tels hommes il fant un foyer plus intense que les High Schools on les Collegiate Institutes, ex.

Cllents dans leur Renre, mais qui n'approchent ni du lpper Canada College, qui est un centre à pen près unique dans la Province sœur, ni des collèges classiques tant décriés de la pro-

itoyen, Le de.

SUR LE CANADA si

vince de Québec. Nous pouvous en suivre les effets à ce degré supérieur de l'échelle sociale ou les intérêts matériels de l’individu deviennent jusqu'à ur certain point secondaires. Là, malgré leurs désavantages aux degrés inférieurs, les Canadiens de langue française sont incontestablement aujourd'hui, comme ils l'ont toujours été, au premier rang. C'est sans doute que le régime intellectuel qu'ils ont subi comporte une sélection plus rigoureuse, et les entoure de difficultés telles qu’ils doivent succomber ou s'élever très haut. Naturellement, c’est le petit nombre qui s'élève, mai:. ne dirait-on pas, à étudier l’histoire du monde, que <es sacrifices sont la condition nécessaire de ln gestaton qui produit l'élite? Parmi les éléments qui composent nes chambres législatives, wr des plus admirables, sans doute, est celui des négociants, industriels ou hommes de profession qui, après une carrière honorable et prospère, viennent consacrer leurs lumiè-

eux que surgissent les vrais chefs dirigeants. Ceux-là se recrutent parmi les hommes qui souvent ne semblent pas très pratiques, mais qui planent dans les hautes régions de la pensée. dis peuvent nous apparaître de prime abord peu armés pour le etruggle for life. Quelquefois on sera tenté de dire, on dit bien souvent avant qu'ils aient fait leurs preuves: ce sont des réveurs, des inutiles, ils ne savent rien gagner, Ces jugements sont téméraires et mesquins. “En général, dit Ruskin, l'œuvre bonne et utile, qu’elle soit de la main ou de la tête, est peu où point payée. ‘e ne dis pas que cela devrait être, je dis qu'il er: est toujours ainsi. Règle générale on paye qui nous amuse où qui nous trompe, et non pas qui nous sert, Cinq mille livres l'an au hableur, vingt sous par jour au soldat, au laboureur, au penseur, c'est la règle. Les meilleures œuvres d'art, de littérature, de science, ne sont jamais payées, Combien pensez-vous que Homère obtint de : sn {liade? ou le Dante de son Paradis? On ne leur en donna que du pain amer dans la maison d'autrui. En sciences, celui qui inventa le télescope et qui le premier vit le ciel, fut payé d’un cachat : celni qui invente le microscope et

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qui le premier vit la terre, fut chassé de sa demeure de faim : il est clair que Dieu veu soit faite pour rien.” Ne nous h Que l’enseignement dit utilitaire est la seule chose qui vaille ou même la plus ui ile en fait. Admirons ces £randes universités où Comme au MeGill e igne avec tant de soin et de succès les sciences äppliquées à li trie, mais ne mé. Prisons pas cc institutions plus hüumbles où Parfois la pensée Prend un essor plus puissan

tet plus original.

En nous adressant à Ja population Canadien ne-française dont un des grands besoins est précisémen

, l'on ose à peine faire la critique d l I

es abus auxquels cette chose si excellente en el

le-:même peut donner lieu, nous oblige d'admettre que la demi-ins-

, Vaillent la vieille sagesse traditionnelle des Populations peu lettrées, Une foule sachant

lire et écrire peut à la rigueur être plas ignorante qu’une foule illettrée mais s'inspirant de saines traditions, ( ‘elle-ci connaît son ignorance et ge défie d'elle-même ; celle-là se croit plus capable de juger et elle est peu maniable, Sa tendance est de rejeter tout ce qui ne représente Pas pour elle un intérêt immédiat. Tout autant que la première elle peut s'éprendre de préjugés ; elle peut plus facilement s’abandonner à la colère et à l'injustice.

Nous savons qu’au point de vue de la richesse économique, la Population de langue anglaise qu Canada, celle du moins qui habite la province d’Ontario, est Plus avantageusement située

ns indiqué plus haut

qui mine Québec ; e Mouvement de la un peuple peut être, Population. Mais c’est

ce mal y est moins intense, mais ji existe, et ] Population le Prouve, L'émigration chez quelquefois provoquée par un sureroit de là une exception. Presque toujours elle vice économique et social, Suivant les ci trouve, suivant sa formation soelale surt

