‹ Études sociales et économiques sur le Canada [microforme]Chapitre 3 sur 38 · UN MOT DE LA QUESTION SOCIALE · texte numérisé non relu

UN MOT DE LA QUESTION SOCIALE

ANS notre précédente étude nous avons conclu

à la nécessité de rechercher les meilleures g0-

lutions de la question sociale moderne, pour

les appliquer à notre pays C’est dire que nos

études se borneront à une partie bien peu nom-

breuse de l'humanité. Dans ces limites res-

treintes de notre société jeune et encore en

formation, il faut espérer que nul obstacle in-

surmontable ne s’opposera à une solution avan-

tageuse. Cependant nous ne devons pas nous flatter de la trouver du premier coup. Elle se fera peut-être longtemps attendre, C’est pour cela qu’il est urgent que nous nous familiarisions awvec les difficultés qu’elle présente et que nous puissions prendre les devants en tout ce qui intéresse notre avenir. Pour avoir une idée de la grandeur et de la mäültiplicité de ces difficultés, il suffit de jeter un coup d'œil sur ce qui se passe ailleurs, Nous voyons des sociologues et des économistes qui ne s'entendent pas sur les principes, encore moins sur les solutions, ne s’accordant que Sur un point: c’est que la civilisation occidentale, c’est-à-dire celle des races d’origine euro- Péenne, entre dans une phase nouvelle et inconnue. L'œuvre sociale inaugurée au dix-huitième siècle est à peu près terminée. Dans les pays d'Europe et d'Amérique l’esclavage et le servage n'existent plus. Il n’y a plus guère de classes privilégiées devant la loi. Presque partout le despotisme a fait place au système représentatif, au moyen duquel le peuple dicte ou croit dicter ses lois; ce qui, souvent, n’empêche pas la populace d’avoir faim. Les classes moyennes émancipées ressentent la poussée des masses prolétaires. Celles-ci sont encore souffrantes, mais ne sont plus impuissantes ; elles ont l’arme

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