L'EDUCATION NATIONALE
5 lecteur qui a eu la complaisance de nous suivre jusqu'à présent a déjà pu s'apercevoir que nous ne poursuivons pas ici un simple exercice acadé.- Mmique, Croyant fermement que l'évolution et le progrès sont la condition d’être des peuples sains, nous sommes aussi convaincu que l'immobilité, ou même ce progrès lent qui ne vient que de la poussée extérieure, sont pour une race les indices précurseurs de la décadence et de l’anéantissement,
I nous semble d'autre part incontestable que
les peuples sont de fait les maîtres de leur sort.
Il est sans doute des circonstances qu'ils sont
forcés de subir, mais jamais ils ne doivent courber la tête ni ac-
cepter la défaite définitive, S'ils le font leur châtiment est bien
pis que la mort, Leur devoir c'est de combattre, quelquefois
dans une lutte sanglante l'ennemi extérieur, toujours et à tout
instant les ennemis de l'intérieur plus insidieux et plus redou:-
tables et qui s'appellent ignorance, vice el apathie, Et dans un
tel combat la victoire est complète pour le peuple qui le soutient
avec constance, L'histoire du monde étudiée à la lumière de la science moderne le prouve,
C'est par l'éducation qu'on forme les nations, L'on peut distinguer de remarquables modifications dans l'ensemble des sen. timents et des aspirations qui régissent les sociétés humaines à travers les siècles, Les Passions qui meuvent l’homme à l'état sauvage ne sont pas celles qui l’inspirent lorsqu'il a acquis ln civiiisation, Tous, il est vrai, ont au cvs Vamens et Parsht
tion, mais ces mots expriment des idées bien différentes snivant
gi Mt HN dit h 4 dt
ET GE tt -o
es D ET Tree di ttte VA
le degré de culture des individus et des sion, c’est-à-dire la vie même, poussent mystérieux dont i] semble que le culte
à-dire de la vertu, puisse seu] nous rapprocher.
L'amour et l'ambition sentiments brutaux qu animaux inférieurs do On peut distinctemen
rie pour éteindre, en apparence du moins, cette
vacillante,
et peu à peu la nuit se fait de nouv On dirait que l'humanité rétrograde; les haut acquises semblent perdues avec les manuscrit ges des ancêtres, E
ses ancêtres primitifs ceux-ci au-dessus des organisations Il existe aujourd’hui parmi Jes
plus hautes qui furent jamais. En théorie tous
ticiper, ce qui est déjà un immense tale des sociétés antiques, Mais dans la pratique, il n’est pas vrai de dire que tous les hommes pa qui naquit de l’idée chrétienne. On t
populations que la pasen avant vers un idéal du beau et du bon, c’est-
de l’homme primitif ne sont que des 1 satisfait par violence, comme font les nt il partage les habitudes et les instincts, t suivre la progression de l’es dans la période historique pourtant si confuse et si courte. Elle Dous montre l’homme émergeant C’est qu’il a enfin conquis la pe transmettre et d’accumuler les
tion, la science des choses. Aux
Rome, ja culture humaine para!
dans les civilisations antiques la classes privilégiées. Les masses rantes et presque bestiales, Au
graduellement de la barbarie.
nsée écrite qui lui permet de impressions qui sont l’éducagrands jours de la Grèce et de t atteindre un apogée, Mais lumière ne luit que pour les restent encore esclaves, ignossi suffit-il d’un vent de barbaflamme encore eau sur la terre, es conuaissances #, précieux hérita- Iles ne 18 sont que momentanément, Le feu de la science qui a couvé sous la cendre renaît bientôt plus ardent pour éclairer et réchauffe Car une parole
r tous les hommes cette fois.
sublime a retenti en C ialilée, et cette parole fait de l’amour la religion universelle ; elle diri maines vers le relèvement de toute 1 même coup la maîtrise de l'univers a l’idée chrétienne, C’es viennent des vertus au-dessus de
ge les ambitions hu- "humanité et donne du UX pays qui s’inspirent de t alors que les passions transformées deresplendissantes qui élèvent l’homme autant que la nature avait élevé inférieures de la création.
hommes les civilisations Jes doivent y par.
progrès sur l’idée fondamen:-
rticipert à la civilisation rouve encore des hommes
à l’état sauvage, d'autre, “nt des barbares ou des demi-civilisés. On peut même en citer qui après avoir atteint une haute civilisation sont retombés dans la barbarie. C'est que l’homme, comme la terre, demande une culture incessante, sans quoi il re. tombe dans l’état sauvage.
Parmi les nations dites civilisées, il s'en faut de beaucoup que toutes atteignent au même degré de culture ou que leur mode de progression soit identique. Les unes semblent rester Presque stationnaires bien que vivant parmi les trésors de l’art et de la science; d'autres tout en proclamant leur amour de l'idéal s’enlizent dans un matérialisme grossier, Entre ces deux extrêmes on trouve toutes les nuances, Mais entre toutes les nations nées d’une même idée civilisatrice, on distingue une certaine ressemblance parce que l'éducation chez elles est fondés sur un même principe moral fondamental plus ou moins parfait. C’est ce qui explique les différences profondes entre les Asiatiques et les Européens.
Dans un même pays, il est facile de noter les degrés de culture c’est-à-dire d'éducation parmi les citoyens, et cela est tout à fait en dehors des classes sociales régulières, Une foule rr rale se distingue d’une foule citadine, cela va sans dire; on ne confond pas une réunion d'ouvriers avec un rassemblement d'étudiants, 11 existe en dehors de cela des distinctions dans une même classe et dans toutes les classes prises dans leur ensemnble. Si dans une foule quelconque on remarque un air généra] de bien-être et de bonne conduite ; si hommes et femmes soignent leur tenue et leur langage; si chez eux la beauté morale se traduit au dehors par une beauté physique très perceptible; si le bon goût se manifeste dans le maintien, dans le vêtement, et surtout dans la manière d'être des sexes à l'égard l’un de l’autre, op reconnaît aussitôt un milieu de vraie civilisation où rayouuent partout et toujours plus étendues certaines idées sai. nes qui sont l'éducation, c’est-à-dire la direction qu’on imprime à l’enfant dans la famille et dans l’école, et qui est l'origine de l'habitude des vertus où il se confirme plus tard, En étouffant les germes du mal, en cultivant ceux du bien, on a formé un peuple fort et prospère, et c’est à lni qu'appartient l'avenir.
Souvent un spectacle tout contraire se présente à nos yeux.
héoslié., jh ii: idh Sd Ai: Sc és
LS