‹ Études sur diverses questions d'horlogerieChapitre 39 sur 64 · RECHERCHES SOR L’ÉCHAPPEMENT · texte numérisé non relu

RECHERCHES SOR L’ÉCHAPPEMENT

de celle-ci ; 2° le frottement et surtout le recul est un défaut capital de cet échappement ; 3° l’oscillation totale du balancier ne dépassera que rarement une demi-circonférence.

Ouverture de la verge, 90°, i*5° et même 100°, lorsque l’on veut faciliter l’étendue des vibrations et empêcher les renversements ou battements.

Inclinaison des dents de la roue, de 15° à 20°. Ailleurs elle est portée à 25°.

L’arc total de vibration doit être de trois fois la levée.

TAVAN (Mémoire publié à Genève par la Société établie pour l’avancement des arts). — Ouverture des palettes, 100°.

Inclinaison des dents, 23". — Levée, 40". — Vibration totale sans renversement, 220°.

La largeur des palettes, mesurée à partir du centre de l’axe, doit être de //H®” du diamètre d’une roue de 11 dents, pour 13 dents, 2/1 3 n ’ e ‘ pour 15 dents.

La profondeur de l’engrenage doit être telle, que la verge étant ouverte à 100° et placée comme l’indique la figure 6, la dent de la roue fasse reculer chaque palette de 20° (pour avoir la levée totale de 40°). La pointe des dents se trouvera alors dans le plan vertical indiqué par la ligne ponctuée A B. « Avec cette profondeur d’engrenage il y a la chute nécessaire et point d’accrochement ; c’est celle qui est jugée la plus convenable dans la pratique. »

La seule inspection du dessin suffit pour démontrer que cette profondeur s’arrêtera aux 2/3 environ de la largeur de la palette.

M. M01NET (article de M. Duchemin). — Ouverture des palettes, de 100° à 110°. Peuvent être ouvertes jusqu’à 113°.

Largeur des palettes, prise du centre de l’axe, moitié de l’intervalle d’une dent à la suivante.

Levée totale, 40°. — Inclinaison des dents, de 30° à 35°.

« La méthode plus moderne des verges entaillées semble bien favoriser le principe de Berthoud, en permettant à i* roue de se rapprocher davantage de leur centre, mais on ne doit pas en abuser, car le levier, devenu plus court, érigé un

balancier moins lourd et moins propre à vaincre l’épaississement des huiles. »

M. WAGNER (Mémoire sur les échappements simples; 1841). — Ouverture des palettes, de 100° à 113°. — Levée, 30°. — Vibration totale, 170°.

Les autres proportions sont celles adoptées par M. Duchemin.

« En traitant l’échappement selon les règles posées par cet artiste, dit M. Wagner, on obtient des montres à roue de rencontre une marche aussi exacte que celle des montres à cylindre. » (Le contraire est prouvé par l’expérience.)

L’auteur du Mémoire pose en principe et démontre géométriquement que l’angle d’ouverture des palettes doit être en raison de l’angle d’oscillation du balancier. Ce principe n’était pas tout-à-fait inconnu de ses prédécesseurs, puisque Berthoud, en proposant 93° pour l’ouverture de la verge, ajoute : « et même 100°, si l’on veut favoriser l’étendue des vibrations. »

« Malgré la défaveur qu’on a cherché à jeter sur cet échappement et la légèreté du pendule généralement employé (dans les pendules dites marqueteries et les horloges comtoises ), l’exactitude de la marche d’un grand nombre de ces pièces est aussi satisfaisante qu’avec les échappements modernes, tant vantés. » Remarquez que dans les pièces en question, la verge est, relativement, très-fermée.

« L’opinion que cet échappement ne souffre pas un pendule aussi lourd à faire mouvoir que les autres échappements est une idée fausse. »

« Le principal but, dans la détermination des principes que je vais poser, est de produire le plus d’effet auec le moins de frottement possible. »

« Je ferai remarquer que pour réduire les frottements è leur minimum, il faut que l’action de la dent sur la palette, durant l’arc d’oscillation complet, et surtout pendant l’arc complémentaire, se fasse le plus près possible de la ligne qui passe par le centre de l’axe de l’échappement et celui de la roue. »

2i2 RECHERCHES SUR L'ÉCHAPPEMENT

« L’action que la dent exerce contre la palette un ae très-peu sur le frottement des pivots. » (Ceci n’est vrai que pour les pendules et les horloges pourvues de verges trèsfermées, car pour les montres le contraire est journellement prouvé par l’agrandissement rapide des trous des pivots.)

A la suite d’une comparaison de deux échappements, l’un système Leroy, l’autre système Wagner, nous lisons : « On aura dans le premier, où la verge est plus ouverte, une augmentation de frottement produite tant sur les pointes des dents que sur les pivots de l’axe de la roue, par l’action oblique des palettes sur les dents, pendant le recul de chaque dent, ou pendant l’arc supplémentaire. Il est donc démontré que plus on donnera d’ouverture aux palettes, au delà de ce qu'il faut pour empêcher le renversement, plus on introduira de frottement et par conséquent plus il y aura de perturbation dans la marche des pièces.

« Nous avons vu que les variations de marche, résultant des frottements, sont en raison de l’étendue de ceux-ci. »

« L’obliquité de la face des dents doit varier en raison de l’étendue des arcs, l’inclinaison des faces devant être de quelques degrés plus couchée que la moitié de l’arc additionnel (pris d’un seul côté). »

u Je ferai remarquer que l’étendue des frottements du bout des dents sur la face des palettes augmente en raison des arcs décrits, circonstance qui est sans remède dans cette application. Cette indication démontre que cet échappement recevrait une application d'autant plus avantageuse que les oscillations seraient plus petites. »

Il est difficile de comprendre, après ces quelques citations, pourquoi l’auteur, auquel nous les empruntons, a donné la préférence aux proportions adoptées par M. Duchemin. Il est évident que l’habile artiste s’est préoccupé, dans son travail, de divers faits observés dans les pendules et surtout dans les horloges, où l’échappement à palette est muni d’un pendule. Ainsi, par exemple, ne tient-il pas suffisamment compte du recul, qui tout-à-fait insignifiant dans un échappement d’horloge, où l’oscillation totale est de peu d’étendue, devient une

c rfse d’usure et de perturbation, excessivement grave, dans les montres, où l’amplitude des arcs décrits est quatre ou cinq fois plus considérable.

Nous bornons notre analyse à cette simple remarque ; on comprendra notre réserve vis-à-vis d’un artiste vivant.

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