révolte contre le mal qui l'accable, ou elle émigre. Dès 1858, M. Louis Viardot, en étudiant l’émigration prodigieuse de la population écossaise, prédisait les difficultés économiques présentes du Royaume-Uni, La décadence agricole, effet voulu par les grands propriétaires d'une part et par l'industrialisme de l’autre, porte aujourd'hui ses fruits, Mêmes dans les Fes Britanniques, le surcroit de population n'est qu'une des causes secondaires de l'émigration. L'Ontarien émigre tout comme le Québequois, Il se porte vers l'Ouest canadien, mais surtout vers les Etats-Unis. La province est Jonc encore loin de constituer un foyer d'appel aux travailleurs, la vie nationaie n'y est donc pas complètement saine. Ontario perd non-seulement ses eultivateurs et ses artisans, mais anssi son élite, M. Morley Wickett fait observer que la plu; "+ des jeunes spécialistes canadiens finissent par s'en aller aux -s(ats-Unis, C'est que les Champs d'activité industrielle manquent au Canada. Il nous semble donc que les deux provinces souffrent d'une anémie dont le remède serait l’organisation de la grande industrie d'exportation. Mais elles doivent surtout diriger leur effort vers ces fabrications dont elles produisent en abondance les matières premières. Nous voulons parler naturellement des produits de la forêt qui font présentement la richesse de la Suède et de la Norvège, où on les exploite beaucoup plus scientifiquement que chez nous. Ces pays offrent avec les pro''inces centrales du Conada plus d’une analogie. Les provinces de l'Est et de l'Ouest ont la houille, Graduellement, leur industrie se développera et prendra avec le temps et lorsqu'il sera devenu assez puissant pour soutenir la concurrence, une importance mondiale; mais ils auront pendant longtemps, toujours peut-être, de formidables concurrents. Les provinces du centre, avec leurs forêts et leurs chutes d’eau,seront, dès qu'elles le voudront, pratiquement les maîtres des marchés, Chacune peut travailler indépendamment de l’autre à cette œuvre importante, Toutefois pour que la réussite soit complète, il serait préférable qu'elles se prêt..ssent un mutuel concours, que l’industrie d'Ontario s’inspirât de l'esprit artistique français, que l’industrie québecquoise empruntât quelque chose de l'esprit pratique qui “istingue l'Angic-Saxon.

L’entente entre les races Canadiennes est importante au poiat de vue économique et national. Elle l’est aussi au point de vue piss large de la civilisation du monde, Ceux qui voudraient étouffer l'essor de l’une ou de l’autre de ces races feraient, in-

rêter le progrès national et normal d'une race saine, c’est de l’exterminer. Celle des deux races canadiennes qui saura, tout en conservant intactes ses qualités Propres, s'assimiler les qualités maîtres de l’autre, sera nécessairement la plus prospère et Ja plus influente, car elle sera la plus civilisée, Et lorsque nous voyons des penseurs co’ame Ruskin s'efforcer d’inculquer à leurs compatriotes ces idées qui sont de l'essence même de la mentalité française; lorsque nous suivons d’autre part en Wrance la croisade persistante de Leplay, Tourville et Dessous en faveur de la formation sociale anglaise, la conclusi. s'impose que le progrès 80cial et civilisateur veut une combi-aison de ces éléments. Elle se fera, mais bien lentement, car les peuples comme les hommes s’accoutument à leurs infirmités e+ i] leur en coûte toujours beaucoup de se soumettre à l’opérati «n qui doit les guérir. Nous sommes donc en présence d’une soi: iarité inévitable qu’il faut accepter et convertir en puissance par les moyens de l’entente et de la coopération.

Ce seul mot de Coopération dans son sens large et véritable implique un degré pius avancé de Civilisation que celui qui existe maintenant dans la plupart des sociétés humaines, C’est l'expression d’une idée économique dont la puissance grandit sans cesse, Dans presque tous les pays, il s’est trouvé une élite qui en a compris l'importance et qui s'est groupé pour ja répandre. Produire et acheter à meilleur compte, telle fut an modeste origine, Mais l'importance sociale de l’idée n'a pas tardé à se faire jour. Les groupes disséminés de travai!ie are se sont tendu la main à travers les frontières, ils se sont réunis pour coopérer plus efficacement à l'œuvre de la Coopération, Une ligue internationale s'est formée et le présic nt actuel de cette ligue est son excellence le comte Grey, fOuverneur-rénéral 4x

Canada. Ce titre n’est pas le moindre de ceux qu’il porte avec tant de dignité. Pour notre part nous y voyons un présage en- <ourageant. La pensée que nous aurons à exposer dans la suite de ces pages n’est au fond que la coopération appliquée large ment à l’avancement de la Population canadienne. 1] nous tarde d’entrer au cœur même du sujet. Avant de le faire cependant, il nous parait indispensable d'examiner brièvement ce que doit être l’éducation nationale de notre peuple, s’il veut s’armer pour la conquête de l'avenir.

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