‹ Études sociales et économiques sur le Canada [microforme]Chapitre 23 sur 38 · HAS · texte numérisé non relu

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voir un peu plus clair, mais n'anticipons pas. Les formes de ce capital nat:onal ainsi défini sont variées. Négligeons la plupart des distinctions que font les économistes pour n’en citer que trois.

1° Les approvisionnements et les-matières premières;

2° Les outils ou instruments et les installations;

3° Les capitaux fixes et les capitaux circulants.

Les approvisionnements, au sens économique, sont les ressources qui font vivre le producteur pendant la durée de la fabrication; les mat:ères premières sont les choses qu’il transforme par son travail et par le travail de ses ouvriers.

Les outils, les instruments et les machines sont des expressions que tout le monde comprend. La question des installatons est un peu plus compliquée. On entend pas là non seulement l’usine et ce qu'elle contient, mais aussi tout ce qui peut servir de force motrice nécessaire à la fabrication. Celui qui possède une houïillière ou une tourbjère en rapport, possède une installation, au sens de l’économiste. Celui qui possède un pouvoir hydraulique générateur d'électricité possède une installation.

écrit et il désespérait de trouver ce qu’il cherchait, lorsque le hasard ou | re la Providence est venu placer entre ses maine le livre de Carl Rodbertus-

agetzow, Le Capital. Cet ouvrage a été traduit en français en 1904. Il est arrivé à la bibliothèque du Parlement en mai dernier. Rodbertus est certainement un des économistes les plus étonnants du siècle. Grand seigneur philosophe, il n’a rien fait pour répandre ses écrits, et cependant ils se répandent de plus en plus en Europe et font aujourd’hui partout autorité. Or cet auteur contirme notre manière de voir. “ Il n’est pas vrai, dit-il que le capital consiste dans une provision, dans une certaine quantité d’objets.... Les économistes ont répété les uns après les autres depuis Adam Smith et ont affirmé comme une vérité universelle et absolue : le capital ne se forme que par L’EPARGNE ef par L'ACCUMULATION. Dans l’état

‘isolement économique (et dans tous les états économiques, ainsi que l’auteur l’explique dans tout le cours de son ouvrage) cela est certainement inexact. Il faut comprendre sous le nom de CAPITAL SOCIAL L'ENSEMBLE DES MATIÈRES ET DES INS- TRUMESTS (p. 212). Nous pouvons donc affirmer en nous appuyant sur l’autorité de Rodbertus aussi bien que sur nos propres raisonnements, que |e capital réel d’un peuple n’est pas le produit de l’épargne seul. 11 est proprement dans l’ensemble des richesses naturelles que ce peuple possède et qu’il peut exploiter par le travail. Mais entre ces richesses naturelles et le travail qui doit les rendre productives, il faut qu’il intervienne un travail préparatoire ou médiat, ainsi appelé parcequ’il n’a pas pour objet immédiat le produit qu’il importe à l’homme d’obtenir, mais celui de préparer les voies à cette production. Il semble prendre un moyen détourné mais qui inène plus vite au but. Or c’est précisément l’absence de ce travail MÉDIAT, qui entrave le développement économique du Canada français. C’est donc de lui qu’il vous faut nous occuper et dont nous occuperons dans la suite de notre travail.

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