ETUDES NOCIALES ET ECONOMIQUES
quelle elle devra nécessairement rétrograder, il faut rendre plus élastiques les principes anciens de la science et modifier quelque peu le concept ordinaire du rôle de l'Etat dans de dévelop. pement économique des peuples. Comme on le voit, ils abandonnent quelque chose des vieux principes qui ont longtemps Piévalu en A ngleterre, pour se rapprocher davantage des idées continentales, 1 est important de ne pas oublier que cette doctrine est l'antithèse même de l'idée socialiste et qu'elle n'est pas contraire à celle de l'économique classique basée sur le principe de la concurrence, Elle tend, en effet, à rendre la Concurrence plus intense, Puisqu'un plus grand mmmbre d'individus seraient. appelés à y Participer, Le socialisme, au contraire, se bâse sur Ja suppression de toute concurrence, elle suppose la suppression de l'effort et ume quiétude qui dégénérerait en décadence,
Admettons que tout ce qui teud vers un état social où il serait possible à chacun d'arriver par son travail à la condition que comporte son talent, serait avantageux pour un pays. Admettons que tout ce qui intensifie la concurrence et augmente le nombre des concurrents instruits et Préparés, accroît la richesse et la Population de ce Pays. Il nous faudra bien admettre cela, car nous en donnerons plus tard la preuve irrécusable, aussi bien que des exemples des effets désastreux de la condition contraire, ‘mettons cela et nous devrons admettre aussi que ces conditions ne peuvent exister sans un système qui Prépare tous les jeunes gens au rôle de citoyens actifs et militants. Et dans un Pays comme le nôtre où tant est à faire, et à faire rapidement, si nous voulons avoir la garantie absolue de notre survivance en tant. qu'entité politique distincte en Amérique, la réforme ne Peut s'opérer sans une impulsion donnée soit directement, soit indirectement. par l'Etat. C'est, du reste la doctrine des Encycliques. “ Pour faire atteindre à la société dont ils sont les chefs la fin qu'elle poursuit, les dépositaires du pouvoir civil doivent : 10. S'appliquer à éloigner tous les dangers qui menacent la sécurité commune, 20. Aider au développement des ressources naturelles de lear propre pays... dennvée -10. En stimulant le zèle de ceux qui les exploitent.
20. Eu encourageant tous les travaux qui peuvent contribuer au progrès de l'Agriculture, du commerce, de l'industrie, etc.” (1)
Nous expliquerons plus tard comment nous entendons l’application de ces principes, Contentons-nous, pour aujourd'hui, de faire remarquer combien la confédération canadienne est favorablement située pour travailler à la solution de ces problèmes difficiles. Dans les grands corps politiques, le réformateur vient constamment se heurter contre le fait accompli, le droit acquis, et surtout contre les intérêts divergents de ces sociétés nombreuses, Dans notre pays toutes ces pierres d’achoppement sont encore bien petites.
Lorsque les fondateurs de la confédératio firent la constitution canadienne, ils paraissent s'être attax à restreindre autant que possible les attributions des législatures provinciales, Sir John Macdonald disait qu'en agissant ainsi, on voulait éviter une grave erreur commise alors qu'eut lieu le pacte fédératif des Etats-Unis, lequel, en voulant sauvegarder le principe de la souveraineté de chaque Etat, laissait trop faible la législature centrale. 11 fallait, suivant lui, faire Dencher la balance du côté opposé. C’est la crainte fondée d’une trop grande puissance acconée à la législature centrale qui fit. naître à cette époque, un parti hostile à la confédération. Ni les uns ni les autres ne prévoyaient que l’axe social en se déplaçant, dérangerait tous les calculs et rendrait par cela même l’œuvre bien meilleure, Les questions odernes,
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nous reviendrons plus tard s Mais la population étant encore peu nombreuse, le marché indigène et partant l'importation nécessairement limités, le tarif douanier n’aura Pas, avant plusieurs années, peut-être jamais en Canada, l’influence décisive et vitale qu'elle exerça longtemps aux Etats-
(1) Manuel du citoyen catholique, ouvrage spécialement recommandé bar NN. SS. les Evêques de la Province de Québec.
Unis. L'influence prépondérante du tarif donna au pouvoir central américain, la Puissance qui lui manquait. La cause contraire produit au Canada l'effet opposé. Sans doute, les attributions de notre Souvernement fédéral sont très amples ; elles sont suffisantes pour l'administration efficace du pays. Mais chaque province n’en reste pas moins maîtresse de ses destinées, Chacune tient la clef de son avenir Puisqu’elle règlemente l'instruction primaire et les terres publiques et qu’elle Peut, par là, exercer un contrôle ab:olu sur la formation intellectuelle et sociale de ses habitants. Dans un sens, elles sont plus puissantes que l’administration centrale ; elles” peuvent, même sans son Concours, faire beaucoup pour leur avancement, c’est-à-dire pour l'avancement du Canada. Mais sil arrivait aux provinces de ne pas faire leur devoir, si elles négligeaient de profiter des avantages que leur offre notre constitution pour Préparer les conditions économiques et sociales qui feront, dans l’avenir encore plus que par le passé, la bâse de la puissance des peuples, le pouvoir central resterait, quoiqu’il fit, impuissant et désarmé. En lui s’incarnera la grandeur nationale, mais à la condition que chaque province devienne la mère féconde de sages et utiles citoyens.